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Un vestiaire à soi au Palais Galliera

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Présentation
Mode

Un vestiaire à soi

Féminités dissidentes au 19e siècle

Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au 19e siècle – Palais Galliera

Palais Galliera

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L’EXPOSITION

« Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au 19e siècle » est une exposition présentée au Palais Galliera, musée de la Mode de Paris, du 26 septembre 2026 au 14 février 2027. Parmi près de 500 œuvres figure la garde-robe de Rosa Bonheur, montrée pour la première fois au public : cette peintre avait dû obtenir de la police l’autorisation de porter le pantalon.

Le parcours associe les vêtements à des images d’époque, dont 150 photographies d’amateurs rassemblées pour l’occasion : des anonymes y affichent leurs emprunts au vestiaire masculin.

Exposition « Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au 19e siècle » | Teaser © Palais Galliera

RÉSERVEZ VOTRE VISITE

À CHEVAL PUIS À VÉLO : DES TENUES POUR BOUGER

Du costume d’amazone aux culottes bouffantes

Au 19e siècle, les femmes s’habillent traditionnellement chez la couturière ; le tailleur, lui, coupe pour les hommes. La tenue de cavalière, appelée costume d’amazone, échappe à ce partage : un corsage et une longue jupe de drap de laine sombre, qui cache un pantalon. Bottes, cravache, voile et haut-de-forme complètent l’ensemble. Le pantalon d’amazone de la princesse Murat, taillé par H. Creed & Co. vers 1910–1915 et conservé au Palais Galliera, est en jersey de laine noir, avec des boutons de nacre et une doublure de soie rayée. Certains tailleurs se spécialisent dans ces tenues et deviennent des « amazoniers ».

H. Creed & Co. – Pantalon d’amazone de la princesse Murat

H. Creed & Co., Pantalon d’amazone de la princesse Murat, vers 1910–1915, pantalon en jersey de laine noir, ceinture en satin de soie noir, boutons en nacre, doublure en pékin de soie à rayures sergé ivoire, bleu et noir, peau CC0 Paris Musées, Palais Galliera

1 million

de bicyclettes, ou presque, en circulation en France en 1900

Dans les années 1890, le vélo se répand largement. En France, environ 50 000 bicyclettes circulent en 1890, et leur nombre se compte en millions à la veille de la Première Guerre mondiale. La cycliste porte alors de larges culottes, dites « bouffantes », sous une blouse ou une jaquette. Ce n’est pas le pantalon des hommes, mais chaque jambe y est séparée, dans un vêtement fermé. Un costume de cycliste réalisé vers 1897–1900 par la maison new-yorkaise Bryant and Ondrak en donne un exemple, en drap de laine noir à boutons de celluloïd et de nacre. Il est d’ordinaire conservé au Museum at FIT, à New York.

LE PANTALON : SOUS LA JUPE OU AVEC PERMISSION

De la lingerie ouverte à l’autorisation policière

Après la Révolution, les hommes de toutes conditions troquent la culotte et les bas contre le pantalon. Les femmes en portent un aussi, caché sous leurs jupes : un dessous de lingerie, ouvert à l’entrejambe. La section « Sous la jupe, le pantalon » lit dans cette opposition du fermé et de l’ouvert le partage d’une société entre le social et l’intime.

⚖️

Au 19e siècle, le pantalon fermé s’impose comme un symbole masculin, en accord avec l’ordre bourgeois et patriarcal que le Code civil de 1804 inscrit dans le droit français.

À Paris, une ordonnance prise le 7 novembre 1800 par la préfecture de police oblige toute femme qui veut s’habiller en homme à obtenir une « permission de travestissement ». Cette permission n’est accordée que sur avis médical, et une femme travestie sans autorisation s’expose à une arrestation. Le ministère des Droits des femmes n’a déclaré cette ordonnance « implicitement abrogée » qu’en 2013. Le parcours du Palais Galliera fait pourtant place à celles et ceux qui portent l’habit masculin. L’écrivaine George Sand s’habille par moments en homme. Les female husbands, des personnes assignées femmes, ont vécu toute leur vie sous une identité masculine.

Eugène Delacroix – George Sand habillée en homme

Eugène Delacroix, George Sand habillée en homme, 1834, huile sur bois, 27,2 × 21,5 cm, musée Eugène Delacroix, Paris © Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / Philippe Fuzeau

Focus sur l’œuvre

Eugène Delacroix peint ce petit portrait sur bois en 1834, à la demande de François Buloz, directeur de la Revue des deux mondes, qui veut le faire graver pour ses lecteurs. George Sand pose en novembre, très éprouvée par l’une de ses ruptures avec Alfred de Musset, dont elle se sépare définitivement en mars 1835 ; le peintre la représente en habits d’homme. Luigi Calamatta tire du tableau une gravure publiée dans la revue. Les séances de pose ouvrent entre l’écrivaine et le peintre une amitié qui dure jusqu’à la mort de Delacroix, en 1863. Le musée national Eugène-Delacroix acquiert l’œuvre en 2016.

ROSA BONHEUR ET LE TAILLEUR : S’HABILLER À SA FAÇON

Une garde-robe singulière et un costume démocratisé

Au centre du parcours, un grand podium présente la garde-robe de Rosa Bonheur : manteaux, accessoires et tenues entières. Cet ensemble est d’ordinaire conservé au château de By, où elle a vécu jusqu’à sa mort. Le domaine se trouve à Thomery, au bord de la forêt de Fontainebleau. Dans ses tenues, Rosa Bonheur associait les deux vestiaires : blouses de paysans normands, gilets et jaquettes d’inspiration masculine portés sur une jupe. Sa jaquette à brandebourgs, ornée de boucles de galon venues des uniformes, accompagnait aussi bien une jupe qu’un pantalon. La peintre a partagé plus de cinquante ans de sa vie avec Nathalie Micas. Après la mort de Rosa Bonheur en 1899, son héritière, la peintre américaine Anna Klumpke, a préservé ce vestiaire. La section « Dans la garde-robe de Rosa Bonheur » évoque, à propos de cet ensemble, un « chic lesbien ».

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Dans les années 1890 s’impose le « costume tailleur » : une veste et une jupe fabriquées selon les méthodes des tailleurs pour hommes, dans la lignée de l’amazone et des tenues de sport. Les grands magasins le vendent tout fait, ce qui le met à la portée d’une large clientèle. Le parcours en montre un modèle réalisé vers 1904–1905, en velours frappé de soie bordeaux, un velours aux motifs pressés à chaud. La dernière section porte le titre de l’exposition, « Un vestiaire à soi », et rassemble des accessoires comme les cols, les cravates ou les chapeaux. Plus d’une centaine des photographies d’amateurs y sont réunies. Elles viennent des Lesbian Herstory Archives, des archives new-yorkaises consacrées à l’histoire lesbienne, et de trois collections privées. Avec le regard d’aujourd’hui, la section voit dans les pratiques qu’elle montre un signe avant-coureur des identités trans et non binaires du siècle suivant.

Costumes et jaquettes à brandebourgs de Rosa Bonheur

Costumes et jaquettes à brandebourgs de Rosa Bonheur, vers 1890–1899, Château de Rosa Bonheur, By-Thomery © By-Thomery, Château de Rosa Bonheur

CANTINIÈRES ET BRANDEBOURGS : L’UNIFORME AU FÉMININ

Quand la culture militaire gagne la mode féminine

La guerre marque profondément le 19e siècle, et l’image diffuse toujours plus largement ses représentations. Coupes, étoffes et garnitures militaires gagnent ainsi les garde-robes féminines, d’abord dans l’Europe napoléonienne, puis surtout après 1860, à la suite de la guerre de Sécession (1861–1865) et de la guerre franco-prussienne (1870–1871).

Ce mouvement repose sur deux ressorts : l’uniforme des cantinières et des vivandières, fixé avec une précision croissante à mesure que les femmes s’intègrent à l’armée, et le prestige d’ornements associés à l’assurance et au pouvoir des hommes. À la fin du siècle, brandebourgs, soutaches, galons et aiguillettes habillent des femmes qui revendiquent la maîtrise de leur existence.

H.Y. – Mme Bru, cantinière du régiment des 7e hussards

H.Y., Mme Bru, cantinière du régiment des 7e hussards, 1837, peinture à l’huile, 91,7 × 72,5 cm, Musée de l’Armée, Paris © Paris - Musée de l’Armée, Dist. GrandPalaisRmn image Musée de l’Armée

Focus sur l’œuvre

Assise sur un bloc de pierre devant un paysage, coiffée d’un chapeau noir, Madame Bru porte un dolman, la veste des hussards, barré de brandebourgs, une jupe verte et, dessous, un pantalon rouge ; le tonnelet de la cantinière pend à sa hanche. Le portrait, daté de 1837, est l’œuvre d’un peintre anonyme qui n’a laissé sur le tableau que ses initiales, H.Y. Ajusté, le pantalon garance passe alors pour indécent : une jupe le recouvre, d’un vert foncé, couleur traditionnelle du 7e hussards. D’inspiration romantique, la peinture prête à la cantinière la jeunesse et l’élégance d’une figure idéale, bien éloignée d’un métier physique et exposé au danger.

POURQUOI VOIR « UN VESTIAIRE À SOI » AU PALAIS GALLIERA ?

L’exposition raconte, avec des vêtements d’époque, l’histoire de femmes qui ont pris aux hommes une veste, une cravate ou un pantalon. Au Palais Galliera, la matière est dense et les textes nombreux, mais les principaux sont aussi résumés en « langage clair », plus court et plus simple. Un livret réalisé par des étudiantes et étudiants de l’Université Rennes 2, Le fanzine de la femme dissidente, propose un autre regard, plus engagé, sur huit pièces du parcours. Signée klapisch•scénographes, la scénographie réemploie des éléments construits pour l’exposition précédente.

Couple de femmes près d’un arbre, vers 1910

Couple de femmes près d’un arbre, vers 1910, Lesbian Herstory Archives, New York © Lesbian Herstory Archives

Masculin et féminin face à l’objectif

Vers 1910, deux femmes posent au pied d’un arbre. L’une, en casquette, veste et cravate, croise les jambes et porte la main au menton ; l’autre, en jupe sombre, garde sur ses genoux un chapeau orné d’une grosse broche. Le portrait juxtapose tenue masculine et tenue féminine dans un même cadre, face à l’objectif et sans dissimulation. Il provient des Lesbian Herstory Archives, fondées en 1974.

En famille, l’atelier « Paper dolls », dès 8 ans, part de ces poupées de papier à habiller, en vogue au 19e siècle, pour inventer de nouvelles silhouettes. De son côté, le musée Bourdelle consacre jusqu’au 24 janvier 2027 une exposition aux habits d’artistes : « L’étoffe de l’artiste. De Rosa Bonheur à Sonia Delaunay ».

Commissariat et scénographie

Commissariat général
Émilie Hammen (directrice du Palais Galliera)
Commissariat scientifique
Marine Kisiel (responsable des collections de mode XIXe siècle au Palais Galliera)
Conseil scientifique
Marta Franceschini
Scénographie
klapisch•scénographes
Camille, Rédactrice culture ✨

L’avis de Camille

Rédactrice culture

Les premières tenues du parcours sont exposées avec des caricatures de presse d’époque qui raillaient les femmes adoptant des habits d’homme. Ces dessins rappellent qu’un geste banal valait alors des moqueries. La suite du parcours se lit à cette lumière, des tenues de cavalière aux portraits d’anonymes. Visite recommandée pour mesurer ce qu’un pantalon pouvait coûter à une femme du 19e siècle.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Quand a lieu « Un vestiaire à soi » au Palais Galliera ?

L’exposition se tient du 26 septembre 2026 au 14 février 2027. Le musée l’accueille du mardi au dimanche, de 10h à 18h, et ferme le lundi.

Où réserver ses billets pour « Un vestiaire à soi » au Palais Galliera ?

Les billets se réservent en ligne chez Tiqets, qui propose le plein tarif adulte le plus avantageux (14 €, sans frais additionnels), ou chez Fnac, hors frais de transaction éventuels. Le musée recommande vivement de réserver son billet au Palais Galliera, même pour une entrée gratuite.

Combien de temps dure la visite de « Un vestiaire à soi » au Palais Galliera ?

Le musée ne publie pas de durée de visite indicative. Repère utile : la visite guidée de l’exposition, proposée dès 15 ans, dure 1h30. La dernière entrée a lieu à 17h, et à 20h le vendredi.

Comment se rendre au Palais Galliera pour « Un vestiaire à soi » ?

Le Palais Galliera, 10 avenue Pierre-Ier-de-Serbie, se rejoint en métro ligne 9 (stations Iéna et Alma-Marceau) ou en RER C (station Pont de l’Alma). Les bus 32, 63 et 82 s’arrêtent à Iéna, les lignes 42, 72, 80 et 92 à Alma-Marceau. À vélo, trois stations Vélib’ sont signalées rue de Longchamp, rue Bassano et avenue Marceau, et 32 emplacements se trouvent devant le musée. En voiture, le parking Alma George V est situé 19 avenue George-V.

Le Palais Galliera est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Un vestiaire à soi » ?

Oui, le musée est entièrement accessible : un ascenseur mène aux espaces d’exposition et deux fauteuils roulants sont prêtés à l’accueil. Le musée conseille de vérifier le bon fonctionnement de l’ascenseur sur sa page d’accueil avant de venir. La personne en situation de handicap et son accompagnateur entrent gratuitement, et des visites guidées en langue des signes française sont proposées autour de l’exposition.

Y a-t-il des nocturnes pour « Un vestiaire à soi » au Palais Galliera ?

Oui, tous les vendredis, le musée reste ouvert jusqu’à 21h, avec une dernière entrée à 20h.

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu
Palais Galliera
10 avenue Pierre-Ier-de-Serbie, 75116 Paris
Horaires
  • Du mardi au dimanche : 10h - 18h (dernière entrée 17h)
  • Nocturne le vendredi jusqu’à 21h (dernière entrée 20h)
  • Fermé le lundi, le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier
  • Fermeture à 17h les 24 et 31 décembre
Tarifs
Tiqets
Adulte (27 ans et plus) : 14 €
Moins de 18 ans : Gratuit
Personnes handicapées : Gratuit
Demandeurs d’emploi et bénéficiaires des minima sociaux : Gratuit
Fnac
Plein tarif : 15,70 €
Tarifs hors frais de transaction éventuels
Informations
Tarif réduit à l’exposition « L’étoffe de l’artiste » du musée Bourdelle sur présentation du billet, et inversement
Casiers à disposition au rez-de-chaussée et en rez-de-jardin
Conditions
Réservation fortement conseillée, même pour une entrée gratuite
Justificatif de moins de 3 mois exigé pour les tarifs réduits et gratuits (6 mois pour les demandeurs d’emploi)
Sacs et bagages de plus de 40 × 30 × 20 cm interdits (plan Vigipirate)
Tiqets : billets à tarif réduit 18–26 ans disponibles sur place
Tiqets : billets non remboursables
Accès
🚇 Métro
Ligne 9 – station « Iéna »
Ligne 9 – station « Alma-Marceau »
🚆 RER
RER C – station « Pont de l’Alma »
🚌 Bus
Lignes 32, 63 et 82 – station « Iéna »
Lignes 42, 72, 80 et 92 – station « Alma-Marceau »
🅿️ Parking / Voiture
Parking Alma George V – station « 19 avenue George-V »
🚲 Vélo / Vélib’
Station Vélib’ – station « 4 rue de Longchamp »
Station Vélib’ – station « 1 rue Bassano »
Station Vélib’ – station « 2 avenue Marceau »
32 emplacements vélos – station « devant le musée »

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