Youssef Nabil au Musée d’Orsay
Youssef Nabil. De rêver encore
Premier photographe contemporain dans les salles orientalistes

Musée d’Orsay
L’EXPOSITION
« Youssef Nabil. De rêver encore » est une exposition monographique de photographie contemporaine présentée au musée d’Orsay du 19 mai au 13 septembre 2026, qui voit Nabil devenir le premier artiste contemporain à investir les salles orientalistes du musée.
Le parcours met en regard les tirages argentiques colorisés à la main du photographe-vidéaste franco-égyptien, né au Caire en 1972, et les œuvres du XIXᵉ siècle découvertes lors de sa première visite à Orsay en 1992. Le projet prend place dans la Saison Méditerranée 2026 et dans le Bicentenaire de la photographie 2026-2027, en cinq étapes chronologiques ponctuées de retours transhistoriques.Exposition « Youssef Nabil. De rêver encore » © Musée d’Orsay
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LE CAIRE-ORSAY : UN VOYAGE COMMENCÉ EN 1992
Trente-quatre ans entre première visite et exposition monographiqueTout part d’une visite en 1992. Youssef Nabil, jeune photographe cairote de vingt ans, fait son premier voyage en France et entre au musée d’Orsay pour la première fois. Né au Caire en 1972, il vient d’engager une pratique technique précise, à laquelle il restera fidèle : prise de vue argentique en noir et blanc, tirage gélatino-bromure, colorisation manuelle pose après pose, dans la lignée des derniers coloristes de studio cairotes qu’il fréquente alors. La rencontre avec les collections du XIXᵉ siècle – Pierre Puvis de Chavannes, Odilon Redon – ouvre une matrice durable. L’autoportrait The Dream (2021), colorisé à la main et conservé en collection particulière, en porte la trace : le commissariat place cette image en filiation avec Le Rêve (1883) de Puvis de Chavannes, qui appartient aux collections d’Orsay.
Youssef Nabil, Self-portrait with Roots, Los Angeles, 2008, tirage argentique gélatino-bromure colorisé à la main, tirage de 2014, 115 × 75 cm, Pinault Collection © Youssef Nabil
L’artiste quitte l’Égypte en 2003 pour une résidence à la Cité internationale des arts de Paris, avant de partager sa vie entre Paris et New York. Trente-quatre ans après cette première visite, le retour à Orsay prend la forme d’une exposition monographique conçue par Sylvain Amic (24 avril 2024 – 31 août 2025), alors président de l’Établissement public du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie, Valéry Giscard d’Estaing, et par Nicolas Gausserand, conseiller du Président en charge des questions internationales et contemporaines. Le projet est conduit avec la Galerie Nathalie Obadia.
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CINQ ÉTAPES : DU REGARD ORIENTALISTE AU REGARD CONTEMPORAIN
Chronologie et rebonds transhistoriques entre XIXᵉ et contemporainLe parcours suit une trajectoire chronologique en cinq grandes étapes, ponctuées de rebonds transhistoriques entre les œuvres XIXᵉ d’Orsay et les photographies contemporaines de Nabil. L’ouverture revient à la riche collection d’Orsay de photographies du XIXᵉ siècle issues des expéditions en Égypte, qui pose une distinction nette entre production artistique en Orient et discours orientaliste produit en Europe. La deuxième étape revient sur la jeunesse cairote de Nabil et sa fréquentation des derniers coloristes de studio, où s’ancre une technique appelée à devenir sa signature. La troisième mobilise les figures tutélaires découvertes en 1992 – Puvis de Chavannes et Odilon Redon – dont le Sommeil de Caliban fait écho au titre de l’exposition, emprunté à un monologue de La Tempête de William Shakespeare où Caliban dit pleurer « d’envie de rêver encore ».
L’avant-dernière salle réunit les identités croisées que Nabil compose deçà et delà la Méditerranée, dans des créations syncrétiques où références orientales et occidentales se chevauchent. Le parcours se clôt sur deux vidéos projetées dans une dernière salle, en écho à l’attachement durable de Nabil au médium cinématographique. Tout au long, les autoportraits colorisés de Nabil – au premier rang desquels Self-portrait with Roots, Los Angeles (2008) – dialoguent avec les toiles orientalistes des collections d’Orsay, dont Thamar d’Alexandre Cabanel (1875, huile sur toile, Salon de 1875) ou les triptyques de Jean Lecomte du Noüy.
Youssef Nabil, The Dream, self-portrait, 2021, tirage argentique gélatino-bromure colorisé à la main, 50 × 75 cm, collection particulière © Youssef Nabil
Focus sur l’œuvre
The Dream, self-portrait est l’image que le commissariat place en filiation directe avec Le Rêve de Pierre Puvis de Chavannes, toile que Nabil a découverte lors de sa première visite à Orsay en 1992. Le rapprochement, présenté comme l’élément fondateur de la relation tissée par le photographe avec le musée depuis plus de trente ans, est revendiqué à la fois par Orsay et par la Galerie Nathalie Obadia. La photographie fait jouer la colorisation pose après pose, héritée des derniers studios cairotes des années 1990, et la palette de bleus et de blancs en transparence que le parcours associe aux affinités symbolistes de l’artiste.
LA COULEUR À LA MAIN : TECHNIQUE, EXIL ET IDENTITÉS CROISÉES
Tirage argentique colorisé pose après pose, signature de l’artisteLa signature de Youssef Nabil tient à un protocole précis : prise de vue argentique en noir et blanc, tirage gélatino-bromure, puis colorisation manuelle appliquée pose après pose. La technique vient des derniers studios cairotes, que le jeune photographe rencontre dans les années 1990. Elle donne à chaque image une matérialité spécifique : couleurs chaudes acidulées, jeux de bleus et de blancs en transparence que le parcours associe aux influences symbolistes héritées des maîtres rencontrés à Orsay. Les formats restent modestes – souvent 50 × 75 cm pour les autoportraits, comme Say Goodbye, self-portrait, Alexandria (2009, collection Pinault), parfois plus petits, 26 × 39 cm pour The Dream (2021).
Les thèmes de l’exil, du rêve et de la renaissance traversent l’œuvre. Les autoportraits de dos, sans visage, dessinent une mélancolie sourde que Nabil revendique comme un orientalisme « sensuel et consenti », distinct de l’orientalisme européen du XIXᵉ siècle : un Orient libre, fantasmé depuis l’Égypte de l’enfance et reconfiguré par les déplacements entre Le Caire, Paris et New York. La construction par cinq étapes chronologiques laisse à ces motifs récurrents – silhouettes méditerranéennes, scènes intérieures, lumière à la fois nostalgique et acidulée – le temps d’apparaître plusieurs fois, dans des compositions tantôt resserrées sur la figure, tantôt élargies aux décors. Les deux vidéos finales étendent ces questions au médium cinématographique, vers lequel l’artiste revient depuis une quinzaine d’années.
Pierre Puvis de Chavannes, Le rêve, 1883, huile sur toile, 82,0 × 102,0 cm, musée d’Orsay, Paris (don d’Étienne Moreau-Nélaton, 1906) © Photo : Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
POURQUOI ALLER VOIR L’EXPO "YOUSSEF NABIL. DE RÊVER ENCORE" ?
La proposition la plus saillante de l’exposition tient à une inversion : voir l’orientalisme du XIXᵉ siècle européen depuis le regard d’un artiste contemporain qui a grandi en Égypte. Le musée d’Orsay confie à Youssef Nabil ses salles orientalistes, et la rencontre des tirages colorisés à la main avec Thamar de Cabanel, le Sommeil de Caliban de Redon ou Le Rêve de Puvis de Chavannes produit un dialogue direct, sans détour pédagogique.
Odilon Redon, Sommeil de Caliban, entre 1895 et 1900, huile sur bois, 48,2 × 38,5 cm, musée d’Orsay, Paris (legs de Mme Arï Redon, 1982) © Photo : RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Christian Jean
Point de vue critique
Le geste curatorial décide de l’angle : confier les salles orientalistes du musée d’Orsay à un photographe contemporain qui en a fait, depuis trente-quatre ans, sa matrice. Le parcours retient cinq étapes chronologiques entremêlées de rebonds transhistoriques, plutôt qu’une succession de chapitres autonomes. Les autoportraits colorisés de Nabil prennent place auprès de Cabanel, Redon et Puvis de Chavannes, pour relire l’orientalisme européen du XIXᵉ siècle depuis l’intérieur.
Le parcours s’inscrit dans deux temps forts institutionnels : la Saison Méditerranée 2026 portée par l’Institut français et le Bicentenaire de la photographie 2026-2027. Deux vidéos closent la visite, prolongement du goût de Nabil pour le cinéma. Plusieurs des œuvres mises en regard relèvent du fonds orientaliste permanent du musée d’Orsay, qui forme alors un contexte de visite immédiat. La visite intéressera autant les amateurs de photographie contemporaine que les habitués des salles orientalistes du musée.
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Youssef Nabil. De rêver encore » au musée d’Orsay ?
L’exposition se tient du 19 mai au 13 septembre 2026 au musée d’Orsay. Le musée est ouvert du mardi au dimanche, de 9h30 à 18h, avec une nocturne le jeudi jusqu’à 21h45. Fermeture hebdomadaire le lundi.
Où réserver ses billets pour « Youssef Nabil. De rêver encore » au musée d’Orsay ?
Les billets pour « Youssef Nabil. De rêver encore » sont disponibles sur Tiqets au tarif de 17,50 € (tarif adulte, sans frais additionnels). L’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans, les résidents UE de moins de 26 ans, les visiteurs en situation de handicap et leur accompagnateur, les demandeurs d’emploi et les titulaires du Pass éducation, ainsi que pour tous les premiers dimanches du mois.
Combien de temps dure la visite de « Youssef Nabil. De rêver encore » au musée d’Orsay ?
Comptez environ 1 heure à 1 heure 30 pour parcourir les cinq grandes étapes de l’exposition, qui se clôt sur la projection de deux vidéos dans la dernière salle. Le même billet donne accès au fonds orientaliste permanent du musée et aux collections impressionnistes, pour lesquelles il est recommandé de prévoir 2 à 3 heures supplémentaires.
Comment se rendre au musée d’Orsay pour « Youssef Nabil. De rêver encore » ?
Le musée d’Orsay se trouve esplanade Valéry Giscard d’Estaing, 75007 Paris. En métro, ligne 12 station Solférino. En RER, ligne C station Musée d’Orsay (sortie directe en face du musée). En bus, lignes 63, 68, 69, 73, 83, 84, 87, 94. À vélo, deux stations Vélib’ à proximité : n°7007 au 62 rue de Lille et n°7006 au 19 quai Voltaire. Parking conseillé : Carrousel du Louvre ou Bac Montalembert.
Y a-t-il des nocturnes pour « Youssef Nabil. De rêver encore » au musée d’Orsay ?
Oui, le jeudi soir jusqu’à 21h45. Le musée d’Orsay propose une nocturne hebdomadaire le jeudi, créneau particulièrement adapté pour une visite plus calme de l’exposition, qui occupe les salles orientalistes du musée.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Lundi : Fermé
- Mardi : 9h30 - 18h
- Mercredi : 9h30 - 18h
- Jeudi : 9h30 - 21h45
- Vendredi : 9h30 - 18h
- Samedi : 9h30 - 18h
- Dimanche : 9h30 - 18h
Tarifs
Accès
- Métro : ligne 12, station Solférino
- RER : ligne C, station Musée d’Orsay
- Bus : lignes 63, 68, 69, 73, 83, 84, 87, 94
- Vélib’ : stations n°7007 (62 rue de Lille) et n°7006 (19 quai Voltaire)
- Taxi : dépose et reprise quai Anatole-France
- Parking : Carrousel du Louvre, Bac Montalembert
