Robert Capa au Musée de la Libération de Paris
Robert Capa : Photographe de guerre
L'exilé qui a réinventé la photographie de guerre

Musée de la Libération de Paris
L'EXPOSITION
Du 18 février au 20 décembre 2026, le Musée de la Libération de Paris – Leclerc – Moulin présente « Robert Capa : Photographe de guerre ». Réalisée avec la collaboration exceptionnelle de Magnum Photos, cette exposition réunit cent soixante pièces – tirages de presse d'époque, magazines, documents et objets personnels – retraçant le parcours d'Endre Friedmann, jeune exilé hongrois devenu l'une des figures majeures du photojournalisme.
Au-delà du mythe, le parcours déconstruit la légende pour révéler un professionnel méthodique, attentif aux contraintes éditoriales, dont les images ont forgé notre regard collectif sur les conflits du XXe siècle. Un événement labellisé Bicentenaire de la Photographie par le ministère de la Culture.Robert Capa : Le photographe qui inventa sa légende © SLICE Qui ?
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D'ENDRE FRIEDMANN À ROBERT CAPA : NAISSANCE D'UN PHOTOGRAPHE
L'invention d'un pseudonyme, la forge d'un regardLe parcours s'ouvre sur les années de jeunesse et d'exil. Né Endre Ernő Friedmann à Budapest en 1913, le futur Robert Capa quitte la Hongrie pour Berlin, où il publie sa première photographie dans la presse allemande en 1932. L'arrivée au pouvoir d'Hitler le contraint à gagner Paris l'année suivante.
Dans la capitale française, il côtoie Henri Cartier-Bresson et forge avec sa compagne Gerda Taro une stratégie commerciale audacieuse : adopter un pseudonyme à consonance américaine pour mieux vendre leurs clichés aux magazines. L'exposition illustre cette métamorphose par des objets concrets. Carnets de photographies, boîtes de négatifs et machine à écrire proviennent de l'atelier que Capa occupait rue Froidevaux, dans le 14e arrondissement.
Robert Capa (1913–1954), Les troupes américaines prennent d'assaut la plage d'Omaha Beach, Normandie, France, 6 juin 1944, 1944, tirage de presse d'époque, épreuve gélatino-argentique © Robert Capa / International Center of Photography / Magnum Photos
Les tirages présentés aux côtés des publications d'époque montrent comment Capa construisait des images lisibles, pensées pour la diffusion dans la presse illustrée. Le rapport entre l'épreuve originale et sa reproduction imprimée éclaire la manière dont un cliché de terrain devenait une icône médiatique. Le visiteur suit la transformation d'un étudiant juif chassé par la montée des fascismes en reporter de terrain, prêt à couvrir les conflits qui embrasent l'Europe.
L'atelier de Capa se trouvait à quelques centaines de mètres du musée. La proximité entre le lieu de vie du photographe et l'espace qui lui rend hommage donne au parcours une résonance intime rare dans une rétrospective de cette envergure.
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SUR TOUS LES FRONTS, DE L'ESPAGNE À L'INDOCHINE
Cinq guerres documentées l'appareil photo à la mainEn juillet 1936, Capa rejoint le front espagnol aux côtés de Gerda Taro. Son image d'un soldat républicain fauché en pleine course – connue sous le titre Mort d'un soldat républicain – devient l'un des clichés les plus reproduits du siècle et le symbole d'une République vaincue. La mort de Taro en Espagne, en 1937, met fin à une période d'insouciance.
pièces réunies dans le parcours – des épreuves gélatino-argentiques aux carnets personnels du photographe
Le parcours se poursuit avec la Seconde Guerre mondiale. Le 6 juin 1944, Capa débarque sur la plage d'Omaha Beach parmi les premières vagues de soldats américains. Ses images du Débarquement, floues et chargées d'urgence, comptent parmi les témoignages visuels les plus saisissants du conflit.
Robert Capa (1913–1954), Membres de la résistance accroupis derrière un camion pendant la Libération, Paris, France, 25 août 1944, 1944 © Robert Capa / International Center of Photography / Magnum Photos
Focus sur l'œuvre
La photographie montre des résistants accroupis derrière un véhicule, guettant les derniers tireurs lors de la Libération de Paris le 25 août 1944. Capa, qui avait réussi à se faufiler derrière la 2e division blindée du général Leclerc malgré l'interdiction faite aux correspondants étrangers, capture la tension de ces combats de rue. L'image révèle la proximité caractéristique du « style Capa » : une immersion physique au cœur de l'action qui confère aux clichés leur intensité singulière. L'équipe du musée a par ailleurs découvert que Capa apparaissait dans des films d'archives de ces journées, permettant de reconstituer ses déplacements dans Paris les 25 et 26 août 1944 – un dispositif filmé inédit présenté dans le parcours.
CENT SOIXANTE PIÈCES POUR UNE RELECTURE CONTEXTUALISÉE
Tirages de presse, magazines et objets intimes : la fabrique de l'imageCommissariée par Sylvie Zaidman, conservatrice générale du patrimoine et directrice du musée, et par le journaliste Michel Lefebvre, l'exposition déploie plus de soixante tirages de presse d'époque. Ces épreuves, produites pour les rédactions, conservent les traces de leur circulation professionnelle : annotations des maquettistes, recadrages, marques de publication.
L'agence cofondée par Capa en 1947 avec Cartier-Bresson, David Seymour et George Rodger a ouvert ses archives pour l'occasion. Un catalogue de cent quatre-vingt-douze pages, édité par Paris Musées, prolonge la visite avec les contributions de Clara Bouveresse, Christian Joschke et Jérôme Sessini.
En 2024, selon Reporters sans frontières, cinquante-quatre journalistes ont perdu la vie en mission. Le regard que Capa portait sur la guerre résonne avec la situation des reporters de terrain aujourd'hui.
Robert Capa (1913–1954), Des troupes loyalistes lors d'une offensive sur le Rio Segre, front d'Aragon près du Fraga, Espagne, 7 novembre 1938, 1938, tirage de presse d'époque, épreuve gélatino-argentique © Robert Capa / International Center of Photography / Magnum Photos
LA DIMENSION HUMAINE DES CONFLITS
Civils et soldats : les rencontres au-delà des lignes de frontAu-delà des scènes de combat, Capa s'attachait à documenter les interactions entre civils et militaires. Sa couverture de la campagne d'Italie, de l'Afrique du Nord à la Sicile puis vers Anzio, révèle cette attention portée aux populations prises dans la guerre. L'homme derrière l'objectif ne se contentait pas de figer l'instant du feu : il captait aussi les gestes de solidarité, les échanges improvisés, la vie qui persiste malgré tout.
Cette facette essentielle de son approche transparaît dans les tirages consacrés à la campagne de Sicile, en août 1943. Capa accompagne alors la progression des troupes alliées vers le nord de l'île, documentant autant les combats que les dialogues entre soldats et habitants. Le cadrage, qui place le geste humain au centre de la composition, témoigne d'un photographe soucieux de montrer la guerre dans toute sa complexité.
Robert Capa (1913–1954), Un paysan sicilien indique à un officier américain la direction prise par les Allemands, près de Troina en Sicile, Italie, août 1943, 1943, tirage de presse d'époque, épreuve gélatino-argentique © Robert Capa / International Center of Photography / Magnum Photos
Focus sur l'œuvre
L'image montre la rencontre entre un paysan sicilien et un officier américain lors de la campagne d'Italie, près de Troina, en août 1943. Le paysan indique la direction prise par les soldats allemands, dans un geste qui résume à lui seul l'imbrication des civils dans le conflit. Capa place ce dialogue au centre de la composition, privilégiant l'échange humain sur le spectacle de la destruction. Cette photographie illustre une constante de son œuvre : au-delà des lignes de front, révéler la guerre telle qu'elle est vécue par ceux qui la subissent.
POURQUOI ALLER VOIR L'EXPO "ROBERT CAPA : PHOTOGRAPHE DE GUERRE" ?
L'exposition offre bien davantage qu'un accrochage de photographies célèbres. Elle replace chaque image dans son contexte de production et de diffusion, retrace les engagements d'un homme qui a traversé cinq guerres l'appareil à la main et interroge le prix du témoignage en zone de combat. Le lieu renforce le propos : situé place Denfert-Rochereau, au-dessus de l'ancien poste de commandement du colonel Rol-Tanguy, le musée ancre le parcours dans la mémoire de la Libération.
Robert Capa (1913–1954), Sur la route de Nam Định à Thái Bình, Indochine (Vietnam), 25 mai 1954, 1954, tirage de presse d'époque, épreuve gélatino-argentique © Robert Capa / International Center of Photography / Magnum Photos
Point de vue critique
Le Musée de la Libération ne se contente pas de montrer des icônes. La scénographie fait dialoguer épreuves gélatino-argentiques et magazines d'époque, rendant palpable le chemin d'une image depuis l'appareil jusqu'au kiosque. On ressent physiquement l'urgence du terrain dans le grain des tirages, et la rigueur du commissariat dans la justesse des cartels. Une exposition essentielle pour comprendre comment naît une image de guerre – et pourquoi elle nous hante encore.
Au fil des salles, tirages et objets intimes composent un portrait nuancé, loin de la seule légende. L'ancrage du parcours dans un lieu chargé d'histoire – l'ancien poste de commandement de la Libération – renforce l'émotion. Réservez votre billet pour découvrir, jusqu'au 20 décembre 2026, une exposition qui renouvelle notre regard sur le photojournalisme de guerre.
✨L'avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Robert Capa : Photographe de guerre » au Musée de la Libération de Paris ?
L'exposition se tient du 18 février au 20 décembre 2026. Le musée est ouvert du mardi au dimanche, de 10h - 18h (dernier accès à 17h30). Fermé le lundi.
Où réserver ses billets pour « Robert Capa : Photographe de guerre » au Musée de la Libération de Paris ?
La réservation en ligne est fortement conseillée. Les billets sont disponibles sur Tiqets à partir de 11 € (tarif plein), sans frais additionnels. Tarif réduit : 9 €.
Combien de temps dure la visite de « Robert Capa : Photographe de guerre » au Musée de la Libération de Paris ?
Comptez environ 1h30 pour parcourir les cent soixante pièces de l'exposition, incluant les tirages de presse d'époque et le film retraçant les déplacements de Capa dans Paris en août 1944.
Comment se rendre au Musée de la Libération de Paris pour « Robert Capa : Photographe de guerre » ?
Le musée se situe place Denfert-Rochereau, au 4 avenue du Colonel Henri Rol-Tanguy, 75014 Paris. Métro : Denfert-Rochereau (lignes 4 et 6). RER : Denfert-Rochereau (ligne B). Bus : lignes 38, 68, 88, 216.
Le Musée de la Libération de Paris est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Robert Capa : Photographe de guerre » ?
Les collections permanentes, l'espace d'expositions temporaires et la salle de conférence sont accessibles aux personnes à mobilité réduite. Des boucles magnétiques sont installées pour les visiteurs malentendants. Seul le Poste de commandement souterrain n'est pas accessible.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Du mardi au dimanche : 10h - 18h
- Dernier accès à 17h30
- Fermeture des salles à 17h45
- Fermé le lundi
