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Révéler le féminin au Musée Cognacq-Jay

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Présentation
Mode

Révéler le féminin

Mode et apparences au XVIIIᵉ siècle

Exposition Révéler le féminin - Musée Cognacq-Jay

Musée Cognacq-Jay

L'EXPOSITION

« Révéler le féminin. Mode et apparences au XVIIIᵉ siècle » se déploie au musée Cognacq-Jay, en collaboration avec le Palais Galliera. Du 25 mars au 20 septembre 2026, portraits, scènes galantes et pièces textiles composent un parcours en six salles où la mode devient le miroir des identités féminines au siècle des Lumières.

Des satins brodés de la cour de Louis XV aux mousselines annonciatrices du style Empire, l'exposition retrace les métamorphoses d'un style français qui séduisit l'Europe entière. Robes à la française, pastels monumentaux et haute couture contemporaine dialoguent dans l'écrin de l'hôtel Donon, au cœur du Marais.

Exposition « Révéler le féminin. Mode et apparences au XVIIIᵉ siècle » | Teaser © Paris Musées

RÉSERVEZ VOTRE VISITE

SATINS, PORTRAITS ET PRESTIGE : LA MODE COMME LANGAGE

Quand le vêtement peint rivalisait avec le vêtement réel

Les premières salles confrontent peintures et costumes d'époque. Robes à la française portées sur paniers, pièces d'estomac brodées, mantelets de dentelle : chaque vêtement exposé trouve son écho dans les toiles accrochées en regard. Le parcours, conçu par Pascale Gorguet Ballesteros (Palais Galliera), Adeline Collange-Perugi (musée d'arts de Nantes) et Saskia Ooms (musée Cognacq-Jay), fait écho à « La mode du 18ᵉ siècle. Un héritage fantasmé » que signe la même commissaire au Palais Galliera.

Maurice Quentin de La Tour – Portrait de Madame la présidente de Rieux, en habit de bal, tenant un masque

Maurice Quentin de La Tour, Portrait de Madame la présidente de Rieux, en habit de bal, tenant un masque, 1742, pastel sur papier collé sur toile Maurice Quentin de La Tour, Portrait de Madame la présidente de Rieux, en habit de bal, tenant un masque, 1742. Paris, musée Cognacq-Jay CCØ Paris Musées

Un portrait attribué à Nattier idéalise les traits de Madame Adélaïde, fille de Louis XV, tout en rendant avec précision le tombé d'un satin bleu. La rivalité entre noblesse et bourgeoisie montante attise cet art du paraître, où le choix d'une étoffe ou d'un bijou affiche le rang autant qu'il construit une image de soi.

Le choix d'une étoffe ou d'un bijou affiche le rang autant qu'il construit une image de soi.

La salle suivante resserre le cadre sur trois portraitistes dont la technique magnifie les matières. Antoine Vestier, formé à la miniature, détaille la finesse d'un motif floral sur un taffetas. Adélaïde Labille-Guiard, elle-même miniaturiste et fille d'un mercier parisien propriétaire de la boutique de mode « À la toilette », tire de cet univers marchand un goût sûr pour le costume. Élisabeth Vigée Le Brun, fille d'une coiffeuse et d'un pastelliste, s'est formée auprès d'un peintre éventailliste – une pratique qui a aiguisé son attention au détail ornemental. Velours, fourrures, broderies d'or : chaque parure signale un statut et compose un portrait de soi.

MOUSSELINES BLANCHES ET BONHEURS ENFANTINS

L'intimité en lumière : quand les dessous prennent le dessus

À partir des années 1770, le registre du portrait bascule. Les philosophes célèbrent la félicité conjugale ; Jean-Jacques Rousseau publie Émile ou De l'éducation dès 1762, accordant à l'enfant une psychologie digne d'attention. Une nouvelle veine de portraits accompagne ces idées : les femmes y apparaissent avec une beauté qui se veut plus simple, les enfants y sont joueurs et espiègles.

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salles thématiques composent le parcours dans l'hôtel Donon

Le vêtement traduit cette mutation. Cotonnades et mousselines blanches, issues du linge de corps et de l'univers intime, envahissent les portraits. Les dessous prennent le dessus.

Nicolas-Bernard Lépicié – Émilie Vernet (1760-1794)

Nicolas-Bernard Lépicié (1735–1784), Émilie Vernet (1760-1794), 1769, huile sur toile Nicolas-Bernard Lépicié, (1735 -1784), Émilie Vernet (1760-1794), 1769, Paris, Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris, CCØ Paris Musées

Focus sur l'œuvre

Ce petit portrait représente Émilie Vernet à l'âge de neuf ans, en buste, le visage orienté aux trois quarts vers la gauche. La fillette porte une robe de satin blanc et un collier de perles, tandis qu'elle lève la main droite vers son visage dans un geste espiègle. Fille du célèbre peintre de marines Joseph Vernet, Émilie fait partie d'une série de trois portraits d'enfants Vernet que Lépicié réalise entre 1769 et 1771, les deux familles logeant toutes deux au Louvre. La tendresse malicieuse du visage d'Émilie témoigne d'un renouveau du regard porté sur l'enfance, bien que, parée comme une adulte, son attitude conserve l'ambiguïté d'une « petite femme ». Cette tension entre parure adulte et naturel enfantin illustre la transition que l'exposition met en lumière dans la salle 4, où l'influence des idées rousseauistes commence à transformer la représentation de l'enfance dans le portrait français.

Peintures françaises et anglaises se répondent tout au long du parcours. Les premières, nourries de l'idéal rousseauiste, privilégient le naturel et l'émotion familiale. Les secondes cultivent une élégance raffinée et décontractée. À l'aube du XIXᵉ siècle, ces deux traditions s'influencent mutuellement et annoncent l'abandon progressif des paniers et des corps à baleines au profit de robes fluides à ceinture haute – prémices du futur style Empire.

LA ROBE À LA FRANÇAISE, APOGÉE DU STYLE VESTIMENTAIRE

Soie brochée, paniers et plis plats : anatomie d'une silhouette d'apparat

Pièce maîtresse du vestiaire féminin au siècle des Lumières, la robe à la française incarne à elle seule l'alliance du luxe textile et de la silhouette sculptée. Son architecture – plis plats dans le dos, paniers latéraux, corps à baleines – dessine une allure reconnaissable entre toutes, que les peintres de cour restituent avec une précision rivalisant avec le tissu réel.

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La robe à la française en soie brochée exposée ici, datée des années 1770–1775, illustre l'apogée de ce style sous le règne de Louis XVI. Caractérisée par ses plis plats se prolongeant en traîne, elle se porte sur un corps à baleines et un panier qui élargit les hanches. Issue des collections du Palais Galliera, cette pièce textile incarne le dialogue entre costume réel et costume peint qui structure le parcours.

Anonyme – Robe à la Française et jupe

Anonyme, Robe à la Française et jupe, 1770–1775, textile (soie brochée) Anonyme, Robe à la Française et jupe, 1770-1775, Paris, Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris, CCØ Paris Musées

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L'hôtel Donon, écrin Renaissance du musée Cognacq-Jay, abrite depuis 1990 la collection XVIIIᵉ siècle réunie par les fondateurs de La Samaritaine.

FÊTES GALANTES, PASTORALES ET ÉCHOS CONTEMPORAINS

De Watteau à Lancret : quand l'aristocratie jouait à la bergère

Antoine Watteau invente au début du XVIIIᵉ siècle un genre pictural inédit : la fête galante. Aristocrates et bourgeois s'y retrouvent dans des décors de plein air, jouant à être bergères, danseuses ou pèlerines. Watteau mêle mythologie et figures contemporaines ; ses successeurs – Lancret, Ollivier, Watteau de Lille – prolongent cet art de la mise en scène amoureuse.

François Boucher ouvre ensuite la voie aux pastorales, où bergers et bergères vêtus de soie et de velours évoluent dans une nature idéalisée. Ce goût pastoral puise dans une longue tradition littéraire héritée de la poésie bucolique antique et de la Renaissance, mais aussi dans la peinture nordique attentive à la vie paysanne.

Au-delà de la peinture, ces codes imprègnent la vie sociale du XVIIIᵉ siècle : les nobles s'emparent du vocabulaire de la Commedia dell'arte et des pastorales dans leurs bals costumés et parties de campagne. Travestissements et déguisements occupent une place centrale dans cette culture mondaine.

Nicolas Lancret – Arrivée d'une dame dans une voiture tirée par des chiens

Nicolas Lancret (1690–1743), Arrivée d'une dame dans une voiture tirée par des chiens, première moitié du XVIIIᵉ siècle, huile sur toile Nicolas Lancret, Arrivée d'une dame dans une voiture tirée par des chiens, première moitié XVIIIe siècle. Musée d'Art de Nantes. © Musée d'arts de Nantes - Photo : Alain Guillard

Focus sur l'œuvre

Successeur direct de Watteau dans le genre de la fête galante, Nicolas Lancret met en scène ici une arrivée théâtrale : une dame élégante se déplace dans un petit véhicule tiré par des chiens, entourée de personnages en plein air. Lancret, agréé à l'Académie royale en 1718 puis reçu en 1719 avec une fête galante, a consacré sa carrière à dépeindre les divertissements raffinés de la société de la Régence. Conservée au musée d'arts de Nantes, cette œuvre illustre le goût du XVIIIᵉ siècle pour les scènes où la frontière entre réalité sociale et spectacle s'estompe – thème central de la salle 5 de l'exposition.

POURQUOI ALLER VOIR L'EXPO "RÉVÉLER LE FÉMININ" ?

Portraits aux étoffes chatoyantes, costumes historiques présentés sur mannequins et photographies contemporaines composent un parcours thématique en six salles dans l'hôtel Donon, au cœur du Marais. L'exposition s'inscrit dans un printemps parisien consacré au XVIIIᵉ siècle, aux côtés de « La mode du 18ᵉ siècle. Un héritage fantasmé » au Palais Galliera – les billets des deux expositions ouvrent droit à un tarif réduit réciproque.

CHANEL – Robe longue brodée de sequins vert d'eau, Haute Couture Printemps-Été 2019

CHANEL (Karl Lagerfeld, directeur artistique), Robe longue entièrement brodée de sequins vert d'eau, 2019, collection Haute Couture Printemps-Été 2019 Patrimoine de CHANEL, Paris © CHANEL / Photo Antoine Dumont / Collection Haute Couture Printemps-Eté 2019

Point de vue critique

La dernière salle prolonge les jeux de rôle du XVIIIᵉ siècle jusqu'à l'époque contemporaine. Cindy Sherman réinterprète les arts décoratifs rocaille, tandis que cette robe longue brodée de sequins vert d'eau – dernière collection supervisée par Karl Lagerfeld – déploie des fleurs multicolores peintes à la main et vernies. Un jeu de miroirs ponctue les salles et souligne les silhouettes, tandis que chaque espace adopte une couleur spécifique accordée à son propos. Trois siècles de codes vestimentaires condensés en une seule silhouette : la chute la plus saisissante du parcours.

Des photographies de Steven Meisel, Esther Ségal et Valérie Belin complètent ce contrepoint, suggérant la persistance des codes du XVIIIᵉ siècle dans la mode actuelle. Une visite qui se prolonge naturellement dans les collections permanentes de l'hôtel Donon, où le visiteur retrouve l'univers raffiné des Lumières.

Camille, Rédactrice culture

L'avis de Camille

Rédactrice culture

Le musée Cognacq-Jay réussit un pari délicat : faire dialoguer peintures, costumes et photographies sans jamais forcer la démonstration. Le parcours, sobre et coloré, laisse les œuvres se répondre avec une évidence qui rend le propos limpide. On retiendra surtout le face-à-face entre robes à la française et portraits de Nattier ou Labille-Guiard, où le vêtement peint rivalise de précision avec le vêtement réel. Une exposition aussi élégante que son sujet.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Quand a lieu « Révéler le féminin. Mode et apparences au XVIIIᵉ siècle » au musée Cognacq-Jay ?

L'exposition se tient du 25 mars au 20 septembre 2026. Le musée est ouvert du mardi au dimanche, de 10h - 18h. Fermé le lundi.

Où réserver ses billets pour « Révéler le féminin » au musée Cognacq-Jay ?

Les billets sont disponibles en ligne sur Tiqets au tarif de 11 € (adulte). La réservation en ligne est vivement conseillée : seule la réservation à l'avance garantit l'entrée. L'achat sur place reste possible dans la limite des places disponibles. Gratuit pour les moins de 18 ans, les personnes en situation de handicap et les demandeurs d'emploi. Tarif réduit sur place pour les 18–26 ans et étudiants.

Combien de temps dure la visite de « Révéler le féminin » au musée Cognacq-Jay ?

Comptez environ 1h à 1h30 pour parcourir les six salles de l'exposition. Le billet donne également accès aux collections permanentes du XVIIIᵉ siècle, ce qui peut allonger la visite d'une trentaine de minutes.

Comment se rendre au musée Cognacq-Jay pour « Révéler le féminin » ?

Le musée Cognacq-Jay se situe au 8 rue Elzévir, 75003 Paris, au cœur du Marais. Métro : Saint-Paul (ligne 1), Chemin-Vert (ligne 8), Rambuteau (ligne 11). Bus : lignes 29, 69, 76 et 96. Vélib' : stations n°4013 Vieille du Temple – Francs Bourgeois et n°3002 Saint Gilles – Turenne.

Le musée Cognacq-Jay est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Révéler le féminin » ?

Le musée Cognacq-Jay n'est pas accessible aux personnes à mobilité réduite et ne dispose pas d'ascenseur. Les personnes en situation de handicap (ainsi que leur accompagnateur) bénéficient de la gratuité d'entrée.

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu
Musée Cognacq-Jay 8 rue Elzévir, 75003 Paris
Horaires
  • Ouvert du mardi au dimanche de 10h - 18h
  • Fermé le lundi
Tarifs
Tiqets
Adulte (+27 ans) : 11 €
Informations
Billet unique exposition temporaire et collections permanentes
Tarif réduit réciproque avec « La mode du 18ᵉ siècle » au Palais Galliera
Conditions
Gratuit : 0–17 ans, visiteurs handicapés & demandeurs d'emploi (avec justificatif, pas besoin de billet)
Tarif réduit sur place : 18–26 ans & étudiants (avec carte d'étudiant valide)
Réservation en ligne vivement conseillée (entrée garantie uniquement sur réservation)
Bagages strictement interdits dans le musée (même inférieurs à 30 × 40 cm)
Contrôles Vigipirate renforcés : ouverture des sacs à l'entrée
Accès
🚇 Métro
Ligne 1 – station « Saint-Paul »
Ligne 8 – station « Chemin-Vert »
Ligne 11 – station « Rambuteau »
🚌 Bus
Ligne 29 – arrêt « Turenne – Saint Gilles » ou « Payenne »
Lignes 69, 76, 96 – arrêt « Saint-Paul »
🚲 Vélib'
Station n°4013 – Vieille du Temple – Francs Bourgeois
Station n°3002 – Saint Gilles – Turenne

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