K-Beauty au Musée Guimet
K-Beauty
Trois siècles de beauté, de Joseon à la K-pop

Musée Guimet
L'EXPOSITION
Du 18 mars au 6 juillet 2026, l'exposition « K-Beauty » au Musée Guimet explore près de trois cents ans de beauté coréenne. Des canons de la cour Joseon à la vague mondiale, le parcours réunit peintures, objets rituels, costumes et créations contemporaines issus des plus grandes collections internationales.
Des prêts du musée national de Corée, du Victoria and Albert Museum et du MMCA de Séoul complètent les fonds Guimet. L'exposition éclaire comment une esthétique entre naturel et sophistication irrigue le cinéma, la mode et la K-pop, révélant les racines profondes d'un phénomène culturel planétaire.RÉSERVEZ VOTRE VISITE
LES BEAUTÉS DE JOSEON
Portraits de femmes et canons esthétiques de la cour coréenneLe parcours s'ouvre sur la fin de l'ère Joseon. Les femmes de la haute société vivent alors recluses dans des appartements séparés, dissimulées au regard. Au dix-huitième siècle, elles deviennent pourtant le sujet de romans et d'un genre pictural inédit : les Miindo, ou portraits de beautés.
Attribué à Kim Hong-do (1745–1814 ?), Femme se coiffant, seconde moitié du 18e siècle, couleur sur papier, 24,7 × 26,0 cm Musée de l'Université nationale de Séoul
Shin Yun-bok, dit Hyewon, forge l'emblème d'une beauté distinctement coréenne en représentant les courtisanes gisaeng à travers un prisme masculin et transgressif. Ces femmes socialement marginalisées arborent un teint plus fardé, des coiffes excentriques et des tenues colorées. Sa ligne souple et ses couleurs délicates insufflent sensualité et modernité à la peinture de genre.
Les canons Joseon, forgés entre équilibre et vertu, continuent de nourrir la culture populaire coréenne.
Le photographe Kim Jung-man dialogue avec cet héritage dans sa série Les Femmes de Shin Yun-bok (2014). Des norigae du dix-neuvième siècle, pendentifs ornementaux issus de la donation Lee Young-hee, complètent l'ensemble. La créatrice de mode (1936–2018) conçoit des répliques de hanbok en soie inspirées des Miindo. Elle fait du costume traditionnel un terrain de transmission et d'expérimentation. Cet héritage visuel se prolonge jusque dans le webtoon La Manche Rouge, où la Corée du roi Jeongjo (1752–1800) adopte des codes contemporains.
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COSMÉTIQUES ET REMÈDES : L'ART DU SOIN
Des pratiques de toilette Joseon aux découvertes archéologiquesLe visiteur pénètre ensuite dans l'univers des cosmétiques et remèdes. Dès la fin du quinzième siècle, des manuels d'éducation destinés aux femmes de cour décrivent les pratiques de toilette, de coiffure et de parfum. Influencée par un néoconfucianisme strict, la beauté coréenne privilégie un teint clair, des cheveux soignés et des ablutions quotidiennes.
Date de compilation du Donguibogam, grand traité médical de l'ère Joseon
Le gyubang, espace réservé aux femmes dans la maison traditionnelle, abrite une culture matérielle raffinée. Le Donguibogam, compilé par le médecin Heo Jun, rassemble recettes à base de plantes, diagnostics et préparations aromatiques. Ce traité éclaire le lien entre santé et esthétique dans la Corée pré-moderne.
Lee Young-hee (1936–2018), Miindo hanbok, années 1990, réplique de hanbok en soie inspirée de la peinture Miindo de Shin Yun-bok © ThierryOllivier
Focus sur l'œuvre
Ce costume s'inscrit dans la démarche de reconstitution historique de Lee Young-hee, qui a étudié méthodiquement les vêtements de la période Joseon pour en créer des répliques fidèles en matériaux nobles. La créatrice a débuté ses présentations internationales en 1993, devenant la première styliste coréenne à participer au prêt-à-porter parisien. En 2019, sa fille a fait don de près de 1 300 pièces au Musée Guimet, constituant la plus importante collection de textiles coréens hors de Corée. Le Miindo hanbok transpose en soie les canons esthétiques de la fin du dix-huitième siècle Joseon, faisant du costume traditionnel un pont entre patrimoine ancien et création contemporaine.
La chevelure marque le statut social. Peignes, épingles binyeo, huiles parfumées et plantes comme le sésame noir accompagnent les gestes quotidiens. Miroirs de poche, poudriers en laque et coffrets compartimentés composent un ensemble délicat. Leurs matériaux évoluent du céladon de l'ère Goryeo (918–1392) aux premières boîtes en carton des années 1920.
BEAUTÉ EN MUTATION, NAISSANCE DE LA K-BEAUTY
Du mouvement de la Nouvelle Femme à la vague HallyuLe vingtième siècle bouleverse les codes esthétiques coréens. Les femmes du mouvement de la Nouvelle Femme raccourcissent leurs cheveux sous l'influence des Garçonnes occidentales, tandis que le hanbok se modernise. Après la Guerre de Corée (1950–1953), la mode occidentale s'impose et cohabite avec la beauté traditionnelle.
Dès les années 1880, la photographie met en scène l'élégance coréenne. Le fonds Louis Marin du Musée Guimet conserve des portraits en studio où costume traditionnel et accessoires européens se côtoient. Les peintures de Kim Eun-ho (1892–1979) et Kim In-soong (1911–2001) juxtaposent héritages locaux et influences occidentales.
Le film My Sassy Girl (2001) popularise l'image d'une masculinité soignée en Corée du Sud, accélérant la diffusion internationale des codes de la K-beauty.
Kim In-soong (1911–2001), Listening, 1966, Séoul, musée national d'Art moderne et contemporain de Corée
Formé au Japon dans les années 1930, Kim In-soong est l'un des premiers peintres à l'huile de Corée du Sud. Dans Listening, il juxtapose des éléments typiquement coréens – mobilier traditionnel et jarre-lune – et des objets occidentaux tels qu'un tourne-disque et des vinyles. Cette toile crée une identité coréenne renouvelée, capturant le délicat équilibre entre esthétique ancienne et influences extérieures qui caractérise la Corée de l'après-guerre.
DE LA JARRE-LUNE AUX COSMÉTIQUES
Le patrimoine céramique coréen, source d'inspiration pour l'industrie de la beautéÀ partir des années 1960, l'industrie cosmétique coréenne prend son essor. Ses contenants empruntent au patrimoine des formes emblématiques comme la jarre-lune, cette céramique monochrome en porcelaine blanche typique de la Corée Joseon du dix-septième siècle. La référence au patrimoine national devient un argument de vente et d'exclusivité.
Le cinéma et la K-pop accélèrent la diffusion des codes. Les idols de BTS ou Blackpink incarnent une beauté qui mêle références Joseon et imagerie globale, où le soin de la peau transcende les frontières du genre.
La jarre-lune est constituée de deux demi-sphères assemblées à la main. Sa forme finale, jamais parfaitement ronde, dépend entièrement de la cuisson.
Kwon Dae-sup (né en 1952), Jarre Lune, 20e siècle, porcelaine blanche © GrandPalaisRmn (musée Guimet, Paris) / Michel Urtado
Focus sur l'œuvre
Kwon Dae-sup consacre plus de quatre décennies à recréer la beauté des jarres-lune, ces céramiques constituées de deux demi-sphères assemblées dont la forme finale dépend de la cuisson. Sa production exigeante, d'à peine cinq à six pièces par an, rappelle la complexité d'exécution de ces formes globulaires. Dans l'exposition « K-Beauty », cette jarre illustre comment l'industrie cosmétique contemporaine emprunte au patrimoine des formes emblématiques pour la création de ses contenants, faisant de cette référence au patrimoine national un vecteur d'identité culturelle.
POURQUOI ALLER VOIR L'EXPO "K-BEAUTY" ?
« K-Beauty » au Musée Guimet relie les raffinements de l'ère Joseon aux routines cosmétiques actuelles et aux créations de Lee Young-hee. L'exposition met en regard peintures anciennes, hanbok et images de la K-pop grâce à des prêts des plus grandes institutions coréennes et internationales. Elle révèle comment cette esthétique ancre les identités contemporaines dans une histoire culturelle et économique à la fois locale et mondialisée.
Yuni Kim Lang (née en 1986), Woven Identity I, 2013, sculpture vivante, corde synthétique en polypropylène © courtesy of the artist
Point de vue critique
Loin du simple catalogue de tendances, « K-Beauty » offre une lecture historique ambitieuse de la beauté coréenne. Le parcours tisse un fil entre les Miindo de Shin Yun-bok, les rituels de soin du Donguibogam et l'industrie contemporaine portée par la K-pop. La scénographie fait dialoguer chefs-d'œuvre anciens et créations actuelles sans forcer le trait. Une exposition qui enrichit le regard sur un phénomène souvent réduit à ses routines en dix étapes.
Le visiteur gagne une compréhension plus fine des canons qui façonnent les écrans et les imaginaires. L'œuvre de Yuni Kim Lang, tissée de cheveux, rappelle que chaque geste de soin porte une mémoire collective. L'artiste coréano-américaine transforme le cheveu en matière relationnelle, reliant corps, générations et récits féminins à travers des sculptures textiles inspirées des gache, ces imposantes perruques portées par les femmes de haut rang au dix-huitième siècle. Pour vivre cette traversée de Shin Yun-bok à la K-pop, procurez votre billet au Musée Guimet.
✨L'avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu l'exposition « K-Beauty » au Musée Guimet ?
L'exposition se tient du 18 mars au 6 juillet 2026. Le Musée Guimet est ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h - 18h. Fermeture des caisses à 17h15, dernier accès à 17h30.
Où réserver ses billets pour « K-Beauty » au Musée Guimet ?
Les billets sont disponibles en ligne sur Tiqets (à partir de 15 €, sans frais) et sur la Fnac. L'entrée est gratuite pour les citoyens européens de moins de 18 ans et les jeunes de 18 à 25 ans.
Combien de temps dure la visite de « K-Beauty » au Musée Guimet ?
Comptez environ 45 minutes pour l'exposition temporaire. Le billet inclut l'accès aux collections permanentes, pour lesquelles il faut prévoir 1h30 supplémentaires. Le billet est valable sans limitation de durée sur la journée.
Comment se rendre au Musée Guimet pour « K-Beauty » ?
Le Musée Guimet se situe au 6 place d'Iéna, 75116 Paris. Métro : Iéna (ligne 9) ou Boissière (ligne 6). RER C : station Pont de l'Alma. Bus : lignes 32, 63 et 82 (arrêt Iéna), lignes 22 et 30 (arrêt Kléber-Boissière).
Le Musée Guimet est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « K-Beauty » ?
Les stations de métro Iéna et Boissière ne disposent pas d'ascenseurs. Toutes les lignes de bus desservant le musée sont accessibles aux personnes en fauteuil roulant. Pour les visiteurs en voiture, des places de stationnement réservées sont disponibles à proximité.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Ouvert tous les jours sauf le mardi
- 10h - 18h
- Fermeture des caisses à 17h15, dernier accès à 17h30
- Fermé les 1er mai, 25 décembre et 1er janvier
