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Henry Taylor au Musée Picasso

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Présentation
Art contemporain

Henry Taylor

Where thoughts provoke

Exposition Henry Taylor. Where thoughts provoke - Musée Picasso

Musée Picasso

L'EXPOSITION

« Henry Taylor. Where thoughts provoke » au Musée Picasso déploie la première rétrospective française du peintre américain né en Californie en 1958. Du 8 avril au 6 septembre 2026, une centaine d'œuvres – peintures, sculptures et installations – investissent deux étages et treize salles de l'hôtel Salé.

Des portraits d'anonymes croisés dans la rue aux relectures frontales des Demoiselles d'Avignon, le parcours couvre quarante ans d'une figuration expressive nourrie par le quotidien. L'exposition s'inscrit dans le cycle consacré à la réception américaine de Picasso, après Faith Ringgold, Jackson Pollock et Philip Guston.

Exposition « Henry Taylor. Where thoughts provoke » | Teaser © Musée Picasso

RÉSERVEZ VOTRE VISITE

PREMIERS GESTES ET POÉTIQUE DU QUOTIDIEN

Des murs de Camarillo aux couleurs expressives d'Oxnard

Conçue avec l'artiste, l'exposition est placée sous le commissariat de Joanne Snrech, conservatrice du patrimoine au Musée national Picasso-Paris. Né à Ventura en 1958, cadet d'une fratrie de huit, Henry Taylor grandit à Oxnard dans une famille venue de l'est du Texas pendant la Grande Migration. Son père, peintre en bâtiment sur une base aéronavale, figure comme painter sur l'acte de naissance – un héritage que l'artiste a pris au mot.

Pendant dix ans, Taylor travaille comme technicien psychiatrique à l'hôpital d'État de Camarillo, où il dessine les patients. Il obtient son BFA au California Institute of the Arts en 1995. Dès cette période, il privilégie couleurs vives, touche rapide et contours nets qui captent la présence d'un modèle plutôt qu'une ressemblance photographique.

Henry Taylor – Screaming Head

Henry Taylor, Screaming Head, 1990, Huile sur toile, Photo : Jeff McLane © Henry Taylor, Courtesy the artist and Hauser & Wirth

« Sa tête est devenue sa bouche »

Screaming Head (1990) résume ce langage naissant : une figure solitaire dont le visage, volontairement déformé, se réduit à une bouche ouverte dans un cri. Aplats de bleu et de jaune vifs, simplification formelle, émotion brute – cette toile fondatrice pose les bases du vocabulaire pictural que Taylor développera pendant quatre décennies.

Très tôt, Taylor s'empare d'objets familiers – boîtes de céréales, paquets de cigarettes, valises – qu'il repeint pour en faire des archives visuelles. Dans Cora, (cornbread) (2008), les lettres du prénom de sa mère sont cerclées dans le mot cornbread : un hommage intime sans figure humaine, révélateur d'un art ancré dans le quotidien.

PORTRAITS SANS HIÉRARCHIE, RÉCITS DES MARGES

Anonymes, icônes et scènes du quotidien américain

Taylor peint ses proches, des inconnus croisés dans la rue et des figures publiques sans distinction de statut. Ses compositions, souvent dépouillées, ramènent tout à la silhouette, aux vêtements, aux postures. Le fond reste minimal. Les attitudes deviennent de purs motifs plastiques.

40

années de carrière couvertes par le parcours

L'artiste forge aussi son propre panthéon de mémoire alternative. A Jack Move – Proved It représente Jackie Robinson, premier joueur noir depuis les années 1880 à intégrer la Ligue majeure de baseball en 1947. Un immense tableau vertical montre Martin Luther King jouant au ballon avec des enfants dans un paysage lumineux et frais – loin des tribunes et des marches, un pur moment de jeu qui acquiert une dimension épique.

Henry Taylor – The 4th

Henry Taylor, The 4th, 2012, Acrylique sur toile, Collection particulière de Jonathan Sobel et Marcia Dunn, Photo : Cooper Dodds © Henry Taylor, Courtesy the artist and Hauser & Wirth

Focus sur l'œuvre

La toile représente une femme s'affairant devant un barbecue du 4 juillet, jour de la fête nationale américaine. Elle porte une casquette blanche et tient une fourchette à barbecue. Sous une apparente normalité domestique, l'absence de tout symbole patriotique et la présence, à l'arrière-plan, de murs évoquant une structure carcérale instaurent une dissonance entre célébration et réalité sociale. L'œuvre transcende les circonstances particulières de l'événement pour atteindre une portée métaphorique : l'échelle, la posture et la gravité de la figure la relient à des icônes intemporelles de puissance. Ce décalage suggère que la promesse de la Déclaration d'indépendance ne résonne pas de la même manière pour tous. L'œuvre figurait au Whitney Biennial 2017 et à la rétrospective MOCA/Whitney « B Side ».

FACE À PICASSO, LA PEINTURE AVANT TOUT

Relecture critique des maîtres modernes occidentaux

Les relectures de la peinture moderne occupent plusieurs salles du rez-de-chaussée. Dans From Congo to the Capital, and black again (2007), Taylor substitue aux figures anguleuses des Demoiselles d'Avignon des corps de femmes noires, incarnés et singularisés. Il joue ainsi avec les ambiguïtés de la référence africaine dans l'une des œuvres clés du modernisme occidental.

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Taylor invoque à ce propos une conversation avec David Hammons sur la nécessité de reprendre ce que l'art européen avait emprunté aux cultures africaines et de l'intégrer dans un autre monde. D'autres toiles fonctionnent comme des improvisations où mémoire et imaginaire entrent en résonance. Trail (2005) juxtapose le matricule de prisonnier A63837, un policier et un portrait de Bob Dylan – qui consacra une chanson à George Jackson en 1971.

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Taylor confie écouter souvent de la musique en peignant, laissant parfois ses rythmes infuser la composition dans une logique proche du jazz.

Henry Taylor – From Congo to the Capital, and black again

Henry Taylor, From Congo to the Capital, and black again, 2007, Acrylique et techniques mixtes sur bois, Coll. Part. Artsy Craft, LLC © Henry Taylor, Courtesy the artist and Hauser & Wirth

Peinte sur un panneau de caisse de transport en bois lors de la première exposition européenne de Taylor à Paris, cette œuvre constitue une relecture frontale des Demoiselles d'Avignon. Elle a atteint 2,48 millions de dollars chez Sotheby's en mai 2023, établissant un record pour l'artiste. Elle occupe une place centrale dans le dialogue entre Taylor et Picasso qui structure l'exposition au Musée Picasso.

SCULPTURE ET INSTALLATION

La poétique de l'objet trouvé et des assemblages

Au-delà de la peinture, Taylor pratique l'assemblage en entassant objets du quotidien, bidons peints et meubles cassés en des constructions qui oscillent entre humour et gravité. Cette dimension tridimensionnelle de son travail ouvre un angle radicalement différent, révélant un artiste pour qui toute surface – carton, planche, bidon – peut devenir le support d'une archive visuelle.

L'exposition aborde aussi la culture visuelle contemporaine à travers des toiles comme Gettin It Done (2016), qui montre un homme se faisant tresser les cheveux sur un fond jaune vif en aplat. Couleurs expressives, trait vif, cadrage frontal : la composition transforme un geste banal en image monumentale. Forest fever ain't nothing like, "Jungle Fever" (2023) installe des personnages au repos dans un espace boisé qui évoque Le Déjeuner sur l'herbe de Manet.

Henry Taylor – It's like a jungle

Henry Taylor, It's like a jungle, 2011, Technique mixte, Photo : Keith Lubow © Henry Taylor, Courtesy the artist and Hauser & Wirth

Focus sur l'œuvre

L'installation entasse bidons peints en noir mat, meubles cassés, cartons, planches et tasseaux en un rythme visuel dense qui évoque une forêt. Les volumes sombres rappellent les sculptures de balustres et de caisses de Louise Nevelson, tout en rejouant, de manière ironique, la frontalité de formes totémiques traditionnellement associées aux arts africains. Le titre détourne les imaginaires occidentaux autour des arts dits « primitifs » ou « exotiques », amorçant une réflexion sur la manière dont ces formes ont été fétichisées dans le canon artistique dominant. Cette pratique d'assemblage fait écho aux Combines de Robert Rauschenberg et aux œuvres de David Hammons, pour qui les objets du quotidien deviennent des vecteurs de mémoire sociale.

POURQUOI ALLER VOIR L'EXPO "HENRY TAYLOR. WHERE THOUGHTS PROVOKE" ?

Le parcours couvre quarante ans de carrière, des premières toiles expressives des années 1990 aux relectures les plus récentes des maîtres modernes. « Henry Taylor. Where thoughts provoke » au Musée Picasso s'inscrit dans le cycle d'expositions consacrées à la réception américaine de Picasso, après Faith Ringgold (2023), Jackson Pollock (2024) et Philip Guston (2025).

Henry Taylor – Untitled (triptyque)

Henry Taylor, Untitled, 2019, Acrylique et peinture en aérosol sur toile, Collection de Aishti Foundation – Beyrouth, Liban, Photo : Andrea Rossetti © Henry Taylor, Courtesy the artist and Hauser & Wirth

Point de vue critique

Henry Taylor peint vite, et ça se voit – dans le bon sens. Au Musée Picasso, ses cent toiles, sculptures et assemblages imposent une énergie rare : celle d'un artiste qui regarde le monde sans filtre, attrape des visages, des gestes, des bouts de carton, et en fait de la grande peinture. Le dialogue avec Picasso n'est jamais révérentiel. Taylor prend, détourne, réinvente. On ressort de l'hôtel Salé avec des images plein la tête.

L'accrochage alterne toiles frontales, objets repeints et grands formats dans un va-et-vient fluide entre rez-de-chaussée et sous-sol de l'hôtel Salé. Le parcours s'achève sur le triptyque Untitled (2019), réalisé pour la Biennale de Venise, qui relie Toussaint Louverture, une référence au texte peint de Glenn Ligon et les funérailles de Carole Robertson, tuée lors de l'attentat raciste de Birmingham en 1963. Un billet au Musée Picasso permet d'accéder à cette rétrospective et aux collections permanentes.

Camille, Rédactrice culture

L'avis de Camille

Rédactrice culture

Cent œuvres, treize salles, quarante ans de carrière – et pas un moment de répit. Henry Taylor impose sa cadence dès les premières toiles : couleurs frontales, cadrage direct, présence immédiate. L'accrochage dans l'hôtel Salé révèle un peintre pour qui chaque surface – toile, carton, boîte de céréales – devient un terrain de jeu. La confrontation avec Picasso tient ses promesses, sans jamais verser dans l'hommage appuyé. Une exposition qui bouscule et qui reste.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Quand a lieu « Henry Taylor. Where thoughts provoke » au Musée Picasso ?

L'exposition se tient du 8 avril au 6 septembre 2026. Le musée est ouvert du mardi au dimanche, de 9h30 - 18h (dernier accès à 17h15). Fermé le lundi, le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre. Entrée gratuite le 1er dimanche du mois.

Où réserver ses billets pour « Henry Taylor. Where thoughts provoke » au Musée Picasso ?

Les billets sont disponibles en ligne sur Tiqets à partir de 16 € (sans frais additionnels) et sur Fnac à 17,70 € (+ 0,99 € de frais de service). Le billet donne accès à la rétrospective Henry Taylor et aux collections permanentes du musée.

Combien de temps dure la visite de « Henry Taylor. Where thoughts provoke » au Musée Picasso ?

Comptez environ 1h30 à 2h pour parcourir les treize salles de la rétrospective, réparties sur deux étages de l'hôtel Salé. Un audioguide est disponible en six langues (5 € plein tarif, 4 € tarif réduit).

Comment se rendre au Musée Picasso pour « Henry Taylor. Where thoughts provoke » ?

Le Musée Picasso se situe au 5 rue de Thorigny, 75003 Paris. Métro : Saint-Paul (ligne 1), Saint-Sébastien-Froissart ou Chemin Vert (ligne 8). Bus : lignes 29, 67, 69, 72, 75, 76, 96. Plusieurs parkings à proximité, dont Parking Marais (7 rue Barbette) et Parking Public Temple (132 rue du Temple).

Le Musée Picasso est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Henry Taylor. Where thoughts provoke » ?

Le musée est accessible aux personnes à mobilité réduite. Les visiteurs en situation de handicap peuvent bénéficier d'un accueil personnalisé sur demande à l'adresse accessibilite@museepicassoparis.fr. L'entrée est gratuite pour les visiteurs handicapés et un accompagnateur.

Un audioguide est-il disponible pour « Henry Taylor. Where thoughts provoke » au Musée Picasso ?

Un audioguide est disponible en français, anglais, allemand, espagnol, italien et chinois au tarif de 5 € (4 € tarif réduit). Une version enfant est proposée en français et en anglais.

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu
Musée Picasso 5 rue de Thorigny, 75003 Paris
Horaires
  • Du mardi au dimanche : 9h30 - 18h
  • Dernier accès à 17h15
  • Fermé le lundi, le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre
  • Gratuit le 1er dimanche du mois
Tarifs
Tiqets
Adulte (+18 ans) : 16 €
Enfant (–18 ans) : Gratuit
Fnac
Adulte : 17,70 €
Informations
Accès aux collections permanentes inclus avec le billet
Audioguide disponible en 6 langues (5 € / 4 € tarif réduit)
Vestiaire gratuit (niveau -1 du hall d'accueil)
Gratuit le 1er dimanche du mois
Gratuit sur justificatif : moins de 18 ans, résidents UE de moins de 26 ans, visiteurs en situation de handicap + accompagnateur, demandeurs d'emploi, enseignants, journalistes
Conditions
Dernier accès à 17h15, fermeture des salles à 17h40
Bagages et valises interdits (Plan Vigipirate)
Sacs à dos et parapluies à déposer au vestiaire
Gratuité sans billet : présenter une pièce d'identité valide à l'entrée
Accès
🚇 Métro
Ligne 1 – station « Saint-Paul »
Ligne 8 – station « Saint-Sébastien-Froissart »
Ligne 8 – station « Chemin Vert »
🚌 Bus
Ligne 29 – arrêt « Rue Vieille du Temple »
Ligne 75 – arrêt « Archives-Rambuteau »
Ligne 96 – arrêt « Saint-Claude »
Lignes 67, 69, 72, 76 – arrêt « Rue Vieille du Temple – Mairie du 4e »
🅿️ Parking
Parking Marais – 7 rue Barbette
Parking Public Temple – 132 rue du Temple
Parking Beaubourg Horloge – 31 rue Beaubourg
🚲 Vélib'
Station n° 3008 – 95 rue Vieille du Temple
Station n° 3002 – 26 rue Saint-Gilles

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