Fraud Blocker

Une journée au XVIIIe siècle au Musée des Arts décoratifs

0
Présentation
Arts décoratifs

Une journée au XVIIIe siècle

Du lever au coucher, 550 trésors d'un quotidien aristocratique

Musée des Arts décoratifs

Exposition Une journée au XVIIIe siècle - Musée des Arts décoratifs

L'EXPOSITION

L'exposition « Une journée au XVIIIe siècle » au musée des Arts décoratifs se déploie du 18 février au 5 juillet 2026. Plus de 550 pièces issues des collections du musée reconstituent une demeure aristocratique parisienne des années 1780. Boiseries, mobilier, céramique, orfèvrerie, vêtements, bijoux et jouets composent les salles successives. Le visiteur déambule en invité privilégié, porté par une scénographie cinématographique, sonore et olfactive, au rythme d'une journée entière.

Exposition « Une journée au XVIIIe siècle » | Teaser © Musée des Arts décoratifs

DE LA RUE AU JARDIN : L'APPROCHE DE L'HÔTEL PARTICULIER

Le parcours débute dans une rue parisienne bruyante. Pavés encombrés de véhicules, murs saturés d'affiches et cris des marchands ambulants reconstituent le tumulte urbain du XVIIIe siècle. Un porche majestueux s'ouvre bientôt, affirmant la puissance des propriétaires tout en tenant à distance la promiscuité de la ville.

Chaise à porteurs, Paris, vers 1740–1750

Anonyme, Chaise à porteurs, Paris, vers 1740–1750, bois, cuivre, verre, toile peinte © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière

La cour dévoile une chaise à porteurs datée des années 1740–1750 et une table amovible de carrosse, prêtes à être mises en branle. Au-delà, le jardin déploie ses parterres de fleurs en porcelaine, ses treillages délicats et ses plantations en pots. Une jardinière coiffée d'un grand chapeau de paille se tient au centre, silhouette familière parmi les végétaux.

Ces espaces traduisent la distribution classique de l'hôtel particulier, entre cour et jardin. Résidence urbaine d'une famille influente, il incarne au XVIIIe siècle un équilibre entre tradition architecturale et quête de nouveauté. L'exposition éclaire cette tension à travers des visages multiples, de la norme à l'exception.

Le passage vers l'intérieur s'effectue sans rupture. Une robe à l'anglaise en pékin de soie à rayures roses, brochée de fleurs, et un carlin en porcelaine dure de la manufacture de Berlin annoncent la richesse des collections réunies. « Une journée au XVIIIe siècle » aux Arts décoratifs prend corps dès le seuil, dans le contraste entre faste privé et agitation publique.

LE MATIN : LEVER, TOILETTE ET MAISONNÉE

La journée commence dans la chambre à coucher. Un lit à la duchesse, placé perpendiculairement au mur, occupe l'espace central. Baldaquin et pentes de tissu apportent chaleur et intimité au dormeur. Vers sept heures, les maîtres s'éveillent, servis par des domestiques debout depuis quatre heures. On fait d'abord ses dévotions, puis on se sustente d'un bouillon de viande et de légumes dans une écuelle à oreilles en porcelaine posée sur son plateau.

La toilette s'effectue souvent devant un cercle restreint d'amis ou de fournisseurs. Aiguière et bassin, boîtes à savon et à éponge, œillère et bidet forment l'attirail courant. Chaise percée, bourdaloue et pot de chambre complètent l'hygiène intime. Perruques de cheveux naturels poudrées, parfums en flacons ornés, fards et mouches composent un apprêt indispensable pour paraître aux yeux du monde.

Louis-Léopold Boilly – La Famille Gohin

Louis-Léopold Boilly, La Famille Gohin, 1787, huile sur toile © Les Arts Décoratifs

Focus sur l'œuvre

Peint en 1787, ce portrait de groupe représente la famille de l'armateur et négociant en couleurs rouennais Julien Gohin, accoudé à un bureau en acajou, entouré de son épouse Catherine Boileau – petite-nièce de l'homme de lettres Nicolas Boileau – et de leurs enfants et conjoints. Le tableau incarne le talent de Boilly pour les scènes d'intérieur bourgeois, où chaque détail vestimentaire et mobilier renseigne sur le rang social et les aspirations d'une famille enrichie par le négoce lointain. Dans le parcours de l'exposition, cette toile introduit la maisonnée au complet et permet au visiteur de saisir les codes sociaux qui régissent la vie quotidienne d'une famille aisée du Siècle des Lumières, de l'épée de Cour de Monsieur aux bijoux de Madame.

Les domestiques s'activent : récurage de la vaisselle d'argent, préparation des repas, puisage à la fontaine de cuivre, lavage du linge. Chiens, chats et oiseaux témoignent d'un attachement croissant aux animaux familiers. Horloges, cartels et montres scandent un temps perçu avec une précision nouvelle. « Une journée au XVIIIe siècle » restitue ces figures dans leurs occupations matinales.

L'APRÈS-DÎNER : BIBLIOTHÈQUE, BOUDOIR ET TABLE

L'après-dîner mène à la bibliothèque. Le gentilhomme s'y consacre aux sciences, à la philosophie ou à sa curiosité pour la Chine et le Japon. Bureau ou secrétaire accueille la correspondance et la gestion des domaines. Robe de chambre en soieries colorées, bonnet d'intérieur et mules brodées autorisent une tenue relâchée. Le boudoir de Madame en forme le pendant : on y lit dans une ottomane, on écrit sur un bonheur-du-jour, on confectionne de menus ouvrages en perles tissées au moyen de navettes précieuses.

La salle à manger reçoit le dîner entre quatorze et seize heures. La table se dresse autour d'un surtout en verre filé destiné à stimuler la conversation. Le service dit « à la française » présente tous les plats garnis simultanément. Fontaine murale, consoles-dessertes et rafraîchissoirs meublent la pièce. La collation suit : chocolat, thé ou café – produits de luxe importés de régions lointaines – se versent dans des pièces d'orfèvrerie et de porcelaine conçues à cet effet.

Jean-Baptiste-Marie Pierre – La Mauvaise Nouvelle

Jean-Baptiste-Marie Pierre (1713–1789), La Mauvaise Nouvelle, XVIIIe siècle, huile sur toile © Les Arts Décoratifs / Jean Tholance

LE SOIR : MUSIQUE, JEUX ET VEILLÉE

Le soir étire les plaisirs. Tabatières en matériaux rares accompagnent le tabac prisé, que l'on offre en signe d'honneur. Tables spécifiques reçoivent le tric-trac, l'hombre ou la bouillotte, tandis que voyeuses et ponteuses permettent de suivre les parties.

Harpe, clavecin, guitare ou flûte traversière résonnent en musique de chambre devant un cercle d'intimes. La journée s'achève tard, parfois conclue par un medianoche. Chemise de nuit blanche, bonnet de nuit ou dormeuse couvrent le corps. Une veilleuse diffuse sa pâle lueur.

Jean-Démosthène Dugourc – Projet de lit à la polonaise

Jean-Démosthène Dugourc (1749–1825), Projet de lit « à la polonaise », vers 1784–1790, plume, encre noire, aquarelle sur papier © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière

POURQUOI ALLER VOIR L'EXPO « UNE JOURNÉE AU XVIIIe SIÈCLE » ?

Le parcours traverse chaque pièce d'un hôtel particulier reconstitué, de la chambre à coucher au salon de musique. Mobilier, vêtements et objets du quotidien éclairent les progrès en éclairage, chauffage et accès à l'eau, ainsi que leurs conséquences sur le décor et les civilités. Parmi les pièces maîtresses, la robe en soie rayée et le projet de lit dessiné par Dugourc incarnent la virtuosité des artisans parisiens à la veille de la Révolution.

Robe à l'anglaise, France, 1780–1785

Anonyme (France), Robe à l'anglaise, 1780–1785, pékin de soie brochée de fleurs © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière

Point de vue critique

La robe à l'anglaise est un vêtement féminin emblématique des années 1780, caractérisé par un corsage ajusté dans le dos, baleiné aux coutures, qui se distingue de la robe à la française par sa silhouette plus légère et plus pratique. Apparue à la fin des années 1770 sous l'influence de l'anglomanie, elle reflète l'aspiration à une mode moins cérémonieuse. Ce modèle en pékin de soie brochée de fleurs témoigne de l'excellence des manufactures textiles françaises et de la richesse des garde-robes aristocratiques. Dans le parcours de l'exposition, la robe incarne le raffinement de l'art de paraître au Siècle des Lumières.

Les créations olfactives de Givaudan et la bande sonore conçue par Magique renforcent la présence des habitants – maîtres, domestiques et animaux peuplent chaque salle. La lumière module son intensité du matin au soir, rendant sensible le rythme ternaire de la journée. De la table dressée aux parties de bouillotte, chaque geste dessine un art de vivre où confort et représentation sociale se mêlent. Réservez votre billet aux Arts décoratifs pour habiter ces espaces où bougies et flambeaux dictent le passage des heures.

Rarement une exposition aura restitué avec autant de justesse la matérialité du quotidien aristocratique. La scénographie de FREAKS architecture insuffle un récit vivant où chaque objet retrouve sa fonction et son heure. La robe à l'anglaise voisine le bidet, le surtout en verre filé côtoie la tabatière : on circule dans un XVIIIe siècle tangible, loin des clichés poudrés. Une leçon d'histoire intime portée par des collections exceptionnelles, dont la plupart n'avaient pas quitté les réserves depuis des décennies.

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu
Musée des Arts décoratifs 107 rue de Rivoli, 75001 Paris
Horaires
  • Du mardi au dimanche : 11h - 18h
  • Nocturne le jeudi jusqu'à 21h
  • Fermé le lundi
  • Lors des nocturnes, certains espaces du musée sont fermés
Tarifs
  • BILLETTERIE MAD :
  • Plein tarif : 15 €
  • Moins de 18 ans : Gratuit
  • 18–25 ans : Gratuit
  • Demandeurs d'emploi / bénéficiaires du RSA : Gratuit
  • Personne en situation de handicap + accompagnateur : Gratuit
  • Enseignants (Pass Éducation) : Gratuit
  • Amis des Arts Décoratifs, ICOM, ICOMOS, AICA, presse : Gratuit
  • Paris Museum Pass : Gratuit
  • CONDITIONS :
  • Justificatif demandé à l'entrée pour tous les tarifs gratuits
  • Tarif 18–25 ans accessible sur place à la caisse si indisponible en ligne

#ExpositionParis #ArtDeVivreFrancais #HotelParticulierParis #SiecleDesLumieres #ExpoMADParis