Video Games & Music à la Philharmonie de Paris
Video Games & Music
La musique dont vous êtes le héros

Philharmonie de Paris
L'EXPOSITION
« Video Games & Music » s'installe à la Philharmonie de Paris du 2 avril au 1er novembre 2026. Pour la première fois, une grande institution musicale consacre une exposition entière à un demi-siècle de musique vidéoludique, des signaux rudimentaires de Pong aux partitions symphoniques, avec 29 jeux jouables et cinq installations collectives.
Le parcours, conçu comme un monde ouvert par la musicologue Fanny Rebillard et le journaliste Jean Zeid, déploie consoles d'époque, photographies, artworks et stations interactives dans un décor de biomes en projection animée signé La Sagna & Racine. Un billet donne aussi accès à la collection permanente du Musée de la musique.Exposition « Video Games & Music » | Teaser © Philharmonie de Paris
UN MONDE OUVERT EN CINQ BIOMES
Scénographie immersive et pixel art monumentalCouleurs primaires, tunnels organiques, cimaises inclinées, murs de projection : la scénographie emprunte ses codes aux jeux vidéo. Cinq biomes créés par l'artiste Mounir Ayache – l'orbite des légendes, les dunes infinies, la métropole nocturne, la canopée tropicale, le volcan électrique – composent des tableaux audiovisuels ouvrant sur des mondes numériques.
Invader, Pong, 2008, mosaïque de carreaux de céramique © Invader 2008
Aucun parcours fléché : le visiteur circule librement entre les thématiques, à son rythme. Un écran géant diffuse une dizaine de séquences thématisées – combats, paysages urbains, opéra dans Final Fantasy, Daft Punk dans Fortnite – à découvrir collectivement, sans manette.
Des mosaïques 8-bits d'Invader aux panoramas en pixel art d'eBoy, des œuvres d'artistes en résonance avec l'univers vidéoludique ponctuent le parcours.
Invader, artiste français anonyme né en 1969, transpose depuis la fin des années 1990 l'esthétique des jeux vidéo 8 bits en mosaïques de carreaux de céramique installées dans l'espace public. Sa démarche, baptisée « L'invasion », consiste à placer des œuvres pixelisées inspirées de classiques comme Space Invaders ou Pac-Man dans plus de 80 villes à travers le monde. L'exposition réunit six de ses mosaïques, dont Pong, qui reprend l'écran iconique du jeu d'Atari de 1972 – deux barres et un point – dans un langage de tesselles millénaire.
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DES BIPS D'ARCADE AUX MÉLODIES PLANÉTAIRES
Puces sonores, salles d'arcade et naissance d'un répertoireEn 1972, l'ingénieur Allan Alcorn bricole les premiers sons de Pong à partir de circuits imprimés. Un signal fonctionnel, pas une composition. Quelques années suffisent pour que l'intégration de puces sonores dédiées transforme ces bips en mélodies reconnaissables : chaque puce impose sa palette de timbres, donnant au jeu sa signature musicale.
clichés en 35 mm réalisés par Ira Nowinski dans les arcades californiennes (1981–1982)
Les haut-parleurs des bornes d'arcade diffusent ces sons dans des salles bruyantes et scintillantes où le jeu vidéo est d'abord une expérience sociale, vécue côte à côte. Le photographe Ira Nowinski a documenté cette culture entre 1981 et 1982 dans la baie de San Francisco, du Santa Cruz Boardwalk aux arcades d'Oakland.
Ira Nowinski, Série Pier 39, 1981–1982, photographie argentique, tirage noir et blanc, 35 mm © Ira Nowinski, courtesy of the Department of Special Collections, Stanford University Libraries 2026
Focus sur l'œuvre
Les deux photographies en noir et blanc exposées à la Philharmonie montrent des joueurs absorbés devant des bornes d'arcade dans des salles bondées de la baie de San Francisco au début des années 1980. Nowinski, photographe documentaire américain, a réalisé cette série dans plusieurs lieux de la Bay Area, dont le Santa Cruz Boardwalk et l'Exploratorium de San Francisco, site d'une compétition officielle Atari Asteroids. La collection complète, acquise par la bibliothèque de Stanford en 2012, comprend environ 650 images en 35 mm. Comme le souligne Henry Lowood, conservateur des collections d'histoire des sciences et technologies à Stanford, ces images rappellent que le jeu social et multijoueur n'a pas toujours été virtuel ou en réseau.
PLONGÉE DANS LE CODE
Du cylindre à picots à la puce sonore, une filiation insoupçonnéeLe code informatique prolonge le travail des puces. Le principe du binaire – on/off – existait déjà dans l'orgue de Barbarie et la boîte à musique : l'informatique ouvre des perspectives inédites, certains compositeurs dessinant manuellement la forme des ondes sonores.
Au Japon, Kōji Kondō crée avec Super Mario Bros. (1985) et The Legend of Zelda (1986) des mélodies immédiatement identifiables. Nobuo Uematsu pose avec Final Fantasy (1987) les bases d'une écriture à vocation orchestrale. La rivalité Nintendo-Sega fait du son un argument commercial – la bande-son de Masato Nakamura pour Sonic the Hedgehog (1991) en témoigne. Dès 1989, la Game Boy emporte ces mélodies dans la poche, de la cour de récréation au salon familial.
Dans la section « Plongée dans le code », un orgue de Barbarie Ignaz Bruder (vers 1820–1830), issu des collections du Musée, rappelle que le principe binaire – un picot active une note – précédait de loin les puces sonores des premières consoles.
Attribué à Ignaz Bruder, Orgue de barbarie à cylindre et à automates, vers 1820–1830, bois, laiton repoussé, tuyaux en bois, cylindre à picots © Collection Musée de la musique
LE PIXEL COMME LANGAGE ARTISTIQUE
Du jeu vidéo à l'art numérique, l'esthétique 8-bit perdureAu milieu des années 1990, le CD-ROM bouleverse la donne. Ses capacités de stockage autorisent l'intégration de musique enregistrée, tandis que le jeu vidéo se repositionne comme divertissement mature et converge avec la musique électronique. Des artistes issus des scènes club, chiptune ou ambient composent des bandes-son où le son commande l'action.
Cette esthétique pixelisée, née de contraintes techniques, s'est émancipée pour devenir un langage artistique à part entière. Les « Pixoramas » du collectif berlinois eBoy, fondé en 1997, incarnent cette mutation : de vastes panoramas urbains construits pixel par pixel en perspective isométrique représentent des villes réelles dans un style inspiré des graphismes 8 bits des années 1980.
eBoy, Tokyo, 2019, pixel art numérique, illustration isométrique © eBoy 2019
Focus sur l'œuvre
eBoy, collectif fondé en 1997 par Kai Vermehr, Steffen Sauerteig et Svend Smital, est considéré comme un pionnier du pixel art contemporain. Tokyo (2019) déploie les lieux emblématiques de la capitale japonaise – néons, architecture, foules – dans une composition foisonnante où chaque élément, malgré la simplification pixelisée, regorge de détails et de références à la culture pop. Le critique du design Steven Heller a comparé l'importance d'eBoy pour le pixel à celle de Roy Lichtenstein pour les trames Ben-Day de la bande dessinée.
POURQUOI ALLER VOIR L'EXPO "VIDEO GAMES & MUSIC" ?
L'exposition déploie un parcours libre où chaque visiteur compose son itinéraire entre bornes d'arcade, stations de jeux de rythme et dispositifs audiovisuels immersifs. En exposant la musique vidéoludique aux côtés d'un orgue de Barbarie du XIXe siècle, la Philharmonie inscrit ce répertoire dans l'histoire longue de la musique mécanique et programmée.
Víctor Alonso, The Last Game Centers Zarigani Osaka, 2023, photographie numérique couleur © Víctor Alonso
Point de vue critique
Les séquences audiovisuelles sur écran géant couvrent un spectre qui va de la Sonate n° 14 de Beethoven reprise dans Resident Evil à la musique adaptative d'Assassin's Creed Shadows. En parallèle, la photographie de Víctor Alonso documente les dernières salles d'arcade traditionnelles du Japon – un patrimoine en voie de disparition dont l'exposition fait résonner la mémoire.
Le billet inclut l'accès au Musée de la musique, dont les collections éclairent le lien entre instruments anciens et technologies numériques. Le jeu repose parfois entièrement sur la musique : de PaRappa the Rapper (1996) à Guitar Hero (2005), en passant par Dance Dance Revolution (1998) et Just Dance (2009), l'exposition retrace cette convergence où chaque esquive épouse le beat et chaque collision sanctionne un contretemps.
✨L'avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Video Games & Music » à la Philharmonie de Paris ?
Où réserver ses billets pour « Video Games & Music » à la Philharmonie de Paris ?
Combien de temps dure la visite de « Video Games & Music » à la Philharmonie de Paris ?
Comment se rendre à la Philharmonie de Paris pour « Video Games & Music » ?
Y a-t-il des nocturnes pour « Video Games & Music » à la Philharmonie de Paris ?
La Philharmonie de Paris est-elle accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Video Games & Music » ?
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Mardi - jeudi : 12h - 19h
- Vendredi : 12h - 21h
- Samedi - dimanche : 10h - 19h
- Vacances scolaires (zone C) : mardi - dimanche 10h - 20h (19h en été)
- Fermeture le 1er mai
