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Hugo et l’architecture à la Maison de Victor Hugo

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Présentation
Art moderne

Hugo et l’architecture

Victor Hugo, l’écrivain qui dessinait la pierre

Hugo et l’architecture – Maison de Victor Hugo

Maison de Victor Hugo

L’EXPOSITION

« Hugo et l’architecture. De la pierre à la plume » est l’exposition que la Maison de Victor Hugo consacre au poète du 11 juin au 22 novembre 2026 : elle réunit quelque cent soixante œuvres sur papier, du croquis de voyage aux architectures rêvées, et suit le motif de la pierre à travers ses dessins comme à travers ses livres.

On connaît Victor Hugo l’écrivain et le défenseur des monuments ; on sait moins qu’il fut un dessinateur infatigable, obsédé sa vie durant par les donjons, les clochers et les ruines. Confiée à la conservatrice Alexandrine Achille, l’exposition se referme dans l’appartement que le poète occupa place des Vosges.

RÉSERVEZ VOTRE VISITE

LA PIERRE ET LE MOT : Notre-Dame de Paris et le combat pour le patrimoine

Quand la pierre devient récit

Chez Victor Hugo, un vieux mur porte autant de mémoire qu’une page écrite. Le chapitre « Ceci tuera cela », inséré au cœur de Notre-Dame de Paris (1831), noue cette idée en une formule restée célèbre. L’imprimé, redoute l’écrivain, menace de détrôner la cathédrale, ce grand livre de pierre où les siècles avaient jusque-là gravé leur histoire. Dans le roman, l’édifice cesse d’être un décor pour devenir un personnage à part entière – la cathédrale respire, veille, souffre –, et ce nœud entre bâtir et raconter se retrouve d’un livre à l’autre, du Paris médiéval aux rivages des Travailleurs de la mer.

Victor Hugo – Le gai château

Victor Hugo, Le gai château, vers 1847, plume, pinceau, crayon, gratté, pochoir, encre, sur carton CC0 Paris Musées / Maisons de Victor Hugo

Cet attachement se double d’un combat très concret. Dès 1825, le pamphlet « Guerre aux démolisseurs » s’élève contre la destruction des monuments anciens, à une époque où spéculateurs et municipalités rasent sans scrupule églises et châteaux médiévaux. Hugo y invente une figure qui lui collera à la peau, celle de l’écrivain-veilleur, gardien d’une mémoire de pierre ; le texte compte aujourd’hui parmi les écrits souvent cités aux origines de la protection du patrimoine en France. La première moitié du XIXe siècle voit d’ailleurs littérature et architecture avancer main dans la main, et le parcours rappelle combien ce dialogue fut, pour toute une génération romantique, une évidence.

Chez Victor Hugo, un vieux mur porte autant de mémoire qu’une page écrite.

LE CRAYON ET LE LAVIS : du croquis de voyage à l’architecture rêvée

Du relevé au château rêvé

L’exposition rappelle surtout un Hugo que l’on oublie : le dessinateur. L’écrivain a laissé quelque trois mille cinq cents feuilles, souvent minuscules, qu’il couvrait à l’encre et au lavis – de l’encre étendue d’eau – dans des bruns profonds. Les premières naissent de ses voyages : entre 1830 et 1840, en Allemagne, en Suisse et dans les provinces françaises, il relève tours, clochers et donjons avec une précision presque documentaire, à la manière d’un architecte qui prend des notes. Le parcours souligne au passage le collectionneur qu’il fut, attentif aux photographies de monuments et de paysages. Ces feuilles descriptives valent déjà pour elles-mêmes, mais elles ne sont qu’un point de départ.

≈ 3 500

feuilles dessinées par Victor Hugo, souvent minuscules

Peu à peu, le trait s’affranchit du réel. Les châteaux et les ruines deviennent des terrains de jeu graphiques : ils se mêlent aux lettres de l’alphabet, se muent en silhouettes de papier découpé, dérivent vers des villes chimériques et des forteresses qui n’existent nulle part. Le Burg à la croix, grande composition qu’on montre rarement au public, résume cette part visionnaire, à l’image aussi du Phare d’Eddystone (1866), tour improbable dressée sur la mer. La sélection ménage quelques rapprochements avec d’autres artistes – tel Gustave Doré, l’un des grands illustrateurs du siècle –, autant de comparaisons qui resituent Hugo dans l’imaginaire graphique de son temps. Ailleurs, des photographies anciennes de bâtiments parfois quelconques côtoient ses dessins, et l’écart entre le modèle et sa transfiguration en dit long sur sa liberté de main.

Victor Hugo – Le Phare d’Eddystone

Victor Hugo, Le Phare d’Eddystone, 1866, plume, pinceau, encre brune et sépia CC0 Paris Musées / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey

Focus sur l’œuvre

Une haute tour-phare de type baroque se dresse sur la mer, traitée à l’encre brune et au lavis dans des bruns profonds ; sur le fût courent des inscriptions relevées à l’encre (« 1606 », « PAX / IN / BELLO », « TO / GOD »), et la feuille est signée et datée en bas à droite. Le dessin est lié à la rédaction de L’Homme qui rit : Hugo emprunte le motif à une gravure de l’ouvrage de Beeverell et, dans une digression sur le naufrage des comprachicos, distingue trois types de phares – primitif, baroque et moderne –, celui d’Eddystone illustrant le type baroque. Ce court passage, sans grande importance pour le récit, semble donner lieu à l’un des plus grands et des plus brillants dessins de l’écrivain, qui approfondit tantôt par l’écriture, tantôt par le dessin les visions qui l’obsèdent.

GUERNESEY ET LA PLACE DES VOSGES : l’architecture habitée

L’architecture que l’on habite

L’architecture, chez Hugo, n’est pas seulement un motif que l’on dessine : c’est aussi un espace que l’on habite et que l’on transforme. Pendant l’exil, sur l’île anglo-normande de Guernesey, il fait de Hauteville House une maison-manifeste. Meubles chinés, boiseries sculptées, devises et symboles y composent ce que l’on a appelé une œuvre totale – une architecture pensée de l’intérieur, pièce après pièce, comme on écrirait un poème. Au deuxième étage du musée, une série de photographies contemporaines de cette demeure prolonge le parcours et donne à voir ce décor resté presque intact.

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Le fil se referme là où il avait commencé. L’appartement où Victor Hugo vécut de 1832 à 1848, au deuxième étage de l’hôtel particulier de la place des Vosges, abrite aujourd’hui le musée : le parcours débouche ainsi sur les murs mêmes qu’habita l’écrivain. « Hugo et l’architecture » prolonge deux expositions récentes de la maison – l’une consacrée à ses dessins, l’autre à son univers de décorateur – et bénéficie de la participation de la Bibliothèque nationale de France. Un même billet ouvre le parcours et cet appartement-musée, prolongement grandeur nature du goût de Hugo pour les volumes, les matières et les décors.

POURQUOI VOIR « HUGO ET L’ARCHITECTURE. DE LA PIERRE À LA PLUME » À LA MAISON DE VICTOR HUGO ?

On vient ici rencontrer un Victor Hugo méconnu : non plus seulement l’auteur des Misérables, mais un dessinateur qui a couvert des milliers de feuilles de châteaux et de cathédrales. Le parcours suit un fil limpide, de la pierre réelle des monuments qu’il défendait à la pierre rêvée de ses architectures imaginaires. Les feuilles sont souvent petites et pleines de détails : mieux vaut prévoir un moment calme et s’en approcher pour tout saisir.

Victor Hugo – Le Burg à la croix

Victor Hugo, Le Burg à la croix, 1850, plume, pinceau, encres brune et noire, lavis, fusain, gouache blanche et or, sur papier marouflé sur toile © Paris Musées / Maison de Victor Hugo Paris-Guernesey

Point de vue critique

Considéré comme le chef-d’œuvre de Hugo dessinateur, Le Burg à la croix naît de la fièvre créatrice de l’été 1850, quand le poète, happé par la politique, n’écrit presque plus. Un grand burg surgit de la brume, coiffé d’une croix, obtenu par une technique d’une richesse rare : plume, lavis, fusain, gouache, or, grattages. En 1871, Hugo l’enchâsse dans un cadre qu’il grave, peint et dore lui-même. La tache d’encre y annonce déjà la modernité.

En cinq sections réparties sur les deux étages, la visite s’achève dans l’appartement de la place des Vosges, où sont présentées des photographies de sa maison de Guernesey. Comptez une bonne heure pour cette exposition thématique, plus visuelle que savante. Un même billet donne accès au parcours et à l’appartement-musée où vécut l’écrivain.

Camille, Rédactrice culture

L’avis de Camille

Rédactrice culture

Passé les croquis de voyage, sages et précis, le trait de Hugo s’échappe vers des châteaux impossibles et des villes qui n’existent pas : ce basculement du relevé vers le rêve donne au parcours sa lecture la plus stimulante. Les feuilles, minuscules et chargées de lavis brun, réclament un œil patient. La montée jusqu’à l’appartement de la place des Vosges referme l’ensemble sur l’architecture vécue de l’intérieur. Visite recommandée, à regarder de près.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Quand a lieu « Hugo et l’architecture. De la pierre à la plume » à la Maison de Victor Hugo ?

L’exposition se tient du 11 juin au 22 novembre 2026 à la Maison de Victor Hugo. Le musée est ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h, avec une dernière entrée à 17h15 ; il est fermé le lundi.

Où réserver ses billets pour « Hugo et l’architecture. De la pierre à la plume » à la Maison de Victor Hugo ?

Les billets se réservent en ligne, notamment via Tiqets, au tarif de 11 € pour le tarif adulte, sans frais additionnels. L’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans, les demandeurs d’emploi et les personnes en situation de handicap, sur présentation d’un justificatif valide.

Combien de temps dure la visite de « Hugo et l’architecture. De la pierre à la plume » à la Maison de Victor Hugo ?

Comptez environ une heure pour parcourir l’exposition, répartie en cinq sections sur les deux étages du musée. Les feuilles étant petites et détaillées, mieux vaut prévoir un moment calme. La visite s’achève dans l’appartement où vécut Victor Hugo, place des Vosges.

Comment se rendre à la Maison de Victor Hugo pour « Hugo et l’architecture. De la pierre à la plume » ?

La Maison de Victor Hugo se situe au 6 place des Vosges, dans le 4e arrondissement. En métro, descendez à Saint-Paul (ligne 1), Bastille (lignes 1, 5 et 8) ou Chemin Vert (ligne 8). Les bus 20, 29, 69, 76 et 96 desservent également le quartier.

La Maison de Victor Hugo est-elle accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Hugo et l’architecture. De la pierre à la plume » ?

Oui. L’établissement est accessible aux personnes à mobilité réduite et un fauteuil roulant peut être mis à disposition à l’accueil. Le musée propose aussi des boucles magnétiques pour les personnes malentendantes, un accueil en langue des signes française, ainsi qu’un audioguide adapté aux personnes mal ou non voyantes.

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu
Maison de Victor Hugo
6 place des Vosges, 75004 Paris
Horaires
  • Du mardi au dimanche : 10h - 18h
  • Dernière entrée à 17h15
  • Fermeture de la boutique à 17h50
  • Fermé le lundi
Tarifs
Tiqets
Adulte : 11 €
Gratuit (–18 ans, demandeurs d’emploi, personnes en situation de handicap) : Gratuit
Informations
Un même billet donne accès à l’exposition et à l’appartement-musée
Vestiaire et consigne gratuits
Conditions
Entrée du musée exceptionnellement payante pendant l’exposition, collections permanentes comprises
Tarif réduit (étudiants, 18–26 ans inclus) disponible sur place
Justificatif valide requis pour la gratuité et le tarif réduit
Accès
🚇 Métro
Ligne 1 – station « Saint-Paul » ou « Bastille »
Lignes 5 et 8 – station « Bastille »
Ligne 8 – station « Chemin Vert »
🚌 Bus
Lignes 20, 29, 69, 76 et 96 – secteur place des Vosges / Bastille

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