Histoires de paysages au Musée Marmottan Monet
Histoires de paysages
De Monet à Hockney (1890-2026)

Musée Marmottan Monet
L’EXPOSITION
Le 11 novembre 1918, l’armistice est signé ; le lendemain, Claude Monet offre à la France deux Nymphéas. C’est par ce geste que s’ouvre « Histoires de paysages. De Monet à Hockney (1890-2026) », exposition en onze sections présentée du 24 septembre 2026 au 31 janvier 2027 au musée Marmottan Monet, à Paris.
Guerre, nation, origines, abstraction, intériorité, écologie : les titres des sections annoncent le programme, que le parcours déploie en peinture, en photographie, en sculpture et en vidéo.RÉSERVEZ VOTRE VISITE
MONET 1918 : DEUX TOILES REMISES À L’ÉTAT
Un jardin pour dire la victoireLa première section s’intitule « Nymphéas pour l’histoire ». Au sortir de quatre années de guerre, le peintre du bassin de Giverny remet deux toiles à l’État français. Le parcours présente ce don comme une manière de célébrer la victoire. Un motif que l’on croit paisible – de l’eau, des fleurs, un bassin – entre ainsi dans le récit national, au moment où le pays compte ses morts. Le point de départ de la traversée n’est donc pas un champ de ruines : c’est un jardin.
Alex Katz, Reflection 1, 2008, huile sur toile, 228,6 × 167,6 cm Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, Paris/Salzburg. Photo: Paul Takeuchi © Alex Katz / ADAGP Paris, 2016
Le musée Marmottan Monet confie le commissariat à Pierre Wat, qui enseigne à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne. L’exposition avance une idée à contre-courant : le XXe siècle n’a pas fait disparaître le paysage au profit de la peinture d’histoire, il l’a chargé d’histoire. Le genre que l’on imagine replié sur la contemplation aurait au contraire servi, tout au long du siècle, à dire ce que le monde subissait. Vous n’y verrez donc pas seulement des vues décoratives, mais des tableaux, des photographies et des vidéos qui portent la trace des guerres, des appropriations et des dégâts. L’exposition arrive l’année où l’on commémore les cent ans de la mort de Monet, disparu en 1926.
Le point de départ de la traversée n’est donc pas un champ de ruines : c’est un jardin.
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PAYSAGES EN GUERRE : CE QUE LE SIÈCLE FAIT AU MOTIF
Onze titres qui renversent la hiérarchie des genresLes titres de sections disent leur sujet sans détour. « Paysages en guerre » aborde les conflits, « Pays, paysage » le lien entre un territoire et un sentiment national. « À l’origine » traite de la quête des commencements, « Abstraire la nature » de ce qui se joue entre le motif et l’abstraction. D’autres titres déplacent la focale. « Paysages intérieurs » et « Paradis perdus ? » regardent du côté de l’intime et du regret ; « Local, global, total » et « Passé, présent, futur », du côté des échelles et du temps. Restent « Après l’histoire, le paysage » et « Paysages de l’Anthropocène », qui portent sur ce que le paysage finit par recouvrir : les lieux, et la mémoire de ce qui s’y est passé. Ces titres bousculent un vieux classement. L’enseignement officiel de la peinture rangeait autrefois les genres par ordre d’importance. La peinture d’histoire – batailles, scènes bibliques, grands hommes – passait loin devant le paysage, jugé mineur parce qu’il ne racontait rien. Le XXe siècle a inventé des formes hybrides qui annulent ce classement, et c’est ce déplacement que le parcours prend pour sujet.
sections chrono-thématiques, de « Nymphéas pour l’histoire » à « Paradis perdus ? »
Au musée Marmottan Monet, cette traversée ne tient pas dans la seule peinture. La photographie, la sculpture et la vidéo entrent dans le parcours, signe que le paysage a débordé le cadre du tableau. Le détail compte pour qui hésite encore : on n’y regarde pas que des toiles, on y regarde aussi des écrans. Un prêt vient d’une collection publique d’art contemporain : le Frac Occitanie Montpellier – un fonds constitué par l’achat d’œuvres d’aujourd’hui – y envoie un Paysage de Pierre Buraglio.
Pierre Bonnard, Paysage au soleil couchant, Le Cannet, vers 1926, huile sur toile, 59,5 × 73 cm, musée d’Orsay, Paris, en dépôt au musée Bonnard, Le Cannet © Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
Focus sur l’œuvre
La toile donne une vue du Cannet à la tombée du jour : le musée d’Orsay, propriétaire de l’œuvre, l’indexe sous les motifs du paysage, du crépuscule et du soleil, dans les Alpes-Maritimes. L’intensité du soleil déclinant y commande toute la composition : pris à contre-jour, un ensemble d’arbres reste dans des tonalités sombres quand d’autres zones demeurent largement éclairées. Les couleurs se superposent et se fondent par endroits les unes dans les autres, pour former, selon l’institution dépositaire, un ensemble lumineux et harmonieux. Le parcours du tableau explique sa double étiquette : conservé jusqu’en 2006 par la Fondation Meyer, il est accepté cette année-là par l’État à titre de don pour le musée d’Orsay, déposé au musée Granet d’Aix-en-Provence de 2007 à 2011, puis au musée Bonnard du Cannet. Sa datation reste discutée : vers 1926 selon le musée d’Orsay, vers 1923 selon le musée dépositaire.
DE MONET À HOCKNEY : L’AUTRE BOUT DU SIÈCLE
Deux villes, un même pari éditorialLe sous-titre place à l’autre extrémité David Hockney. Les dernières décennies du peintre britannique ont beaucoup tourné autour du paysage : les collines du Yorkshire d’abord, puis, de 2019 à 2023, la campagne normande. Ces dernières années, il dessinait sur iPad : les quatre saisons normandes, reprises couche après couche, puis imprimées. Il est mort à Londres le 11 juin 2026, à 88 ans, un peu plus de trois mois avant l’ouverture parisienne. Entre les deux dates du sous-titre, 1890 et 2026, plus de cent trente ans.
Le musée Marmottan Monet ne porte pas le projet seul : « Histoires de paysages. De Monet à Hockney (1890-2026) » est coorganisée avec le musée de Grenoble, qui la présentera à son tour du 5 mars au 4 juillet 2027. L’exposition fait dialoguer Monet avec des artistes du XXe siècle et d’aujourd’hui, et ce dialogue se rejouera au printemps prochain au pied des Alpes. Le pari de l’exposition, dans les deux villes, est le même : que le mot « paysage » cesse de désigner une carte postale pour nommer un document.
Entre les deux dates du sous-titre, 1890 et 2026, plus de cent trente ans.
POURQUOI VOIR "HISTOIRES DE PAYSAGES" AU MUSÉE MARMOTTAN MONET ?
Ici, un paysage cesse d’être un décor : le parcours en fait le lieu où le siècle a laissé ses traces. Dans « Histoires de paysages. De Monet à Hockney (1890-2026) », l’exposition montre comment un genre réputé paisible a encaissé les guerres, les nationalismes, puis les alertes écologiques. Une section porte sur l’Anthropocène, l’époque où l’activité humaine transforme la planète.
La même venue ouvre sur les collections permanentes du musée Marmottan Monet, premier fonds mondial d’œuvres de Claude Monet, où figure Impression, soleil levant. Aux mêmes dates, le musée présente aussi « Monet / Soriano. Cartographie du mont Kolsås » : un vaste dessin mural de Peter Soriano, conçu à partir du voyage de Monet en Norvège en 1895. Guerre, deuil, destruction : plusieurs sections annoncent des sujets graves, à savoir si vous venez en famille. La onzième pose une question plutôt qu’une réponse : « Paradis perdus ? ».
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Histoires de paysages » au musée Marmottan Monet ?
L’exposition se tient du 24 septembre 2026 au 31 janvier 2027. Le musée ouvre du mardi au dimanche de 10h à 18h, avec une dernière entrée à 17h, et ferme le lundi ainsi que le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier. Le parcours est ensuite repris au musée de Grenoble, du 5 mars au 4 juillet 2027.
Où réserver ses billets pour « Histoires de paysages » au musée Marmottan Monet ?
Les billets coupe-file sont disponibles chez Tiqets, à 14,19 € en tarif adulte, sans frais additionnels et avec annulation possible jusqu’à 23h59 la veille de la visite. La réservation n’est pas obligatoire : des billets restent en vente au musée, de 10h à 17h et jusqu’à 20h les soirs de nocturne.
Combien de temps dure la visite de « Histoires de paysages » au musée Marmottan Monet ?
Le temps de visite est libre : aucune durée n’est imposée sur place. Les billets vendus sur le site du musée demandent seulement de choisir un créneau d’entrée, proposé toutes les 15 minutes. Un même billet donne accès aux onze sections de l’exposition et aux collections permanentes ; les salles ferment 15 minutes avant le musée. Un audioguide en français et en anglais est proposé à 4 €.
Comment se rendre au musée Marmottan Monet pour « Histoires de paysages » ?
Le musée se situe 2 rue Louis-Boilly, 75016 Paris. La ligne 9 du métro dessert les stations La Muette et Ranelagh, et le RER C s’arrête à Boulainvilliers. Les bus 22, 32, 52, 63, 70 et PC desservent le quartier. En voiture, le parking Vinci Park Passy se trouve 78 rue de Passy.
Le musée Marmottan Monet est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Histoires de paysages » ?
La plupart des salles sont accessibles aux personnes à mobilité réduite : rez-de-chaussée, salle Monet et espace d’exposition temporaire. Les salles permanentes du premier étage restent accessibles par un ascenseur, en station debout. Des fauteuils roulants sont à disposition à l’accueil, des places GIC-GIG et des emplacements pour mini-bus équipés PMR sont aménagés devant le musée, et les poussettes sont autorisées.
Y a-t-il des nocturnes pour « Histoires de paysages » au musée Marmottan Monet ?
Oui, le musée ouvre en nocturne chaque jeudi jusqu’à 21h, avec une dernière entrée à 20h. C’est le créneau le plus tardif pour parcourir l’exposition. Les autres jours d’ouverture, du mardi au dimanche, la fermeture intervient à 18h après une dernière entrée à 17h.
INFORMATIONS PRATIQUES
Horaires
- Du mardi au dimanche : 10h - 18h
- Dernière entrée : 17h
- Nocturne le jeudi : jusqu’à 21h (dernière entrée : 20h)
- Fermeture des salles 15 minutes avant celle du musée
- Fermé le lundi, le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier
