Silla : l’Or et le Sacré au Musée Guimet
L’EXPOSITION
« Silla : l’Or et le Sacré. Trésors royaux de Corée (57 av. J.-C.- 935) » est une exposition présentée au musée Guimet, à Paris, du 20 mai au 31 août 2026, consacrée à un royaume coréen qui régna près de mille ans sur le sud de la péninsule.
Le musée la présente comme la première exposition sur le Silla en Europe, et plusieurs des œuvres réunies – des trésors nationaux coréens – quittent pour l’occasion la Corée du Sud pour la première fois. Couronnes d’or, parures de jade, verre venu de la Méditerranée et statues de Bouddha y dessinent un royaume où l’or des tombes royales précède le temps des temples bouddhiques.Exposition « Silla : l’Or et le Sacré » | Teaser © Musée Guimet
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L’OR DES ROIS : GYEONGJU ET SES TOMBES-MONTAGNES
Capitale millénaire et tumulus royauxTout commence à Gyeongju, dans le sud-est de la péninsule coréenne. Capitale du Silla pendant près d’un millénaire et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2000, la ville garde dans son paysage d’immenses tertres funéraires – les tombes-montagnes du royaume – qui dominent encore la plaine. À partir du 4e siècle, le clan Kim s’empare durablement du pouvoir et le royaume se centralise ; ses souverains portent alors le titre de maripgan, « grand chef ». De ces tombes royales, dont certaines atteignent quatre-vingts mètres de diamètre, les fouilles ont livré couronnes, ceintures et parures, déposées auprès des défunts pour les accompagner dans l’au-delà.
Couronne. Corée du Sud, Gyeongju, tombe de la couronne d’or, 5e siècle, or, jade, Gyeongju, musée national, Bongwan 9435 © Musée national de Gyeongju
Marqueur d’une autorité sacrée, l’or est la signature du Silla. Il a donné naissance à des couronnes surmontées de ramures qui évoquent des branches d’arbre et des bois de cerf – l’arbre reliant la terre au ciel, le cerf vénéré comme animal sacré. On en dénombre six aujourd’hui, façonnées pour l’essentiel au 5e siècle ; la première fut exhumée en 1921, dans une tombe dès lors appelée tombe de la Couronne d’or. Autour d’elles, l’exposition réunit ceintures, boucles d’oreilles et pendentifs finement ouvragés, prêtés pour la plupart par le musée national de Gyeongju, coorganisateur de l’événement. Le commissariat – l’équipe scientifique qui a réuni les œuvres et conçu le parcours – associe Arnaud Bertrand, du musée Guimet, et, côté coréen, Yim Jaewan et Yun Seogyeong.
couronnes d’or de la période maripgan identifiées à ce jour, toutes mises au jour dans les tumulus royaux de Gyeongju
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OUVERT SUR LE MONDE : DU VERRE ROMAIN AUX ROUTES DE L’EURASIE
Échanges, importations et carnet de voyageLe Silla n’a jamais vécu replié sur lui-même. Les objets sortis de ses tombes ont franchi montagnes, steppes, déserts et mers : on y retrouve des pièces venues des royaumes voisins – Goguryeo, Baekje, Gaya –, comme de Chine, du Japon, voire d’Asie centrale et du Moyen-Orient. La plus parlante est une dague en or, retrouvée dans une petite sépulture lors des fouilles de Gyerim-ro, à Gyeongju. Son fourreau mêle grenats rouges et minces cloisons d’or – le cloisonné, une technique d’orfèvrerie répandue, au 5e siècle, dans l’est de l’Empire romain et en Europe. L’objet ressemble à une dague mise au jour au Kazakhstan : il a sans doute été façonné en Asie centrale, ou plus à l’ouest vers la mer Noire, bien avant d’atteindre la péninsule coréenne. Ses grenats rouges sont d’ailleurs les seuls répertoriés dans toute la Corée ancienne.
Dague avec poignée et fourreau dorés. Corée du Sud, Gyeongju, Gyerim-ro, tombe n° 14, 6e siècle, or, grenats rouges, verre bleu, pierres précieuses, Gyeongju, musée national, Gyeongju 42429 © Musée national de Gyeongju
Focus sur l’œuvre
Mise au jour en 1973 lors de travaux autour de la tombe du roi Michu, la dague fut trouvée dans la modeste tombe n° 14 de Gyerim-ro, ce qui rend la trouvaille d’autant plus singulière. Aujourd’hui classée Trésor de Corée n° 635, elle associe une lame de fer à un fourreau et une poignée en or d’environ 36,8 cm. Outre les cloisons serties, le décor déploie un filigrane savant : fils et granulations d’or ont été soudés par simple fusion, sans alliage de soudure intermédiaire – un geste technique absent de tout autre objet coréen connu. Ses plus proches parents se trouvent loin de la péninsule : la dague jumelle de Borovoe, mais aussi des armes figurées dans les peintures des grottes de Kizil (Xinjiang) et sur les murs d’Afrasiab (Samarcande), autant d’indices d’une fabrication tournée vers la Perse sassanide et les confins de l’Eurasie.
Le verre raconte la même circulation. Dans la tombe dite du Cheval céleste, un gobelet à facettes est fait d’un verre d’origine romaine, comme il en parvenait depuis l’Égypte ou la Syrie ; d’autres pendentifs de jade, eux, avaient été importés du Japon. Cette ouverture a aussi un visage, celui de Hyecho, un moine né au Silla qui partit étudier en Chine, puis explora l’Inde et l’Asie centrale, notant ses impressions il y a quelque treize siècles. Son récit de voyage, prêté par la Bibliothèque nationale de France, en est le seul exemplaire connu. Retrouvé parmi les manuscrits de la grotte de Dunhuang, en Chine, il fut rapporté à Paris par l’explorateur Paul Pelliot au début du 20e siècle.
DU TRÉSOR AU TEMPLE : LE SILLA ET SON ART BOUDDHIQUE
Quand le sacré change de formeAu fil des siècles, le sacré change de forme. Les grandes tombes se font plus discrètes, tandis que temples et pagodes se multiplient, et les rites évoluent. Avant l’unification du royaume, on enterrait avec le défunt des serviteurs, parfois vivants ; cette coutume est interdite en 502, et de petites figurines d’argile prennent désormais la place des victimes dans les tombes. L’une d’elles, une statuette de femme du 7e siècle vêtue à la mode du Silla, esquisse un timide sourire. En 527, le pouvoir adopte officiellement le bouddhisme, qui lui fournit un instrument d’unification et de légitimation.
À mesure que le bouddhisme s’impose, l’or et les matières précieuses, hier réservés aux tombes, ornent désormais monastères, pagodes et reliquaires. L’exposition réunit ainsi des bouddhas et des bodhisattva – ces êtres de compassion de la tradition bouddhique –, dont un Maitreya, le bouddha de l’avenir, en bronze doré, assis en méditation. Au musée Guimet, le parcours se referme sur la grotte de Seokguram, sanctuaire bouddhique du 8e siècle classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Mais l’original est resté en Corée : l’exposition en présente une reconstitution, qui reproduit l’espace de la grotte et son grand Bouddha méditant, sur une note contemplative.
Bouddha. Corée du Sud, monastère Hwangboksa, pagode de Guhwang-dong, période du Silla unifié (en 692), bronze doré, Séoul, musée national de Corée, Bongwan 14753 © Musée national de Gyeongju
POURQUOI VOIR « SILLA : L’OR ET LE SACRÉ » AU MUSÉE GUIMET ?
Pour découvrir un royaume coréen que l’on connaît encore peu en France, et qui a pourtant régné près de mille ans avant de disparaître. « Silla : l’Or et le Sacré » rassemble couronnes d’or, parures et statues de Bouddha, dont plusieurs trésors nationaux qui quittent la Corée du Sud pour la première fois. On y suit aussi un royaume ouvert sur le monde : verre venu de la Méditerranée, dague venue d’Asie centrale, carnet de voyage d’un moine parti jusqu’en Inde.
Ornement en forme d’aile pour couronne. Corée du Sud, Gyeongju, tombe de la couronne d’or, 5e siècle, or, Gyeongju, musée national, Bongwan 9435 © Musée national de Gyeongju
Point de vue critique
Le parcours suit le royaume dans l’ordre du temps, des tombes d’or aux temples bouddhiques – un parti pris chronologique que le musée présente comme une première en Europe. Il relie le faste des sépultures royales aux routes d’échange, verre romain et dague venue d’Asie centrale, puis à l’essor du bouddhisme, qui déplace les matières précieuses des tombes vers les reliquaires. On tient là le fil d’un sujet que le public français connaît peu.
Présentée comme la première exposition sur le Silla en Europe, elle ouvre une année entière dédiée à la Corée au musée Guimet. Le parcours, chronologique et accessible même sans rien connaître à l’art coréen, se visite en une heure et demie environ et convient aussi aux familles. Comptez une halte finale, contemplative, devant la grotte de Seokguram reconstituée.
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Silla : l’Or et le Sacré » au musée Guimet ?
L’exposition se tient du 20 mai au 31 août 2026 au musée Guimet, place d’Iéna à Paris. Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h, avec fermeture des caisses à 17h15 et dernier accès à 17h30.
Où réserver ses billets pour « Silla : l’Or et le Sacré » au musée Guimet ?
Le billet plein tarif est à 15 € chez notre partenaire Tiqets, sans frais additionnels. L’accès est gratuit pour les citoyens européens de moins de 18 ans et pour les jeunes de 18 à 25 ans inclus.
Combien de temps dure la visite de « Silla : l’Or et le Sacré » au musée Guimet ?
Comptez environ 1h30 pour parcourir l’exposition. Le parcours est chronologique et accessible même sans connaissance préalable de l’art coréen ; il convient aussi aux familles et se referme sur une halte contemplative devant la reconstitution de la grotte de Seokguram.
Comment se rendre au musée Guimet pour « Silla : l’Or et le Sacré » ?
Le musée Guimet est situé au 6 place d’Iéna, 75116 Paris. En métro, descendez à la station Iéna (ligne 9) ou à la station Boissière (ligne 6). En bus, les lignes 32 et 63 s’arrêtent à « Albert de Mun » ou « Iéna », la ligne 82 à « Iéna », et la ligne 30 à « Kléber – Boissière ».
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Ouvert tous les jours sauf le mardi, 10h - 18h
- Fermeture des caisses à 17h15
- Dernier accès à 17h30
- Évacuation générale des salles à 17h45

