Marilyn Monroe à la Cinémathèque française
Marilyn Monroe : 100 ans !
L’actrice au travail, derrière le mythe Marilyn

La Cinémathèque française
L’EXPOSITION
« Marilyn Monroe : 100 ans ! » est l’exposition que lui consacre la Cinémathèque française du 8 avril au 26 juillet 2026, pour le centenaire de sa naissance, et qui retrace le travail d’une comédienne réduite, sa vie durant, à son image.
Tout le monde croit connaître Marilyn Monroe, mais ses photographies ont fini par éclipser ses films. Costumes originaux, extraits de films, photographies et documents rares composent le parcours.Exposition « Marilyn Monroe : 100 ans ! » | Teaser © La Cinémathèque française
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L’ACTRICE
Remettre le jeu au centreLe pari de l’exposition, dont Florence Tissot signe le commissariat, tient en une question : et si l’on regardait Marilyn Monroe jouer ? De son vivant, ses proches et collaborateurs la renvoient sans cesse à elle-même. « Elle ne jouait pas », tranchait le cinéaste John Huston ; d’autres réduisaient son art à l’effet qu’elle produisait sur les hommes. Le parcours prend le contre-pied de ces jugements et déplie, extrait après extrait, un travail de composition : expressions du visage, gestes calculés, palette d’émotions qu’elle déploie même dans de courtes apparitions, comme dans Quand la ville dort de John Huston (1950).
Et si l’on regardait Marilyn Monroe jouer ?
Cette relecture s’appuie sur un constat vérifiable à l’écran : d’un film à l’autre, Monroe ne joue pas la « blonde idiote » de la même façon. Elle pensait ses rôles, les préparait, et a poursuivi sa formation à l’Actors Studio, la célèbre école de jeu new-yorkaise, après s’être installée à New York. L’exposition, que la Cinémathèque française co-organise avec « la Caixa » Foundation, donne ainsi à voir non plus une icône figée mais une interprète au travail, dans un système de studios aux contraintes à la fois esthétiques et financières.
Eve Arnold (1912–2012), Marilyn Monroe on the Nevada desert going over her lines for ‘The Misfits’, 1960 © Eve Arnold / Magnum Photos
Focus sur l’œuvre
La photographie montre Monroe seule dans le désert du Nevada, absorbée dans la relecture de son texte, un micro-perche au-dessus d’elle. Le paysage aride s’étend derrière elle sous un ciel nuageux. L’actrice porte une tenue simple, loin de l’image glamour associée à sa persona publique. Arnold, l’une des rares photographes en qui Monroe avait confiance depuis 1951, bénéficiait d’un accès exclusif au tournage des Désaxés. L’actrice traversait alors une période fragile – fausses couches, dépendance aux médicaments, désagrégation de son mariage avec Arthur Miller. Ce cliché incarne la démarche de l’exposition : révéler l’actrice au travail derrière l’icône médiatique. La composition – figure solitaire dans un paysage immense – traduit visuellement l’isolement et la détermination d’une comédienne qui cherchait à prouver sa valeur face à Clark Gable et Montgomery Clift.
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LA FABRIQUE
Comment le studio invente une starAvant d’être une actrice, Marilyn Monroe est un personnage écrit par Hollywood. En 1945, devenir mannequin lui permet de divorcer et de quitter l’usine ; en moins d’un an, elle multiplie les couvertures de magazines et décroche un contrat à la Twentieth Century Fox. Le studio lui invente alors une biographie taillée comme un scénario – enfance malheureuse, père absent, ascension fulgurante – sur le modèle de Cendrillon. Cette fiction d’une star « partie de rien » masque commodément la mécanique économique qui façonne, en coulisses, l’image des jeunes recrues.
La machine s’emballe avec Niagara d’Henry Hathaway, film noir à petit budget sorti début 1953, qui rapporte plus de six millions de dollars et installe Monroe en femme fatale. Suivent les rôles de pin-up et de « blonde idiote » dont son image aura le plus grand mal à se défaire, dans des comédies à succès comme Les hommes préfèrent les blondes (1953) ou Sept ans de réflexion (1955), avec sa fameuse robe soulevée par une bouche d’aération. En 1952, des photos de nus prises trois ans plus tôt refont surface et scellent l’association de son image à la sexualité. Pour le théoricien Richard Dyer, dont les travaux nourrissent l’exposition, Monroe condense les tensions d’une Amérique des années 1950, à la fois prude et fascinée par le sexe.
de recettes pour Niagara, sorti début 1953, qui installe Monroe en femme fatale
Richard Avedon (1923–2004), Marilyn Monroe, Actress, New York, 6 mai 1957, tirage gélatino-argentique © The Richard Avedon Foundation
L’HÉRITAGE
Un mythe que chaque époque réécritEn 1962, la mort de Monroe à 36 ans, liée à une overdose de barbituriques, ouvre le spectaculaire chapitre de sa postérité. Sa disparition brutale, l’éparpillement de ses biens et un accès difficile aux archives nourrissent depuis un récit obsédé par la « vraie femme » qui se cacherait derrière l’icône. Plutôt que de trancher cette question, l’exposition choisit de regarder les croyances elles-mêmes : celles que les studios ont fabriquées, et celles, plus intimes, que chaque spectateur projette sur la star.
La Cinémathèque française fait le choix de l’actrice plutôt que celui de l’icône.
Le parcours se clôt sur l’après. La santé mentale et l’addiction, longtemps balayées par l’industrie des années 1950, sont aujourd’hui regardées avec plus de recul, et la figure de Monroe se voit réinvestie par des artistes aussi différentes que Madonna ou Margot Robbie. Une installation puise dans la culture ballroom – ces compétitions de mode et de danse nées dans les communautés queer – pour en célébrer l’héritage pop. Le centenaire de 1926 est marqué cette année par d’autres institutions à travers le monde, mais la Cinémathèque française fait le choix de l’actrice plutôt que celui de l’icône. L’exposition relie aussi Monroe aux débats actuels sur les actrices hypersexualisées et leur place dans une industrie qui les a longtemps cantonnées au rôle d’objet de désir.
Andy Warhol (1928–1987), Marilyn Monroe, 1967, sérigraphie sur papier (91,4 × 91,4 cm) © The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc.
Focus sur l’œuvre
En transformant Monroe en image reproductible à l’infini, Warhol a matérialisé la mécanique du star-system que l’exposition décortique. À partir d’une photographie promotionnelle de Gene Kornman pour le film Niagara (1953), il a réalisé de multiples variations par sérigraphie : d’abord le célèbre Diptyque Marilyn en 1962, puis le portfolio de dix estampes en couleurs vives en 1967. Son œuvre incarne le passage de la personne à l’icône, du talent individuel au produit de consommation culturelle.
POURQUOI VOIR "MARILYN MONROE : 100 ANS !" À LA CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE ?
Voir Marilyn Monroe autrement, non plus comme une icône glamour figée mais comme une actrice qui pensait et composait ses rôles : voilà la promesse de « Marilyn Monroe : 100 ans ! ». À la Cinémathèque française, vous y verrez costumes originaux, extraits de films, photographies signées de grands noms comme Eve Arnold ou Richard Avedon et installation pop, réunis pour raconter à la fois la comédienne et la machine hollywoodienne qui l’a fabriquée. Le centenaire de sa naissance y sert moins de prétexte à une célébration qu’à une relecture critique, attentive autant au travail de l’actrice qu’aux légendes qui l’ont entourée.
Ernst Haas (1921–1986), Marilyn Monroe in the car, ‘The Misfits’, Nevada, 1960, tirage gélatino-argentique Photo Ernst Haas (1921–1986)
Comptez un parcours dense, à prendre sans se presser, qui n’élude ni la sexualisation de son image ni les zones sombres de sa trajectoire. La Cinémathèque française accompagne par ailleurs l’exposition d’une rétrospective de ses films, l’occasion de confronter à l’écran ce que le parcours affirme sur son jeu.
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Marilyn Monroe : 100 ans ! » à la Cinémathèque française ?
L’exposition se tient du 8 avril au 26 juillet 2026. La Cinémathèque est ouverte du lundi au vendredi (sauf mardi) de 12h - 19h, et les week-ends de 11h - 20h. Pendant les vacances scolaires et jours fériés : 11h - 20h. Fermeture les mardis, le 1er mai et le 25 décembre.
Où réserver ses billets pour « Marilyn Monroe : 100 ans ! » à la Cinémathèque française ?
Les billets sont disponibles en ligne sur Tiqets à partir de 14 € (sans frais additionnels) et sur Fnac à partir de 14 € (+0,99 € de frais), avec un tarif adhérent Fnac à 11 €. Tarif réduit 18–25 ans : 11 €. Enfant 5–17 ans : 7 €. Billets couplés expo + musée Méliès également disponibles. La réservation en ligne permet d’éviter les files d’attente à la billetterie.
Combien de temps dure la visite de « Marilyn Monroe : 100 ans ! » à la Cinémathèque française ?
Comptez environ 1h30 pour parcourir l’ensemble de l’exposition. La dernière entrée a lieu 45 minutes avant la fermeture. En raison des contrôles de sécurité (plan Vigipirate), il est conseillé d’arriver 30 minutes avant l’heure souhaitée.
Comment se rendre à la Cinémathèque française pour « Marilyn Monroe : 100 ans ! » ?
La Cinémathèque française se situe au 51 rue de Bercy, 75012 Paris, dans le parc de Bercy. Métro : station Bercy (lignes 6 et 14). Bus : lignes 24, 64 et 87. En voiture : A4, sortie Pont de Bercy. Parkings à proximité : 77 rue de Bercy ou 8 boulevard de Bercy.
La Cinémathèque française est-elle accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Marilyn Monroe : 100 ans ! » ?
Tous les niveaux sont desservis par ascenseur. Des fauteuils roulants et des chaises-cannes sont mis gratuitement à disposition sur demande. Les banques d’accueil sont équipées de boucles magnétiques. Des balises sonores, guides lignes au sol et plans tactiles facilitent l’accès. Contact : accessibilite@cinematheque.fr.
Y a-t-il des nocturnes pour « Marilyn Monroe : 100 ans ! » à la Cinémathèque française ?
Les Jeudis Jeunes proposent des nocturnes gratuites le deuxième jeudi de chaque mois, de 18h à 21h, réservées aux 18–25 ans et aux étudiants. L’inscription est obligatoire. Le reste de la journée, la fermeture est anticipée à 18h ce jour-là.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Lundi, mercredi à vendredi : 12h - 19h
- Week-ends : 11h - 20h
- Vacances scolaires et jours fériés : 11h - 20h
- Dernière entrée 45 minutes avant la fermeture
- Fermeture les mardis
- Fermeture le 1er mai et le 25 décembre
- Fermeture estivale du 28 juillet au 26 août inclus
