Gustave Fayet à la Fondation Louis Vuitton
Gustave Fayet, Collectionneur - Créateur
Des Van Gogh aux tapis, plus de 767 œuvres

Fondation Louis Vuitton
L’EXPOSITION
Gustave Fayet (1865–1925) exploitait des vignes en Languedoc, achetait des Van Gogh et dessinait des tapis pour une manufacture parisienne. L’exposition « Gustave Fayet, Collectionneur - Créateur » occupe la Fondation Louis Vuitton du 9 octobre 2026 au 8 mars 2027, avec plus de 767 œuvres et documents répartis en 28 sections.
Le parcours investit tous les niveaux du bâtiment : les œuvres qu’il a réunies en occupent trois, et le dernier revient à ce qu’il a fabriqué lui-même, de la céramique aux livres illustrés.RÉSERVEZ VOTRE VISITE
LA COLLECTION : VAN GOGH ACHETÉ EN 1902, GAUGUIN JAMAIS RENCONTRÉ
Dix Van Gogh, soixante-dix-huit GauguinEn janvier 1889, Van Gogh se peint l’oreille bandée sur une toile de 49,5 sur 44,2 centimètres. Fayet l’achète à Émile Schuffenecker le 21 mars 1902 et ne s’en sépare plus jusqu’à sa mort. Depuis 1937, l’Autoportrait à l’oreille bandée n’a plus été montré en France, et aucune exposition ne l’a emprunté depuis 1990. Dix tableaux de Van Gogh sont rassemblés ici, dont quatre que la France n’a pas vus depuis près de cent ans.
Vincent van Gogh, Autoportrait à l’oreille bandée, janvier 1889, huile sur toile, 49,5 × 44,2 cm, collection particulière © Peter Schälchli
Fayet et Paul Gauguin ne se sont jamais rencontrés : « J’aimerais bien faire votre connaissance, mais hélas ! Votre pays d’adoption est trop loin du nôtre », lui écrit le collectionneur en mai 1902. Installé en 1905 au 51 rue de Bellechasse à Paris, il consacre pourtant son salon au peintre et y reçoit Picasso, Matisse ou Ivan Morozov. Soixante-dix-huit œuvres de Gauguin sont présentées. Trois tableaux se retrouvent en France pour la première fois : Le Christ jaune (Buffalo AKG Art Museum), Portrait de l’artiste au Christ jaune (musée d’Orsay) et Le Calvaire breton (Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique). Les trois ont appartenu à Fayet et à deux amis avec qui il collectionnait Gauguin, George Daniel de Monfreid et Maurice Fabre. Le commissariat général revient à Sylvie Patry, qui avait déjà consacré une exposition à un marchand plutôt qu’à un peintre, « Paul Durand-Ruel. Le pari de l’impressionnisme », au musée du Luxembourg en 2014.
œuvres de Paul Gauguin présentées dans le parcours, dont trois tableaux réunis en France pour la première fois
« J’aimerais bien faire votre connaissance, mais hélas ! Votre pays d’adoption est trop loin du nôtre »
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FONTFROIDE : L’ABBAYE DE FAYET PRÊTE SON DÉCOR À PARIS
Le décor de la bibliothèque quitte l’abbayeLe 23 janvier 1908, Gustave et Madeleine Fayet achètent aux enchères l’abbaye de Fontfroide, près de Narbonne, et engagent la restauration de ce monastère cistercien laissé à l’abandon depuis 1901. Ce chantier explique en partie les ventes qui suivent : en 1908, Sergueï Chtchoukine acquiert deux Gauguin de la collection pour 47 000 francs. Odilon Redon y vient pour la première fois en octobre de la même année. C’est probablement lors d’une nouvelle visite, en mars 1910, que Fayet lui commande le décor de sa bibliothèque. Le peintre loue dès le mois d’avril un atelier à Paris, pour entamer les grands panneaux. Le Jour et La Nuit atteignent chacun 200 sur 650 centimètres ; peints à la détrempe, une technique à l’eau, ils forment avec Le Silence le décor de la bibliothèque.
francs versés par Sergueï Chtchoukine en 1908 pour deux Gauguin de la collection, l’année de l’achat de l’abbaye
Classés au titre des monuments historiques, les trois panneaux n’avaient jamais quitté l’abbaye, où ils sont conservés d’ordinaire : c’est la première fois qu’ils sont présentés au grand public. Fayet commande aussi des vitraux à Richard Burgsthal, rencontré grâce à Redon. Faute de verres qui lui conviennent dans le commerce, il finance à Bièvres la verrerie des Sablons, où ils sont coulés entre 1912 et 1924. Plusieurs d’entre eux, dont une rosace de 4,5 mètres de diamètre, ont été déposés et restaurés pour l’occasion. Pendant l’absence des panneaux, la bibliothèque de Fontfroide reçoit en échange des œuvres prêtées par la Fondation Louis Vuitton, dont deux tableaux de Bernard Frize et une pièce d’Omar Ba.
Odilon Redon, Le Jour, 1910–1911, détrempe sur toile, 200 × 650 cm, abbaye de Fontfroide, Narbonne, œuvre classée au titre des monuments historiques © Fondation Louis Vuitton / Nicolas Matheus
Focus sur l’œuvre
Les deux grands panneaux se font face d’un mur à l’autre de l’ancien dortoir des moines devenu bibliothèque, encastrés au milieu des rayonnages ; Le Silence, large d’un mètre à peine, coiffe la porte. Redon vient les achever sur place à l’automne 1911 et surveille leur mise en place. Le Jour lance un quadrige au-dessus d’une végétation flamboyante qui rappelle les Corbières : l’attelage reprend un groupe sculpté que Fayet avait acheté en 1908 pour le jardin de l’abbaye, réputé provenir de Vaux-le-Vicomte. Le jaune commande toute la composition, et les fleurs débordent sur les côtés. Le motif remonte plus haut encore : au plafond de la galerie d’Apollon peint par Delacroix au Louvre, dont Redon n’a gardé que les chevaux cabrés, le char et la figure du dieu.
LE CRÉATEUR : DU PAPIER BUVARD À UNE MANUFACTURE DE TAPIS
Des buvards peints aux tapis tissésFayet cesse de peindre à la fin de 1902 pour se consacrer à sa collection et à ses affaires. Il reprend le pinceau vers 1912, une dizaine d’années plus tard, et couvre chaque jour des feuilles de papier buvard – le papier qui absorbe l’encre – de motifs floraux aux frontières de l’abstraction. Le dernier niveau en réunit 90. Entre 1916 et 1921, plusieurs centaines de ces feuilles partent chez Paul Dumas, éditeur et marchand d’étoffes, qui les décline en papiers peints et en tissus.
En 1920, il fonde avec un associé l’Atelier de la Dauphine, qui transpose ces motifs en tapis. Jeanne Lanvin lui en commande quatre à l’automne 1923 pour son hôtel particulier ; Léon Losseau, cinq, livrés entre 1922 et 1925 pour le sien, à Mons. Dix-neuf tapis sont exposés avec leurs mises en carte, ces grands modèles préparatoires à l’aquarelle : une vingtaine ont été retrouvées et restaurées, dont une de 302 sur 289 centimètres. Le même niveau réunit cinquante-cinq céramiques de grès, produites à Béziers avec Louis Paul, peintre et sculpteur, et montrées chez Siegfried Bing en juin 1898.
aquarelles sur papier buvard réunies au dernier niveau du parcours, à l’origine des papiers peints, des tissus et des tapis
Gustave Fayet, Motif floral, 1912–1925, aquarelle sur papier buvard, 42 × 25 cm, collection particulière
Gustave Fayet, Louis Paul, Vase, 1896–1904, grès émaillé, 71 × 32 cm, collection particulière © Fondation Louis Vuitton / Nicolas Matheus
POURQUOI VOIR « GUSTAVE FAYET, COLLECTIONNEUR - CRÉATEUR » À LA FONDATION LOUIS VUITTON ?
L’exposition met côte à côte ce qu’un homme a acheté et ce qu’il a fabriqué, et le passage de l’un à l’autre tient parfois dans un même motif floral, repris d’un buvard sur un tapis. « Gustave Fayet, Collectionneur - Créateur » marque aussi la réouverture de la Fondation Louis Vuitton, dans le bois de Boulogne. Elle prolonge la série « Icônes de l’art moderne », après Chtchoukine, les Morozov et Courtauld. Le parcours s’ouvre au niveau le plus bas par une double introduction, au collectionneur puis au créateur, et la visite demande du temps.
Paul Gauguin, Le Christ jaune, 1889, huile sur toile, 92,07 × 73,34 cm, Buffalo AKG Art Museum, General Purchase Funds, 1946
Point de vue critique
Peint à Pont-Aven en 1889, Le Christ jaune transpose en plein champ un crucifix de bois polychrome du XVIIe siècle de la chapelle de Trémalo, entre trois paysannes bretonnes en coiffe agenouillées. Gauguin justifiait ce jaune par la vie isolée et la piété des paysans. Sa provenance dit le reste : Schuffenecker, Fayet, Paul Rosenberg en 1928, une confiscation allemande en 1940, une restitution à Rosenberg, puis Buffalo en 1946.
L’abbaye de Fontfroide, qui a prêté les panneaux de Redon, consacre elle aussi une exposition à son ancien propriétaire, « Gustave Fayet : symphonie décorative à Fontfroide », jusqu’au 17 janvier 2027. Le Jardin d’Acclimatation, voisin, est compris dans le même billet. Quant aux tapis, la scénographie les accroche au mur, comme au Pavillon de Marsan en 1926.
Commissariat et scénographie
- Commissariat
- Sylvie Patry (commissaire générale invitée, conservatrice générale du patrimoine), assistée de Yulia Kokurkina et Michèle KiefferAngeline Scherf (commissaire associée, Fondation Louis Vuitton), assistée de Cordélia de Brosses et Charlotte Lange
- Scénographie
- Robert Carsen (directeur artistique de l’exposition)
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Gustave Fayet, Collectionneur - Créateur » à la Fondation Louis Vuitton ?
L’exposition se tient du 9 octobre 2026 au 8 mars 2027. Hors vacances scolaires, la Fondation Louis Vuitton ouvre les lundi, mercredi et jeudi de 11h à 20h, le vendredi de 11h à 21h, les samedi et dimanche de 10h à 20h, et ferme le mardi. Pendant les vacances scolaires de la zone C, elle ouvre tous les jours de 10h à 20h, jusqu’à 21h le vendredi.
Où réserver ses billets pour « Gustave Fayet, Collectionneur - Créateur » à la Fondation Louis Vuitton ?
Les billets se réservent en ligne auprès de deux partenaires : Fnac, à partir de 19,20 € en plein tarif (11,70 € pour les adhérents, hors frais de transaction éventuels), et Tiqets, avec un Billet Premium à 22 € sans frais additionnels. Le billet donne accès à l’ensemble des espaces ouverts de la Fondation Louis Vuitton et au Jardin d’Acclimatation.
Combien de temps dure la visite de « Gustave Fayet, Collectionneur - Créateur » à la Fondation Louis Vuitton ?
La Fondation ne publie pas de durée de visite. Le parcours investit tous les niveaux du bâtiment, en 28 sections et plus de 767 œuvres et documents : mieux vaut prévoir large. L’accès est possible dans les 30 minutes qui suivent l’horaire indiqué sur le billet, et les galeries sont évacuées 15 minutes avant l’heure de fermeture.
Comment se rendre à la Fondation Louis Vuitton pour « Gustave Fayet, Collectionneur - Créateur » ?
Le plus simple est le métro ligne 1, station « Les Sablons », à 950 m du bâtiment, sortie Fondation Louis Vuitton. La ligne de bus 73 (La Garenne-Colombes « Charlebourg ») dessert également le secteur, et une station Vélib’ se trouve au Jardin d’Acclimatation. Une navette électrique relie la Fondation à la station Charles de Gaulle Étoile, sortie n°2, 44 avenue de Friedland : environ toutes les 20 minutes pendant les horaires d’ouverture, 2 € l’aller-retour sur présentation d’un billet individuel d’exposition. L’adresse est le 8 avenue du Mahatma Gandhi, 75116 Paris.
La Fondation Louis Vuitton est-elle accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Gustave Fayet, Collectionneur - Créateur » ?
Oui, le bâtiment est entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite et des ascenseurs desservent tous les étages. L’entrée est gratuite et prioritaire pour la personne en situation de handicap et son accompagnateur, sur présentation d’un justificatif ; elle se fait par la porte d’accès prioritaire, le parvis étant occupé par un dispositif de sécurité. Des fauteuils roulants et des sièges pliants sont disponibles au comptoir d’accueil dans la limite des stocks, et des assises sont réparties dans les galeries et sur les terrasses.
Y a-t-il des nocturnes pour « Gustave Fayet, Collectionneur - Créateur » à la Fondation Louis Vuitton ?
Oui : la Fondation reste ouverte jusqu’à 21h le vendredi, et jusqu’à 23h le premier vendredi de chaque mois. Ce créneau tardif du vendredi vaut aussi pendant les vacances scolaires de la zone C, où les autres jours ferment à 20h.
INFORMATIONS PRATIQUES
Horaires
- Hors vacances scolaires
- Lundi, mercredi et jeudi : 11h - 20h
- Vendredi : 11h - 21h
- Nocturne le 1er vendredi du mois jusqu’à 23h
- Samedi et dimanche : 10h - 20h
- Fermeture le mardi
- Vacances scolaires (zone C)
- Tous les jours : 10h - 20h, jusqu’à 21h le vendredi
- Galeries évacuées 15 minutes avant la fermeture
