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Éternel Tintoret au Musée Jacquemart-André

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Présentation
Peinture

Éternel Tintoret

Une quarantaine d’œuvres de Tintoret, et Manet qui le copie

Éternel Tintoret – Musée Jacquemart-André

Musée Jacquemart-André

L’EXPOSITION

« Éternel Tintoret » est une exposition présentée au musée Jacquemart-André, à Paris, du 11 septembre 2026 au 24 janvier 2027, autour d’un peintre qui a passé toute sa vie à Venise. Le parcours, thématique, réunit une quarantaine d’œuvres, dont un tableau de l’atelier de Tintoret resté plus de trente ans chez David Bowie.

L’exposition s’achève en France, plus de deux siècles et demi plus tard : l’autoportrait que Tintoret peint vers 1588 y est présenté à côté de la copie qu’en a faite Manet en 1854.

Exposition « Éternel Tintoret » | Teaser © Musée Jacquemart-André

RÉSERVEZ VOTRE VISITE

VENISE : une vie entière dans la même ville

Des grands décors vénitiens au boulevard Haussmann

Robusti de son nom de famille, le peintre doit son surnom au métier de son père, teinturier. Il perce à Venise à la fin des années 1540, y travaille jusqu’à sa mort en 1594 et finit, épaulé par un vaste atelier, par dominer le marché des grands décors que commandent les institutions de la ville : le Palais des Doges, la Scuola Grande di San Rocco, où il intervient de 1564 à 1588. Ces ensembles n’ont pas bougé. Ce qui fait le voyage jusqu’au boulevard Haussmann, ce sont des toiles, prêtées par des collections italiennes, françaises et étrangères, publiques comme privées. Au musée Jacquemart-André, elles sont présentées par axes thématiques plutôt que par dates.

Tintoret – Le Miracle de saint Augustin

Tintoret, Le Miracle de saint Augustin, 1547 - 1549, huile sur toile, 255 x 174,5 cm, Vicence, Musei Civici di Vicenza - Palazzo Chiericati credit : Musei Civici di Vicenza - Museo Civico di Palazzo Chiericati

Le Miracle de saint Augustin (1547–1549), huile sur toile de 255 sur 174,5 centimètres conservée au Palazzo Chiericati de Vicence, donne l’échelle de ces commandes religieuses ; La Création des animaux (1550–1553) arrive des Gallerie dell’Accademia, à Venise. La touche rapide de Tintoret porte un nom en italien, la prestezza. Son œuvre est autant admirée que débattue : Vasari, qui écrivait alors la vie des peintres italiens, le tenait en 1568 pour le « plus terrible esprit que la peinture n’ait jamais connu ». Quant à l’Adoration des bergers (vers 1555–1560), toile de l’église Saint-Honoré-d’Eylau aujourd’hui en dépôt de longue durée à Saint-Eustache, elle n’aura eu que Paris à traverser.

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Aux côtés du Miracle de saint Augustin, le parcours réunit une autre grande composition religieuse, la Trinité (vers 1561–1562), prêtée par la Galleria Sabauda de Turin.

SUZANNE ET DANAÉ : les nus, et les dessins d’un peintre réputé sans préparation

Les corps, puis les feuilles préparatoires

L’autre versant du parcours, ce sont les corps. Suzanne vient de l’Ancien Testament, Léda et Danaé de la mythologie grecque. Suzanne et les vieillards, peinte vers 1555–1556, huile sur toile de 146 sur 193,6 centimètres conservée au Kunsthistorisches Museum de Vienne, montre une baigneuse occupée de son miroir tandis que deux vieillards l’observent derrière une haie de rosiers. La Danaé du musée des Beaux-Arts de Lyon (vers 1570–1583) installe le nu dans un intérieur, une servante ramassant les pièces d’or ; Léda et le cygne, prêtée par la Galerie des Offices, à Florence, complète l’ensemble. L’exposition y voit une même veine, où la sensualité se double d’humour et de distance critique.

Le dessin réserve la seconde surprise. « Éternel Tintoret » réunit des études et des feuilles de la main du peintre, qui démentent l’idée d’un artiste ayant tout improvisé. L’exposition y lit une réponse au paragone, la vieille querelle qui opposait peinture et sculpture. Le Louvre prête l’une de ces feuilles : Étude d’après un moulage de la sculpture de Michel-Ange dite « Le Jour », pierre noire et gouache sur papier, 27 sur 37,8 centimètres. Tintoret n’y dessine pas la sculpture elle-même, mais un moulage.

L’exposition y voit une même veine, où la sensualité se double d’humour et de distance critique.

Tintoret – Suzanne et les vieillards

Tintoret, Suzanne et les vieillards, vers 1555-1556, huile sur toile, 146 cm × 193,6 cm, Vienne, Kunsthistorisches Museum, Gemäldegalerie ©KHM-Museumsverband

Focus sur l’œuvre

Dans la moitié droite du tableau, Suzanne est assise nue au bord du bassin, devant un arbre, une jambe dans l’eau, occupée peut-être à s’essuyer le mollet. La treille de rosiers contre laquelle s’appuie le miroir partage la composition et file en forte perspective vers le fond du jardin. Autour d’elle, au sol, un châle de soie blanche, des perles, un peigne et une pièce d’orfèvrerie composent une nature morte qui dit le rang de cette riche épouse. Les deux vieillards guettent chacun à un bout de la treille : celui du premier plan, vêtu de rouge, rampe au ras du sol en raccourci extrême, le crâne chauve accroché par la lumière. Éconduits, ils accuseront Suzanne d’adultère et la feront condamner à mort, avant que le prophète Daniel ne la sauve. Le tableau fixe ce calme avant la tempête et l’organise en contrastes : clair et obscur, extrême proximité et lointain, beauté éblouissante de la femme et physionomie caricaturale des guetteurs. Absorbée par son reflet, Suzanne ne les voit pas ; le spectateur, lui, les voit, et se trouve mis en position de voyeur.

LE MÊME VISAGE, DEUX FOIS : Tintoret et le XIXe siècle français

Du portrait vénitien aux ateliers parisiens

Une section rassemble les portraits, que l’exposition retient pour leur intensité psychologique. Parmi eux, l’Autoportrait peint vers 1588 et prêté par le musée du Louvre : un visage de vieil homme sur fond sombre, 63 sur 52 centimètres, sans décor ni attribut. Le commissariat réunit Giovanni Carlo Federico Villa, Neville Rowley et Pierre Curie, conservateur du musée Jacquemart-André ; la scénographie est signée Hubert le Gall, et l’ambassade d’Italie assure le patronage.

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La dernière partie du parcours quitte Venise. À la fin du XVIIIe siècle déjà, Dominique Vivant Denon, graveur et peintre, voit en Tintoret un artiste qui rompt avec le modèle académique ; au siècle suivant, Ingres en fait une référence autant qu’un contre-modèle, les romantiques Léon Cogniet et Delacroix y saluent la puissance dramatique, Manet et Cézanne y trouvent un précurseur. Ingres est présent avec L’Arétin dans l’atelier de Tintoret (1848, Metropolitan Museum of Art, New York), petite toile qui met en scène le Vénitien au travail. Manet, lui, en copie l’autoportrait en 1854 : sa Copie de l’Autoportrait du Tintoret (musée des Beaux-Arts de Dijon) est présentée à côté du modèle.

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Cette section accueille aussi le Portrait d’une dame en deuil (vers 1550–1555), prêté par la Gemäldegalerie Alte Meister de Dresde.

Tintoret – Autoportrait

Tintoret, Autoportrait, vers 1588, huile sur toile, 63 x 52 cm, Paris, Musée du Louvre, département des Peintures Crédit photo : © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) Jean-Gilles Berizzi

MICHEL-ANGE ET TITIEN : ce que Tintoret prend à chacun

Le disegno toscan, le colorito vénitien

L’exposition résume l’art de Tintoret par une synthèse : le dessin sculptural des maîtres toscans, le disegno, avec Michel-Ange pour fascination centrale, et le colorito vénitien de Titien, son rival. La feuille prêtée par le département des Arts graphiques du Louvre montre le premier terme de l’équation à l’état brut. Elle reproduit la figure allégorique du Jour, taillée par Michel-Ange pour le tombeau de Julien de Médicis, dans la Sagrestia Nuova de l’église San Lorenzo, à Florence.

Tintoret en dessine le dos, sur les deux faces du papier. Le Metropolitan Museum of Art conserve une autre étude double face du même dos, prise sous un angle très différent, dont le point de vue serait matériellement impossible devant la sculpture en place : l’artiste travaillait bien d’après un modèle réduit, et non devant le marbre florentin. Christ Church, à Oxford, en garde une troisième, vue de dessus, donnée à Tintoret ou à son atelier. Le Vénitien fut un grand admirateur du maître toscan, dont il copia nombre de sculptures.

Tintoret – Étude d’après un moulage de la sculpture de Michel-Ange dite « Le Jour »

Tintoret, Étude d’après un moulage de la sculpture de Michel-Ange dite 'Le Jour', pierre noire et gouache sur papier, 27 x 37,8 cm, Paris, Musée du Louvre, département des Arts graphiques © GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michèle Bellot

Focus sur l’œuvre

La technique associe la pierre noire et des rehauts de gouache blanche sur un papier à pâte colorée à dominante grège, de quoi obtenir les forts contrastes d’ombre et de lumière qui caractérisent les dessins de sculpture de Tintoret et qui supposent un modèle vivement éclairé. En haut à droite, une annotation ancienne à l’encre métallo-gallique porte le nom tintoretto. La feuille provient du recueil florentin de Filippo Baldinucci ; Filippo Strozzi en est le dernier détenteur connu avant l’achat du Louvre, en 1806. L’identification du modèle remonte à Mayer, en 1923, puis à Tietze et Tietze-Conrat, en 1944.

POURQUOI VOIR « ÉTERNEL TINTORET » AU MUSÉE JACQUEMART-ANDRÉ ?

Le parcours vous épargne le tour d’Europe que suppose d’ordinaire l’œuvre de Tintoret : ses toiles sont conservées à Venise, Vienne, Florence ou Dresde, et se retrouvent ici boulevard Haussmann. Le musée du Luxembourg avait consacré en 2018 une exposition aux débuts du peintre ; « Éternel Tintoret » se présente comme la première exposition, en France, à embrasser l’ensemble de sa carrière.

Édouard Manet – Copie de l’Autoportrait du Tintoret

Édouard Manet, Copie de l’Autoportrait du Tintoret, 1854, huile sur toile, 64 x 50 cm, Dijon, Musée des Beaux-Arts © Musée des Beaux-Arts de Dijon/Hugo Martens

Point de vue critique

Manet a vingt-deux ans et signe en bas à droite « Manet d’après Tintoret 1854 ». Aucune demande d’autorisation de copier n’a été retrouvée, ni au Louvre ni aux Offices ; la copie aurait été faite d’après le tableau parisien, puisqu’elle en reproduit une inscription qu’une restauration a depuis effacée. Le jeune peintre atteint l’intensité dramatique du modèle par ses propres moyens : un relief construit dans la lumière, une touche libre affranchie du devoir de ressemblance.

Avant Tintoret, le musée Jacquemart-André avait montré Caravage en 2018–2019, Botticelli en 2021–2022, Giovanni Bellini en 2023 et Artemisia Gentileschi en 2025. Sa collection permanente compte un Carpaccio, un Canaletto et un Tiepolo. Beaucoup des toiles exposées sont de grand format et racontent une histoire ; pour la durée, le musée prévoit une heure à une heure quinze en visite de groupe. Parmi les toiles françaises, une Crucifixion peinte par Delacroix en 1835 arrive du musée des Beaux-Arts de Vannes.

510 000

visiteurs accueillis par le musée Jacquemart-André en 2025

Camille, Rédactrice culture

L’avis de Camille

Rédactrice culture

Une quarantaine d’œuvres pour plus de quarante ans de carrière : la sélection annoncée est resserrée, et elle assume de faire entrer un peintre de très grands formats dans un hôtel particulier. Le prolongement vers les peintres français du XIXe siècle donne au projet sa ligne. Un panorama à voir, à condition d’accepter que sa dernière partie parle autant de Paris que de Venise.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Quand a lieu « Éternel Tintoret » au musée Jacquemart-André ?

L’exposition se tient du 11 septembre 2026 au 24 janvier 2027. Le musée ouvre du lundi au jeudi de 10h à 18h, le vendredi de 10h à 22h, les samedi et dimanche de 10h à 19h. La dernière admission a lieu 30 minutes avant la fermeture.

Où réserver ses billets pour « Éternel Tintoret » au musée Jacquemart-André ?

Le plein tarif est de 19 € et donne accès à l’exposition temporaire comme aux collections permanentes. La réservation se fait en ligne chez Tiqets ou Fnac, ou à la billetterie du musée ; les tarifs s’entendent hors frais de transaction éventuels. Un billet acheté en ligne ouvre un accès coupe-file, avec un créneau horaire à choisir et un temps de visite libre.

Combien de temps dure la visite de « Éternel Tintoret » au musée Jacquemart-André ?

Comptez 1h00 à 1h15, durée annoncée par le musée pour une visite de groupe. En visite individuelle, le temps de parcours reste libre une fois le créneau d’entrée passé. L’audioguide consacré à l’exposition propose environ 40 minutes d’écoute, en français et en anglais.

Comment se rendre au musée Jacquemart-André pour « Éternel Tintoret » ?

Le musée se trouve 158 boulevard Haussmann, 75008 Paris, à quelques pas des Champs-Élysées. En métro, lignes 9 et 13, stations Saint-Augustin, Miromesnil ou Saint-Philippe du Roule. En RER, ligne A, station Charles de Gaulle-Étoile. En bus, lignes 22, 28, 43, 52, 80, 84 et 93. La station Vélib’ Berri – Haussmann est située au 49 rue de Berri, et le parking Haussmann-Berri, face au 155 boulevard Haussmann, reste ouvert 24h/24 et 7j/7.

Le musée Jacquemart-André est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Éternel Tintoret » ?

Le musée est entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite, un ascenseur desservant les étages. Les porteurs d’une carte d’invalidité et leur accompagnateur bénéficient de la gratuité et d’un accès coupe-file. Un fauteuil roulant peut être mis à disposition, de préférence réservé à l’avance auprès du musée. Les poussettes ne sont pas admises dans les salles et se laissent à l’entrée.

Y a-t-il des nocturnes pour « Éternel Tintoret » au musée Jacquemart-André ?

Oui, tous les vendredis, avec une fermeture repoussée à 22h pendant la durée de l’exposition. La billetterie sur place reste alors ouverte jusqu’à 21h30.

Peut-on prendre des photos à « Éternel Tintoret » au musée Jacquemart-André ?

Oui, sans flash et sans pied, au smartphone comme à l’appareil photo, dans l’exposition temporaire comme dans les collections permanentes. Les prises de vues organisées relèvent d’une autorisation préalable à demander au service événements du musée.

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu
Musée Jacquemart-André
158 boulevard Haussmann, 75008 Paris
Horaires
  • Lundi au jeudi : 10h - 18h
  • Vendredi : 10h - 22h
  • Samedi et dimanche : 10h - 19h
  • Dernière admission 30 minutes avant la fermeture, billetterie sur place comprise
Tarifs
Tiqets
Adulte (19–99 ans) : 19 €
Jeune (7–18 ans) : 10 €
Moins de 7 ans : Gratuit
Visiteur handicapé avec certificat : Gratuit
Carte ICOM, ICOMOS ou SNELAC : Gratuit
Fnac
Plein tarif : 19 €
Sénior (plus de 65 ans) : 18 €
Jeune (19–25 ans) : 16 €
Pass Éducation : 16 €
Demandeur d’emploi : 16 €
Enfant (7–18 ans) : 10 €
Adhérent Fnac : 16 € Adhérent
Informations
Billet valable pour l’exposition temporaire et les collections permanentes
Application de visite gratuite, en français et en anglais
Audioguide de l’exposition disponible sur place, 5 €, environ 40 minutes d’écoute
Vestiaire à casiers fermant par code, 45 × 28 × 28 cm
Restaurant-salon de thé Le Nélie et librairie-boutique sur place
Conditions
Créneau horaire à choisir en période d’exposition, temps de visite libre ensuite
Valises interdites dans le musée, poussettes à laisser à l’entrée
Photos sans flash et sans pied autorisées
Billet échangeable une seule fois jusqu’à la veille de la visite, échange facturé 2 €
Tarif adhérent Fnac dans la limite des places disponibles, adhésion Fnac+ possible lors de la réservation
Tarifs hors frais de transaction éventuels
Accès
🚇 Métro
Lignes 9 et 13 – stations Saint-Augustin, Miromesnil ou Saint-Philippe du Roule
🚆 RER
Ligne A – station Charles de Gaulle-Étoile
🚌 Bus
Lignes 22, 28, 43, 52, 80, 84 et 93
🅿️ Parking
Parking Haussmann-Berri – face au 155 boulevard Haussmann, au pied du musée, ouvert 24h/24 et 7j/7
Hauteur maximale 1,85 m, accès motos et vélos
🚲 Vélib’
Station Berri – Haussmann – 49 rue de Berri

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