Martin Parr au Jeu de Paume
L'EXPOSITION
Du 30 janvier au 24 mai 2026, le Jeu de Paume à Paris accueille l'exposition « Martin Parr. Global Warning ». Cette rétrospective réunit environ 180 œuvres du photographe britannique, réalisées depuis la fin des années 1970 jusqu'à aujourd'hui. À travers un regard ironique et décalé, elle explore les dérives de nos modes de vie contemporains et les déséquilibres planétaires.
UN REGARD IRONIQUE ET SATIRIQUE SUR NOTRE ÉPOQUE
Martin Parr observe le monde avec une ironie mordante, inscrite dans la tradition satirique britannique. Ses photographies, souvent saturées de couleurs vives, transforment des scènes banales en tableaux absurdes et révélateurs. Dès ses débuts en noir et blanc dans les îles britanniques et en Irlande, puis étendus aux cinq continents à partir des années 1990, ses reportages capturent sans moralisme les habitudes humaines qui définissent notre temps.
Martin Parr, Benidorm, Espagne, 1997 © Martin Parr / Magnum Photos
L'exposition « Martin Parr. Global Warning » au Jeu de Paume met en lumière cette approche singulière : un divertissement visuel qui cache un message grave, invitant à remettre en question des évidences apparemment anodines. Infatigable voyageur, l'artiste fait partie intégrante du monde qu'il photographie. Il refuse la posture du donneur de leçons pour mieux fissurer les représentations dominantes, reconnaissant même sa propre empreinte carbone tout en soulignant l'hypocrisie collective face à la crise environnementale.
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UN PARCOURS EN CINQ SECTIONS THÉMATIQUES
Le parcours de « Martin Parr. Global Warning » au Jeu de Paume s'articule en cinq sections qui explorent nos turpitudes contemporaines. La première examine la façon dont les loisirs modifient l'environnement : des plages bondées aux motifs de déchets, Martin Parr saisit les transformations que nos modes de vie imposent aux paysages, où plaisir et gaspillage, naturel et artificiel coexistent constamment.
La deuxième section, intitulée « Tout doit disparaître », plonge dans l'univers consumériste. Supermarchés, centres commerciaux, foires et salons deviennent le théâtre d'une course effrénée aux objets de désir. La troisième, « Petite Planète », traite du tourisme de masse depuis quarante ans. La quatrième observe la cohabitation complexe entre humains et animaux. Enfin, la dernière partie explore nos addictions technologiques.
Martin Parr, Seagaia Ocean Dome, Miyazaki, Japon, 1996 © Martin Parr / Magnum Photos, courtesy Galerie Clémentine de la Féronnière
Focus sur l'œuvre
Cette photographie emblématique de la série « Small World » capture le bassin principal du plus grand parc aquatique intérieur du monde, inscrit au Guinness World Records pour sa piscine intérieure simulée. La scène révèle une multitude de baigneurs entassés sur 600 tonnes de sable de marbre blanc importé de Chine. Malgré le toit rétractable – le plus grand au monde – permettant d'ouvrir le dôme au ciel réel, l'image montre la structure fermée : un horizon peint d'azur artificiel se substitue à l'océan véritable, pourtant situé à seulement 300 mètres. Cette coexistence entre plage naturelle accessible et simulacre climatisé cristallise l'absurdité du tourisme contemporain que Martin Parr documente sans relâche.
DES ŒUVRES QUI DÉTOURNENT LES CLICHÉS FAMILIERS
Les photographies de Martin Parr excellent à détourner les clichés : carte postale touristique, selfie compulsif, image animalière idéalisée ou portrait consumériste. Beaucoup de ses images jouent des clichés pour les déconstruire, mettre en lumière ce qu'ils ont d'absurde ou de mensonger.
Des images plus anciennes dialoguent avec des prises récentes. De Salford en Angleterre (1986) à Kleine Scheidegg en Suisse (1994), de Las Vegas (2000) à Cozumel au Mexique (2002), l'artiste fige les moments de frénésie consumériste et technologique. Ces quelque 180 tirages, issus de séries majeures, utilisent l'humour pour interroger les modes de vie d'une partie de la planète : surconsommation, dépendance aux transports et dommages environnementaux apparaissent en toile de fond.
Martin Parr, Salford, Angleterre, 1986 © Martin Parr / Magnum Photos, courtesy Galerie Clémentine de la Féronnière
POURQUOI ALLER VOIR L'EXPO « MARTIN PARR. GLOBAL WARNING » ?
Cette rétrospective offre une réflexion visuelle incisive sur les dérives contemporaines, où l'humour devient révélateur des enjeux planétaires les plus urgents. Les cinq sections thématiques proposent une immersion dans plus de cinquante ans de photographie engagée sans prêche, mais avec une acuité exceptionnelle. Les œuvres de Martin Parr transforment le regard sur le quotidien : tourisme effréné, consumérisme débridé, addictions numériques et relation ambivalente à la nature se muent en miroirs de notre époque.
Martin Parr, Dorset, Angleterre, 2022 © Martin Parr / Magnum Photos, courtesy Galerie Clémentine de la Féronnière
Point de vue critique
Visiter « Martin Parr. Global Warning » au Jeu de Paume permet de rencontrer un artiste majeur qui, à travers 180 images saisissantes, ébranle les illusions collectives pour mieux comprendre les déséquilibres du monde. Une occasion rare de rire jaune devant nos habitudes tout en mesurant leur impact profond. Réservez votre billet au Jeu de Paume pour cette exposition qui marie divertissement et profondeur critique.
Sans militantisme affirmé, Martin Parr documente avec persistance les excès du tourisme de masse, la frénésie consumériste, les dépendances technologiques et notre rapport ambivalent au vivant, esquissant en filigrane les causes profondes des bouleversements climatiques de l'Anthropocène. Comme il le déclarait en 2021 : « Je crée un divertissement, qui contient un message sérieux si l'on veut bien le lire, mais je ne cherche pas à convaincre qui que ce soit – je montre simplement ce que les gens pensent déjà savoir. »
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INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Lundi : fermé
- Mardi : 11h - 21h
- Mercredi au dimanche : 11h - 19h
- Fermé le 1er janvier, 1er mai, 14 juillet et 25 décembre
- Les 24 et 31 décembre : fermeture exceptionnelle à 17h
Tarifs
- TIQETS :
- Billet standard : 12 €
- Tarif réduit : 9 € (Étudiant –25 ans, +65 ans, Enseignant, Cartes MDA/SACD/SCAM/AGESSA, Carte famille nombreuse)
- Jeune – Billet Étudiant (18–24 ans) : 7,50 € (du mardi au vendredi)
- Gratuit : –18 ans et personnes en situation de handicap
- CONDITIONS :
- Carte d'étudiant en cours de validité requise pour le tarif Jeune
- Justificatif requis pour la gratuité

