Marc Bloch au Panthéon
Marc Bloch, l’esprit de l’Histoire
Les papiers d’un historien, dans la crypte du Panthéon

Panthéon
L’EXPOSITION
« Marc Bloch, l’esprit de l’Histoire » est une exposition présentée au Panthéon, à Paris, du 25 juin 2026 au 10 janvier 2027, installée dans la crypte où l’historien est entré le 23 juin 2026 avec son épouse Simonne.
Les pièces viennent notamment des archives de la famille, des Archives nationales, du Service historique de la Défense et du Centre d’histoire de la résistance et de la déportation, à Lyon. Le commissariat est signé Yann Potin, conservateur en chef du patrimoine et historien, en poste aux Archives nationales.France : l’historien et résistant Marc Bloch est entré au Panthéon • © FRANCE 24
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DANS LA CRYPTE : une exposition faite de papiers
Archives, photographies et livres sous la nefL’exposition se visite au niveau de la crypte, sous la nef et son pendule de Foucault, à l’endroit même où Marc et Simonne Bloch ont fait leur entrée. Leurs deux noms sont gravés sur les murs du caveau, mais la sépulture est un cénotaphe, c’est-à-dire un tombeau sans corps. La famille a souhaité que les cendres de l’historien restent en Creuse, au Bourg-d’Hem, où elles ont été transférées en 1977. Le corps de sa femme, lui, n’a jamais été rendu aux siens – partie à Lyon après l’arrestation de son mari, Simonne Bloch y est morte en 1944 sous une fausse identité.
Photographe non identifié, Marc Bloch à l’âge de 9 ans, 1895, photographie © Archives familiales Marc Bloch
« Marc Bloch, l’esprit de l’Histoire » réunit des documents d’archives, des photographies, des livres et des objets. Le parcours, à la fois chronologique et thématique, avance en trois sections – les origines et la formation, le combattant, l’historien – puis se referme sur un épilogue consacré à la postérité. La première part de Lyon, où Marc Bloch naît en 1886 dans une famille juive alsacienne, et de l’affaire Dreyfus, qui marque son enfance. Il entre à l’École normale supérieure en 1904, comme son père, qui y enseignait l’histoire antique. L’exposition est comprise dans le billet d’entrée du Panthéon.
Leurs deux noms sont gravés sur les murs du caveau, mais la sépulture est un cénotaphe, c’est-à-dire un tombeau sans corps.
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DEUX GUERRES : ce que le front apprend à un historien
Du feu de 1914 à la clandestinité lyonnaiseMobilisé de 1914 à 1918, Marc Bloch combat sur la Marne, en Argonne, en Champagne et sur la Somme ; il devient officier de renseignement en 1916 et termine capitaine, avec quatre citations. Le front lui donne aussi un sujet d’étude. En 1921, il en tire un article, « Réflexions sur les fausses nouvelles de la guerre » : comment une information inventée naît dans une tranchée, circule, puis devient une évidence pour ceux qui la répètent.
L’Étrange Défaite, rédigé de juillet à septembre 1940, ne paraît pas du vivant de son auteur : le manuscrit est confié au géographe Philippe Arbos pour éviter une saisie. L’ouvrage compte trois parties : « Présentation du témoin », « La déposition d’un vaincu » et « Examen de conscience d’un Français ».
En 1939, à cinquante-trois ans et père de six enfants, il obtient d’être mobilisé à sa demande. Capitaine d’état-major, il fait la campagne de Belgique et se retrouve à Dunkerque parmi les troupes encerclées, le 31 mai 1940. L’été suivant, il écrit le témoignage qui paraîtra en 1946 sous un titre choisi par d’autres, L’Étrange Défaite. Les lois antisémites de Vichy – le « statut des Juifs » – le relèvent de ses fonctions en 1940 ; il en est exempté l’année suivante et reprend ses cours à Clermont-Ferrand, puis à Montpellier. En 1943, il rejoint la Résistance avec le mouvement Franc-Tireur et passe à la clandestinité, à Lyon. Il y est arrêté le 8 mars 1944, torturé, puis fusillé le 16 juin avec d’autres résistants à Saint-Didier-de-Formans, dans l’Ain. La deuxième section rassemble des écrits, des documents militaires et des témoignages ; L’Étrange Défaite y figure.
Photographe non identifié, Marc Bloch, sergent, 1914, photographie © Archives familiales Bloch
Focus sur l’œuvre
Le tirage montre un homme en pied, en uniforme boutonné jusqu’au col, son couvre-chef tenu à deux mains devant lui, sur fond neutre. Les bords usés et la surface craquelée du papier trahissent un document de famille longtemps conservé et manipulé : il provient des archives gardées par les descendants de l’historien. Daté de 1914 et légendé du seul grade de sergent, ce portrait est l’image que le monument associe à la séquence consacrée au combattant.
L’ATELIER ET L’APRÈS : les Annales, un testament, une mémoire discutée
Strasbourg, la revue, la longue postéritéLes rois thaumaturges, paru en 1924, enquête sur la croyance qui prêtait aux souverains français et anglais le pouvoir de guérir les écrouelles – une infection des ganglions du cou – d’un simple toucher. Marc Bloch le publie alors qu’il enseigne à Strasbourg, où il reste de 1919 à 1936 avant d’être nommé à la Sorbonne. Cinq ans après ce livre, il fonde avec Lucien Febvre une revue, les Annales d’histoire économique et sociale, qui ouvrent largement l’histoire aux sciences sociales. La troisième section restitue cet atelier de travail, de l’enseignant à l’auteur.
Le 18 mars 1941, à Clermont-Ferrand, Marc Bloch rédige un testament moral, l’un des écrits testamentaires qu’il a rédigés à plusieurs moments de sa vie. Il y reprend une devise empruntée à Ernest Renan, Dilexit veritatem – « il a chéri la vérité » –, aujourd’hui gravée sur sa tombe. L’épilogue suit ce que sa pensée est devenue : L’Étrange Défaite publiée dès 1946, un relatif effacement dans les années 1950, une diffusion internationale par les traductions à partir des années 1960. Puis un retour dans l’espace public au tournant des années 1990, y compris sous la forme d’appropriations politiques contrastées. Hors les murs du Panthéon, le Centre des monuments nationaux engage pour la première fois l’ensemble de son réseau autour d’une panthéonisation : lectures, conférences et journées d’étude se tiennent dans ses monuments jusqu’au 31 décembre 2026.
livres publiés par Marc Bloch, dont deux à titre posthume
Photographe non identifié, Bureau de Marc Bloch dans son appartement de Strasbourg, années 1920, photographie © Archives familiales Marc Bloch
UNE LETTRE À ALICE : ce que la famille a gardé
Un papier privé au cœur du parcoursMarc Bloch et Simonne Vidal ont eu six enfants, nés entre 1920 et 1930. À l’une de leurs filles, Alice, l’historien adresse en 1943 une lettre restée dans les papiers de la famille, et que l’exposition sort aujourd’hui de la boîte d’archives.
Marc Bloch, Lettre de Marc Bloch à sa fille Alice, 1943, lettre autographe manuscrite © Archives familiales Bloch
Focus sur l’œuvre
Le document tient en trois feuillets manuscrits, couverts d’une écriture dense et régulière. 1943 est l’année où Marc Bloch, après l’invasion de la zone libre en novembre 1942, rejoint le mouvement de résistance Franc-Tireur et entre dans la clandestinité à Lyon, sous les pseudonymes de Blanchard et de Narbonne. Une lettre de père datée de cette année-là n’a plus rien d’un courrier ordinaire : elle est écrite par un homme qui vit désormais sous un autre nom.
POURQUOI VOIR « MARC BLOCH, L’ESPRIT DE L’HISTOIRE » AU PANTHÉON ?
Vous y verrez la matière première d’un métier : les papiers d’un homme qui a passé sa vie à vérifier ce qu’on lui racontait. Le parcours tient dans la crypte du Panthéon, là où Marc et Simonne Bloch sont entrés, et il donne surtout à lire : documents d’archives, photographies de famille, livres. Il éclaire une autre part de cette vie : le soldat de 1914, l’officier de renseignement, l’auteur d’un témoignage publié après sa mort.
Ernest Pignon-Ernest, Derrière les barreaux. Hommage à Marc Bloch, 2012, collage © Ernest Pignon-Ernest, Courtesy Galerie Lelong ADAGP, Paris, 2025
Le billet d’entrée donne accès à « Marc Bloch, l’esprit de l’Histoire » comme à la nef, au pendule de Foucault et aux autres figures de la Résistance honorées dans la crypte. Les Archives nationales, où sont conservées ses archives privées, présenteront leur propre exposition à partir d’octobre 2026, en entrée libre, à Pierrefitte-sur-Seine. La crypte ne se rejoint que par des escaliers ; une borne numérique installée dans la nef permet de la visiter à distance.
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Marc Bloch, l’esprit de l’Histoire » au Panthéon ?
L’exposition se tient du 25 juin 2026 au 10 janvier 2027, dans la crypte du monument. Elle se visite tous les jours de la semaine, de 10h à 17h30 de juin à septembre, puis de 10h à 17h d’octobre à janvier. Le Panthéon ouvre à 12h les premiers lundis ouvrés du mois et ferme les 1er janvier et 25 décembre.
Où réserver ses billets pour « Marc Bloch, l’esprit de l’Histoire » au Panthéon ?
L’exposition est comprise dans le droit d’entrée du monument, réservable en ligne chez Tiqets à 16 € pour un adulte, sans frais additionnels. Le même billet ouvre la nef et la crypte. L’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans venus en famille, pour les 18–25 ans ressortissants de l’Union européenne ou résidents en France, pour les visiteurs en situation de handicap et leur accompagnateur, ainsi que pour les demandeurs d’emploi sur justificatif.
Combien de temps dure la visite de « Marc Bloch, l’esprit de l’Histoire » au Panthéon ?
Aucune durée de visite n’est communiquée par le monument. Le parcours se déploie en trois sections et un épilogue dans la crypte, et il ferme une heure avant le reste du bâtiment : 17h30 de juin à septembre, 17h d’octobre à janvier. Comme le billet donne aussi accès à la nef et au pendule de Foucault, mieux vaut arriver bien avant la fermeture de la crypte.
Comment se rendre au Panthéon pour « Marc Bloch, l’esprit de l’Histoire » ?
Le monument se trouve place du Panthéon, dans le 5e arrondissement. En métro, la ligne 10 dessert la station « Maubert-Mutualité » et la ligne 7 la station « Place Monge » ; en RER, la ligne B s’arrête à « Luxembourg ». À vélo, la station Vélib’ n° 5032 (Panthéon - Valette) est la plus proche, et de nombreux parkings entourent le monument.
Le Panthéon est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Marc Bloch, l’esprit de l’Histoire » ?
Le monument dispose d’une rampe d’accès extérieure et d’un élévateur intérieur qui dessert l’intégralité de la nef. La crypte, où se tient l’exposition, n’est en revanche accessible que par des escaliers : une borne numérique installée en nef permet de la découvrir à distance. Le droit d’entrée est gratuit pour la personne en situation de handicap et son accompagnateur, sur présentation d’un justificatif en cours de validité.
Peut-on prendre des photos à « Marc Bloch, l’esprit de l’Histoire » au Panthéon ?
Les photographies personnelles sont autorisées, à usage non commercial et sans trépied ; les drones sont interdits et les prises de vue professionnelles soumises à autorisation. À noter avant de venir : le monument ne dispose ni de consigne à bagages ni de vestiaire, seuls les sacs à dos standards sont admis, et les casques, trottinettes, rollers et skateboards restent à la porte.
INFORMATIONS PRATIQUES
Horaires
- Ouvert tous les jours de la semaine
- Exposition : 10h - 17h30 de juin à septembre
- Exposition : 10h - 17h d’octobre à janvier
- Monument : 10h - 18h30 jusqu’au 30 septembre, puis 10h - 18h
- Dernier accès au monument 45 minutes avant la fermeture
- Ouverture à 12h les premiers lundis ouvrés du mois
- 24 et 31 décembre : fermeture à 17h (dernière entrée 16h15)
- Fermé les 1er janvier et 25 décembre
