Mute – Fabienne Verdier à la Cité de l’architecture et du patrimoine
Mute - Fabienne Verdier
L'abstraction gestuelle en dialogue avec l'architecture médiévale
Cité de l'architecture et du patrimoine

L'EXPOSITION
L'exposition « Mute - Fabienne Verdier » investit la Cité de l'architecture et du patrimoine du 22 octobre 2025 au 8 mars 2026. Cette manifestation réunit une quarantaine de toiles de grand format réalisées par l'artiste française au cours des trente dernières années. Intitulée « Mute », elle évoque à la fois le silence d'une peinture abstraite dépourvue d'imagerie figurative et l'idée de mutation, de transformation fluide et vivante. Installées au cœur de la galerie d'architecture médiévale, ces œuvres entrent en résonance profonde avec les moulages patrimoniaux, créant un dialogue inattendu entre abstraction contemporaine et formes historiques.
Trois minutes d'art - Fabienne Verdier © ARTORA
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UN PARCOURS EN ARCHIPEL AU CŒUR DU PATRIMOINE
Le parcours de l'exposition « Mute - Fabienne Verdier » à la Cité de l'architecture et du patrimoine se déploie comme un archipel sinueux d'îles et d'îlots au milieu des collections permanentes. Cette disposition rythmée et discontinue multiplie les perspectives, invitant le visiteur à circuler librement entre les toiles et les moulages médiévaux. Les œuvres, aux tons clairs et minéraux, s'accordent à la tonalité des sculptures environnantes, négociant un silence partagé entre peinture gestuelle et architecture immobile.
Fabienne Verdier, Trilogie, 2018, acrylique et technique mixte sur toile, 252 x 183 cm © Inès Dielman
Dès l'entrée, les premières toiles abstraites marquent une émancipation de la calligraphie traditionnelle pour plonger dans l'exploration des forces dynamiques de l'univers. Le regard glisse ensuite vers des réseaux liquides et labyrinthiques, où les motifs guident l'œil de l'avant-plan vers des fonds unis et nébuleux. Des éléments des carnets de l'artiste et des vues de sa bibliothèque ponctuent le chemin, révélant les sources multiples qui nourrissent sa création : philosophie antique, pensée bergsonienne, poétique des éléments chez Bachelard.
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UNE PEINTURE GESTUELLE ENTRE SILENCE ET MUTATION
La thématique centrale de l'exposition « Mute - Fabienne Verdier » réside dans ce paradoxe fécond : une abstraction silencieuse, issue d'un imaginaire riche et foisonnant. Fabienne Verdier capte les forces invisibles – gravité, flux, vibrations, ondes telluriques – à travers un geste fluide et expressif. Ses toiles, souvent biomorphiques, évoquent des fragments d'un continuum infini, des fractales où les motifs irréguliers se déploient à toutes les échelles.
Parmi les œuvres phares, Vide vibration n° 7 (2017) déploie une composition gestuelle immense où le vide pulse d'énergie contenue. Banquise (2018) fige des forces telluriques en un paysage en mouvement perpétuel, tandis que Trilogie (2018) explore la continuité des flux sur une surface monumentale. Ressac, réalisée avec le neurophysiologiste Alain Berthoz, invite à une perception mouvementée du geste peint, soulignant la dimension corporelle et cognitive de l'acte pictural.
Fabienne Verdier, Vide vibration n° 7, 2017, acrylique et technique mixte sur toile, 183 x 407 cm © Inès Dielman
Focus sur l'œuvre
Dans Vide vibration n° 7, Fabienne Verdier explore la notion d'un vide plein de potentialités. Après de longues discussions à Sils Maria avec l'astrophysicien Trinh Xuan Thuan sur le vide dans l'univers, l'artiste a créé des fonds en pigments d'argent, d'outremer, de céruléum et de noir de carbone pour évoquer un apparent néant, mais en réalité rempli d'énergies en mouvement. La grande leçon du vide quantique transparaît dans cette œuvre : tout n'est que fluctuation, mouvement et indétermination.
UNE SCÉNOGRAPHIE QUI AMPLIFIE LE DIALOGUE DES FORMES
La scénographie de l'exposition « Mute - Fabienne Verdier » à la Cité de l'architecture et du patrimoine fait écho aux fluctuations mêmes des tableaux. En dispersant les toiles comme des îlots dans l'espace vaste de la galerie, elle crée un rythme fait de discontinuités et de respirations. Cette mise en espace privilégie les dialogues inattendus : une arborescence gestuelle répond à la verticalité d'un moulage gothique, un réseau fluide contraste avec la rigidité minérale d'une colonne romane.
La palette sobre et les intensités formelles des œuvres s'harmonisent avec le silence éloquent des sculptures patrimoniales. Les motifs en relief, saillants sur les toiles, accentuent leur qualité tridimensionnelle, transformant la peinture en objet sculptural qui négocie avec l'architecture environnante. Le visiteur, guidé par ces perspectives multiples, éprouve une circulation fluide du regard, comme immergé dans un labyrinthe vivant où passé et présent se fondent en une expérience sensorielle unique.
Fabienne Verdier, Étude Couronne d'épine du « Christ Des Douleurs » d'après Simon Marmion (c. 1480), 2011, acrylique et technique mixte sur toile, 60 x 125 cm © Inès Dielman
POURQUOI ALLER VOIR L'EXPO « MUTE - FABIENNE VERDIER » ?
Cette manifestation offre une immersion rare dans une peinture abstraite qui allie puissance gestuelle et profondeur contemplative. Les toiles monumentales de Fabienne Verdier, en dialogue direct avec les moulages médiévaux, transforment la visite en une méditation sur le silence créateur et les forces vitales de l'univers. Pour préparer votre visite, réserver un billet à la Cité de l'architecture et du patrimoine permet de vivre cette rencontre entre mutation silencieuse et héritage éternel.
Fabienne Verdier, Rythmes et reflets. Solo III, 2016, acrylique et technique mixte sur toile, 150 x 125 cm © Inès Dielman
Point de vue critique
L'occasion se révèle unique de découvrir comment une gestuelle fluide peut muter notre perception du patrimoine architectural, en révélant des continuités inattendues entre époques. Le parcours sinueux et rythmé invite à une expérience sensible, où le regard s'évade dans des flux infinis et des vibrations cachées. Les amateurs d'art abstrait trouveront ici une exploration profonde des phénomènes naturels et philosophiques, tandis que les curieux d'histoire architecturale redécouvriront les collections sous un jour nouveau et vibrant.
L'exposition s'inscrit dans le cycle d'art moderne et contemporain initié par Matthieu Poirier, en écho à « Chromoscope » qui explore l'histoire du color field. Elle bénéficie du soutien des galeries Lelong et Waddington Custot, et fait partie du programme institutionnel d'Art Basel Paris. Une invitation à parcourir un chemin entre héritage et création contemporaine.
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INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Ouvert tous les jours de 11h - 19h
- Fermé le mardi
- Nocturne le jeudi jusqu'à 21h
Tarifs
- TIQETS :
- Adulte (+18 ans) : 13 €
- Gratuit pour les moins de 18 ans
- FUNBOOKER :
- Adulte (+18 ans) : 13 €
- Gratuit pour les moins de 18 ans
- INFORMATIONS :
- Billets à tarif réduit pour les étudiants de l'UE de moins de 26 ans disponibles sur place
