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Plumes du paradis au Musée du quai Branly

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Présentation
Histoire

Plumes du paradis

Voyages d’un oiseau extraordinaire de Nouvelle-Guinée

Exposition Plumes du paradis – Musée du quai Branly – Jacques Chirac

Musée du quai Branly – Jacques Chirac

L’EXPOSITION

« Plumes du paradis. Voyages d’un oiseau extraordinaire de Nouvelle-Guinée » est l’exposition présentée au musée du quai Branly – Jacques Chirac, en galerie Germain Viatte, du 12 mai au 8 novembre 2026, qui suit la circulation d’un oiseau emblématique entre Nouvelle-Guinée et Paris à travers près de cent quatre-vingt-dix œuvres.

Le parcours déploie sur cinq siècles cette circulation, depuis les forêts papoues jusqu’aux cours mogholes, aux ateliers du Siècle d’or néerlandais et aux maisons parisiennes de couture. Parures rituelles, peintures, oiseaux naturalisés, broches, coiffes et ouvrages savants composent cet itinéraire pluridisciplinaire.

RÉSERVEZ VOTRE VISITE

PARADISIERS PAPOUS : LES OISEAUX-ARTISTES

Sur l’île, l’oiseau comme être de relation

Le parcours s’ouvre en Nouvelle-Guinée, terre d’origine des paradisiers. La famille Paradisaeidae rassemble quarante-cinq espèces aux tailles et aux comportements très contrastés, présentées en ouverture par un dispositif audiovisuel consacré à leurs parades et à leurs chorégraphies. Sur l’île et ses voisines, les récits papous attribuent au paradisier une identité ambiguë – masculine et féminine à la fois – et l’associent au casoar, espèce emblématique tenue selon les groupes pour complémentaire ou opposée.

Coiffe masculine – Culture Buang, Vallée de la Markham

Coiffe masculine, Vallée de la Markham, province de Morobe, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Culture Buang, Avant 1955 © musée du quai Branly – Jacques Chirac, photo Pauline Guyon

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Les peaux de paradisiers sont préparées selon une taxidermie locale qui retire pattes, ailes et une partie du crâne pour révéler les plumes vaporeuses, puis circulent entre communautés comme biens d’échange.

Les paradisiers, traités selon la taxidermie papoue qui retire pattes et ailes et fixe la peau sur un bâtonnet, circulent comme biens précieux entre communautés. Ces peaux entrent dans des coiffes éphémères, assemblées en amont d’un mariage, d’une cérémonie funéraire ou de la désignation d’un chef. Une coiffe masculine de la vallée de la Markham (culture Buang, avant 1955) ouvre la séquence des parures, prolongée par des peaux du même paradisier de Raggi collectées en région de Mount Hagen au début des années 1990. Le commissariat confie à l’anthropologue Steven Feld, qui travaille depuis les années 1970 dans le massif du Bosavi, une installation sonore consacrée aux relations entre humains, non-humains et présences invisibles de la forêt.

ROUTES DU PARADIS : DE MAGELLAN AUX MAISONS PARISIENNES

Des Moluques aux cours d’Orient, puis aux maisons de couture

Les routes du paradisier remontent au cinquième siècle de notre ère. Depuis l’ouest de la grande île papoue, plumes et peaux gagnent les Moluques, Java, la Chine, l’Inde et le bassin méditerranéen ; à partir du seizième siècle, elles intègrent l’iconographie du pouvoir céleste dans les grandes cours d’Orient – mogholes, safavides et ottomanes – où l’oiseau se confond avec le simurgh et l’oiseau huma de la tradition persane.

Ses panaches ornent à la fin du dix-neuvième siècle les couronnes sirpech des dynasties Shah et Rana au Népal. En 1522, la Victoria – ultime vaisseau revenu de l’expédition Magellan – rapporte à Séville les premières peaux européennes : présent du sultan de Bacan à Charles Quint. Privées de pattes et d’ailes par la taxidermie locale, elles nourrissent une iconographie d’oiseaux sans terre, voués au vol et à la lumière solaire. Le motif gagne ensuite les ateliers de Brueghel l’Ancien, Rubens, Rembrandt et Lievens : le Garçon à la cape et au turban de Jan Lievens (vers 1631, huile sur panneau, The Leiden Collection, New York), peint à Leyde lorsque le peintre travaillait dans le même atelier que Rembrandt, place un panache de paradisier sur le turban du jeune prince Rupert.

Une iconographie d’oiseaux sans terre, voués au vol et à la lumière solaire.

Cavalier tendant un fruit à un simurgh – Iran, Dynastie Qajar

Cavalier tendant un fruit à un simurgh, Iran, Dynastie Qajar (1786–1925), Vers 1865–1888, Céramique siliceuse, décor moulé peint sous glaçure © musée du quai Branly – Jacques Chirac, photo Pauline Guyon

Jan Lievens – Garçon au manteau et turban (Portrait du prince Rupert)

Jan Lievens (1607–1674), Garçon au manteau et turban (portrait du prince Rupert, comte palatin), Vers 1630, Huile sur toile © The Leiden Collection, New York

Focus sur l’œuvre : Cavalier tendant un fruit à un simurgh

Ce carreau de revêtement témoigne de la persistance, à l’époque qajare, d’un répertoire figuratif associant oiseaux fabuleux et symbolique du pouvoir. Inspirées des traditions persanes, les figures ailées telles que le simurgh ou le huma renvoient à des créatures célestes médiatrices entre le monde terrestre et l’invisible – le simurgh, bienveillant et doué d’une sagesse millénaire, est attesté dans toutes les périodes de l’art iranien comme symbole de souveraineté et de lien au divin. Sur la pièce, un cavalier enturbanné monté sur un cheval blanc tend un fruit à l’oiseau fabuleux à longue queue, dans un décor de palais et de végétation stylisée sur fond bleu cobalt. Ces figures résonnent avec l’imaginaire du paradisier, perçu comme un être fabuleux toujours en vol : intégré à l’architecture, l’ornement opère comme un lien symbolique entre les sphères, inscrivant le pouvoir humain dans un ordre cosmique et céleste.

Au dix-neuvième siècle, le naturaliste britannique Alfred Russel Wallace mène ses explorations grâce aux savoirs des chasseurs, des guides et des collecteurs locaux. Son jeune assistant Ali, originaire du Sarawak, rapporte sur l’île de Bacan, le 24 octobre 1858, une nouvelle espèce que George Gray nommera l’année suivante Semioptera wallacii, du nom du seul naturaliste britannique. À Paris, vers 1910, le secteur plumassier rassemble trois cent cinquante artisans, trente-quatre fournisseurs et soixante-cinq négociants ; selon les évaluations de la profession, il ferait vivre près de cinquante mille personnes, majoritairement des femmes. Le portrait officiel de María Cristina de Borbón y Dos Sicilias, reine d’Espagne peint par Vicente López Portaña en 1830 (Museo del Prado) place la taxidermie d’un grand-émeraude au sommet de la coiffure royale, et la broche signée Van Cleef & Arpels en 1942 prolonge la fascination en or, saphirs et rubis. Cette saturation suscite à partir de 1889 la fondation de premières ligues de protection animale, à Manchester puis à Boston, Londres, Berlin et Paris.

50 000

Personnes vivant du secteur plumassier parisien vers 1910, majoritairement des femmes.

KUMUL WAY : L’OISEAU-EMBLÈME

Drapeau, peinture, écologie : la voix papoue contemporaine

Le 16 septembre 1975 naît l’État indépendant de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Quatre ans plus tôt, Susan Karike, alors âgée de quinze ans, remportait le concours du nouveau drapeau : sur fond rouge, la silhouette jaune d’un paradisier de Raggi en vol. En 1976, l’artiste japonais Yamada Masami peint pour la compagnie aérienne Air Niugini une affiche reprise en couverture du premier numéro du magazine de bord Paradise.

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Le tok pisin appelle l’oiseau kumul, langue véhiculaire qui relie les près de huit cents communautés linguistiques de la grande île. La séquence finale présente PNG Pisin Paradise de Simon Gende (2010, acrylique sur toile, collection particulière), peintre du groupe Kuman de la province de Simbu, qui poursuit le sillage de Mathias Kauage. Le parcours rappelle que la chasse traditionnelle demeure autorisée à des fins culturelles et de subsistance, et que la préservation de l’habitat forestier dépend des communautés locales, aujourd’hui confrontées à la déforestation, aux activités minières et au changement climatique.

Simon Gende – PNG Pisin Paradise

PNG Pisin Paradise, Simon Gende (né en 1969), Groupe Kuman, Province Simbu, Papouasie-Nouvelle-Guinée, 2010, Acrylique sur toile, Collection particulière, Paris

POURQUOI VOIR "PLUMES DU PARADIS. VOYAGES D’UN OISEAU EXTRAORDINAIRE DE NOUVELLE-GUINÉE" AU MUSÉE DU QUAI BRANLY – JACQUES CHIRAC ?

Suivre les métamorphoses d’un même paradisier au fil de cinq siècles, et voir un seul motif changer cinq fois de statut selon les sociétés qui le mobilisent : être de relation chez les Papous, insigne céleste dans les cours d’Orient, énigme scientifique chez les naturalistes, parure de mode industrielle, puis emblème d’une nation indépendante.

Vicente López Portaña – María Cristina de Borbón y Dos Sicilias, reine d’Espagne

María Cristina de Borbón y Dos Sicilias, reine d’Espagne, Vicente López Portaña, 1830 © Museo Nacional del Prado, Dist. GrandPalaisRmn / image du Prado

Point de vue critique

Le commissariat associe Magali Mélandri, responsable de l’unité patrimoniale Océanie-Insulinde du musée, et l’historienne de l’art Stéphanie Xatart. La scénographie est conçue par Studio Vaste (Olivia Berthon et Orianne Filippozzi).

Près de cent quatre-vingt-dix œuvres croisent ornithologie, ethnologie, histoire des arts, mode et écologie. Au musée du quai Branly – Jacques Chirac, le Plateau des Collections offre par ailleurs un contexte de visite directement consultable, avec les œuvres océaniennes du fonds permanent.

Camille, Rédactrice culture

L’avis de Camille

Rédactrice culture

Ce parcours gagne quand il regarde la plume non comme trophée mais comme technologie du vivant : ultra-noir, biofluorescence, barbules en boomerang du paradisier de Lawes déplacent la hiérarchie entre artiste et modèle. Face aux peaux montées sur baguette, aux dizaines de milliers de peaux expédiées chaque année vers la mode parisienne, aux panaches de pouvoir, la beauté cesse d'être innocente. Pari réussi, surtout quand l'oiseau redevient l'inventeur que cinq siècles d'appropriations avaient presque dissimulé.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Quand a lieu « Plumes du paradis » au Musée du quai Branly – Jacques Chirac ?

L’exposition « Plumes du paradis. Voyages d’un oiseau extraordinaire de Nouvelle-Guinée » se tient en galerie Germain Viatte du 12 mai au 8 novembre 2026. Le musée est ouvert du mardi au dimanche, de 10h30 à 19h, avec nocturne le jeudi jusqu’à 22h. Fermeture hebdomadaire le lundi en dehors des vacances scolaires.

Où réserver ses billets pour « Plumes du paradis » au Musée du quai Branly – Jacques Chirac ?

Les billets sont disponibles en ligne sur Tiqets à 14 €, sans frais additionnels. Le billet donne accès aux collections permanentes du musée ainsi qu’aux expositions temporaires du moment, dont « Plumes du paradis ». L’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans, les résidents de l’Union européenne de moins de 26 ans, les visiteurs en situation de handicap et un accompagnateur, ainsi que le premier dimanche de chaque mois.

Combien de temps dure la visite de « Plumes du paradis » au Musée du quai Branly – Jacques Chirac ?

Comptez 1h à 1h30 pour parcourir l’exposition « Plumes du paradis » en galerie Germain Viatte, où près de cent quatre-vingt-dix œuvres déploient cinq siècles de circulation du paradisier entre Nouvelle-Guinée, Asie et Europe. Le billet donne également accès au Plateau des Collections et à ses œuvres océaniennes, pour lesquelles il faut prévoir 1h30 supplémentaire.

Comment se rendre au Musée du quai Branly – Jacques Chirac pour « Plumes du paradis » ?

Le musée du quai Branly – Jacques Chirac se situe au 37 quai Jacques Chirac, dans le 7e arrondissement de Paris, au pied de la tour Eiffel. Métro : ligne 9, station Alma-Marceau. RER C : station Pont de l’Alma. Bus : ligne 42 (arrêts Tour Eiffel ou Bosquet-Rapp), lignes 80 et 92 (arrêt Bosquet-Rapp), ligne 72 (arrêt Alma Marceau). Un parking est disponible au 25 quai Branly.

Le Musée du quai Branly – Jacques Chirac est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Plumes du paradis » ?

Le musée du quai Branly – Jacques Chirac est entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite. L’accès conseillé pour les PMR est situé au 222 rue de l’Université. L’entrée à l’exposition « Plumes du paradis » est gratuite pour les visiteurs en situation de handicap et un accompagnateur, sur présentation d’un justificatif. Plusieurs places GIG/GIC sont disponibles au parking du musée. Cannes-sièges, fauteuils roulants, déambulateurs et loupes sont gracieusement mis à disposition au vestiaire.

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu
Musée du quai Branly – Jacques Chirac 37 quai Jacques Chirac, 75007 Paris
Horaires
  • Mardi, mercredi, vendredi, samedi, dimanche : 10h30 - 19h
  • Jeudi : 10h30 - 22h (nocturne)
  • Fermé le lundi (sauf vacances scolaires)
Tarifs
Tiqets
Adulte : 14 €
Moins de 26 ans (résidents UE) : Gratuit
Moins de 18 ans : Gratuit
Informations
Le billet donne accès aux collections permanentes et à l’ensemble des expositions temporaires du moment
Accès au Plateau des Collections et à ses œuvres océaniennes inclus
Gratuit le premier dimanche de chaque mois
Conditions
Bagages et objets encombrants interdits (valises, bagages cabines, sacs à dos volumineux)
Seuls les sacs à dos format A3 portés à l’avant et les sacs à main sont autorisés
Contrôles de sécurité aux entrées : prévoir un délai
Accès
🚇 Métro
Ligne 9 – station « Alma-Marceau »
🚆 RER
Ligne C – station « Pont de l’Alma »
🚌 Bus
Ligne 42 – arrêts « Tour Eiffel » ou « Bosquet-Rapp »
Lignes 80 et 92 – arrêt « Bosquet-Rapp »
Ligne 72 – arrêt « Alma Marceau »
🅿️ Parking
25 quai Branly (emplacements PMR réservés disponibles)

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