Brion Gysin au Musée d’Art Moderne de Paris
L'EXPOSITION
Du 10 avril au 12 juillet 2026, le Musée d'Art Moderne de Paris présente « Brion Gysin. Le dernier musée ». Première rétrospective de l'artiste dans un musée parisien, elle réunit plus de 140 œuvres bâties sur la collection Gysin du musée, enrichie de prêts français et internationaux.
Du surréalisme au mouvement beat, de la calligraphie au cinéma expérimental, le parcours traverse les avant-gardes du XXe siècle à la croisée de la peinture et de l'écriture. Peintre, poète, performeur, photographe et musicien, Gysin (1916–1986) a inventé le cut-up et la Dreamachine – deux gestes radicaux dont l'influence résonne de William S. Burroughs à Patti Smith.RÉSERVEZ VOTRE VISITE
UN ARTISTE INCLASSABLE, DE TANGER AU BEAT HOTEL
De Breton à Burroughs, un parcours forgé aux marges du mondeNé en 1916 à Taplow, en Angleterre, Brion Gysin grandit au Canada avant de rejoindre Paris dans les années 1930 pour étudier à la Sorbonne. Il côtoie brièvement les surréalistes, mais André Breton fait décrocher ses œuvres lors d'une exposition collective à la galerie des Quatre Chemins en 1935. Artiste protéiforme, aussi à l'aise avec le pinceau qu'avec le magnétophone, Gysin déploie ensuite un parcours souvent associé à la Beat Generation.
Brion Gysin (1916–1986), Unit VII, 1961, peinture à l'acrylique © Galerie de France, Paris
Au début des années 1950, Gysin s'installe à Tanger où il ouvre avec Mohamed Hamri le restaurant Les Mille et une nuits. En 1958, il regagne Paris et s'établit au Beat Hotel, 9 rue Gît-le-Cœur, aux côtés de William S. Burroughs.
Arpenteur des marges, Gysin suscite un écho inattendu et jouit d'une aura quasi magique.
Au contact de milieux créatifs très variés, il suscite un écho inattendu et jouit d'une aura quasi magique. Sa pulsion créatrice emprunte des voies multiples : poésie sonore, cinéma expérimental, performance, roman, musique, peinture et photographie. Des liens profonds l'attachent à Paris, où il a vécu une grande partie de sa vie. Au milieu des années 1970, il s'installe face au Centre Pompidou et y demeure jusqu'à sa mort en 1986. Peu avant de disparaître, il lègue l'ensemble de ses biens à la Ville de Paris. Olivier Weil signe le commissariat de cette rétrospective, avec la participation d'Hélène Leroy, conservatrice en chef du patrimoine, et de Juliette Theureau.
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CUT-UP ET DREAMACHINE, DEUX INVENTIONS RADICALES
Du geste dadaïste au cylindre stroboscopiqueLe parcours de « Brion Gysin. Le dernier musée » s'ouvre sur un ensemble d'œuvres liées au rêve, au surréalisme et aux effets des drogues sur la perception. Le visiteur découvre ensuite l'empreinte des lieux que l'artiste a traversés au fil de ses voyages à travers le monde.
œuvres réunies dans cette première rétrospective parisienne
Le cut-up occupe une place décisive dans l'exposition. Gysin découvre cette technique à l'automne 1959 au Beat Hotel, en découpant un texte pour en réagencer les fragments de façon aléatoire – un geste d'inspiration dadaïste. Il partage le procédé avec Burroughs, qui l'applique à ses propres romans. Gysin, lui, étend la méthode au-delà de l'écrit : bandes magnétiques découpées et recollées, photomontages, films. Les permutations, variante systématique du cut-up, produisent des poèmes comme I Am That I Am, dont certaines versions sont générées par ordinateur avec le concours du mathématicien Ian Sommerville.
Brion Gysin (1916–1986), The Last Museum, le dernier musée, 1977, collage, tirage noir et blanc argentique, encre © Galerie de France, Paris
Focus sur l'œuvre
En 1973, Brion Gysin s'installe au 135 rue Saint-Martin, dans un immeuble ancien faisant face au Centre Pompidou alors en chantier. Depuis sa fenêtre, il photographie de manière obsessionnelle le bâtiment en construction à l'aide d'un objectif 200 mm. Il reconfigure ensuite visuellement ces clichés selon la méthode du cut-up, appliquant à la photographie la technique de fragmentation et de recomposition qu'il avait développée pour le texte. La série The Last Museum, réalisée en 1977, intègre des tirages argentiques noir et blanc et de l'encre. Les tuyaux colorés et l'escalier mécanique du Centre Pompidou apparaissent transfigurés en motifs graphiques proches de l'abstraction. Le titre de l'exposition au Musée d'Art Moderne de Paris est directement emprunté à cette œuvre.
Autre invention capitale, la Dreamachine est un cylindre rotatif percé de fentes et abritant une ampoule en son centre. Lorsqu'il tourne, la lumière traverse les fentes à une fréquence qui, regardée les yeux fermés, provoque un état de détente et des visions à travers les paupières. Conçu avec Sommerville au début des années 1960, cet appareil est décrit par Gysin comme le premier objet d'art destiné à être vu les yeux clos. L'exemplaire exposé, daté de 1979, provient de la collection du musée.
UN PROCESSUS CRÉATIF MULTIMÉDIA EN DIALOGUE
Calligraphie, magie, performance et dialogues artistiquesAu-delà du cut-up et de la Dreamachine, le parcours de « Brion Gysin. Le dernier musée » au Musée d'Art Moderne de Paris déploie d'autres facettes du processus créatif de l'artiste. Dessin, écriture et calligraphie forment un premier ensemble où la ligne hésite entre signe graphique et mot. Le jeu et la performance constituent une autre veine, tandis qu'une section consacrée à la magie éclaire l'effet ensorcelant que Gysin exerçait sur ses contemporains.
La photographie traduit le rapport de Gysin au réel, quand le photomontage révèle sa manière d'habiter le monde. Tout au long du parcours, la dimension multimédia de cette production frappe par sa cohérence. Des œuvres de Victor Hugo, Henri Michaux, René Laubiès et Mohamed Hamri accompagnent les siennes. En contrepoint, des pièces d'artistes que Gysin a côtoyés ou inspirés jalonnent les salles : William S. Burroughs, Françoise Janicot et Bernard Heidsieck, John Giorno, Keith Haring, Patti Smith, Ramuntcho Matta.
Le catalogue, édité par Paris Musées, constitue le premier ouvrage de référence en français sur Gysin. Il rassemble quatre essais, un entretien avec le musicien Marc Hurtado et un fac-similé du journal de voyage de l'artiste à Alamut.
Un billet au Musée d'Art Moderne de Paris donne accès à l'intégralité de ce parcours, des cercles surréalistes des années 1930 à la scène new-yorkaise des années 1980.
POURQUOI ALLER VOIR L'EXPO "BRION GYSIN. LE DERNIER MUSÉE" ?
Le visiteur accède à plus de 140 œuvres couvrant un demi-siècle de création, de la peinture aux cut-ups en passant par la photographie et le cinéma expérimental. La collection Gysin du musée, fruit du legs de l'artiste à la Ville de Paris, n'avait encore jamais fait l'objet d'une rétrospective sur place.
Brion Gysin (1916–1986), Dreamachine, 1979, encre de couleur au pochoir sur papier © Paris Musées / Musée d'Art Moderne de Paris
Point de vue critique
Rares sont les artistes dont l'influence souterraine aura traversé autant de courants sans jamais s'y fondre. Gysin a ouvert des brèches – le cut-up, la Dreamachine, les permutations poétiques – que d'autres ont érigées en monuments. Cette rétrospective, la première dans un musée parisien, rend justice à l'étendue de son inventivité grâce à une collection unique au monde. Un parcours dense, où chaque section réserve une surprise matérielle, du cylindre stroboscopique aux bandes magnétiques découpées.
La Dreamachine de 1979, dispositif lumineux conçu pour être regardé les yeux fermés, figure parmi les pièces maîtresses du parcours. Un billet au Musée d'Art Moderne de Paris ouvre les portes de cette traversée des avant-gardes du XXe siècle. Le parcours inclut des œuvres de Keith Haring, John Giorno et Patti Smith, preuve concrète du rayonnement de cet inventeur du cut-up mort en 1986, face au Centre Pompidou.
✨L'avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Brion Gysin. Le dernier musée » au Musée d'Art Moderne de Paris ?
L'exposition se tient du 10 avril au 12 juillet 2026. Le musée est ouvert du mardi au dimanche, de 10h - 18h, avec une nocturne le jeudi jusqu'à 21h30.
Où réserver ses billets pour « Brion Gysin. Le dernier musée » au Musée d'Art Moderne de Paris ?
Les billets sont disponibles en ligne sur Tiqets au tarif de 17 € (adulte), sans frais additionnels. L'entrée est gratuite pour les moins de 18 ans, les personnes en situation de handicap et leur accompagnant, les fonctionnaires parisiens et les demandeurs d'emploi.
Combien de temps dure la visite de « Brion Gysin. Le dernier musée » au Musée d'Art Moderne de Paris ?
Comptez environ 1h30 à 2h pour parcourir les plus de 140 œuvres de cette rétrospective. L'exposition couvre peinture, poésie sonore, cinéma expérimental, photographie et performance.
Comment se rendre au Musée d'Art Moderne de Paris pour « Brion Gysin. Le dernier musée » ?
Le musée se situe au 11 avenue du Président Wilson, 75116 Paris. Métro : Iéna ou Alma-Marceau (ligne 9). RER C : Pont de l'Alma. Bus : lignes 32, 42, 63, 72, 80, 82 et 92. Stations Vélib' à proximité : 4 rue de Longchamp, 4 avenue Marceau, place de la Reine Astrid et 45 avenue Marceau.
Y a-t-il des nocturnes pour « Brion Gysin. Le dernier musée » au Musée d'Art Moderne de Paris ?
Oui, le musée propose une nocturne chaque jeudi jusqu'à 21h30. C'est l'occasion idéale de découvrir l'exposition en soirée, dans une ambiance plus calme.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Mardi - dimanche : 10h - 18h
- Nocturne le jeudi : 10h - 21h30
- Fermé le lundi

