Fraud Blocker

Splendeurs du baroque au Musée Jacquemart-André

0
Présentation
Peinture

Splendeurs du baroque

De Greco à Velázquez

Exposition Splendeurs du baroque - Musée Jacquemart-André

Musée Jacquemart-André

L'EXPOSITION

Du 26 mars au 2 août 2026, le Musée Jacquemart-André présente « Splendeurs du baroque ». Pour la première fois en France, une quarantaine de peintures issues de la Hispanic Society of America quittent New York pour investir les salons d'un hôtel particulier du boulevard Haussmann. Le visiteur y contemple les maîtres du Siècle d'or espagnol – Greco, Velázquez, Zurbarán – dans un dialogue inédit avec les collections permanentes du musée. « Splendeurs du baroque » au Musée Jacquemart-André s'annonce comme un temps fort de la saison culturelle parisienne.

LES TRÉSORS DE LA HISPANIC SOCIETY OF AMERICA

Un patrimoine exceptionnel constitué par la passion d'un seul homme

Fondée en 1904 par l'érudit et mécène américain Archer Milton Huntington (1870–1955), la Hispanic Society of America est la plus ancienne institution muséale consacrée aux arts du monde hispanophone et lusophone hors de la péninsule ibérique. Installée à Audubon Terrace, dans le nord-ouest de Manhattan, elle conserve plus de 750 000 pièces : peintures, sculptures, manuscrits et objets archéologiques rassemblés au fil des voyages du fondateur.

Doménikos Theotókopoulos, dit Greco – Pietà

Doménikos Theotókopoulos, dit Greco, Pietà, v. 1574-1576, huile sur toile, 66 x 48.5 cm © photo: courtesy of The Hispanic Society of America, New York

750 000

pièces conservées à la Hispanic Society of America

L'institution a entamé en 2019 la rénovation de ses bâtiments historiques sous la direction de l'architecte Annabelle Selldorf. La première phase s'est achevée en 2023 avec la réouverture du musée. La deuxième, qui prévoit de nouvelles salles de peintures anciennes, aboutira à l'automne 2027. C'est dans ce contexte que la Hispanic Society confie au Musée Jacquemart-André une sélection de ses chefs-d'œuvre.

L'exposition « Splendeurs du baroque » au Musée Jacquemart-André réunit ces tableaux sous le commissariat de Guillaume Kientz, directeur de la Hispanic Society, et de Pierre Curie, conservateur du musée. La scénographie d'Hubert le Gall met en valeur chaque toile dans les pièces de réception de la demeure. Le visiteur perçoit d'emblée la richesse d'un fonds désormais accessible au public parisien.

LES MAÎTRES DU SIÈCLE D'OR ESPAGNOL

De Greco à Velázquez, l'apogée de la peinture hispanique

Le Siècle d'or s'étend du début du XVIe siècle à la fin du XVIIe siècle. Il correspond à l'apogée de la monarchie espagnole des Habsbourg (1516–1700). Fort d'un empire colonial qui rayonne sur les Amériques et l'Asie, le royaume d'Espagne connaît une période d'intense vitalité artistique. Entre Renaissance tardive et plein épanouissement du baroque, la production picturale se distingue par son intensité expressive et sa spiritualité profonde.

Le parcours met en lumière les figures majeures de cette époque. Greco ouvre le propos avec la Pietà et le Saint Luc, deux toiles où les formes s'étirent dans une tension spirituelle caractéristique. Francisco de Zurbarán impose la puissance de ses compositions religieuses : la Sainte Lucie et la Sainte Émérentienne glorifient la dévotion avec une éloquence visuelle nourrie par la Contre-Réforme. Juan Carreño de Miranda, Bartolomé Esteban Murillo et Matteo Cerezo complètent cet ensemble.

Diego Velázquez – Portrait de fillette

Diego Velázquez, Portrait de fillette, v. 1638-1642, huile sur toile, 51.5 x 41 cm © photo: courtesy of The Hispanic Society of America, New York

Focus sur l'œuvre

Le Portrait de fillette est l'un des tableaux les plus attachants de Velázquez, combinant naturalisme et intimité dans une composition d'une simplicité apparente. L'identité du modèle demeure inconnue : plusieurs spécialistes ont avancé l'hypothèse qu'il pourrait s'agir d'une petite-fille du peintre, possiblement Inés Manuela Martínez Velázquez, née le 16 août 1638. L'œuvre figurait très probablement dans l'inventaire après décès de Velázquez en 1660, sous le numéro 178, décrite comme « un autre portrait, d'une fillette ». Ce tableau occupe une place exceptionnelle dans la carrière de l'artiste : c'est l'une de ses très rares représentations d'enfants non royaux, et la seule en format de figure isolée. Une restauration récente a confirmé la datation vers 1638–1642 sur laquelle s'accordent Jonathan Brown et José López-Rey.

L'ÉCLAT DE LA PEINTURE RELIGIEUSE

Zurbarán, peintre des saintes et maître des textures

La peinture religieuse constitue le cœur battant du baroque espagnol. Les commandes affluent des ordres monastiques, des confréries et des cathédrales : elles exigent des artistes capables de rendre tangible la ferveur des fidèles. Francisco de Zurbarán s'impose comme le maître incontesté de ce registre sacré. Ses figures de saintes, monumentales et silencieuses, conjuguent un réalisme saisissant des textures à une gravité spirituelle qui captive le regard.

Zurbarán représente sainte Lucie, martyre du IVe siècle originaire de Syracuse, vêtue comme une élégante contemporaine sévillane. La jeune femme présente son attribut – ses yeux posés sur un plat – en référence à la légende selon laquelle elle se les serait arrachés pour décourager un prétendant obsédé par leur beauté, avant de retrouver miraculeusement la vue par la prière.

🎨

Le père de Zurbarán tenait un commerce de tissus. Ce lien familial explique la virtuosité du peintre dans le rendu des étoffes, des broderies et des brocarts qui habillent ses saintes.

Francisco de Zurbarán – Sainte Lucie

Francisco de Zurbarán, Sainte Lucie, v. 1630, huile sur toile, 183 x 111.5 cm © photo: courtesy of The Hispanic Society of America, New York

LE MONDE HISPANIQUE AU-DELÀ DE L'EUROPE

Quand les ateliers du Nouveau Monde réinventent le baroque

« Splendeurs du baroque » au Musée Jacquemart-André accorde une place notable aux artistes actifs en Amérique latine aux XVIIe et XVIIIe siècles. Héritiers de la tradition picturale espagnole introduite après la conquête du Nouveau Monde, ces peintres ont marié apports occidentaux et traditions locales. Ce métissage a donné naissance à une production remarquable, encore très rarement montrée dans les musées français.

Le visiteur découvre cette convergence à travers des œuvres inédites en France. En contrepoint, une toile de John Singer Sargent vient clore le parcours et rappeler l'influence durable de Velázquez sur la peinture occidentale. Manet avait qualifié le maître sévillan de « peintre des peintres » ; Sargent, deux siècles plus tard, prolonge cet héritage.

Nicolás de Correa – Les Noces de Cana

Nicolás de Correa, Les Noces de Cana, 1696, huile et technique mixte sur panneau, incrusté de nacre, 58.8 x 75.5 cm © photo: courtesy of The Hispanic Society of America, New York

Focus sur l'œuvre

Cette œuvre appartient à la catégorie des enconchados, un genre pictural de luxe développé dans le Mexique de la seconde moitié du XVIIe siècle. Des lamelles de nacre de tailles variées étaient fixées dans un gesso de plâtre et de colle animale, puis recouvertes de peinture à l'huile ou à la tempera ; la nacre restait visible à travers les fines couches de pigment et conférait à l'ensemble une qualité lumineuse et chatoyante. Cette technique s'inspirait des laques namban japonaises, importées via le commerce transpacifique des Philippines. Nicolás de Correa, neveu du plus célèbre Juan Correa, ne compte que quatre œuvres signées connues dans les collections publiques.

POURQUOI ALLER VOIR L'EXPO "SPLENDEURS DU BAROQUE" ?

L'exposition « Splendeurs du baroque » offre une rencontre rare avec les grands noms du Siècle d'or hispanique. La Sainte Lucie de Zurbarán fascine par la virtuosité de ses étoffes, les Noces de Cana de Correa révèlent une technique métisse unique. Le cadre d'une demeure Second Empire confère à chaque toile une présence que les grands musées peinent à reproduire. Les écoles espagnole et italienne y dialoguent au fil des pièces.

Francisco de Zurbarán – Sainte Émérentienne

Francisco de Zurbarán, Sainte Émérentienne, v. 1635-1640, huile sur toile, 171.5 x 105.5 cm © photo: courtesy of The Hispanic Society of America, New York

Point de vue critique

Le pari est tenu. « Splendeurs du baroque » réussit à créer, entre les lambris dorés du boulevard Haussmann, un face-à-face intime avec les maîtres du Siècle d'or. La Pietà de Greco saisit par sa tension dramatique, le Portrait de fillette de Velázquez trouble par sa modernité. Le parcours s'achève sur les œuvres latino-américaines, ouvrant le propos au-delà des frontières attendues. Une exposition concise et percutante.

Ce prêt exceptionnel de la Hispanic Society of America ne se reproduira pas avant l'achèvement des travaux new-yorkais, prévu à l'automne 2027. Réservez votre billet au Musée Jacquemart-André pour parcourir ces salles du 26 mars au 2 août 2026. L'entrée ouvre également les portes des collections permanentes de la demeure.

Camille, Rédactrice culture

L'avis de Camille

Rédactrice culture

On entre dans les salons du Musée Jacquemart-André comme on pénétrerait dans un cabinet de curiosités : chaque toile s'offre dans une proximité presque troublante. La Sainte Émérentienne de Zurbarán, avec sa cape de soie rose et son brocart d'or, m'a littéralement arrêtée. Et que dire du Portrait de fillette de Velázquez, si vivant qu'on croirait surprendre un regard vieux de quatre siècles ? L'écrin de l'hôtel particulier magnifie ces chefs-d'œuvre venus de New York. Une parenthèse hors du temps que je vous recommande chaleureusement.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Quand a lieu « Splendeurs du baroque » au Musée Jacquemart-André ?

L'exposition se tient du 26 mars au 2 août 2026. Le musée est ouvert du lundi au jeudi de 10h - 18h, le vendredi jusqu'à 22h, et les samedis et dimanches jusqu'à 19h.

Où réserver ses billets pour « Splendeurs du baroque » au Musée Jacquemart-André ?

Les billets sont disponibles en ligne sur Fnac Spectacles à partir de 19 € (plein tarif adulte). Le billet donne accès à l'exposition temporaire et aux collections permanentes du musée. Il est également possible de réserver sur le site officiel du musée.

Combien de temps dure la visite de « Splendeurs du baroque » au Musée Jacquemart-André ?

Comptez environ 1h30 pour parcourir l'exposition et les collections permanentes du Musée Jacquemart-André. L'exposition réunit une quarantaine de peintures réparties dans les salons de l'hôtel particulier.

Comment se rendre au Musée Jacquemart-André pour « Splendeurs du baroque » ?

Le musée se situe au 158 boulevard Haussmann, 75008 Paris, à quelques pas des Champs-Élysées. En métro : lignes 9 et 13, stations Saint-Philippe du Roule ou Miromesnil. En RER : ligne A, station Charles de Gaulle-Étoile. En bus : lignes 22, 28, 43, 52, 54, 80, 83, 84 et 93. Un parking Haussmann-Berri se trouve au pied du musée, ouvert 24h/24.

Y a-t-il des nocturnes pour « Splendeurs du baroque » au Musée Jacquemart-André ?

Oui, le musée propose une nocturne chaque vendredi jusqu'à 22h pendant la durée de l'exposition. Les samedis et dimanches, le musée reste ouvert jusqu'à 19h. Une occasion idéale pour découvrir les œuvres du Siècle d'or dans une atmosphère plus calme.

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu
Musée Jacquemart-André 158 boulevard Haussmann, 75008 Paris
Horaires
  • Lundi au jeudi : 10h - 18h
  • Vendredi : 10h - 22h
  • Samedi et dimanche : 10h - 19h
Tarifs
  • FNAC :
  • Plein tarif : 19 €
  • Sénior (+65 ans) : 18 €
  • Jeune (19–25 ans) : 15,50 €
  • Pass Éducation : 15,50 €
  • Demandeurs d'emploi : 15,50 €
  • Adhérent Fnac : 15,50 €
  • Enfant (7–18 ans) : 10 €
  • INFORMATIONS :
  • Le billet donne accès à l'exposition et aux collections permanentes

#ExpositionParis #SiecledOr #BaroqueHispanique #HispanicSociety #GrecoVelazquez #PeintureMadrid