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Simone Fattal au Musée d’Art Moderne de Paris

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Présentation
Art contemporain

Simone Fattal. Des villes au fond d’un lac

Une centaine d’œuvres : peintures de Beyrouth, céramiques, collages, livres

Simone Fattal. Des villes au fond d’un lac – Musée d’Art Moderne de Paris

Musée d’Art Moderne de Paris

L’EXPOSITION

En 1980, la guerre civile pousse Simone Fattal hors du Liban ; installée en Californie, elle met la peinture de côté et se tourne vers l’édition. Du 18 septembre 2026 au 24 janvier 2027, le Musée d’Art Moderne de Paris lui consacre « Simone Fattal. Des villes au fond d’un lac », une exposition d’une centaine d’œuvres.

Céramiques, collages, livres et peintures de paysage y sont regroupés en ensembles qui mêlent les époques : le parcours suit les lignes de force de l’œuvre.

Simone Fattal / Portraits de femmes artistes by MARGAUX BRUGVIN © PROJETS media

RÉSERVEZ VOTRE VISITE

PREMIÈRES PEINTURES : Beyrouth, la montagne et les tapis du père

Des paysages du Liban repris sans relâche

À vingt-cinq ans, Simone Fattal apprend seule à peindre : des arbres, le front de mer, les montagnes, repris sans relâche. Elle est rentrée à Beyrouth en 1967, après des études de philosophie à Paris. Ses toiles de 1969–1970 ouvrent le parcours du Musée d’Art Moderne de Paris : des paysages du Liban – le Mont Sannine, les cèdres du Chouf – faits de formes organiques, presque abstraites. Sa palette sourde de rouges et de bleus vient de sa première référence artistique : les tapis que collectionnait son père. L’Expo 58, l’Exposition universelle de Bruxelles, lui avait fait découvrir l’art moderne quand elle était adolescente.

Simone Fattal – Le Mont Sannine

Simone Fattal, Le Mont Sannine, 1979, Huile sur toile Courtesy Simone Fattal & Galerie Balice Hertling, Paris, © Photo : Aurélien Mole

À la fin des années 1970, la lumière devient son sujet. Depuis le onzième étage de son atelier de Beyrouth, elle regarde la montagne se transformer sous le soleil. Elle la peint en blancs et en roses aux nuances changeantes ; l’exposition réunit ces toiles sous le titre « Peintures blanches ». Après avoir longuement travaillé ce motif, elle le referme d’un ultime trait de craie rouge, avec Le Mont Sannine (1979) – la même montagne qu’à ses débuts.

Sa palette sourde de rouges et de bleus vient de sa première référence artistique : les tapis que collectionnait son père.

L’EXIL ET LES LIVRES : une maison d’édition née à San Francisco

Sausalito, l’édition, puis le retour à la terre

Sa rencontre avec la poétesse et peintre libanaise Etel Adnan (1925–2021), en 1972, ouvre une vie commune de près de cinquante ans. Huit ans plus tard, la guerre civile contraint Simone Fattal à quitter le Liban ; elle gagne la Californie et s’installe à Sausalito, au nord de San Francisco. Elle y fonde The Post-Apollo Press (1982–2017), du nom du programme spatial Apollo, où elle voyait le début d’une autre ère pour l’humanité. La maison naît d’un refus : From A to Z, un poème d’Etel Adnan écarté par un éditeur, devient son premier livre en 1982.

1982–2017

Les années d’activité de The Post-Apollo Press, la maison d’édition fondée à Sausalito, en Californie

Simone Fattal y tient tous les rôles : elle choisit la ligne éditoriale, conçoit les couvertures, s’occupe du graphisme, traduit parfois les textes. Elle publie les Américaines Leslie Scalapino et Lyn Hejinian, la Française Marguerite Duras, ou encore Rûmî, poète mystique du XIIIe siècle. Une trentaine de ces livres sont présentés au cœur du parcours. Pendant ce temps, la peinture s’éloigne et la terre prend sa place. Elle vient à la céramique en 1988, après des cours au College of Marin et au San Francisco Art Institute. L’argile donne des figures archaïques aux lignes humaines ou animales, puisées dans les épopées du bassin méditerranéen. Elle décrit cette matière comme vivante, et c’est le feu qui fait apparaître les couleurs. La peinture, elle, ne reviendra que dans les années 2010, avec le retour à Paris et la fin des éditions.

Simone Fattal – Man in the Desert [Homme dans le désert]

Simone Fattal, Man in the Desert [Homme dans le désert], 2000, Céramique émaillée Collection Burger, Hong Kong. Photo : Stefan Altenburger © Adagp, Paris, 2026

Focus sur l’œuvre

Céramique émaillée réalisée en 2000, l’œuvre mesure 58 × 29 × 10 cm et appartient à la collection Burger, à Hong Kong. Le Musée d’Art Moderne de Paris la présente dans l’ensemble consacré au vivant, parmi les témoins impuissants de la brutalité de la guerre, aux côtés de The Migrant Family, Refugees by the hearth (2004) : deux pièces qui soulignent la fragilité de la vie. Elle figurait déjà en 2019 dans Works and Days, au MoMA PS1, première exposition personnelle de l’artiste dans un musée américain.

GUERRIERS ET MAISONS : la sculpture au rythme des conflits

Figures dressées, mythes et maisons de terre

La figure du guerrier apparaît dans les années 1990, aux débuts de la sculpture, et vient de la guerre que l’artiste a vécue au Liban. Ces guerriers sont pour elle des combattants autant que des figures protectrices, et la série grossit à chaque nouveau conflit. Un ensemble de grand format voisine avec des guerriers blessés et de jeunes hommes debout, plus petits. Leurs silhouettes dressées et stylisées rappellent ce qu’ont produit, autour de la Méditerranée, les civilisations antiques – des sources que Simone Fattal a longuement fréquentées, étudiante à l’École du Louvre. Le commissariat est confié à Jessica Castex. Le Musée d’Art Moderne de Paris annonce « Simone Fattal. Des villes au fond d’un lac » comme la première exposition dans un musée parisien consacrée à l’artiste. Le Louvre, lui, l’avait invitée en 2024 à glisser dix-huit de ses sculptures parmi ses antiquités mésopotamiennes, phéniciennes et chypriotes.

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Les mythes fournissent les personnages : « il y eut Gilgamesh, Ishtar, Dionysos, Ulysse », dit l’artiste, « je me sens proche d’eux ». Humbaba (2026) représente le gardien de la forêt des cèdres, une figure de L’Épopée de Gilgamesh, récit épique de la Mésopotamie ancienne. L’exposition met Humbaba en regard de La forêt (2023), une série d’encres de grand format. La section qui referme le parcours revient aux maisons. La première, en 1989, tient dans une petite boîte ouverte ; suivent des constructions domestiques et religieuses inspirées de l’Antiquité : des temples grecs, des ziggourats mésopotamiennes – ces tours à étages. Souvent de simples cubes inachevés, ces constructions portent parfois pour seul titre le mot House, maison. S’y ajoutent des peintures abstraites, des motifs noirs et géométriques sur fond blanc, où l’artiste voit la trajectoire des astres.

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Le musée présente L’Épopée de Gilgamesh comme le premier récit épique connu à ce jour, daté du IIIe millénaire avant notre ère.

Simone Fattal – Centaur [Centaure]

Simone Fattal, Centaur [Centaure], 1999, Céramique émaillée Courtesy de l’artiste et de la Galerie Karma International Photo : François Doury © Adagp, Paris, 2026

LE BESTIAIRE : un lion dans les collections publiques

Une figure animale déposée à Rochechouart

L’argile de Simone Fattal ne façonne pas que des silhouettes humaines. À côté des guerriers et des maisons, un bestiaire prend forme, dont The Lion donne l’exemple le plus massif : un grès cuit à grand feu de 2008, qui mesure 42 × 65 × 40 cm. L’animal est couché, ramassé sur lui-même, la crinière traitée en une masse rugueuse qui tranche avec le corps lisse et sable.

Cette sculpture appartient au Centre national des arts plastiques, qui l’a déposée au musée d’Art contemporain de la Haute-Vienne, au château de Rochechouart. Ce même musée lui avait consacré en 2017 sa première rétrospective, « L’homme qui fera pousser un arbre nouveau », sous le commissariat de Sébastien Faucon : peintures de paysage, collages, poèmes et sculptures y couvraient plus de quarante ans de pratique.

Simone Fattal – The Lion

Simone Fattal, The Lion, 2008, Grès cuit à grand feu Centre national des arts plastiques © Simone Fattal, © Cnap, © Photo : Fabrice Lindor

POURQUOI VOIR "SIMONE FATTAL" AU MUSÉE D’ART MODERNE DE PARIS ?

Cette exposition rassemble une trajectoire faite d’arrêts et de reprises : la peinture apprise seule à Beyrouth, l’exil californien, les livres, puis l’argile. Vous y verrez des céramiques, de grandes encres et des collages faits d’images découpées dans des magazines – ces derniers se regardent de près.

Simone Fattal – Dionysos

Simone Fattal, Dionysos, 1999, Grès émaillé Don de la Société des amis du Musée d’Art Moderne de Paris Comité International en 2024. Musée d’Art Moderne de Paris Photo : François Doury © Adagp, Paris, 2026

Point de vue critique

Ce grès émaillé de 1999 est entré dans les collections du Musée d’Art Moderne de Paris en 2024, par un don de la Société des amis du musée, Comité International. Deux ans plus tard, il fournit le visuel unique du communiqué de presse et l’image qui ouvre le carrousel de l’exposition : une pièce acquise récemment sert d’emblème à cinquante ans de travail. La figure prolonge le versant mythologique de l’œuvre sculptée, celui des protagonistes venus des textes fondateurs.

Au Musée d’Art Moderne de Paris, la visite peut se prolonger dans les collections permanentes, en accès libre et sans réservation. Le même jour s’ouvre au musée « Kerry James Marshall. The Histories », soixante-dix œuvres du peintre américain. « Simone Fattal. Des villes au fond d’un lac » figure au programme de la Saison Méditerranée 2026, conduite par l’Institut français, qui met à l’honneur cinq pays dont le Liban. Le musée conserve depuis 2024 une de ses céramiques, Dionysos (1999), un grès émaillé reçu en don.

Camille, Rédactrice culture

L’avis de Camille

Rédactrice culture

Chez Simone Fattal, une sculpture porte une pensée du mystique Ibn’Arabi (1165–1240), et dans une aquarelle de 2016 le signe noir prend l’allure d’une écriture. La littérature entre dans la matière autant que les mythes. L’exposition renonce à l’ordre chronologique et regroupe par ensembles : les périodes se valent, mais les repères manquent à qui découvre l’artiste. Le sujet et la variété des techniques emportent la décision : visite recommandée, en acceptant de circuler sans fil chronologique.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Quand a lieu « Simone Fattal. Des villes au fond d’un lac » au Musée d’Art Moderne de Paris ?

L’exposition se tient du 18 septembre 2026 au 24 janvier 2027. Le musée accueille les visiteurs du mardi au dimanche, de 10h à 18h, avec une nocturne le jeudi jusqu’à 21h30. Il ferme le lundi ainsi que les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre, et à 17h les 24 et 31 décembre.

Où réserver ses billets pour « Simone Fattal. Des villes au fond d’un lac » au Musée d’Art Moderne de Paris ?

La réservation se fait en ligne sur Tiqets, à 17 € en tarif adulte et sans frais additionnels. Le billet au Musée d’Art Moderne de Paris donne accès à l’exposition temporaire comme aux collections permanentes. Il n’est ni remboursable ni modifiable.

Combien de temps dure la visite de « Simone Fattal. Des villes au fond d’un lac » au Musée d’Art Moderne de Paris ?

Le musée ne publie pas de durée de visite estimée. Le parcours réunit une centaine d’œuvres, et le même billet ouvre les collections permanentes : la visite s’allonge d’autant si vous les parcourez. Les caisses ferment à 17h15, sauf le jeudi où la nocturne se poursuit jusqu’à 21h30.

Comment se rendre au Musée d’Art Moderne de Paris pour « Simone Fattal. Des villes au fond d’un lac » ?

Le musée se trouve 11 avenue du Président Wilson, 75116 Paris. En métro, la ligne 9 dessert les stations « Alma-Marceau » et « Iéna » : depuis Iéna, comptez environ 150 m par l’avenue du Président Wilson. Le RER C s’arrête à « Pont de l’Alma ». En bus, les lignes 32, 63 et 82 desservent Iéna, les lignes 42, 80 et 92 Alma-Marceau, et la ligne 72 l’arrêt « Musée d’Art moderne ». Quatre stations Vélib’ sont proches et des emplacements de stationnement pour vélos sont installés devant l’entrée.

Le Musée d’Art Moderne de Paris est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Simone Fattal. Des villes au fond d’un lac » ?

Oui. L’accès est gratuit pour la personne concernée et un accompagnateur, dans les expositions temporaires comme dans les collections. Une rampe se trouve à droite de l’entrée principale et un ascenseur PMR est accessible par l’entrée du personnel. Un fauteuil roulant est disponible sur réservation au 01 53 67 41 18, et trois emplacements GIC sont réservés au 11 avenue du Président Wilson.

Y a-t-il des nocturnes pour « Simone Fattal. Des villes au fond d’un lac » au Musée d’Art Moderne de Paris ?

Oui, chaque jeudi jusqu’à 21h30. Le musée réserve cette nocturne aux expositions temporaires : le parcours consacré à Simone Fattal y est accessible, mais pas les collections permanentes.

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu
Musée d’Art Moderne de Paris
11 avenue du Président Wilson, 75116 Paris
Horaires
  • Du mardi au dimanche : 10h - 18h
  • Nocturne le jeudi jusqu’à 21h30, expositions temporaires uniquement
  • Fermeture des caisses à 17h15
  • Fermé le lundi, les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre
  • Fermeture à 17h les 24 et 31 décembre
Tarifs
Tiqets
Adulte (26–59 ans) : 17 €
Moins de 18 ans : Gratuit
Informations
Billet d’entrée, accès aux collections permanentes et à l’exposition temporaire inclus
Collections permanentes en accès libre, sans réservation
Vestiaire gratuit pendant la durée de la visite
Conditions
Billet non remboursable et non modifiable
Tarif réduit 18–26 ans délivré sur place
Gratuité sur présentation d’un justificatif : moins de 18 ans, demandeurs d’emploi, bénéficiaires des minima sociaux
Tout bagage excédant 40 × 40 × 40 cm est interdit, contrôles visuels systématiques à l’entrée
Accès
🚇 Métro
Ligne 9 – stations « Alma-Marceau » et « Iéna »
Depuis Iéna, environ 150 m par l’avenue du Président Wilson
🚆 RER
Ligne C – gare « Pont de l’Alma », partiellement accessible
🚌 Bus
Lignes 32, 63 et 82 – arrêt « Iéna »
Lignes 42, 80 et 92 – arrêt « Alma-Marceau »
Ligne 72 – arrêt « Musée d’Art moderne »
🅿️ Parking
Trois emplacements GIC au 11 avenue du Président Wilson
🚲 Vélo
Stations Vélib’ : 4 rue de Longchamp, 4 avenue Marceau, place de la Reine Astrid et 45 avenue Marceau
Stationnement vélos devant l’entrée du musée
🚶 Accès piéton
Entrée principale par un perron de 10 marches, puis 7 marches dans le hall
Rampe d’accès à droite de l’entrée principale

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