Agnès Thurnauer au Musée Cognacq-Jay
Agnès Thurnauer, Correspondances
Dialogue inédit entre art contemporain et XVIIIe siècle
Musée Cognacq- Jay

L'EXPOSITION
L'exposition « Agnès Thurnauer, Correspondances » propose, jusqu'au 8 février 2026, un échange unique entre création contemporaine et maîtres du XVIIIe siècle au Musée Cognacq-Jay. Ce dialogue invite à redécouvrir les Lumières à travers un prisme moderne, révélant les voix féminines souvent effacées de l'histoire. En questionnant la place des femmes dans l'art et la pensée, le parcours explore des thèmes comme l'invisibilité, le langage et l'émancipation. Des figures telles qu'Émilie du Châtelet, Angelica Kauffmann et Adélaïde Labille-Guiard émergent sous un nouveau jour, créant des résonances actuelles avec le passé.
Restituer ou interpréter ? Agnès Thurnauer, artiste © Connaissance des Arts
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PORTRAITS ET IDENTITÉ : RÉINVENTER L'HISTOIRE
Le parcours débute par une exploration du portrait et de l'identité, où Agnès Thurnauer interroge les inclusions et omissions de l'histoire de l'art. Ses Portraits grandeur nature transforment des badges nominatifs en représentations monumentales, inversant les codes traditionnels. Des œuvres comme « Françoise Boucher » et « Emmanuelle Kant » féminisent les grands noms masculins, plaçant les femmes au centre d'un récit souvent dominé par les hommes.
Agnès Thurnauer, Portrait grandeur nature (Françoise Boucher), 2025 Courtesy of the artist and Michel Rein, Paris/Brussels/Jean Louis Losi © ADAGP, Paris, 2025
Cette approche met en lumière la reconnaissance progressive des artistes féminines au XVIIIe siècle, où des personnalités comme Adélaïde Labille-Guiard et Louise Élisabeth Vigée Le Brun brisèrent des barrières en intégrant l'Académie Royale de peinture en 1783. Le visiteur découvre comment ces femmes s'imposèrent dans un monde artistique majoritairement masculin, ouvrant la voie aux générations futures.
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LE CORPS À L'ŒUVRE : ENTRE INVISIBILITÉ ET ÉMANCIPATION
La troisième salle se concentre sur le corps et l'invisibilité des oppressions dans l'histoire. La série des Peintures d'histoire d'Agnès Thurnauer, initiée en 2005, revisite des compositions classiques en intégrant du texte. Le langage devient un vecteur de sens et un outil de réflexion, créant un espace entre lisible et visible où les figures s'abritent du regard direct.
L'œuvre Sleepwalker rompt radicalement avec l'imaginaire érotique de L'Odalisque de François Boucher. Tandis que le tableau de Boucher, commandé par le fermier général Alexandre Jean-Joseph Le Riche de La Popelinière, présente le nu féminin comme objet de désir dans les cercles libertins du XVIIIe siècle, Thurnauer se représente nue de dos dans son atelier, affirmant le corps féminin comme sujet actif plutôt que passif.
François Boucher, L'Odalisque, 1743, huile sur toile Paris, musée du Louvre, dépôt à Reims, musée des Beaux-Arts © Grand Palais-RMN (musée du Louvre) / Thierry Ollivier
Focus sur les œuvres
Cette confrontation révèle l'évolution du regard sur le corps féminin à travers les siècles. L'Odalisque de Boucher incarne l'érotisme rococo, où la femme est offerte au regard masculin dans une posture de soumission sensuelle. À l'inverse, Sleepwalker de Thurnauer affirme l'autonomie du corps féminin : l'artiste se montre de dos, refusant l'objectivation et revendiquant son propre espace créatif. Cette rupture illustre les questionnements contemporains sur la représentation des femmes dans l'art et la nécessité de déconstruire les codes hérités.
LIRE, ÉCRIRE, SE REPRÉSENTER : LES FEMMES SAVANTES
Les salles cinq et six célèbrent les femmes scientifiques et créatrices du XVIIIe siècle, telles qu'Émilie du Châtelet, physicienne et commentatrice de Newton, ou Madame de Staël. Ces figures historiques résonnent avec le travail d'Agnès Thurnauer sur le langage comme structure de pensée. La série des Prédelles joue sur l'ambiguïté phonétique entre « prédelles » et « près d'elles », explorant la tension entre signifiant et signifié en hommage aux femmes invisibilisées.
Les Tablettes, inspirées des supports mésopotamiens, mêlent formes découpées, image et langage pour réinventer l'espace narratif. Ces œuvres sortent du cadre traditionnel du tableau et investissent l'espace d'exposition avec leurs compositions audacieuses, consignant des formes de moules de lettres comme autant d'éléments d'écriture.
Adélaïde Labille-Guiard, Portrait présumé de Philiberte-Orléans Perrin de Cypierre, comtesse de Maussion, 1787, huile sur toile Paris, musée Cognacq-Jay, CCØ Paris Musées
POURQUOI ALLER VOIR L'EXPO « AGNÈS THURNAUER, CORRESPONDANCES » ?
Cette carte blanche captive par sa capacité à réinventer les Lumières sous un prisme contemporain. En révélant les voix féminines oubliées et en questionnant le langage comme outil de pouvoir, l'exposition offre une immersion unique dans un dialogue entre époques. Les créations d'Agnès Thurnauer illuminent les maîtres du XVIIIe siècle, invitant à repenser l'histoire de l'art avec sensibilité et profondeur.
Agnès Thurnauer, Into Abstraction #3, 2013, dessin d'après photographies Courtesy of the artist and Michel Rein, Paris/Brussels/Alberto Ricci © ADAGP, Paris, 2025
Point de vue critique
Le triptyque Into Abstraction fait écho au Perrette et le pot au lait de Jean-Honoré Fragonard par le mouvement perpétuel du corps féminin et ses coloris vifs. Tandis que Fragonard transpose une scène de maladresse dans un nuage de lait comparable aux fresques de plafond, Thurnauer transcrit une performance photographique en dessin sur toiles monumentales. Cette série affirme le corps féminin comme sujet actif investissant la vitalité de la chorégraphie, questionnant les représentations érotiques historiques et les symboles de liberté contemporains.
Idéale pour les amateurs d'art contemporain et d'histoire culturelle, cette exposition procure une émotion esthétique rare mêlant abstraction poétique et récits intimes. Procurez-vous un billet au Musée Cognacq-Jay pour découvrir cette correspondance enrichissante qui éveille la curiosité et inspire une réflexion durable sur l'identité féminine dans la création. Une visite incontournable pour connecter les époques à travers la beauté et l'intelligence artistique.
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INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Ouvert du mardi au dimanche de 10h - 18h
- Fermé le lundi
- Fermé les jours fériés : 1er janvier, 1er mai, 25 décembre
Tarifs
- TIQETS :
- Adulte (+ de 27 ans) : 11 €
- INFORMATIONS :
- Gratuit : 0-17 ans, visiteurs handicapés et demandeurs d'emploi (avec justificatif), pas besoin de billet
- Billets à prix réduit disponibles sur place : 18-26 ans et étudiants (avec carte d'étudiant valide)
- CONDITIONS :
- Billet unique pour l'exposition temporaire et les collections permanentes
- Réservation conseillée en ligne
