Andy Warhol au Musée du Luxembourg
Andy Warhol. La ligne et l’image
Warhol dessinateur, avant et après la machine

Musée du Luxembourg
L’EXPOSITION
Andy Warhol a longtemps gagné sa vie en dessinant des chaussures pour la publicité. « Andy Warhol. La ligne et l’image » est l’exposition que le Musée du Luxembourg consacre à cette part manuelle de son œuvre, du 16 septembre 2026 au 10 janvier 2027 : elle réunit environ 150 dessins et une dizaine de peintures.
Le parcours couvre quarante-quatre ans de production dessinée : d’un Autoportrait de 1942 aux feuilles à l’acrylique liées à La Dernière Cène, en 1986.« Andy Warhol : Le vrai visage du prophète du Pop Art » © SLICE Qui ?
LA MAIN AVANT LA MACHINE : LES ANNÉES D’ILLUSTRATION PUBLICITAIRE
Chaussures, tampons et écriture manuscriteDans la seconde moitié des années cinquante, Warhol dessine des chaussures pour les grandes annonces du chausseur I. Miller dans le New York Times. Diplômé en design pictural du Carnegie Institute of Technology en 1949, Andrew Warhola s’était installé à New York la même année et vivait de commandes publicitaires. Le dessin reste son outil principal jusqu’à la fin de la décennie, et son registre est déjà large : caricatures, portraits, scènes de genre, planches publicitaires. Au Musée du Luxembourg, cette période occupe la section « Excentricités, lieux communs », où l’illustrateur privilégie des images fantaisistes, accordées à l’optimisme américain de l’époque. Tout doit se comprendre au premier coup d’œil.
L’année du diplôme au Carnegie Institute of Technology et de l’installation à New York
Ces images sont généralement conçues pour être répétées. Tampon, pochoir, collage : Warhol met au point des procédés qui tiennent autant du dessin que de l’imprimerie. Le plus caractéristique donne des lignes brisées, obtenues par transfert d’une feuille sur une autre. Les feuilles de cette décennie sont couvertes d’une écriture manuscrite : celle de Warhol, ou celle de sa mère, Julia Warhola. Elle n’y est pas un simple commentaire, elle devient un élément de l’image – c’est le sujet de la section « Abécédaires et b.a.-ba ». C’est encore par le dessin que Warhol se dégage de modèles comme Cocteau ou Aubrey Beardsley, illustrateur anglais des années 1890. Le parcours fait de ces feuilles le moment où Andrew Warhola devient Andy Warhol.
Tout doit se comprendre au premier coup d’œil.
Recevez en avant-première l'actualité sur les nouvelles expositions
LE DESSIN APRÈS LA MACHINE : DES FEUILLES AU FORMAT DES TABLEAUX
Des tests menés à l’échelle des toilesLe parcours situe entre 1963 et 1973 les années où la peinture, puis le cinéma, occupent tout. « Je voudrais être une machine » : la formule d’Andy Warhol est célèbre, et elle a longtemps recouvert le reste. Warhol revient ensuite au dessin avec d’autres intentions, étroitement liées à sa peinture, à commencer par les portraits de commande : le parcours retient celui de Mao comme exemple type. Il lui arrive aussi de redessiner à la main, sous une autre mise en page, des motifs que la machine avait déjà multipliés.
La décennie où la peinture, puis le cinéma, accaparent totalement l’artiste
Ces feuilles ne sont plus des esquisses. Elles prennent souvent des formats imposants et fonctionnent comme des essais menés au format des toiles, avec un effet comparable. Elles relancent aussi une question qui court dans toute l’œuvre : ce que la main garde, et ce que la machine prend, quand l’image passe par la photographie puis par la sérigraphie. Cette dernière, l’impression à travers un écran de soie, permet de répéter un même motif à volonté. Le parcours y voit également ce qui relie, chez Warhol, les commandes publicitaires et l’art des musées. Il dessinera jusqu’à sa mort, en 1987.
Andy Warhol, Ladies and Gentlemen, 1975, sérigraphie sur papier, 104,8 × 74,3 cm, Collection Mugrabi New York Photo Max C Lee-Russel © The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / Licensed by ADAGP, Paris 2026
Focus sur l’œuvre
Cette sérigraphie sur papier, issue de la collection Mugrabi à New York, appartient à un ensemble commandé à Warhol en 1974 par le marchand italien Luciano Anselmino, qui réclamait des portraits impersonnels et anonymes et trouva le titre théâtral de la série. Les modèles ont été recrutés par les proches de l’artiste au Gilded Grape, club de la 8e Avenue fréquenté par les femmes trans et les drag-queens noires et latino-américaines de New York, puis photographiés au Polaroid par Warhol, à la Factory. Il a fallu attendre 2014 pour que treize des quatorze modèles soient identifiés. L’ensemble aura fini par compter 268 tableaux et un portfolio de dix sérigraphies.
CINQ SECTIONS THÉMATIQUES : VISAGES, ÉROTISME ET OBSESSION DE LA MORT
Portraits, Erotica et série des CrânesAu Musée du Luxembourg, « Andy Warhol. La ligne et l’image » s’organise en cinq sections thématiques, où les dessins sont accompagnés de photographies, de sérigraphies sur papier et de documents d’archives. « Visages et masques » réunit portraits et autoportraits, au cœur du travail dès les années d’études. Le visage y vaut à la fois comme image et comme signe d’une personnalité ; le dessin, tenu par la ressemblance, multiplie les modifications et les altérations. « Erotica » rassemble une production d’images gay demeurée dans le cercle proche de l’artiste jusqu’au tournant des années soixante-dix.
« Enfer et merveilles » aborde ce que l’attentat de 1968, auquel Warhol survit de justesse, installe dans son travail. La mort devient une obsession, dont la série des Crânes est l’exemple retenu par le parcours, qui y relève une ombre portée en forme de nouveau-né. Organisée par le GrandPalaisRmn, l’exposition a pour commissaire l’historien de l’art Alain Cueff, qui a choisi les œuvres et construit le parcours. Il avait déjà consacré à l’artiste une exposition du Grand Palais en 2009, « Le Grand monde d’Andy Warhol », centrée sur ses portraits ; il aborde cette fois l’œuvre par le papier. La scénographie, autrement dit la mise en espace des salles, est confiée à Véronique Dollfus.
Le catalogue de l’exposition paraît chez GrandPalaisRmnÉditions : 248 pages, 150 illustrations, au format 17 × 20,4 cm, vendu 45 €.
POURQUOI VOIR « ANDY WARHOL » AU MUSÉE DU LUXEMBOURG ?
Suivre la main d’un artiste que l’on croit tout entier passé à la machine : c’est la proposition d’« Andy Warhol. La ligne et l’image », au Musée du Luxembourg. Vous y verrez environ 150 dessins, des annonces publicitaires des années cinquante aux grands formats liés à sa peinture. L’essentiel tient sur du papier, dessins et documents plutôt que grandes toiles, et l’exposition annonce des feuilles pour partie inédites.
Andy Warhol, Self-Portrait, 1978, acrylic and silkscreen ink on linen, 101,6 x 101,6 cm, The Andy Warhol Museum, Pittsburg © 2026 The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / Licensed by ADAGP, Paris 2026
Point de vue critique
Acrylique et encre sérigraphique sur lin, cette toile carrée de 101,6 cm de côté appartient au fonds fondateur du Andy Warhol Museum de Pittsburgh. Sur le visuel diffusé par le musée, le visage se lève d’un réseau de traits sombres, en noir et blanc. En faire l’image signature du parcours n’a rien d’anodin : une peinture pour annoncer une traversée de dessins, et pour poser d’emblée la question que le trait adresse à la machine.
Le parcours réserve une section entière à son iconographie gay, longtemps restée privée, et une autre à l’obsession de la mort qui suit l’attentat de 1968. Le Musée du Luxembourg présente l’ensemble du 16 septembre 2026 au 10 janvier 2027. Warhol est mort en 1987 : il dessinait encore.
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
Partagez votre visite sur Instagram
Immortalisez votre expérience et inspirez votre communauté en partageant vos plus belles photos
QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Andy Warhol. La ligne et l’image » au Musée du Luxembourg ?
L’exposition se tient du 16 septembre 2026 au 10 janvier 2027. Le musée ouvre tous les jours de 10h30 à 19h, avec une nocturne le lundi jusqu’à 22h. Il est fermé le 25 décembre et ferme à 18h les 24 et 31 décembre.
Où réserver ses billets pour « Andy Warhol. La ligne et l’image » au Musée du Luxembourg ?
Les places s’achètent sur la billetterie Fnac, à partir de 15,50 € pour le billet daté, auxquels s’ajoutent 0,99 € de frais de service. Le billet Open, valable pour une visite entre le 16 septembre 2026 et le 10 janvier 2027, est proposé à 23,50 €. Réserver son billet au Musée du Luxembourg reste conseillé sans être obligatoire : les guichets sur place délivrent aussi des entrées immédiates.
Combien de temps dure la visite de « Andy Warhol. La ligne et l’image » au Musée du Luxembourg ?
Le musée annonce une visite d’environ 1h. Le dernier accès s’effectue 45 minutes avant la fermeture et les salles d’exposition sont évacuées 15 minutes avant. Avec cinq sections thématiques à parcourir, prévoyez une marge si vous lisez les cartels.
Comment se rendre au Musée du Luxembourg pour « Andy Warhol. La ligne et l’image » ?
Le musée se situe 19 rue de Vaugirard, 75006 Paris. En métro, descendez à « Saint-Sulpice » (ligne 4), « Mabillon » (ligne 10) ou « Rennes » (ligne 12) ; en RER, à « Luxembourg » (ligne B). Les bus 58, 84 et 89 desservent l’arrêt « Musée du Luxembourg », les bus 63, 70, 86 et 96 l’arrêt « Église Saint-Sulpice ».
Le Musée du Luxembourg est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Andy Warhol. La ligne et l’image » ?
Oui : l’accès se fait par l’ascenseur situé sur le parvis, que l’agent de sécurité vous indique sans passer par la file d’attente. Deux fauteuils roulants sont disponibles, sur réservation nominative 48h avant la visite. Les poussettes sont admises dans les salles et une boucle inductive équipe les audioguides pour les personnes appareillées.
Y a-t-il des nocturnes pour « Andy Warhol. La ligne et l’image » au Musée du Luxembourg ?
Oui, tous les lundis jusqu’à 22h, pendant toute la durée de l’exposition. Les autres jours, le musée ferme à 19h. Le billet jeune du musée, à 10 € pour deux personnes de 16 à 25 ans, s’applique en semaine après 16h.
Peut-on prendre des photos à « Andy Warhol. La ligne et l’image » au Musée du Luxembourg ?
Oui, pour un usage privé et sans flash ni pied. Les prises de vue et les films restent interdits sur les œuvres signalées par un pictogramme « interdit ». Le règlement de visite du musée détaille l’ensemble des règles applicables en salle.
INFORMATIONS PRATIQUES
Horaires
- Tous les jours : 10h30 - 19h
- Nocturne le lundi : jusqu’à 22h
- 24 et 31 décembre : 10h30 - 18h
- Fermeture le 25 décembre
- Dernier accès 45 minutes avant la fermeture
