Byblos à l’Institut du Monde Arabe
L'EXPOSITION
Du 24 mars au 23 août 2026, l'Institut du monde arabe présente « Byblos, cité millénaire du Liban ». Cette exposition archéologique d'envergure réunit près de quatre cents pièces issues de neuf millénaires d'histoire, depuis les premières communautés de pêcheurs du Néolithique jusqu'aux vestiges de l'époque romaine.
Implantée sur un promontoire surplombant la Méditerranée, Byblos compte parmi les plus anciennes villes habitées sans interruption au monde. Le parcours, déployé sur deux étages, dévoile le destin d'un port pionnier qui a relié la côte libanaise à l'Égypte, à la Mésopotamie et au monde égéen – et joué un rôle décisif dans la diffusion de l'alphabet phénicien.Liban, les secrets du royaume de Byblos | Documentaire © ARTE
DE LA PÊCHE AU COMMERCE INTERNATIONAL
Neuf mille ans d'occupation continue sur les rives de la MéditerranéeIl y a neuf mille ans, des communautés de pêcheurs s'établissent sur le promontoire de Byblos. L'occupation se poursuit sans interruption jusqu'à nos jours, faisant de cette cité l'un des témoins les plus anciens de l'urbanisation au Proche-Orient. Dès le début du IIIe millénaire avant notre ère, Byblos se structure en cité-État et s'impose comme l'un des premiers exemples marquants de ce modèle dans le monde méditerranéen.
Haches fenestrées à décor animalier, Byblos, temple aux Obélisques, âge du Bronze moyen, or © IMA / Philippe Maillard
À partir de 3200 avant notre ère, la ville s'impose comme l'un des ports principaux de la Méditerranée. Sa position au pied des grandes forêts de cèdre du Liban explique cette réussite. Le bois de cèdre, recherché pour la construction navale et les senteurs qu'il exhale, ainsi que sa résine, utilisée pour la momification, nourrit des échanges soutenus avec les pharaons.
pièces d'exception réunies dans le parcours
Les aménagements du port antique, révélés par les fouilles les plus récentes, donnent à voir la transformation d'un village côtier en carrefour commercial. « Byblos, cité millénaire du Liban » à l'Institut du monde arabe dévoile ces fondations maritimes à travers des objets témoignant aussi bien des activités quotidiennes que des grands échanges diplomatiques.
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TRÉSORS DES ROIS ET DES TEMPLES
Offrandes votives et cadeaux des pharaons au cœur de la nécropole royaleLes trésors découverts dans la nécropole royale et les temples du début du IIe millénaire avant notre ère constituent l'un des temps forts de l'exposition. Vaisselle d'or et d'argent, parures incrustées de pierres semi-précieuses, miroirs et armes d'apparat accompagnaient les rois Abi-Shemou et Yapi-Shemou-Abi dans leur dernière demeure.
ex-voto retrouvés dans le temple aux Obélisques
Beaucoup de ces pièces témoignent d'une forte influence égyptienne. Certaines proviennent directement d'Égypte, cadeaux des pharaons Amenemhat III et Amenemhat IV. Les dépôts votifs du temple aux Obélisques enrichissent encore le parcours : figurines de faïence, haches fenestrées en or et en argent à décor animalier, poignards d'apparat et bijoux y figurent en bonne place.
Coffret en obsidienne sertie d'or au nom du pharaon Amenemhat IV (1797–1790 avant notre ère). Byblos, nécropole royale (tombe II). Beyrouth, Direction générale des Antiquités © Philippe Maillard
Focus sur l'œuvre
Ce coffret en obsidienne sertie d'or porte le cartouche du pharaon Amenemhat IV, dernier souverain masculin de la XIIe dynastie égyptienne. Découvert dans la tombe II de la nécropole royale de Byblos, il fait partie d'un ensemble de cadeaux diplomatiques offerts par les pharaons aux rois giblites. L'obsidienne, roche volcanique d'un noir profond, était une matière précieuse dans l'Antiquité orientale, réservée aux objets de prestige. La monture d'or qui enserre le coffret souligne le caractère royal de l'objet et la relation privilégiée entre les deux puissances au début du IIe millénaire avant notre ère.
UNE NÉCROPOLE INTACTE ET L'HÉRITAGE VIVANT
Des fouilles franco-libanaises révèlent une cité encore méconnueDepuis 2019, des fouilles menées en coopération entre la Direction générale des Antiquités du Liban et le département des Antiquités orientales du musée du Louvre ont mis au jour une nécropole de la classe supérieure et des élites de l'âge du Bronze moyen, vers 1800 avant notre ère. Restée intégralement intacte – fait rarissime dans la région –, elle a déjà bouleversé la compréhension de l'organisation sociale et économique de cette cité maritime.
La porte Sud de la ville et les dernières trouvailles du port antique figurent également parmi les nouveautés présentées pour la première fois au public. Le parcours se poursuit à travers les périodes phénicienne, hellénistique et romaine – la mosaïque de l'enlèvement d'Europe témoigne de cette dernière époque. Il s'achève par le témoignage des habitants de la ville historique médiévale, ce « cœur battant » qui pulse encore aujourd'hui au centre de Byblos.
Byblos est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1984. L'étymologie même du mot « Bible » dérive de son nom grec, Byblos étant le port d'où le papyrus égyptien était redistribué vers la Grèce.
Figurines divines. Byblos, temple aux Obélisques, âge du Bronze, bronze et feuille d'or. Beyrouth, Direction générale des Antiquités © Philippe Maillard
BYBLOS, CREUSET DE L'ALPHABET
De l'écriture pseudo-hiéroglyphique à l'alphabet phénicien ancêtre du nôtreByblos est directement associée à l'une des inventions les plus décisives de l'humanité : l'alphabet phénicien. C'est sur ce site qu'a été découverte l'inscription du sarcophage d'Ahiram, considérée comme le plus ancien texte phénicien connu. L'exposition met en lumière ce chapitre essentiel grâce à des pièces épigraphiques exceptionnelles.
Le sarcophage d'Ahiram, découvert à Byblos, porte la plus ancienne inscription phénicienne connue.
Carrefour entre l'Égypte et la Méditerranée orientale, la cité a vu naître des systèmes d'écriture originaux bien avant la standardisation de l'alphabet consonantique. Plusieurs tablettes et plaques gravées témoignent de cette effervescence intellectuelle unique au Levant, à mi-chemin entre tradition hiéroglyphique et innovation syllabique.
Plaque avec inscription gravée en écriture pseudo-hiéroglyphique. Byblos, IIe millénaire avant notre ère, alliage de cuivre. Beyrouth, Direction générale des Antiquités © Philippe Maillard
Focus sur l'œuvre
Cette plaque en alliage de cuivre porte une inscription en écriture dite « pseudo-hiéroglyphique », un système d'écriture propre à Byblos encore partiellement déchiffré. Utilisé au IIe millénaire avant notre ère, ce syllabaire constitue un jalon essentiel dans l'histoire de l'écriture au Levant, entre les hiéroglyphes égyptiens et l'alphabet phénicien. Byblos a joué un rôle majeur dans la diffusion de cet alphabet, ancêtre de la quasi-totalité des systèmes d'écriture alphabétiques actuels.
POURQUOI ALLER VOIR L'EXPO "BYBLOS, CITÉ MILLÉNAIRE DU LIBAN" ?
« Byblos, cité millénaire du Liban » à l'Institut du monde arabe retrace l'épopée du premier port maritime international à travers un corpus archéologique exceptionnel et des découvertes inédites issues de fouilles toujours en cours. Du Néolithique à la période romaine, le visiteur traverse les âges au fil d'une scénographie immersive qui donne corps à la relation unique entre Byblos et les grands empires antiques.
Ensemble de figurines en « faïence » : hippopotames, singes, bélier, chat et personnages. Byblos, temple aux Obélisques, âge du Bronze moyen. Beyrouth, Direction générale des Antiquités © Philippe Maillard
Point de vue critique
Cet ensemble de figurines zoomorphes en faïence – hippopotames, singes, bélier, chat – et de petits personnages provient des dépôts votifs du temple aux Obélisques. Ces objets en fritte siliceuse glaçurée témoignent de l'influence égyptienne à Byblos : l'hippopotame et le singe sont des motifs caractéristiques de la production de faïence du Moyen Empire. Le charme de ces petites pièces contraste avec la monumentalité des autres trésors, offrant un aperçu des croyances populaires des habitants de Byblos.
Dans un contexte où la préservation du patrimoine libanais revêt une actualité particulière, cette exposition éclaire la profondeur des héritages culturels de la région. Des outils de pêche néolithiques aux figurines en bronze du temple aux Obélisques, chaque objet ancre le visiteur dans une époque précise. Réservez votre billet à l'Institut du monde arabe pour explorer cette cité qui a façonné les échanges antiques et qui reste vivante aujourd'hui.
✨L'avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Byblos, cité millénaire du Liban » à l'Institut du monde arabe ?
L'exposition se tient du 24 mars au 23 août 2026. L'Institut du monde arabe est ouvert du mardi au vendredi de 10h - 18h et les week-ends et jours fériés de 10h - 19h. Fermeture hebdomadaire le lundi et le 1er mai.
Où réserver ses billets pour « Byblos, cité millénaire du Liban » à l'Institut du monde arabe ?
Les billets sont disponibles en ligne sur Fnac au tarif de 17 € (plein tarif adulte). Des tarifs réduits sont proposés pour les jeunes, les enseignants et les demandeurs d'emploi. L'entrée est gratuite pour les enfants de moins de 12 ans.
Combien de temps dure la visite de « Byblos, cité millénaire du Liban » à l'Institut du monde arabe ?
Comptez environ 1h30 à 2h pour parcourir l'ensemble de l'exposition, qui couvre neuf millénaires d'histoire sur un parcours riche en objets archéologiques et en découvertes récentes. La fermeture des caisses intervient 45 minutes avant la fermeture du lieu.
Comment se rendre à l'Institut du monde arabe pour « Byblos, cité millénaire du Liban » ?
L'Institut du monde arabe se situe au 1 rue des Fossés Saint-Bernard, 75005 Paris. En métro, prenez la ligne 7 (station Jussieu, 7 min à pied) ou la ligne 10 (station Cardinal Lemoine, 6 min à pied). En bus, les lignes 63, 67, 86, 87 et 89 desservent plusieurs arrêts à moins de 100 mètres. Trois stations Vélib' se trouvent à proximité immédiate. Un parking est accessible 24h/24 au 1 rue des Fossés Saint-Bernard.
L'Institut du monde arabe est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Byblos, cité millénaire du Liban » ?
Oui. Deux fauteuils roulants sont mis à disposition à l'accueil et les chiens guides d'aveugles sont acceptés. Des places de parking PMR gratuites sont situées sur le parvis de l'IMA. L'entrée est gratuite pour les titulaires de la Carte Mobilité et Inclusion et leur accompagnateur. Attention : aucune station de métro à proximité n'est accessible aux usagers en fauteuil roulant.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Mardi - vendredi : 10h - 18h
- Week-ends et jours fériés : 10h - 19h
- Fermeture hebdomadaire le lundi
- Fermé le 1er mai
- Fermeture des caisses 45 min avant

