Cartes imaginaires à la BnF
Cartes imaginaires. Inventer des mondes
Des monstres des cartes anciennes aux royaumes de fiction

Bibliothèque nationale de France
L’EXPOSITION
« Cartes imaginaires. Inventer des mondes » est une exposition présentée à la Bibliothèque nationale de France, sur le site François-Mitterrand, du 24 mars au 19 juillet 2026, qui rassemble 200 œuvres du parchemin médiéval au jeu vidéo. Monstres tapis aux marges des mappemondes, cité d’or de l’Eldorado, îles au trésor : depuis le Moyen Âge, les cartographes ont logé l’imaginaire au cœur de leurs tracés.
Le parcours, réparti en quatre escales, est pensé comme une expérience immersive, attentive à la lumière et au son.RÉSERVEZ VOTRE VISITE
AUX MARGES DES CARTES
Les monstres du monde connuLa première escale entre dans l’imagerie des cartes anciennes. Au-delà des côtes et des frontières, les cartographes peuplaient leurs documents de créatures fabuleuses – bêtes hybrides, figures mi-réelles mi-légendaires – héritées de l’Antiquité et des textes religieux, puis recopiées d’un ouvrage à l’autre à travers les encyclopédies du Moyen Âge. Ces êtres se logeaient dans les marges, là où s’arrêtait le monde connu et où commençait celui qu’il restait à explorer. Cinq continents s’y déploient, bordés de prodiges.
Sebastian Münster, La Cosmographie universelle contenant la situation de toutes les parties du monde, Bâle, 1556 © BnF, département des Cartes et plans, GE FF-3058 (RES)
Le parcours y réunit des cartographes comme Sebastian Münster, dont la Cosmographie universelle de 1556 fourmille de créatures, ou Gérard Mercator et ses atlas, souvent issus du fonds des Cartes et plans de la BnF. Ces bêtes des confins ont été peu à peu effacées des cartes au cours du XVIIIe siècle. Pendant des siècles, pourtant, le merveilleux et le relevé géographique avaient partagé la même feuille.
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DES TERRES QU’ON A CRU TOUCHER
Eldorado, prêtre Jean et autres mondes légendairesLa deuxième escale rassemble les mondes légendaires : des lieux qu’on a longtemps tenus pour réels, et auxquels les cartographes ont attribué une place sur le globe. L’Atlantide, l’Eldorado – la cité d’or que poursuivaient les conquistadors –, le royaume du prêtre Jean – un souverain chrétien imaginaire qu’on situait tour à tour en Asie puis en Afrique – ou encore le paradis terrestre y reçoivent une localisation précise. Le cartographe flamand Abraham Ortelius alla jusqu’à dresser la carte du royaume du prêtre Jean dans son grand recueil de 1579, comme s’il s’agissait d’une province bien réelle.
La section fait aussi place à d’autres traditions que l’Europe. Des cartes venues d’Asie, notamment bouddhistes, organisent l’espace autour du mont Meru, la montagne sacrée placée au centre du monde dans cette cosmologie. Loin du simple repère géographique, ces images ancrent des lieux à forte charge religieuse et symbolique. Une façon de rappeler que cartographier un lieu, c’est parfois donner forme à une croyance, et que la frontière entre le réel et le mythe a longtemps été poreuse.
Abraham Ortelius, Presbyteri ioannis imperium (Royaume du prêtre Jean), extrait de Theatrum orbis terrarum, 1579 © BnF, département des Cartes et plans, GE DD-837 (RES)
Focus sur l’œuvre
Pour donner corps à cette province fictive, Ortelius lui prête cours d’eau, villes et frontières, dans le même vocabulaire visuel que les autres planches de l’atlas. Cartouche orné à filets et bustes dans l’angle inférieur droit, dédicace généalogique au roi David dans l’angle supérieur gauche, monstres marins répartis le long des côtes africaines : à mi-chemin du relevé et de la fable, l’imprimé savant du XVIe siècle fixe ici une attente religieuse pluriséculaire dans la forme tangible d’une carte régionale.
MONDES INVENTÉS
Quand la fiction trace ses propres cartesLa troisième escale bascule dans la pure fiction. La carte ne prolonge plus le réel : elle donne corps à des univers de papier, du roman réaliste à la fantasy. Les exemples les plus familiers sont récents – des cartes de fiction très populaires, de Winnie l’ourson aux territoires de Game of Thrones, en passant par les mondes de Final Fantasy –, mais le genre est ancien. Dès 1516, l’humaniste anglais Thomas More inventait à la fois le mot et l’île d’Utopie ; en 1654, la romancière Madeleine de Scudéry traçait sa Carte du tendre, où les sentiments deviennent villages, rivières et chemins à parcourir.
La quatrième et dernière escale referme le voyage en faisant de la carte un objet sensible et subjectif. Des œuvres anciennes – telle la carte An Anciente Mappe of Fairyland de William Sleigh – y côtoient des artistes d’aujourd’hui qui s’emparent de la cartographie pour en démonter les codes. Le propos de l’exposition affleure alors clairement : avant d’être un relevé, une carte est une vision du monde, et représenter ce monde, suggère le parcours, commence par l’imaginer.
Madeleine de Scudéry, Carte du tendre, dans Clélie, histoire romaine, volume 1, 1654 © BnF, Réserve des livres rares, RES-Y2-1496
POURQUOI VOIR "CARTES IMAGINAIRES. INVENTER DES MONDES" À LA BnF ?
Pour suivre, d’un seul tenant, la longue histoire des mondes inventés : du monstre tapi à la marge d’une mappemonde médiévale jusqu’aux royaumes de la fantasy et du jeu vidéo. « Cartes imaginaires » rassemble 200 œuvres et rapproche des pièces d’époques et d’origines très différentes : la Carte du tendre de Madeleine de Scudéry, l’île d’Utopie de Thomas More, des cartes bouddhistes ou les territoires de fiction les plus célèbres.
William Sleigh, An Anciente Mappe of Fairyland © BnF, département des Cartes et plans, GE A-1897
Point de vue critique
Le parti pris tient dans une juxtaposition : réunir, dans un même parcours, le monstre des mappemondes médiévales, l’atlas de la Renaissance et la carte de jeu vidéo, là où l’on sépare d’ordinaire la cartographie savante de la culture populaire. En quatre escales, l’exposition les relie par leur part commune d’imaginaire, plutôt que par la seule chronologie. Reste à voir, sur place, comment la lumière et le son accompagnent ce voyage.
Les pièces les plus anciennes viennent en partie du propre département des Cartes et plans de la Bibliothèque nationale de France, riche de quelque 800 000 cartes et plans, complété par des prêts d’institutions comme le musée Guimet, la British Library ou la Bibliothèque apostolique Vaticane. Le commissariat est signé Julie Garel-Grislin et Cristina Ion, du même département. Autour de l’exposition, la BnF programme conférences et colloques, dont un « PopCartographie » mené avec l’INHA, l’Institut national d’histoire de l’art. Présenté sur le site François-Mitterrand, le parcours s’adresse à tout âge et se découvre volontiers en famille.
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Cartes imaginaires. Inventer des mondes » à la Bibliothèque nationale de France ?
Du 24 mars au 19 juillet 2026, l’exposition se tient à la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand (Galerie 2). Le site est ouvert du mardi au samedi de 10h - 19h et le dimanche de 13h - 19h, fermé les lundis et jours fériés. Les caisses ferment à 18h.
Où réserver ses billets pour « Cartes imaginaires. Inventer des mondes » à la Bibliothèque nationale de France ?
La réservation s’effectue en ligne via Tiqets au tarif adulte de 10 €, sans frais additionnels. Le tarif réduit à 8 € est accessible aux 18-25 ans, étudiants de moins de 35 ans, titulaires d’un Pass Education et d’une carte de famille nombreuse. L’accès est gratuit pour les moins de 18 ans et avec le Pass BnF lecture/culture ou le Pass Recherche illimité. Une pièce d’identité valide est nécessaire pour bénéficier des tarifs réduits.
Combien de temps dure la visite de « Cartes imaginaires. Inventer des mondes » à la Bibliothèque nationale de France ?
Le parcours articule quatre escales et 200 œuvres présentées en Galerie 2 du site François-Mitterrand. Compter entre une heure et une heure trente selon votre rythme de visite. Les caisses ferment à 18h et l’exposition à 19h, prévoyez votre arrivée en conséquence.
Comment se rendre à la Bibliothèque nationale de France pour « Cartes imaginaires. Inventer des mondes » ?
Le site François-Mitterrand est desservi par la ligne 14 du métro (station Bibliothèque François-Mitterrand) et le RER C (gare Bibliothèque François-Mitterrand). La ligne 6 (station Quai de la Gare) ainsi que les bus 25, 27, 62, 64, 71, 89, 132 et 325 desservent également les abords du site. Le tramway T3a (arrêt Avenue de France) se trouve à environ 550 mètres. En raison du plan Vigipirate, seule l’entrée Est du site est accessible.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Mardi au samedi : 10h - 19h
- Dimanche : 13h - 19h
- Fermé les lundis et jours fériés
- Fermeture des caisses à 18h
