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Mary Cassatt au Musée d’Orsay

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Présentation
Impressionnisme

Mary Cassatt. L’indépendante

Près de 80 œuvres d’une Américaine devenue impressionniste à Paris

Mary Cassatt. L’indépendante – Musée d’Orsay

Musée d’Orsay

L’EXPOSITION

« Mary Cassatt. L’indépendante » est une rétrospective de la peintre américaine présentée au musée d’Orsay, à Paris, du 6 octobre 2026 au 31 janvier 2027, cent ans après sa mort. L’exposition réunit près de 80 œuvres d’une artiste appelée « peintre des enfants et des mères » par critiques et marchands, alors qu’elle n’a pas eu d’enfant et que ses « mères » sont bien souvent des nourrices.

Couvrant toute sa carrière, ces œuvres présentent aussi, avec l’appui de lettres inédites, une professionnelle qui vit de sa peinture, expose avec les impressionnistes et soutient le vote des femmes.

Mary Cassatt : l’indépendante de l’impressionnisme © Art Historia

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PEINTRE DES MÈRES : UNE ÉTIQUETTE ET UN MÉTIER

Le sujet favori d’une professionnelle célibataire

Vers 1880, les scènes de mère et d’enfant entrent dans l’œuvre de Mary Cassatt ; à partir de 1889, elles deviennent son sujet favori. Appelées « maternités », elles lui valent un vrai succès commercial dès les années 1880. Le parcours relie aussi l’étiquette de « peintre des enfants et des mères » à une idée de l’époque : une femme serait naturellement portée vers ce sujet. Cette idée est appliquée à Cassatt, alors qu’elle reste célibataire et se consacre tout entière à sa carrière. L’artiste ne rejette pas l’étiquette. Les modèles qu’elle réunit dans une même image ne sont pas forcément parents. Le parcours voit dans ces scènes une Vierge à l’Enfant modernisée, ramenée à l’humain et à l’intime.

« Nous, professionnels, méprisons les amateurs. »

Mary Cassatt – Mère sur le point de laver son enfant assoupi [La Toilette de l’enfant]

Mary Cassatt, Mère sur le point de laver son enfant assoupi [La Toilette de l’enfant], 1880, huile sur toile, 100,4 × 65,8 cm, Los Angeles County Museum of Art, legs de Mme Fred Hathaway Bixby photo © Museum Associates / LACMA

En 1869, Cassatt écrit à sa belle-sœur : « Nous, professionnels, méprisons les amateurs. » Rentrée aux États-Unis pendant la guerre de 1870, elle paie son retour en Europe en peignant des copies de tableaux anciens. À Paris, elle loue un atelier près de la place Pigalle et emploie des modèles rémunérés. En 1878, son père attend d’elle qu’elle subvienne à ses besoins : elle règle désormais seule son atelier et tous les frais de son métier. Elle défend ses intérêts avec fermeté et, à partir des années 1880, est représentée par le principal marchand des impressionnistes, Paul Durand-Ruel.

AVEC LES IMPRESSIONNISTES : SORTIES EN VILLE ET GRAVURES EN COULEURS

De l’opéra aux Dix Planches en couleurs

« Je haïssais l’art officiel », dira Cassatt. Dès 1877, Edgar Degas l’invite à rejoindre les expositions impressionnistes. Sans jury ni prix, elles offrent une autre voie que le Salon, la grande exposition officielle de Paris. Ces manifestations se disent « indépendantes », comme le titre « Mary Cassatt. L’indépendante ». Cassatt participe à quatre d’entre elles, en 1879, 1880, 1881 et 1886, et aide à les organiser par ses prêts d’œuvres, ses achats et son argent. À Paris, elle trouve des sujets dans la vie moderne : promenades en voiture, sorties au théâtre ou à l’opéra. La peintre représente des femmes aisées, souvent gantées et chapeautées, qui s’informent, écoutent, conduisent ou discutent entre amies. Le parcours souligne les cadrages audacieux et la touche énergique de ces tableaux.

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expositions impressionnistes avec Mary Cassatt, en 1879, 1880, 1881 et 1886

Au printemps 1890, l’École des Beaux-Arts de Paris accueille une grande exposition d’estampes japonaises, ces images imprimées à partir d’une planche gravée. Cassatt en ressort éblouie. Cette visite la pousse à créer en 1890–1891 les Dix Planches en couleurs, dix scènes de femmes modernes dans leurs gestes de tous les jours. Ces gravures mêlent pointe sèche, un dessin gravé directement dans le cuivre, et aquatinte, un procédé qui donne des zones de couleur. Certaines exigent au moins une quinzaine d’étapes et plusieurs plaques de cuivre, puisqu’une même plaque ne peut pas recevoir des couleurs mélangées.

Mary Cassatt – Femme dans une loge

Mary Cassatt, Femme dans une loge, 1879, huile sur toile, 81,5 × 59,5 cm, Philadelphia Museum of Art, legs de Charlotte Dorrance Wright, 1978 Image courtesy of the Philadelphia Museum of Art

Focus sur l’œuvre

Cette toile figure à Paris à la quatrième exposition impressionniste, en 1879, où elle est particulièrement saluée. Une jeune femme en robe rose est assise dans une loge de l’Opéra, devant un grand miroir où se reflètent les balcons de la salle. Le modèle est souvent identifié comme Lydia, la sœur de l’artiste. Les miroirs placés au fond des loges permettent à Cassatt de capter les éclats du grand lustre, encore éclairé au gaz, sur la peau et le décor. Cette attention aux effets de la lumière artificielle sur les carnations trahit l’influence d’Edgar Degas. En 1879, elle présente le tableau dans un cadre vert, qui tranche avec le rouge des sièges et le rose de la robe.

CHICAGO, L’OISE ET NEW YORK : UNE INDÉPENDANCE HORS DE L’ATELIER

Un décor disparu, un château et le suffrage

Quatre mètres sur dix-huit : ce sont les dimensions de Modern Woman, un décor aujourd’hui disparu. Cassatt le peint pour le Pavillon de la Femme à l’Exposition universelle de Chicago de 1893, et l’achève en six mois dans la petite serre d’un manoir qu’elle loue dans l’Oise. Le parcours évoque ce décor par des estampes et des pastels qui s’y rattachent, et par un film qui en propose une restauration numérique. En 1894, grâce à ses revenus et à la commande de Chicago, Cassatt achète dans le même département le château de Beaufresne, au Mesnil-Théribus. Le parcours la compte parmi les rares femmes artistes de son temps à posséder, à leur nom, un bien payé par leur travail. À Beaufresne, elle peint encore une vingtaine d’années et fait poser ses modèles en plein air, dans le parc. C’est au château qu’elle meurt, en 1926.

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En avril 1915, Louisine Havemeyer, une amie collectionneuse que Cassatt conseille, organise une exposition à la galerie Knoedler de New York pour financer la campagne en faveur du vote des femmes. Cassatt y sollicite des prêts et, selon le parcours, parvient même à faire soutenir l’événement par des opposants au vote féminin. Trois œuvres montrées à New York cette année-là sont présentées dans « Mary Cassatt. L’indépendante », au musée d’Orsay. Le parcours lit dans ces œuvres d’apparence intime un message politique discret, porté notamment par le thème de la transmission. Peu après, le vote des femmes est rejeté par référendum dans l’État de New York, mais l’exposition a rapporté des fonds à la campagne.

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Vers 1893, l’estampe Le Potager reprend librement le panneau central de Modern Woman, où les fruits cueillis par des femmes et transmis à des fillettes symbolisent l’accès au savoir.

Mary Cassatt – Le Potager [L’Espalier] (épreuve b)

Mary Cassatt, Le Potager [L’Espalier] (épreuve b), vers 1893, eau-forte, pointe sèche, vernis mou et aquatinte en couleurs, état définitif, 42,2 × 29,5 cm, Institut national d’histoire de l’art, Paris

POURQUOI VOIR « MARY CASSATT » AU MUSÉE D’ORSAY ?

L’exposition suit une Américaine qui a fait de la peinture un métier, puis le moyen de son indépendance. Deux conservatrices du musée, Caroline Corbeau-Parsons et Anne Robbins, cosignent le commissariat avec leurs homologues de la National Portrait Gallery, à Londres, et du Museum of Fine Arts, à Boston. Des peintures et des pastels arrivent de collections américaines peu exposées hors des États-Unis. Le musée montre aussi la maternité au pastel que Cassatt offrit en 1897 à l’État, qui lui en demandait une.

Mary Cassatt – Mère et enfant sur fond vert

Mary Cassatt, Mère et enfant sur fond vert, 1897, pastel sur papier beige collé sur châssis entoilé, 55 × 46 cm, don de Mary Cassatt au musée du Luxembourg, 1897 © photo : droits réservés

Point de vue critique

Destiné au musée du Luxembourg, alors musée national d’art contemporain, ce pastel est accepté par arrêté ministériel du 13 mars 1897. Sur un fond vert, un jeune enfant aux joues rouges se blottit dans le bras d’une femme, peut-être encore engourdi de sommeil ou contrarié par une poussée dentaire. La même femme a vraisemblablement posé pour Nurse and Child (1896–1897), conservé au Metropolitan Museum of Art. Selon le musée d’Orsay, Cassatt entend ainsi entrer durablement dans les collections publiques françaises.

Les musées nationaux français n’avaient encore jamais consacré d’exposition majeure à Cassatt, rappelle le musée. Cette rétrospective compte parmi les événements des 40 ans du musée d’Orsay, qui présente au même moment une exposition sur la statue de la Liberté et son sculpteur, Auguste Bartholdi. Le programme annonce des visites « en famille avec des enfants de 6 à 12 ans » et une visite en langue des signes française.

Commissariat et production

Commissariat
Caroline Corbeau-Parsons (conservatrice Arts graphiques et Peinture, musée d’Orsay)Anne Robbins (conservatrice Peinture, musée d’Orsay)Sarah Moulden (National Portrait Gallery, Londres)Erica Hirshler (Museum of Fine Arts, Boston)
Production
musée d’Orsay, en partenariat avec la National Portrait Gallery (Londres) et le Museum of Fine Arts (Boston)
Camille, Rédactrice culture

L’avis de Camille

Rédactrice culture

Les recensements de 1901 désignent Mary Cassatt comme « artiste-peintre, patronne ». Une section de l’exposition porte ces mots en titre. Ce choix donne un contenu concret au mot « indépendante » : une artiste qui gagne sa vie et gère son château. Les tableaux de mères et d’enfants se comprennent alors aussi comme le produit d’un métier. Visite recommandée pour une exposition dont le titre, « L’indépendante », s’appuie sur des archives.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Quand a lieu « Mary Cassatt. L’indépendante » au Musée d’Orsay ?

L’exposition se tient du 6 octobre 2026 au 31 janvier 2027. Le musée est ouvert du mardi au dimanche de 9h30 à 18h, jusqu’à 21h45 le jeudi. Il est fermé le lundi, ainsi que le 25 décembre.

Où réserver ses billets pour « Mary Cassatt. L’indépendante » au Musée d’Orsay ?

Les billets se réservent en ligne sur Tiqets, sans frais additionnels : 17,50 € le billet adulte, ou 13 € avec le billet du soir, valable le jeudi à partir de 18h. Ce billet au Musée d’Orsay ouvre aussi la collection permanente ; l’accès aux expositions temporaires se fait dans la limite des places disponibles. Les moins de 18 ans et les moins de 26 ans résidents de l’UE entrent gratuitement, sur présentation d’une pièce d’identité.

Combien de temps dure la visite de « Mary Cassatt. L’indépendante » au Musée d’Orsay ?

Aucune durée indicative n’est annoncée pour ce parcours de près de 80 tableaux, pastels et estampes. Pour organiser la visite, retenez que le dernier accès au musée a lieu à 17h, et à 21h le jeudi. Le billet étant horodaté, présentez-vous dans votre créneau : en dehors, l’accès réservé est perdu.

Comment se rendre au Musée d’Orsay pour « Mary Cassatt. L’indépendante » ?

Le plus direct est le RER C, station « Musée d’Orsay ». La ligne 12 du métro dessert la station Solférino, et les bus 63, 68, 69, 73, 83, 84, 87 et 94 desservent le quartier. Pour venir à vélo, la station Vélib’ n° 7007 porte le nom du musée. Avec un billet horodaté, entrez par l’entrée 1, côté quai.

Le Musée d’Orsay est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Mary Cassatt. L’indépendante » ?

Oui, l’exposition est indiquée accessible aux visiteurs à mobilité réduite, avec ou sans accompagnateur. Sur place, le musée prête fauteuils roulants, sièges pliants et cannes contre une pièce d’identité, sans réservation possible, ainsi qu’un sac d’objets sensoriels. Une visite en langue des signes française est programmée le jeudi 12 novembre à 10h30. Sur Tiqets, l’entrée est gratuite pour un visiteur en situation de handicap et son accompagnateur.

Y a-t-il des nocturnes pour « Mary Cassatt. L’indépendante » au Musée d’Orsay ?

Oui, chaque jeudi, le musée reste ouvert jusqu’à 21h45, dernier accès à 21h. Pour une visite commencée à partir de 18h ce jour-là, le billet du soir coûte 13 € sur Tiqets. Une séance de croquis dans l’exposition est aussi prévue le jeudi 15 octobre à 18h30.

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu
Musée d’Orsay📍 Entrée 1 – Quai : billets horodatés
esplanade Valéry-Giscard-d’Estaing, 75007 Paris
Horaires
  • Mardi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche : 9h30 - 18h
  • Jeudi (nocturne) : 9h30 - 21h45
  • Fermé le lundi et le 25 décembre
  • Dernier accès au musée : 17h (21h le jeudi) ; aux expositions : 17h15 (21h le jeudi)
Tarifs
Tiqets
Adulte (plus de 18 ans) : 17,50 €
Adulte, billet du soir le jeudi (à partir de 18h) : 13 €
Moins de 18 ans : Gratuit
Moins de 26 ans résidents de l’UE : Gratuit
Visiteur en situation de handicap et un accompagnateur : Gratuit
Demandeurs d’emploi, titulaires du Pass éducation : Gratuit
Informations
Billet valable pour la collection permanente et les expositions temporaires, dans la limite des places disponibles
Entrée gratuite pour tous le 1er dimanche du mois, sur réservation d’un créneau
Vestiaire gratuit en libre-service
Conditions
Créneau horaire à respecter : en dehors, l’accès réservé est perdu
Coupe-file non inclus aux contrôles de sécurité et à l’entrée des expositions
Billet du soir réservé au jeudi, pour une visite à partir de 18h
Gratuités sur présentation d’une pièce d’identité valide
Dépôt obligatoire au vestiaire des sacs à dos volumineux, casques de moto, grands parapluies et valises cabine (56 × 45 × 25 cm maximum)
Accès
🚇 Métro
Ligne 12 – station « Solférino »
🚆 RER
RER C – station « Musée d’Orsay »
🚌 Bus
Lignes 63, 68, 69, 73, 83, 84, 87 et 94
🅿️ Parking / Voiture
Stationnement PMR
🚕 Taxi / Dépose-minute
Taxi
🚲 Vélo / Vélib’
Station 7007 – station « Musée d’Orsay »

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