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Youssef Nabil au Musée d’Orsay

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Présentation
Contemporain

Youssef Nabil. De rêver encore

Photographies peintes à la main, face à l’orientalisme d’Orsay

Exposition Youssef Nabil. De rêver encore - musée d’Orsay

Musée d’Orsay

L’EXPOSITION

« Youssef Nabil. De rêver encore » est une exposition de photographie contemporaine présentée au musée d’Orsay du 19 mai au 13 septembre 2026, le retour d’un artiste là où son regard s’est formé.

En 1992, jeune photographe venu du Caire, Youssef Nabil découvre les collections du musée ; trente-quatre ans plus tard, il y revient pour accrocher ses propres images, peintes à la main, parmi les œuvres qui l’avaient saisi. Le parcours met en regard ces photographies colorisées et les peintures orientalistes et symbolistes du XIXe siècle, autour d’un mot partagé : le rêve.

Exposition « Youssef Nabil. De rêver encore » © Musée d’Orsay

RÉSERVEZ VOTRE VISITE

LA COULEUR À LA MAIN : UNE SIGNATURE NÉE DANS LE CINÉMA ÉGYPTIEN

Le tirage noir et blanc colorisé à la main, touche après touche

Tout, chez Youssef Nabil, commence par un geste lent. Il photographie en noir et blanc sur pellicule argentique – la photo d’avant le numérique –, puis colorise chaque tirage à la main, touche après touche. Ce procédé vient de loin : de l’âge d’or du cinéma égyptien et des affiches peintes qui couvraient les rues du Caire de son enfance, où le bleu et les teintes chaudes prêtaient aux visages un éclat irréel. Le résultat tient moins de la photographie documentaire que de l’image de film : un instant arrêté, déjà nimbé de souvenir. Photographe-vidéaste franco-égyptien né au Caire en 1972, il en a tiré une manière aussitôt reconnaissable : chaque épreuve, coloriée séparément, devient une pièce unique.

Youssef Nabil - The Dream, self-portrait

Youssef Nabil, The Dream, self-portrait, 2021, tirage argentique gélatino-bromure colorisé à la main, 50 × 75 cm, collection particulière © Youssef Nabil

Cette méthode raconte d’abord une histoire personnelle. Dès les années 1990, Nabil photographie écrivains, chanteurs et stars du cinéma arabe, qu’il met en scène comme des personnages de film. En 2003, il quitte l’Égypte pour la Cité internationale des arts, à Paris, puis s’installe entre Paris et New York. De cet éloignement naissent des autoportraits où il se montre de dos, le visage dérobé, et où reviennent l’exil, le rêve et la nostalgie. La couleur posée à la main, un peu passée, y fixe l’Égypte rêvée et idéalisée de l’enfance, celle que la mémoire réinvente plus qu’elle ne la décrit.

RETOUR À ORSAY : LA VISITE DE 1992 DEVENUE EXPOSITION

La visite fondatrice de 1992, devenue exposition

En 1992, le jeune Cairote, venu en France pour la première fois, pousse les portes du musée d’Orsay. La visite est décisive, au point de devenir le fil de toute l’exposition. Son autoportrait The Dream (2021) en garde la trace : le commissariat le place en filiation avec Le Rêve (1883) de Pierre Puvis de Chavannes, peintre symboliste – un art tourné vers les rêves et les visions intérieures, loin du monde visible – dont les figures endormies l’ont durablement marqué. Avec ce projet, Youssef Nabil devient le premier artiste contemporain à investir les salles orientalistes du musée.

L’exposition a été conçue par Sylvain Amic, président des musées d’Orsay et de l’Orangerie disparu en août 2025, et par Nicolas Gausserand, conseiller pour les questions internationales et contemporaines. Son titre vient de loin : « De rêver encore » emprunte une réplique de Caliban – le personnage métis et asservi de La Tempête de William Shakespeare –, qui dit pleurer « d’envie de rêver encore ». Souvent lu comme une figure des peuples colonisés du pourtour méditerranéen, Caliban donne au titre une portée plus politique qu’il n’y paraît. Ce vers trouve son écho dans le Sommeil de Caliban d’Odilon Redon, autre figure symboliste réunie ici, dont la rêverie peinte répond directement au titre.

Pierre Puvis de Chavannes - Le rêve

Pierre Puvis de Chavannes, Le rêve, 1883, huile sur toile, 82,0 × 102,0 cm, musée d’Orsay, Paris (don d’Étienne Moreau-Nélaton, 1906) © Photo : Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Focus sur l’œuvre

Le Rêve, peinte en 1883 par Pierre Puvis de Chavannes et conservée au musée d’Orsay, est la toile que le commissariat place au cœur du parcours. L’autoportrait The Dream (2021) de Youssef Nabil lui répond directement : ce rapprochement fait de la peinture symboliste l’élément fondateur de la relation nouée avec Orsay. Tournées vers les rêves et les visions intérieures, loin du monde visible, les figures endormies de Puvis de Chavannes ont durablement marqué le photographe lors de sa visite de 1992.

ENTRE ORIENT ET OCCIDENT : LE REGARD QUI SE DÉPLACE

Un orientalisme « sensuel et consenti », raconté de l’intérieur

Le parcours s’ouvre sur des photographies du XIXe siècle rapportées des expéditions en Égypte, qui posent d’emblée une question : qu’est-ce qui se fabriquait sur place, et qu’est-ce qui relevait du regard occidental sur l’Orient – l’orientalisme, ces peintures qui rêvaient un Orient lointain ? Ces images anciennes montrent déjà une Égypte vue de loin, par et pour l’Europe. Avec ses tirages accrochés parmi ces toiles, comme la Thamar (1875) du peintre Alexandre Cabanel, le point de vue se déplace : l’Égypte n’y est plus seulement regardée de l’extérieur, elle est racontée par un artiste qui en vient. Là où la peinture du XIXe siècle projetait ses fantasmes, Nabil compose un Orient apaisé et désirable, qu’il revendique, selon ses mots, comme un orientalisme « sensuel et consenti ».

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La suite du parcours rassemble les identités multiples que Nabil compose des deux côtés de la Méditerranée, en mêlant signes d’Orient et d’Occident. Ses autoportraits, tel Self-portrait with Roots, Los Angeles (2008), y croisent les codes des deux mondes sans choisir entre eux. Le tout suit cinq grandes étapes dans l’ordre du temps, avec des incursions vers d’autres époques, et s’achève dans une dernière salle : deux films y sont projetés, en écho à la place que le cinéma occupe depuis toujours dans son travail.

Youssef Nabil - Self-portrait with Roots, Los Angeles

Youssef Nabil, Self-portrait with Roots, Los Angeles, 2008, tirage argentique gélatino-bromure colorisé à la main, tirage de 2014, 115 × 75 cm, Pinault Collection © Youssef Nabil

POURQUOI ALLER VOIR L’EXPO "YOUSSEF NABIL. DE RÊVER ENCORE" ?

L’intérêt premier de cette exposition tient à une rencontre : celle d’un photographe d’aujourd’hui avec les tableaux qui ont décidé de sa vocation, dans les salles mêmes où il les a découverts en 1992. On y voit de près une technique ancienne, la colorisation à la main des tirages noir et blanc, héritée du cinéma égyptien et des affiches peintes du Caire.

Odilon Redon - Sommeil de Caliban

Odilon Redon, Sommeil de Caliban, entre 1895 et 1900, huile sur bois, 48,2 × 38,5 cm, musée d’Orsay, Paris (legs de Mme Arï Redon, 1982) © Photo : RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Christian Jean

Point de vue critique

Le choix curatorial tient en une idée nette : confier les salles orientalistes à un artiste né au Caire, plutôt que d’isoler sa photographie dans un espace à part. La sélection associe ses tirages colorisés et les toiles de Puvis de Chavannes, Redon ou Cabanel, dans les salles mêmes qui l’ont inspiré. On y suivra moins une rétrospective qu’un dialogue, organisé autour du rêve et du regard porté sur l’Orient.

Le parcours, chronologique et très visuel, parle autant aux amateurs de photographie qu’aux curieux du cinéma, de la mémoire et de l’exil, sans demander de connaissances préalables. Il se termine par deux films, en écho au goût de l’artiste pour les images animées. L’exposition s’inscrit dans la Saison Méditerranée 2026 et le Bicentenaire de la photographie 2026-2027. Au musée d’Orsay, le dialogue se noue dans les salles orientalistes et avec les œuvres symbolistes qui ont nourri le regard de l’artiste depuis 1992.

Camille, Rédactrice culture

L’avis de Camille

Rédactrice culture

Pas besoin d’être historien d’art pour entrer dans cette exposition : elle parle de rêve, d’exil et de mémoire, en images figuratives et accessibles. Sa singularité tient à un geste devenu rare – Youssef Nabil photographie en noir et blanc, puis colore chaque tirage entièrement à la main, jusqu’à l’allure de scènes de cinéma un peu passées. Les réunir avec les peintres du XIXe siècle qui l’ont marqué jeune homme est le vrai pari de l’exposition ; sa réussite tiendra à la justesse du face-à-face, plus qu’au nombre d’images. La proposition, peu commune dans un grand musée, parlera autant aux amateurs de photographie qu’aux curieux de cinéma. Une visite à recommander à qui aime prendre le temps de regarder.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Quand a lieu « Youssef Nabil. De rêver encore » au musée d’Orsay ?

L’exposition se tient du 19 mai au 13 septembre 2026 au musée d’Orsay. Le musée est ouvert du mardi au dimanche, de 9h30 à 18h, avec une nocturne le jeudi jusqu’à 21h45. Fermeture hebdomadaire le lundi.

Où réserver ses billets pour « Youssef Nabil. De rêver encore » au musée d’Orsay ?

Les billets pour « Youssef Nabil. De rêver encore » sont disponibles sur Tiqets au tarif de 17,50 € (tarif adulte, sans frais additionnels). L’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans, les résidents UE de moins de 26 ans, les visiteurs en situation de handicap et leur accompagnateur, les demandeurs d’emploi et les titulaires du Pass éducation, ainsi que pour tous les premiers dimanches du mois.

Combien de temps dure la visite de « Youssef Nabil. De rêver encore » au musée d’Orsay ?

Comptez environ 1 heure à 1 heure 30 pour parcourir les cinq grandes étapes de l’exposition, qui se clôt sur la projection de deux vidéos dans la dernière salle. Le même billet donne accès au fonds orientaliste permanent du musée et aux collections impressionnistes, pour lesquelles il est recommandé de prévoir 2 à 3 heures supplémentaires.

Comment se rendre au musée d’Orsay pour « Youssef Nabil. De rêver encore » ?

Le musée d’Orsay se trouve esplanade Valéry Giscard d’Estaing, 75007 Paris. En métro, ligne 12 station Solférino. En RER, ligne C station Musée d’Orsay (sortie directe en face du musée). En bus, lignes 63, 68, 69, 73, 83, 84, 87, 94. À vélo, deux stations Vélib’ à proximité : n°7007 au 62 rue de Lille et n°7006 au 19 quai Voltaire. Parking conseillé : Carrousel du Louvre ou Bac Montalembert.

Y a-t-il des nocturnes pour « Youssef Nabil. De rêver encore » au musée d’Orsay ?

Oui, le jeudi soir jusqu’à 21h45. Le musée d’Orsay propose une nocturne hebdomadaire le jeudi, créneau particulièrement adapté pour une visite plus calme de l’exposition, qui occupe les salles orientalistes du musée.

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu
Musée d’Orsay esplanade Valéry Giscard d’Estaing, 75007 Paris
Horaires
  • Lundi : Fermé
  • Mardi : 9h30 - 18h
  • Mercredi : 9h30 - 18h
  • Jeudi : 9h30 - 21h45
  • Vendredi : 9h30 - 18h
  • Samedi : 9h30 - 18h
  • Dimanche : 9h30 - 18h
Tarifs
Tiqets
Adulte : 17,50 €
Moins de 18 ans : Gratuit
Résidents UE de moins de 26 ans : Gratuit
Visiteurs en situation de handicap + 1 accompagnateur : Gratuit
Demandeurs d’emploi, titulaires du Pass éducation : Gratuit
Conditions
Entrée gratuite tous les premiers dimanches du mois.
Gratuités sur présentation d’une pièce d’identité valide.
Accès
  • Métro : ligne 12, station Solférino
  • RER : ligne C, station Musée d’Orsay
  • Bus : lignes 63, 68, 69, 73, 83, 84, 87, 94
  • Vélib’ : stations n°7007 (62 rue de Lille) et n°7006 (19 quai Voltaire)
  • Taxi : dépose et reprise quai Anatole-France
  • Parking : Carrousel du Louvre, Bac Montalembert

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