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Sous toutes les coutures au Musée Postal

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Présentation
Histoire

Sous toutes les coutures

Deux siècles d’histoire sociale racontés par les habits du travail

Sous toutes les coutures · Le vêtement au travail – Musée Postal

Musée Postal

L’EXPOSITION

« Sous toutes les coutures · Le vêtement au travail » est une exposition présentée au Musée Postal, anciennement Musée de La Poste, à Paris, du 8 avril au 22 septembre 2026 : elle raconte deux siècles d’histoire sociale à travers les habits du métier, soit plus de cinq cents pièces textiles, du costume de postillon de 1786 – l’agent à cheval de la poste royale – jusqu’aux uniformes éco-conçus portés aujourd’hui.

Pour la première fois, le musée – qui a repris en 2026 son nom historique de 1946 – puise dans ses propres collections. Le parcours se déroule en trois temps : l’uniforme comme signe d’autorité, la lente naissance du vêtement de protection, puis la rencontre récente entre maisons de couture et service public.

Exposition « Sous toutes les coutures · Le vêtement au travail » | Teaser © Musée Postal

RÉSERVEZ VOTRE VISITE

PARURES D’AUTORITÉ : l’uniforme, langage du pouvoir

L’uniforme, du modèle militaire au sigle civil

Tout commence par un portrait. Le Portrait de Georges Anthony, maître de poste à Gray, peint en 1798 par Pierre-Paul Prud’hon – peintre de la fin du XVIIIᵉ siècle –, montre ce postier sanglé dans son habit réglementaire ; la toile est prêtée par le musée des Beaux-Arts de Dijon. Douze ans plus tôt, en 1786, Louis XVI avait réglementé l’habit des employés des relais de poste : l’un des premiers uniformes civils, porté par des agents qui ne sont ni soldats ni domestiques.

Pierre-Paul Prud’hon – Portrait de Georges Anthony, maître de poste à Gray

Pierre-Paul Prud’hon, Portrait de Georges Anthony, maître de poste à Gray, 1798, huile sur toile, Musée des Beaux-arts de Dijon © Musée des Beaux-Arts de Dijon / François Jay

Puis l’uniforme se « civilise » : au XXᵉ siècle, les ornements s’allègent et les sigles prennent la place des cocardes.

Conçu par les deux commissaires de l’exposition, Didier Filoche et Elodie Goëssant – qui veillent sur les collections d’histoire postale –, le parcours montre comment, tout au long du XIXᵉ siècle, ce vêtement d’État emprunte tout à l’armée : cocardes tricolores, galons dorés, boutons rutilants. Le Second Empire (1852-1870) en accentue encore le caractère martial pour l’ensemble des fonctionnaires, et sous la IIIᵉ République les couleurs deviennent un langage – le kaki, le bleu de roi ou le rouge garance disent une fonction, un grade, une appartenance. Puis l’uniforme se « civilise » : au XXᵉ siècle, les ornements s’allègent et les sigles prennent la place des cocardes. La veste de facteur de ville, modèle 1905, en drap de laine, garde la mémoire de cette filiation militaire.

PARURES DE PROTECTION : le bleu de travail et les grandes oubliées

La lente invention du vêtement de travail

Pendant longtemps, aucun habit n’est pensé spécialement pour le travail : les travailleurs superposent les chemises, ajoutent des plastrons, improvisent des protections. La blouse de campagne change la donne. Ample et solide, prisée des cultivateurs dès les années 1830, elle gagne tout le pays et se prête déjà à une fabrication en série. À la fin du XIXᵉ siècle, l’industrialisation, un souci nouveau de l’hygiène et de premières normes font naître un vêtement de travail à part entière, que des fabricants comme La Belle Jardinière, ancêtre de nos grands magasins, vendent par correspondance. Le bleu de l’ouvrier, lui, deviendra l’emblème du monde ouvrier ; mais sa diffusion reste lente : en 1960 encore, 87 % des sociétés françaises n’en équipent pas leurs employés.

87 %

des entreprises françaises ne fournissaient toujours pas de bleu de travail à leurs employés en 1960

Dans toute cette histoire, les femmes restent longtemps les grandes absentes. En 1900, en dehors des religieuses, des infirmières et des domestiques, la plupart des travailleuses n’ont droit à aucune dotation et gardent leur propre tablier. La Première Guerre mondiale ouvre une brève parenthèse : une blouse-pantalon est même inventée pour les ouvrières des usines d’armement, avant de leur être retirée une fois la paix revenue. Un catalogue professionnel des années 1960 réserve encore vingt-sept de ses trente pages aux hommes. Il faudra la loi de 1975, qui garantit aux femmes l’égal accès aux concours publics, pour que l’uniforme, devenu plus neutre, habille les deux sexes à égalité.

Costume des facteurs ruraux, 1830

Anonyme, Costume des facteurs ruraux, 1830, lithographie et rehauts à l’aquarelle, coll. Musée Postal, Paris - La Poste © Musée Postal, Paris - La Poste / Tous droits réservés, 2025

Focus sur l’œuvre

Cette planche de 1830, exécutée en lithographie rehaussée à l’aquarelle, documente le costume des facteurs ruraux à une époque où le vêtement de travail n’existe pas encore comme catégorie. Conservée au Musée Postal, elle fixe l’apparence de ces agents des campagnes, de la coupe aux accessoires de la tournée, et constitue un témoignage visuel précieux sur le vestiaire postal du premier XIXᵉ siècle, avant l’essor de la confection en série.

UNE NOUVELLE ÈRE : la haute couture habille le service public

Quand la couture habille le service public

À partir des années 1980, le vestiaire professionnel se réinvente. Inspirées par l’élégance d’Air France, habillée par Dior, les grandes administrations font appel aux couturiers : Balenciaga, Balmain ou Carven apposent leur griffe sur les tenues du service public. En 1986, La Poste organise un concours pour renouveler l’habit du facteur ; douze stylistes y participent, et c’est Fanchon Le Fouler qui l’emporte, signant une silhouette qui marquera durablement le métier. Le parcours distingue d’ailleurs deux familles d’habits : le « vêtement d’image », porté face au public, et l’« habit de travail » des métiers de l’arrière.

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Aujourd’hui, la tenue de travail répond à d’autres enjeux : confort, image de marque, écologie. La Poste a introduit dès les années 2000 le commerce équitable, avec le fabricant Armor Lux, et depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 la loi impose aux entreprises de recycler leurs tenues usagées. Les coupes, elles, se sont faites unisexes : ce que l’obligation imposait autrefois, c’est désormais l’adhésion qui l’obtient, avec des vêtements jugés plus confortables et plus pratiques. Du costume contraint de 1786 au vestiaire choisi d’aujourd’hui, c’est tout un chemin que retrace le parcours.

Fanchon Le Fouler – Concours La nouvelle tenue des facteurs

Fanchon Le Fouler, Concours « La nouvelle tenue des facteurs », projet Fanchon Le Fouler, 1987, tirage argentique, coll. Musée Postal, Paris - La Poste © Musée Postal, Paris - La Poste / Tous droits réservés, 2025

LE VÊTEMENT DE TRAVAIL AU PRÉSENT

Le vestiaire postal saisi sur le vif

Au terme de ce parcours historique, une photographe contemporaine ramène le vêtement de travail à sa réalité vécue. Sophie Brändström, née à Stockholm en 1962 et installée en France, suit les postiers dans leur quotidien, loin de la solennité des uniformes de vitrine.

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Son travail documentaire, mené au long cours auprès des travailleurs et de leurs savoir-faire, observe les gestes, les corps et les tenues en situation. La série « En tournée avec les postiers », réalisée en 2018, saisit l’habit non plus comme signe d’autorité ou objet de collection, mais comme outil porté, usé et habité au fil des tournées.

Sophie Brändström – En tournée avec les postiers

Sophie Brändström, En tournée avec les postiers, 2018, photographie numérique, coll. Musée Postal, Paris - La Poste © Musée Postal, Paris - La Poste / Sophie Brändström, 2025

POURQUOI VOIR « SOUS TOUTES LES COUTURES · LE VÊTEMENT AU TRAVAIL » AU MUSÉE POSTAL ?

Voir comment un vêtement tout simple – la veste du facteur, le bleu de l’ouvrier – raconte deux siècles de pouvoir, de luttes et d’égalité. « Sous toutes les coutures » réunit uniformes, blouses et créations de couturiers, complétés par des prêts d’institutions comme la BNF, le musée d’Orsay ou le musée des Beaux-Arts de Dijon. Au fil du parcours surgit une histoire très humaine, celle des femmes longtemps tenues à l’écart : pendant plus d’un siècle, elles n’ont pas eu de vestiaire professionnel à elles.

Veste et képi de facteur de ville, modèle 1905

Anonyme, Veste et képi de facteur de ville, modèle 1905, drap de laine, passepoils, cuir, laiton, coll. Musée Postal, Paris - La Poste © Musée Postal, Paris - La Poste / Tous droits réservés, 2025

Point de vue critique

Taillés dans le drap de laine, cette veste de facteur de ville et son képi condensent l’héritage martial de l’uniforme civil. Le col rouge, les passepoils et les boutons de laiton brillants empruntent leurs codes à l’armée, dont s’inspire le vestiaire des fonctionnaires tout au long du XIXᵉ siècle. Emblème du parcours, la pièce dit la lente civilisation de l’habit, avant que les sigles ne remplacent les cocardes.

Dès le hall, un ancien casier de tri postal et des vêtements transformés en pièces artistiques donnent le ton. Le parcours, dense mais lisible, se visite volontiers en famille, le musée proposant contes et ateliers pour les enfants. Le tout au Musée Postal, qui fête en 2026 ses 80 ans et présente en parallèle, jusqu’au 13 juillet, « Toutes Marianne(s) », une série de 92 portraits de femmes.

Camille, Rédactrice culture

L’avis de Camille

Rédactrice culture

Raconter deux siècles d’évolutions sociales par le seul vêtement de métier tient surtout à un fil discret : l’absence d’un vestiaire féminin pendant plus d’un siècle, qui traverse les trois temps du parcours. Le costume de postillon de 1786 et les tenues recyclées d’aujourd’hui dessinent une trajectoire concrète, jamais abstraite. La greffe, plus récente, entre couturiers et service public ajoute une part de surprise. Dense et lisible, à voir.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Quand a lieu « Sous toutes les coutures · Le vêtement au travail » au Musée Postal ?

L’exposition se tient du 8 avril au 22 septembre 2026 au Musée Postal. Le musée est ouvert de 11h à 18h, tous les jours sauf le mardi.

Où réserver ses billets pour « Sous toutes les coutures · Le vêtement au travail » au Musée Postal ?

Les billets se réservent en ligne via notre partenaire Tiqets, au tarif plein de 11 € (sans frais additionnels). L’entrée est gratuite pour les moins de 26 ans.

Combien de temps dure la visite de « Sous toutes les coutures · Le vêtement au travail » au Musée Postal ?

Le parcours se déroule en trois temps autour de plus de cinq cents pièces textiles. Dense mais lisible, il se visite volontiers en famille ; prévoyez environ une heure, à moduler selon votre rythme.

Comment se rendre au Musée Postal pour « Sous toutes les coutures · Le vêtement au travail » ?

Le Musée Postal se situe au 34 boulevard de Vaugirard, dans le 15ᵉ arrondissement. En métro, les lignes 4, 6, 12 et 13 desservent la station Montparnasse-Bienvenüe (sortie n°2), les lignes 6 et 12 la station Pasteur, et la ligne 12 la station Falguière. Les bus 28, 39, 88, 89, 91, 92, 94, 95 et 96 s’arrêtent à « Musée Postal ».

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu
Musée Postal
34 boulevard de Vaugirard, 75015 Paris
Horaires
  • Ouvert de 11h à 18h
  • Fermé le mardi
  • Fermé les 1ᵉʳ janvier, 1ᵉʳ mai et 25 décembre
Tarifs
Tiqets
Adulte (Expo) : 11 €
Moins de 26 ans : Gratuit
Informations
Le billet donne accès à l’ensemble du musée et de ses services
Conditions
Entrée gratuite pour les moins de 26 ans, les personnes en situation de handicap, les bénéficiaires de prestations sociales, les enseignants, les détenteurs de la carte ICOM & Culture et les journalistes
Réductions sur place pour les seniors et le personnel de l’AP-HP
Billet non remboursable
Accès
🚇 Métro
Lignes 4, 6, 12 et 13 – station « Montparnasse-Bienvenüe » (sortie n°2)
Lignes 6 et 12 – station « Pasteur »
Ligne 12 – station « Falguière »
🚌 Bus
Lignes 28, 39, 88, 89, 91, 92, 94, 95 et 96 – arrêt « Musée Postal »

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