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Africa Fashion au Musée du quai Branly

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Présentation
Mode

Africa Fashion

Du textile politique aux podiums, soixante ans de mode africaine

Exposition Africa Fashion - Musée du quai Branly

Musée du quai Branly – Jacques Chirac

L'EXPOSITION

L'exposition « Africa Fashion » se tient au musée du quai Branly – Jacques Chirac du 31 mars au 12 juillet 2026, dans la Galerie Jardin. Conçue par le Victoria and Albert Museum de Londres après six étapes internationales, elle déploie sept sections croisant création contemporaine et collections historiques du musée. Textiles, accessoires, photographies et haute couture retracent plus de soixante ans d'invention stylistique sur le continent africain.

Du tissu commémoratif ANC aux silhouettes d'Imane Ayissi et Thebe Magugu, le parcours relie les mouvements d'indépendance à la scène mode actuelle. Chaque salle affirme le rôle central de l'Afrique dans la création vestimentaire mondiale, entre héritage textile et avant-garde.

RÉSERVEZ VOTRE VISITE

DES INDÉPENDANCES À LA RENAISSANCE CULTURELLE

Quand le tissu devient acte de résistance politique

Les mouvements d'indépendance africains, dès les années 1950, ouvrent une longue période de créativité dans la mode, la musique et les arts visuels. Affiches, publications, enregistrements et photographies documentent les transformations survenues entre le milieu des années 1950 et 1994, date de la fin de l'apartheid en Afrique du Sud. Le tissu commémoratif ANC Nelson Mandela de 1991 incarne cet engagement politique.

ANC Nelson Mandela commemorative cloth

ANC Nelson Mandela commemorative cloth, South Africa, 1991 © Victoria and Albert Museum, London

Fabriquer et porter des tissus traditionnels deviennent des gestes politiques dans un contexte de lutte et d'émancipation. Imprimés à la cire, tissus commémoratifs, àdìrẹ teints à l'indigo, kenté multicolores en soie ou coton, bògòlanfini obtenus à partir de terre et de matières végétales : ces techniques issues de tout le continent composent une histoire textile plurielle.

Le textile en Afrique fonctionne comme un vecteur de communication politique et d'affiliation identitaire, bien au-delà de sa fonction vestimentaire.

Avant la libération de Nelson Mandela le 11 février 1990, le gouvernement sud-africain avait interdit l'affichage public de son image et des couleurs de l'ANC. Après la fin de l'apartheid, ces textiles à l'effigie de Mandela furent produits en masse comme symboles de résistance et de fierté nationale. Ce tissu ouvre la section « Renaissance culturelle » et illustre comment le vêtement en Afrique porte un message collectif.

CAPTER LE CHANGEMENT

Portraits photographiques et construction des identités africaines

Des portraits photographiques de Samuel Fosso, James Barnor, Sory Sanlé ou Felicien Rodriguez captent l'euphorie des nations naissantes et ancrent la mode comme outil d'expression au sein des diasporas africaines. La photographie de studio devient un espace de mise en scène où le vêtement affirme une identité en pleine redéfinition.

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autoportraits composent la série African Spirits de Samuel Fosso

Samuel Fosso, né au Cameroun en 1962 et rescapé de la guerre du Biafra, ouvre son propre studio photo à Bangui à treize ans. Il développe dès les années 1970 une pratique d'autoportrait en utilisant les chutes de pellicule de ses clients. Avec la série African Spirits, achevée en 2008, il franchit un cap politique en incarnant les icônes du panafricanisme et du mouvement des droits civiques.

Samuel Fosso - African Spirits

Samuel Fosso, African Spirits, 2008, tirage sur papier baryté monté sur aluminium, 76 × 101,6 cm © musée du quai Branly – Jacques Chirac

Focus sur l'œuvre

La série comprend quatorze autoportraits en grand format où Fosso se métamorphose en figures emblématiques des luttes pour les droits civiques et les indépendances africaines : Angela Davis, Martin Luther King Jr., Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah, Malcolm X, Mohamed Ali ou encore Haïlé Sélassié. Il reproduit des photographies iconiques existantes et porte la vie de ces figures pour commémorer ceux qui ont lutté pour les droits des Noirs. Le choix du noir et blanc confère à chaque portrait une dimension commémorative et universelle. Le projet, nourri depuis 1997 et financé grâce au soutien du collectionneur Sindika Dokolo, figure dans les collections du MoMA à New York, de la Tate Modern à Londres et du musée du quai Branly à Paris.

L'AVANT-GARDE ET LE TEXTILE INDIGO

Cinq créateurs pionniers fondent la première génération de designers africains

Au milieu du XXe siècle, la mode africaine gagne une diffusion locale et internationale grâce à cinq créateurs emblématiques : Shade Thomas-Fahm (née en 1933), Chris Seydou (1949–1994), Kofi Ansah (1951–2014), Alphadi (né en 1957) et Naïma Bennis (1940–2008). Leurs trajectoires fondent la première génération de designers africains reconnus hors du continent.

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Kofi Ansah, surnommé « l'enfant terrible de la mode ghanéenne », est diplômé du Chelsea College of Art de Londres. Il se fait d'abord connaître sur la scène internationale avant de fonder sa propre marque en 1981. De retour au Ghana, il lance en 1992 le label ArtDress. Ses créations se distinguent par un usage audacieux des textiles africains – kenté, bògòlanfini, indigo, tie-dye – transposés dans un vocabulaire haute couture international.

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L'indigo, pigment naturel utilisé depuis des millénaires en Afrique de l'Ouest, reste l'un des marqueurs visuels les plus puissants de la création textile sur le continent.

Kofi Ansah - Indigo Couture 1997

Kofi Ansah, 'Indigo' Couture, 1997 – Emmanuel Narh Gaduga "Taller" and Linda Tsirakasu Photo © 1997 Eric Don-Arthur / www.EricDonArthur.com

AFROTOPIE ET HAUTE COUTURE

Spiritualité africaine et savoir-faire contemporain au cœur du design

Les créateurs d'origine africaine tracent aujourd'hui leur propre voie. Ils engagent des réflexions sur la culture, le genre et la sexualité tout en contestant les stéréotypes liés aux identités africaines. « Africa Fashion » au musée du quai Branly – Jacques Chirac organise cette section autour de thèmes précis : le minimalisme, l'art de la combinaison, les partenariats, l'Afrotopie, les parures et le savoir-faire artisanal.

Ibrahim Kamara, Imane Ayissi, Kenneth Ize, Thebe Magugu, Orange Culture, Tongoro et MAXHOSA redéfinissent le luxe à partir de perspectives africaines. La collection Alchemy automne-hiver 2021 de Thebe Magugu – robe-chemise, pantalon, tablier, chapeau et chaussures en laine imprimée, paille et cuir – illustre cette maîtrise où technique et vision se répondent.

Thebe Magugu – Collection Alchemy AW 2021

Thebe Magugu, Robe-chemise, pantalon, tablier, chapeau et chaussures, Collection Alchemy, Automne/Hiver 2021, Johannesburg, Afrique du Sud, laine imprimée (robe-chemise, pantalon, tablier) ; paille (chapeau) ; cuir (chaussures), achetés grâce au legs de Sue Smith, T.80:1 à 6-2022 © Victoria and Albert Museum, London. Photography: Tatenda Chidora, Styling + Set: Chloe Andrea Welgemoed Model: Sio

Focus sur l'œuvre

Cet ensemble incarne la section « Afrotopie » de l'exposition, où la spiritualité africaine rencontre le design contemporain. L'imprimé principal a été créé en collaboration avec Noentla Khumalo, styliste et guérisseuse traditionnelle basée à Johannesburg, qui utilise les os comme medium de divination. Khumalo a jeté ses objets divinatoires – os de chèvre, sifflet de police ancien, taille-crayon, coquillages et dés rouges – sur un tapis de paille. Magugu a photographié la scène, abstrait le motif et l'a imprimé sur la laine. Premier designer africain à remporter le prix LVMH en 2019, Magugu transforme le geste ancestral de la divination par les os en motif textile contemporain.

Les volumes roses et les franges de la collection Mbeuk Idourrou d'Imane Ayissi automne-hiver 2019, ou les pièces de MAXHOSA AFRICA et IAMISIGO, confirment cette dynamique qui conjugue héritage et innovation. Chaque création intègre les questions contemporaines – identité, durabilité, réappropriation culturelle – sans rompre le lien avec les racines africaines.

POURQUOI ALLER VOIR L'EXPO "AFRICA FASHION" ?

« Africa Fashion » au musée du quai Branly – Jacques Chirac offre une relecture des modes africaines à travers le prisme des créateurs et de la diaspora. Le parcours relie les années d'indépendance aux textiles politiques, des pionniers du XXe siècle aux designers actuels comme Imane Ayissi, Thebe Magugu ou Ibrahim Kamara.

Jupe, Tanzanie, début du 20e siècle

Jupe, Tanzanie, début du 20e siècle, peau, perles de verre, métal, 67,5 × 263 × 1 cm © musée du quai Branly – Jacques Chirac, photo Thierry Ollivier, Michel Urtado

Point de vue critique

Le parcours en sept sections réussit un pari difficile : relier l'effervescence des indépendances à la scène contemporaine sans jamais perdre le fil. Les collections du musée du quai Branly – Jacques Chirac dialoguent avec les créations de Thebe Magugu ou Imane Ayissi dans une scénographie fluide. Le visiteur passe des tissus commémoratifs aux silhouettes d'aujourd'hui avec la certitude de traverser une histoire vivante, portée par des créateurs en pleine ascension.

La section « Retour aux sources » clôt l'exposition en confrontant des textiles et accessoires rares issus des collections du musée avec la haute couture contemporaine. Cette jupe tanzanienne en peau ornée de perles de verre et de métal, par ses dimensions étendues et la finesse de son ornementation, témoigne d'un savoir-faire sophistiqué. Elle souligne la continuité créative entre les techniques ancestrales et les créations des designers actuels. Réservez votre billet au musée du quai Branly – Jacques Chirac pour parcourir cette relecture et reconnaître le rôle central du continent africain dans la création vestimentaire contemporaine.

Camille, Rédactrice culture

L'avis de Camille

Rédactrice culture

La première salle donne le ton : un tissu ANC où l'image de Mandela s'impose comme un acte de résistance. On ne regarde plus la mode de la même manière après ce parcours. Les autoportraits de Samuel Fosso interpellent, la collection Alchemy de Thebe Magugu fascine par son dialogue avec la divination traditionnelle. Le face-à-face final entre artisanat ancestral et haute couture contemporaine clôt la visite sur une évidence : l'Afrique n'a jamais cessé de réinventer le vêtement.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Quand a lieu « Africa Fashion » au musée du quai Branly – Jacques Chirac ?

L'exposition se tient du 31 mars au 12 juillet 2026, dans la Galerie Jardin. Le musée est ouvert du mardi au dimanche de 10h30 - 19h, et le jeudi de 10h30 - 22h. Fermeture le lundi.

Où réserver ses billets pour « Africa Fashion » au musée du quai Branly – Jacques Chirac ?

Les billets sont disponibles en ligne sur Tiqets au tarif de 14 € (billet d'entrée), sans frais additionnels. Ce billet donne accès aux collections permanentes et aux expositions temporaires en cours. Entrée gratuite sur place pour les moins de 18 ans, les citoyens de l'UE de 18–25 ans et les visiteurs handicapés.

Combien de temps dure la visite de « Africa Fashion » au musée du quai Branly – Jacques Chirac ?

Comptez environ 1h30 à 2h pour parcourir les sept sections de l'exposition. Le parcours traverse soixante ans de mode africaine, des textiles politiques aux silhouettes haute couture contemporaines. Prévoyez du temps supplémentaire si vous souhaitez explorer les collections permanentes du musée.

Comment se rendre au musée du quai Branly – Jacques Chirac pour « Africa Fashion » ?

Le musée est situé au 37 quai Jacques Chirac, 75007 Paris, à proximité immédiate de la tour Eiffel. En métro : Alma-Marceau (ligne 9). En RER : Pont de l'Alma (RER C). En bus : lignes 42, 72, 80, 92 (arrêts Bosquet-Rapp ou Tour Eiffel).

Y a-t-il des nocturnes pour « Africa Fashion » au musée du quai Branly – Jacques Chirac ?

Oui, le musée ouvre en nocturne chaque jeudi jusqu'à 22h. C'est l'occasion idéale de découvrir « Africa Fashion » dans une ambiance plus calme, avec moins de visiteurs qu'en journée.

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu
Musée du quai Branly – Jacques Chirac 37 quai Jacques Chirac, 75007 Paris
Horaires
  • Fermeture le lundi
  • Mardi, mercredi, vendredi, samedi, dimanche : 10h30 - 19h
  • Jeudi : 10h30 - 22h (nocturne)
Tarifs
Tiqets
Adulte (Billet d'entrée) : 14 €
Informations
Le billet donne accès aux collections permanentes et aux expositions temporaires
Billets gratuits sur place : moins de 18 ans, citoyens de l'UE 18–25 ans, visiteurs handicapés, détenteurs du Pass Éducation
D'autres tarifs réduits sont disponibles sur place
Gratuit le premier dimanche de chaque mois pour tous
Conditions
Sacs à dos volumineux et bagages interdits (consigne City Locker à proximité)
Sacs à dos de petite taille (format A3) portés à l'avant autorisés
Accès
🚇 Métro
Ligne 9 – station « Alma-Marceau » ou « Iéna »
Ligne 6 – station « Bir-Hakeim »
Ligne 8 – station « École Militaire »
🚆 RER
RER C – station « Pont de l'Alma »
🚌 Bus
Ligne 42 – arrêts « Tour Eiffel » ou « Bosquet-Rapp »
Lignes 80 et 92 – arrêt « Bosquet-Rapp »
Ligne 72 – arrêt « Alma-Marceau »
🅿️ Parking
Parking Quai Branly, 25 quai Branly (réservation conseillée)

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