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Fragile beauté au Jeu de Paume

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Présentation
Photographie

Fragile beauté

La collection photographique intime d’Elton John et David Furnish

Fragile beauté – Jeu de Paume

Jeu de Paume

L’EXPOSITION

« Fragile beauté » est une exposition présentée au Jeu de Paume, à Paris, du 12 juin au 27 septembre 2026, qui réunit plus de trois cents tirages puisés dans la collection photographique constituée par Sir Elton John et son mari David Furnish, où la beauté va rarement sans une part de fragilité.

C’est en 1991, peu après avoir arrêté l’alcool et la drogue, que Sir Elton John s’est mis à collectionner la photographie, devenue sa seconde passion après la musique. Cet ensemble privé compte aujourd’hui plus de sept mille images : le parcours en retient une sélection, répartie en cinq sections.

Exposition « Fragile beauté » | Teaser © Jeu de Paume

RÉSERVEZ VOTRE VISITE

Également au Jeu de Paume

« Madeleine de Sinéty » est la première rétrospective consacrée à cette photographe autodidacte (1934–2011), dont les images, en couleur comme en noir et blanc, couvrent quatre décennies, de la France aux États-Unis. On y découvre notamment La Charrette de pommes, Poilley et Meatpacking District, Manhattan, New York. Du 12 juin au 27 septembre 2026.

Inclus dans votre billet.

Exposition « Madeleine de Sinéty »

L’ŒIL DU COLLECTIONNEUR : DE LA MODE AUX STARS

Des studios de mode aux icônes de Hollywood

Tout a commencé par la mode. En 1991, un galeriste de Los Angeles fait découvrir au chanteur trois photographes de studio en noir et blanc – Irving Penn, Herb Ritts et Horst P. Horst – dont les tirages figurent parmi les tout premiers de la collection. Passionné plutôt que spéculateur, Elton John choisit les images pour l’émotion qu’elles suscitent et vit entouré d’elles dans ses différentes maisons ; Irving Penn sera le premier photographe dont le couple réunit l’œuvre en profondeur. La section consacrée à la mode déroule ensuite cette histoire, des studios glamour de l’après-guerre parisien jusqu’à la mode de rue d’aujourd’hui, plus attentive au vêtement fait maison qu’aux mannequins professionnels.

Melvin Sokolsky – Over New York

Melvin Sokolsky, Over New York, 1963, tirage gélatino-argentique © Melvin Sokolsky, courtesy of Fahey/Klein Gallery, Los Angeles.

Une autre section rassemble les icônes de la scène, de l’écran et du studio, de l’âge d’or d’Hollywood aux grandes voix de la musique. Ce sont des visages qui ont façonné la culture du XXe siècle : Marilyn Monroe et Doris Day y voisinent avec Elvis Presley, le « roi du rock », ou avec le trompettiste de jazz Chet Baker.

Passionné plutôt que spéculateur, Elton John choisit les images pour l’émotion qu’elles suscitent.

L’INTIME : DÉSIR, CORPS ET IDENTITÉS

Le désir, le corps et ses fragilités

Le cœur de la collection est plus intime. Une section explore le désir et la représentation du corps masculin : de l’évocation retenue des studios des années 1950 aux images explicites d’aujourd’hui. Longtemps jugées provocantes, les œuvres homoérotiques – qui donnent à voir le désir entre hommes – y sont pleinement assumées. On y croise Robert Mapplethorpe et Peter Hujar, dont les premières années coïncident, aux États-Unis, avec le combat naissant pour les droits des personnes homosexuelles. L’épidémie de sida, vers le milieu de la décennie 1980, rend plus pressant encore le besoin de sortir de l’ombre une communauté longtemps tenue à l’écart. La section fait aussi place aux militants d’Act Up, mouvement de lutte contre le sida.

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tirages Cibachrome composent Thanksgiving, l’installation que Nan Goldin réalise de 1973 à 1999

C’est aussi le sens de la section qui donne son titre à l’exposition, « Fragile beauté ». Deux photographes en forment le noyau : Robert Mapplethorpe, de nouveau, et Nan Goldin. De cette dernière, le parcours présente Thanksgiving, une installation de cent quarante-neuf tirages Cibachrome – un procédé de tirage couleur – pensés pour couvrir un mur du sol au plafond ; l’artiste l’a composée de 1973 à 1999, comme une plongée dans sa vie et celle de ses proches, entre Boston et New York. Autour d’elle, d’autres images disent la même fragilité : des jeunes gens photographiés en marge, l’actrice transgenre Candy Darling sur son lit d’hôpital, ou les portraits de travailleurs du sexe de Philip-Lorca diCorcia.

Nan Goldin – Anthony by the sea, Brighton, England

Nan Goldin, Anthony by the sea, Brighton, England, 1979, tirage Cibachrome © Nan Goldin. Courtesy de l’artiste et de la galerie Gagosian

Focus sur l’œuvre

Ici, Anthony est assis dans l’embrasure d’une fenêtre en saillie ouverte sur la mer, à Brighton : l’intérieur sombre tranche avec la lumière du large, tandis qu’une étoffe rouge éclate au premier plan. L’image prolonge le Ballad of Sexual Dependency, ce journal intime que Goldin donne à lire à travers ses proches. Le procédé Cibachrome, prisé dans les années 1980-1990, en sature les couleurs d’un éclat presque métallique. Le tirage appartient à l’installation Thanksgiving, dont l’accrochage du sol au plafond compose le récit d’une génération que le sida allait frapper de plein fouet.

LE REPORTAGE : L’HISTOIRE À VIF

L’histoire récente, des droits civiques aux flammes

Reste le versant documentaire de la collection. Le photojournalisme, que le couple collectionne avec passion, ouvre sur les années 1960 et le mouvement des droits civiques – une période chère à Elton John –, quand la jeunesse américaine se mobilise contre la ségrégation dans le Sud. La sélection embrasse aussi les grands chocs de l’histoire récente, jusqu’aux attentats du 11 septembre 2001. Parmi ces images, une photographie que Pirkle Jones consacre en 1968 aux Black Panthers.

Cette section rappelle également que la collection reste vivante. Certaines œuvres, acquises depuis la présentation au Victoria and Albert Museum, sont montrées pour la première fois au Jeu de Paume ; parmi elles, une photographie des incendies qui ont ravagé Los Angeles en janvier 2025. Une première partie de cet ensemble, consacrée à la photographie moderniste de la première moitié du XXe siècle, avait déjà été présentée à la Tate Modern de Londres en 2016 ; le parcours d’aujourd’hui en prend la suite, de 1950 à nos jours. Plus de trente ans après ses débuts, la collection de Sir Elton John et David Furnish continue ainsi de regarder le présent autant que le passé, fidèle à son titre : une beauté qui, des studios de mode aux flammes de Californie, tient toujours à un fil.

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Dès décembre 1968, l’essai photographique de Pirkle Jones et Ruth-Marion Baruch sur les Black Panthers était présenté au de Young Museum de San Francisco, où il attira des foules.

Pirkle Jones – Black Panthers from Sacramento, Free Huey Rally

Pirkle Jones, Black Panthers from Sacramento, Free Huey Rally, 1968, tirage gélatino-argentique © The Regents of the University of California. Courtesy Special Collections, University Library, University of California, Santa Cruz. Ruth-Marion Baruch and Pirkle Jones Photographs.

FIRE ISLAND : L’AUTRE VISAGE DU DÉSIR

Une utopie balnéaire queer, solaire et fragile

Entre 1975 et 1983, l’Américain Tom Bianchi photographie au Polaroid SX-70 ses amis à Fire Island Pines, petite communauté balnéaire gay située à une cinquantaine de kilomètres de New York. À une époque où l’homosexualité reste criminalisée dans une grande partie des États-Unis, ce cordon de sable offre un rare refuge, où Bianchi saisit fêtes, baignades et instants d’intimité.

Restées une trentaine d’années dans des boîtes, ces images ne sont publiées qu’en 2013. Face à l’installation de Nan Goldin, la Polaroid de Bianchi fait entendre un autre versant du désir : solaire et communautaire, mais tout aussi fragile, car cette exubérance précède de peu les années sida.

Tom Bianchi – Untitled, 368, Fire Island Pines

Tom Bianchi, Untitled, 368, Fire Island Pines, 1975–1983, Polaroid SX-70 © Tom Bianchi courtesy of Fahey Klein Gallery, Los Angeles

POURQUOI VOIR « FRAGILE BEAUTÉ », LA COLLECTION DE SIR ELTON JOHN ET DAVID FURNISH, AU JEU DE PAUME ?

« Fragile beauté » donne à voir la photographie par le goût très personnel d’un couple de collectionneurs, plutôt que par une histoire de l’art : on y suit des obsessions et une manière d’aimer les images. Le parcours passe des portraits de stars – Marilyn Monroe, Elvis Presley, Miles Davis – aux images du désir et de l’intime, puis aux grands moments de l’histoire récente, des droits civiques au 11 septembre 2001.

Harley Weir – Boys Don’t Cry, Senegal

Harley Weir, Boys Don’t Cry, Senegal, 2015, tirage Fujicolor crystal archive © Harley Weir

Point de vue critique

Image de couverture de l’exposition, ce cliché réalisé à Dakar pour la revue Boys Don’t Cry de Frank Ocean condense le fil rouge du parcours. Harley Weir, photographe britannique formée à Central Saint Martins, fait tenir dans un même cadre l’éclat et la vulnérabilité : un visage juvénile, un emballage rose qui coiffe et protège. La beauté contemporaine y affleure, fragile, exactement là où le titre de la collection la cherche.

L’exposition reprend celle présentée à Londres, au Victoria and Albert Museum, en 2024–2025, augmentée d’œuvres récentes montrées pour la première fois au Jeu de Paume. Certaines images, explicites ou dures, peuvent heurter la sensibilité, notamment celle des plus jeunes : le parcours s’adresse plutôt à un public adulte. Au Jeu de Paume, place de la Concorde, l’exposition reste ouverte jusqu’au 27 septembre 2026 ; prévoyez un moment, tant la sélection est riche.

Camille, Rédactrice culture

L’avis de Camille

Rédactrice culture

Ce qui tient cette collection n’est pas une histoire de l’art, mais un goût très personnel, celui d’un couple qui aime les images pour ce qu’elles remuent. De là son unité : des icônes de Hollywood au mur des cent quarante-neuf tirages de Nan Goldin, une même idée revient, celle d’une beauté inséparable de la fragilité. La sélection assume cette part intime au lieu de la lisser. Pour ce regard cohérent, la visite est recommandée.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Quand a lieu « Fragile beauté » au Jeu de Paume ?

« Fragile beauté » se tient au Jeu de Paume du 12 juin au 27 septembre 2026. Le musée ouvre le mardi de 11h à 21h et du mercredi au dimanche de 11h à 19h ; il est fermé le lundi.

Où réserver ses billets pour « Fragile beauté » au Jeu de Paume ?

Le billet pour « Fragile beauté » au Jeu de Paume se réserve en ligne via notre partenaire Tiqets, sans frais additionnels. Le tarif plein est de 14 €, le tarif réduit de 9,50 €, et l’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans.

Combien de temps dure la visite de « Fragile beauté » au Jeu de Paume ?

Le Jeu de Paume ne communique pas de durée officielle. Comptez toutefois un bon moment : cinq sections et plus de trois cents tirages composent le parcours, dont la richesse invite à ne pas presser la visite.

Comment se rendre au Jeu de Paume pour « Fragile beauté » ?

Le Jeu de Paume se situe 1 place de la Concorde, dans le jardin des Tuileries (Paris 1er). En métro, la station Concorde (lignes 1, 8 et 12) dessert directement le musée, à quelques pas de l’entrée.

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu
Jeu de Paume
1 place de la Concorde, Jardin des Tuileries
75001 Paris
Itinéraire ↗
Horaires
  • Lundi : fermé
  • Mardi : 11h - 21h
  • Du mercredi au dimanche : 11h - 19h
  • Fermé les 1er janvier, 1er mai, 14 juillet et 25 décembre
  • Les 24 et 31 décembre : fermeture à 17h
Tarifs
Tiqets
Adulte : 14 €
Tarif réduit : 9,50 €
Moins de 18 ans : Gratuit
Informations
Tarif -25 ans / étudiant : 7,50 € (en semaine)
Gratuit pour les moins de 18 ans et les personnes handicapées, sur présentation d’un justificatif
Billet valable uniquement pour le créneau horaire choisi
Billets ni modifiables ni remboursables
Accès
🚇 Métro
Lignes 1, 8 et 12 – station « Concorde »

#ExpositionParis #EltonJohn #DavidFurnish #Photographie