Les métamorphoses de Guernica au Musée Picasso
Les métamorphoses de Guernica
L’histoire d’un tableau absent en quinze minutes immersives

Musée national Picasso-Paris
L’EXPÉRIENCE
« Les métamorphoses de Guernica » est une expérience en réalité virtuelle présentée au Musée national Picasso-Paris du 8 avril au 6 septembre 2026, qui retrace en quinze minutes le destin du tableau peint par Pablo Picasso, de sa commande pour le Pavillon républicain espagnol de 1937 jusqu’à son installation au Reina Sofía de Madrid.
La toile reste absente de l’hôtel Salé : conservée à Madrid, elle est rendue présente par le casque, dans l’auditorium du musée. Le film, réalisé par Nicolas Thépot avec Catherine Sauvat et François Dareau, est porté par deux voix-témoins, celle de l’écrivain Juan Larrea, membre de la délégation républicaine espagnole, et celle de Dora Maar, artiste surréaliste et photographe.« Les métamorphoses de Guernica » | Teaser © Lucid Realities / VIVE Arts (HTC)
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DEUX VOIX, QUATRE LIEUX : LE DISPOSITIF D’UN RÉCIT IMMERSIF
Quinze minutes, quatre lieux, deux narrateursLe format tient en quinze minutes, quatre langues – français, anglais, espagnol, mandarin – et un casque, dans l’auditorium du musée, à partir de dix ans. Le récit projette quatre lieux qui condensent chacun un temps de l’histoire du tableau : le Pavillon républicain espagnol de l’Exposition internationale des arts et techniques de 1937, où l’œuvre est révélée au public ; les ruines de la ville basque de Gernika ; l’atelier parisien des Grands-Augustins, où Picasso peint la toile ; et les salles successives où elle voyagera, d’Oslo à New York avant Madrid.
Nicolas Thépot, Les métamorphoses de Guernica – Séquence : Atelier des Grands-Augustins, 2026 © Lucid Realities, Musée national Picasso-Paris, VIVE Arts 2026
Disponible en quatre langues (français, anglais, espagnol, mandarin), à partir de dix ans, dans l’auditorium du musée (niveau -1).
L’écriture est signée Nicolas Thépot avec Catherine Sauvat et François Dareau, la direction artistique partagée entre Nicolas Thépot et Hugo Peillet, la musique originale composée par Rémi Boubal. La narration s’appuie sur deux figures historiques attestées : Juan Larrea, écrivain exilé et l’un des responsables culturels qui passent la commande à Picasso, et Dora Maar, qui documenta la genèse de l’œuvre pour les Cahiers d’art de Christian Zervos. La production est portée par Lucid Realities, en coproduction avec le musée et avec VIVE Arts, programme international dédié aux arts et aux technologies, avec le soutien du CNC. Cécile Debray, présidente du musée, présente le dispositif comme un complément à la visite des collections, autour d’un tableau aujourd’hui conservé à Madrid.
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LA TOILE EN UN MOIS : COMMANDE, BOMBARDEMENT, PRÉSENTATION PUBLIQUE
Commande, drame, achèvement : printemps-été 1937Fin 1936, alors que Paris prépare l’Exposition internationale des arts et techniques, la République espagnole, déjà engagée dans la guerre civile, fait de son pavillon national un étendard de la résistance au coup d’État du général Franco. À Paris, Max Aub et Juan Larrea, qui assurent la liaison culturelle à l’ambassade d’Espagne, passent au peintre une commande d’ampleur pour le bâtiment, conçu par les architectes Josep Lluís Sert et Luis Lacasa. Les premières esquisses se développent autour du thème classique du peintre et de son modèle, encore loin de la guerre.
Tout bascule le 26 avril 1937 : la petite ville basque de Gernika est attaquée par des avions de l’armée allemande nazie et du régime fasciste italien, alliés des franquistes. Le parcours retient pour cet épisode la formule de « premier bombardement civil de masse de l’histoire ». Deux jours plus tard, les photographies parviennent à Paris ; Dora Maar et le poète Paul Éluard pressent Picasso de saisir le drame. Le 1ᵉʳ mai, le peintre trace une première esquisse, suivie de quarante et une autres. Maar, chargée par Christian Zervos de photographier le processus pour les Cahiers d’art, documente l’évolution de la composition et des essais de papiers peints colorés, finalement abandonnés au profit du noir et blanc. La toile est achevée les 4 et 5 juin 1937. Le 12 juillet, le Pavillon républicain espagnol est inauguré sous le commissariat de José Gaos, qui place Guernica aux côtés d’œuvres de Joan Miró, Julio González et Alexander Calder.
Nicolas Thépot, Les métamorphoses de Guernica – Séquence : la ville de Gernika, 2026 © Lucid Realities, Musée national Picasso-Paris, VIVE Arts 2026
Focus sur l’œuvre
La séquence projette le visiteur au milieu des décombres de la petite ville basque, attaquée le 26 avril 1937, jour de marché, par des avions de l’armée allemande nazie et du régime fasciste italien, alliés des franquistes. Le parcours retient pour cet épisode la formule de « premier bombardement civil de masse de l’histoire » et rappelle, selon les archives du musée, que l’opération servit de terrain d’essai pour Hitler en vue de la guerre totale. À l’écran, les unes des journaux de l’époque s’affichent et témoignent du choc planétaire que provoqua la nouvelle. L’objectif annoncé du dispositif n’est pas de reconstituer le tableau, mais de décomposer l’œuvre en strates narratives : l’espace de l’atelier, l’espace du drame historique, l’espace du symbole. La séquence appartient à ce deuxième espace : celui du drame.
LE TABLEAU VOYAGEUR : D’OSLO AU REINA SOFÍA
D’Oslo à Madrid, presque cinquante-cinq ans de circulationÀ peine présenté, le tableau quitte Paris. Dès janvier 1938, il circule en Scandinavie – Norvège, Danemark, Suède – aux côtés d’œuvres d’artistes modernes, avant de gagner Londres et la Whitechapel Gallery, où Juan Larrea accompagne la toile pour une tournée de levée de fonds en soutien aux réfugiés espagnols. Au printemps 1939, Picasso refuse que l’œuvre reste dans une Europe en guerre : Guernica part pour les États-Unis et entame une seconde tournée caritative, à New York, Los Angeles, San Francisco et Chicago. La Seconde Guerre mondiale l’y maintient, et le tableau s’installe au MoMA, qui en devient le dépositaire pour plus de quarante ans.
Les décennies suivantes inscrivent la toile dans une seconde vie. Picasso adhère au Parti communiste français à la Libération ; Guernica devient progressivement un symbole politique et rejoint plusieurs rétrospectives consacrées à l’artiste à travers l’Europe et l’Amérique latine, de Milan à Stockholm en passant par Sao Paulo et Paris. En 1969, Picasso déclare dans Le Monde que la toile ne reviendra à l’Espagne qu’une fois « les libertés démocratiques retrouvées ». Le peintre meurt à Mougins le 8 avril 1973, deux ans avant Franco. En septembre 1981, Guernica regagne Madrid et le Casón del Buen Retiro ; en juin 1992, elle rejoint définitivement le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, où elle est conservée aujourd’hui. C’est ce dernier déplacement que la séquence finale du film referme, presque cinquante-cinq ans après l’inauguration du Pavillon républicain.
POURQUOI VOIR "LES MÉTAMORPHOSES DE GUERNICA" AU MUSÉE NATIONAL PICASSO-PARIS ?
Voir un tableau absent à travers ses lieux et ses deux voix-témoins : « Les métamorphoses de Guernica » au Musée national Picasso-Paris ne présente pas l’œuvre – conservée au Reina Sofía de Madrid –, mais reconstitue les étapes qui ont scellé son destin. Les voix de Dora Maar et de Juan Larrea, deux témoins de la genèse, portent un récit à la première personne.
Nicolas Thépot, Les métamorphoses de Guernica – Séquence : Itinérance du tableau à Londres, 2026 © Lucid Realities, Musée national Picasso-Paris, VIVE Arts 2026
Point de vue critique
Le format VR n’est pas convoqué pour reconstituer la toile à hauteur d’icône, mais pour suivre sa circulation. Le choix de deux voix-témoins – Dora Maar, photographe de la genèse, et Juan Larrea, accompagnateur des itinérances – situe le récit du côté de la fabrique et du voyage, pas du commentaire d’œuvre. Dans un musée qui conserve les études et les archives sans détenir Guernica, la VR comble une absence assumée.
L’expérience offre un contexte de visite immédiat : l’hôtel Salé conserve études préliminaires, documents d’archives et un corpus d’œuvres en lien étroit avec la création de Guernica, directement consultables lors de la même venue. Cécile Debray, présidente du Musée Picasso-Paris depuis 2022, dirigeait le musée de l’Orangerie en 2018 lors d’une précédente expérience VR de Nicolas Thépot, sur les Nymphéas de Monet : une continuité éclaire le choix du dispositif. À partir de dix ans, en quatre langues, dans l’auditorium du musée, pour sept euros.
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Les métamorphoses de Guernica » au Musée national Picasso-Paris ?
L’expérience se tient du 8 avril au 6 septembre 2026 au Musée national Picasso-Paris. Le musée est ouvert du mardi au dimanche, de 9h30 - 18h. Fermé le lundi, ainsi que les 1ᵉʳ janvier, 1ᵉʳ mai et 25 décembre.
Où réserver ses billets pour « Les métamorphoses de Guernica » au Musée national Picasso-Paris ?
L’expérience VR « Les métamorphoses de Guernica » se réserve en ligne via Tiqets, à 7 €, ajoutée en option après l’achat du billet d’entrée prioritaire au musée (16 € plein tarif, 12 € en tarif réduit). Gratuit pour les moins de 18 ans et les résidents de l’Union européenne de moins de 26 ans.
Combien de temps dure la visite de « Les métamorphoses de Guernica » au Musée national Picasso-Paris ?
L’expérience en réalité virtuelle dure 15 minutes. Elle est accessible à partir de 10 ans, dans l’auditorium du musée (niveau -1), disponible en français, anglais, espagnol et mandarin. Comptez 1h30 à 2h pour parcourir aussi les collections permanentes de l’hôtel Salé.
Comment se rendre au Musée national Picasso-Paris pour « Les métamorphoses de Guernica » ?
Le musée se situe au 5 rue de Thorigny, 75003 Paris. Métro : ligne 1 station « Saint-Paul », ligne 8 stations « Saint-Sébastien-Froissart » ou « Chemin Vert ». Bus : lignes 20, 29, 65, 69, 75 et 96. Vélib’ : station n° 3 008 au 95 rue Vieille du Temple ou station n° 3 002 au 26 rue Saint-Gilles.
Dans quelles langues est disponible « Les métamorphoses de Guernica » au Musée national Picasso-Paris ?
L’expérience est proposée en quatre langues : français, anglais, espagnol et mandarin. Le casque diffuse les voix de Dora Maar et de Juan Larrea, doublées par Manon Rony et Jordi Bataille-Lopez, sur une musique originale de Rémi Boubal.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Mardi - dimanche : 9h30 - 18h
- Fermé le lundi
- Fermé les 1ᵉʳ janvier, 1ᵉʳ mai et 25 décembre
- Expérience VR accessible aux horaires d’ouverture du musée
