Remember Me à la Bourse de Commerce
Remember Me
Deux siècles de photographie relus par la mémoire

Bourse de Commerce
L’EXPOSITION
« Remember Me » est une exposition présentée à la Bourse de Commerce à partir du 7 octobre 2026, à l’occasion des deux cents ans de la photographie. Elle rassemble quelque sept cents œuvres de plus de soixante-dix artistes de la Collection Pinault, des marines de Gustave Le Gray aux mises en scène de Cindy Sherman.
Deux mots empruntés à une œuvre de Barbara Kruger – « Remember Me », souviens-toi de moi – donnent à l’ensemble son titre et sa clé de lecture : la mémoire.Teaser © Bourse de Commerce – Pinault Collection
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UNE PREMIÈRE À LA BOURSE DE COMMERCE : LA MÉMOIRE POUR FIL CONDUCTEUR
Un accrochage inédit signé Matthieu HumeryLa Collection Pinault réunit plus de huit mille tirages, du milieu du XIXᵉ siècle à aujourd’hui, et couvre à peu près toutes les techniques et tous les genres du médium. Pour la première fois, la Bourse de Commerce lui consacre une exposition entière – et choisit de ne pas la raconter dans l’ordre. Le parcours avance sans chronologie, comme une fugue en musique : les images se répondent d’une époque et d’un genre à l’autre, autour d’une même question, celle du souvenir. Le commissariat est signé Matthieu Humery, conseiller en photographie de la Collection, avec Lola Regard, chargée de projets. Le projet part d’une idée simple : dès ses débuts, au XIXᵉ siècle, la photographie a servi à retenir ce qui s’efface. L’exposition se veut ainsi un hommage au médium, deux siècles après ses premiers pas.
Barbara Kruger, Untitled (Remember me), 1988/2020, vidéo monocanal sur panneau LED, son, 23 sec., 350,1 × 250,1 cm Courtesy de l’artiste et de Sprüth Magers. Pinault Collection.
Le titre de l’exposition, « Remember Me », vient d’une installation de Barbara Kruger, l’une des trois têtes d’affiche de l’événement. L’artiste américaine investit la Rotonde, le grand espace circulaire coiffé d’une coupole de verre qui forme le cœur du bâtiment. Tout autour, les vitrines du passage se changent en caissons lumineux où s’affichent des messages sur le souvenir, diffusés dans l’ensemble du musée et visibles jusque depuis les étages. Kruger a bâti son œuvre sur l’association des mots et des images ; ici, dès l’entrée, elle adresse au visiteur une invitation à se souvenir, qui donne le ton du reste.
Dès ses débuts, au XIXᵉ siècle, la photographie a servi à retenir ce qui s’efface.
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PENN ET DEPARDON À L’HONNEUR : LE STUDIO FACE À LA FRANCE
Le studio face aux routes de FranceDeux autres photographes disposent chacun de leur propre espace. Dans la Galerie 2, Irving Penn occupe une salle transformée, pour l’occasion, en « chambre de la mémoire » : une installation inédite y réunit plus de quatre cents tirages conservés par la Collection Pinault. Penn pensait chaque image comme un peintre, à coups de croquis et d’épreuves retravaillées, et notait au dos de ses tirages le titre, la qualité et jusqu’aux produits chimiques employés. Son Cuzco Children, présenté ici en trois techniques de tirage différentes, résume ce soin porté à la matière : une même photographie, trois façons de la faire exister sur le papier.
tirages d’Irving Penn réunis dans la « chambre de la mémoire » de la Galerie 2
Dans la Galerie 3, Raymond Depardon prend le contre-pied. Pas de studio, mais la France de province – ses commerces, ses cafés, ses maisons et ses places –, photographiée à la chambre, ce grand appareil monté sur trépied, en couleur et en grand format. Sa série sur le territoire français dresse le portrait d’un pays qui s’efface peu à peu : familier pour les uns, presque d’un autre temps pour les plus jeunes. D’un côté la précision de l’atelier, de l’autre le regard du reportage : deux façons opposées de retenir le réel, réunies par la même idée de mémoire.
Irving Penn, Cuzco Children, 1948, tirage (trois techniques présentées dans l’exposition) © The Irving Penn Foundation
Focus sur l’œuvre
Prise en décembre 1948, cette image naît d’un détour : après un reportage de mode pour Vogue au Pérou, Penn s’attarde à Cuzco, ancienne capitale inca perchée dans les Andes, où il loue le studio d’un photographe local. Il y travaille pendant les fêtes de Noël, quand les habitants des environs affluent en ville pour vendre leur artisanat. Parmi les portraits réalisés en trois jours, ce cliché de deux enfants paraît dans Vogue en 1949 sous le titre « Christmas at Cuzco ». De ce séjour péruvien, Penn rapporte l’un des portraits les plus célèbres de sa carrière.
UN PARCOURS EN FORME DE JEU : DES DOMINOS AU CARRÉ NOIR
Jouer avec les images comme au rébusLe reste de l’exposition se déploie au deuxième étage, en sections thématiques plutôt qu’en salles chronologiques : la sérialité – les images déclinées en séries –, la composition, le portrait, la disparition. L’idée est de faire jouer les images entre elles, comme au domino ou au rébus, en laissant le visiteur les rapprocher lui-même. Le parcours s’ouvre d’ailleurs sur une photographie d’Edward Steichen, où des mains mêlent des dominos, mise en parallèle avec un appareil photo de Richard Avedon saisi par l’objectif d’Annie Leibovitz. La règle du jeu est posée d’emblée ; une première section consacrée à l’œil place ensuite le visiteur au centre du dispositif.
À l’autre bout, le parcours se referme sur une œuvre de Man Ray au titre trompeur, Ma dernière photographie : sous ce nom se cache non pas une photo, mais une peinture – un simple carré noir peint sur carton. Finir sur une image abstraite fait écho à la forme ronde du lieu. La Bourse de Commerce, ancienne halle aux blés transformée par Tadao Ando, est devenue en 2021 le musée parisien de la Collection Pinault. Entre les deux, les images se répondent librement, sans souci d’époque ni de genre – les hommes d’August Sander, par exemple, y croisent la relecture qu’en propose Sherrie Levine.
Man Ray, Ma dernière photographie, 1929, peinture sur carton © Man Ray 2015 Trust / ADAGP, Paris
Point de vue critique
Peu d’œuvres résument aussi bien le pari de l’exposition. Man Ray signe ici une image qui ne donne rien à voir et tout à lire : son titre accomplit ce que la surface refuse. L’objet appartient à une poignée de pièces radicales, longtemps restées privées, où l’artiste pousse la photographie jusqu’à sa négation. Le geste est aussi ambitieux qu’exigeant : il laisse une part du public sur le seuil, mais récompense qui accepte d’aller au bout du jeu.
LA FABRIQUE DE L’IMAGE : UNE PHOTOGRAPHIE, TROIS FORMATS
Une même image en trois formatsL’une des sections du parcours, « La fabrique de l’image », entre dans l’atelier du photographe pour montrer qu’une même photographie n’est jamais tout à fait la même selon la façon dont elle est tirée. La taille, le grain, le cadrage : autant de variables qui modifient ce que l’œil retient. La matérialité du tirage devient ici un sujet à part entière, prolongeant la recherche sur la matière déjà à l’œuvre chez Irving Penn.
Le meilleur exemple en est Dovima with Elephants, de Richard Avedon, montrée en trois dimensions différentes. Selon la taille, la perception de l’image change au point que le photographe lui-même n’a jamais su en préférer une aux deux autres : il a fini par conserver les trois. La photographie, censée fixer un instant unique, se met alors à exister en plusieurs versions.
Après une première salle consacrée à « L’œil », le parcours enchaîne les sections thématiques : « La fabrique de l’image », « L’art de la composition », « La disparition » ou encore « Memento mori ».
Richard Avedon, Dovima with Elephants, 1955, tirage gélatino-argentique © The Richard Avedon Foundation
Focus sur l’œuvre
Réalisée en août 1955 pour Harper’s Bazaar, Dovima with Elephants est l’une des images les plus célèbres de la photographie de mode. Avedon y photographie le mannequin Dovima entre les éléphants du Cirque d’Hiver, à Paris, vêtue d’une robe du soir de la maison Dior – l’une des toutes premières dessinées, à dix-neuf ans, par Yves Saint Laurent, alors assistant du couturier. En découvrant les animaux sous l’immense verrière, il sait aussitôt qu’il tient là une image de rêve. Le contraste entre la silhouette couture et la masse des bêtes en a fait une icône.
POURQUOI VOIR « REMEMBER ME » À LA BOURSE DE COMMERCE ?
C’est l’occasion de traverser deux siècles de photographie en une seule visite, sans cours d’histoire ni ordre chronologique. À partir du 7 octobre 2026, la Bourse de Commerce présente pour la première fois l’ensemble de son fonds photographique – quelque sept cents œuvres de la Collection Pinault – et le donne à voir comme un jeu de correspondances, d’une époque et d’un genre à l’autre. Vous y croiserez les trois têtes d’affiche de l’événement : Barbara Kruger dans la Rotonde, Irving Penn côté studio, Raymond Depardon sur les routes de France.
Le parcours va jusqu’à la dernière image de Werner Bischof, retrouvée sur sa pellicule après sa mort. L’ensemble est vaste – réparti dans tout le bâtiment –, à parcourir sans se presser. Le cadre fait d’ailleurs partie de la visite : l’exposition investit le musée entier, jusque sous la coupole de verre de la Rotonde, au cœur du monument réaménagé par Tadao Ando.
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Remember Me » à la Bourse de Commerce ?
« Remember Me » est présentée à la Bourse de Commerce à partir du 7 octobre 2026. Le musée ouvre de 11h à 19h, tous les jours sauf le mardi, avec une nocturne le vendredi jusqu’à 21h.
Où réserver ses billets pour « Remember Me » à la Bourse de Commerce ?
Le billet à la Bourse de Commerce se réserve en ligne avec créneau horaire, notamment via notre partenaire Tiqets, à partir de 15 € en plein tarif et sans frais additionnels. Le tarif réduit est de 10 € (18-26 ans et autres réductions) et l’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans.
Combien de temps dure la visite de « Remember Me » à la Bourse de Commerce ?
Aucune durée n’est imposée. Répartie dans tout le bâtiment – de la Rotonde aux galeries et au deuxième étage –, l’exposition se parcourt librement. Prévoyez large pour prendre le temps de faire dialoguer les quelque sept cents œuvres présentées.
Comment se rendre à la Bourse de Commerce pour « Remember Me » ?
La Bourse de Commerce se situe au 2 rue de Viarmes, dans le 1er arrondissement. En métro, la station la plus proche est Les Halles (ligne 4, sortie 8), puis Louvre-Rivoli (ligne 1) et Châtelet (lignes 1, 7, 11 et 14). Le RER A, B et D dessert Châtelet-Les Halles, et les bus 74 et 85 s’arrêtent devant le musée.
La Bourse de Commerce est-elle accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Remember Me » ?
Oui. L’accès principal piétonnier, au 2 rue de Viarmes, est accessible à toutes et tous. La station Châtelet-Les Halles (RER A, B et D) dispose d’ascenseurs jusqu’au parvis et toutes les lignes de bus sont équipées de rampes. Des places GIG/GIC et un dépose-minute (sur demande au moins 24h à l’avance) sont prévus à proximité.
Y a-t-il des nocturnes pour « Remember Me » à la Bourse de Commerce ?
Oui. Le musée propose une nocturne le vendredi jusqu’à 21h. Et le premier samedi de chaque mois, l’entrée est gratuite de 17h à 21h, sans réservation.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Du lundi au dimanche : 11h - 19h
- Nocturne le vendredi jusqu’à 21h
- Fermeture le mardi et le 1er mai
- Nocturne gratuite les premiers samedis du mois : 17h - 21h
