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Eva Gonzalès au Petit Palais

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Présentation
Peinture

Eva Gonzalès

Près de 100 œuvres de la seule élève de Manet

Eva Gonzalès – Petit Palais

Petit Palais

L’EXPOSITION

Édouard Manet n’a formé qu’une seule élève : Eva Gonzalès (1847–1883), qui l’avait choisi pour maître et qui n’a jamais rejoint le groupe impressionniste. Le Petit Palais lui consacre une monographie, « Eva Gonzalès. Parcours d’une artiste libre » : près de 100 œuvres, du 15 septembre 2026 au 24 janvier 2027.

Tout y est bâti autour d’elle seule et suit l’ordre chronologique, avec une large place faite aux trois proches que l’exposition met en avant : sa sœur Jeanne, son mari Henri Guérard et Manet lui-même.

Le Petit Palais, l’art au cœur de Paris © Petit Palais

RÉSERVEZ VOTRE VISITE

MANET : UN MAÎTRE CHOISI EN 1869

Un maître choisi, une carrière menée seule

Son père, Emmanuel Gonzalès, est un homme de lettres reconnu ; sa mère, la musicienne Céline Ragut, tient un salon où passe le tout-Paris littéraire. Le milieu compte. Eva Gonzalès apprend à peindre dans l’atelier réservé aux femmes du portraitiste Charles Chaplin, puis s’en affranchit rapidement pour chercher sa manière. L’exposition insiste sur ce point : dans un siècle peu favorable aux femmes artistes, elle a été soutenue par sa famille.

Édouard Manet – Portrait d’Eva Gonzalès

Edouard Manet, Portrait d’Eva Gonzalès, 1870, Huile sur toile, 19,1 x 133,4 cm. Sir Hugh Lane Bequest, 1917, the National Gallery, London. In partnership with Hugh Lane Gallery, Dublin. © The National Gallery London

En 1869, elle rencontre Édouard Manet, peintre alors très contesté. Elle devient son unique élève et l’un des modèles du peintre, sans renoncer à sa propre carrière. De 1870 à 1883, elle expose au Salon, l’exposition officielle de l’époque. Le musée pose d’ailleurs la question : comment en finir avec le récit romanesque bâti très tôt autour de cette vie ? Le parcours montre aussi les images que d’autres ont faites d’elle, à commencer par le Portrait d’Eva Gonzalès peint par Manet en 1870. Ce tableau est aujourd’hui à la National Gallery de Londres, qui a acheté en 2024 sa première œuvre d’Eva Gonzalès : La Psyché. Le titre vient du grand miroir sur pied qui occupe la toile. Peinte sans doute au même moment que le portrait, elle était restée plus de soixante-dix ans hors de toute présentation publique.

Elle devient son unique élève et l’un des modèles du peintre, sans renoncer à sa propre carrière.

LES TABLEAUX : UN QUOTIDIEN BOURGEOIS PEINT DE PRÈS

Des femmes, des intérieurs, une touche claire

Ses sujets viennent de son entourage immédiat : la famille, les amis, saisis dans leur quotidien bourgeois. L’exposition annonce une touche fluide et lumineuse. Ce sont surtout des femmes qu’elle regarde chez elles : sa sœur, des amies, une servante, une nourrice. Une loge aux Italiens (vers 1874) montre une femme en robe claire, des fleurs devant elle, un homme en habit derrière. La toile est entrée au musée d’Orsay par un don en 1927. Le Réveil (1877, Kunsthalle de Brême) saisit une jeune femme à peine sortie du sommeil dans des draps blancs, un vase de fleurs mauves posé près du lit.

Ce sont surtout des femmes qu’elle regarde chez elles : sa sœur, des amies, une servante, une nourrice.

Au Petit Palais, la sélection ne se limite pas à l’huile : des pastels et des gravures y figurent aussi. Les formats vont du petit tableau de quinze centimètres de haut à des toiles de plus d’un mètre trente. La Matinée rose, pastel de 1874 qui appartient au musée d’Orsay, dépasse quatre-vingt-dix centimètres de haut. Les paysages, eux, sortent des intérieurs : Enfants dans les dunes de sable, Grandcamp (vers 1877–1878) appartient à la collection de la National Gallery of Ireland, à Dublin.

Eva Gonzalès – Une loge aux italiens

Eva Gonzalès, Une loge aux italiens, v. 1874, Huile sur toile, 97,7 x 130 cm. Paris, musée d’Orsay. © GrandPalaisRmn (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Focus sur l’œuvre

Les deux modèles ont un nom : Henri Guérard, que l’artiste épousera en 1879, et sa sœur Jeanne Gonzalès. Un fond sombre fait vibrer les carnations et les tissus clairs. La loge, où l’on vient autant se montrer que voir, occupe alors les impressionnistes : Renoir envoie La Loge à leur première exposition, en 1874. Les fleurs disposées à l’avant de la loge tiennent de la citation : elles renvoient au bouquet que reçoit l’Olympia de Manet. Quant aux deux figures, curieusement détachées l’une de l’autre, elles prolongent un refus propre au maître : ne jamais livrer au spectateur la clé du sujet. Le jury du Salon écarte d’abord la toile ; Jules Claretie écrit alors à Emmanuel Gonzalès que ce refus ne s’explique que par « la manetophagie qui s’est emparée du jury ». Soumise de nouveau, elle est reçue au Salon de 1879, sous le n° 1405. Elle doit son entrée dans les collections nationales à Jean Guérard, le fils de l’artiste.

APRÈS 1883 : UNE ŒUVRE QUI S’EFFACE, PUIS REVIENT

De la disparition à la redécouverte

Eva Gonzalès épouse en 1879 Henri Guérard, lui-même peintre et graveur. Sa sœur Jeanne – modèle, élève et confidente – traverse toute l’œuvre. Deux Portrait de Jeanne Gonzalès font partie de la sélection, l’un daté vers 1870–1872, l’autre vers 1873–1874. Une même famille sert donc de sujet et de soutien : Jeanne épousera d’ailleurs Henri Guérard, quelques années après la mort de sa sœur. En 1883, tout s’arrête. Elle meurt à 36 ans, quelques jours après avoir mis au monde un fils ; Manet vient de disparaître.

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Son œuvre s’efface ensuite. Saluée de son vivant, elle est encore montrée dans une rétrospective posthume, deux ans après sa mort. Puis elle sort peu à peu des récits de la peinture moderne. Le musée présente « Eva Gonzalès. Parcours d’une artiste libre » comme la première exposition à retrouver une telle ampleur depuis 1885. Des tableaux de Mary Cassatt, Marie Bracquemond et Berthe Morisot sont placés en regard : ils servent à comprendre les conditions dans lesquelles ces peintres travaillaient. Le commissariat général revient à Annick Lemoine, ancienne directrice du Petit Palais, avec Stéphanie Cantarutti et Fleur Roos Rosa de Carvalho au commissariat scientifique. Le projet est mené avec le Van Gogh Museum d’Amsterdam, le musée d’Orsay lui apportant un soutien qualifié d’exceptionnel. Le Petit Palais y ajoute une toile qu’il conserve lui-même, La Servante ou à la barrière (vers 1865–1870).

1885

L’État achète La Matinée rose à la vente de l’atelier, à l’Hôtel Drouot, et l’affecte aussitôt au Louvre.

Eva Gonzalès – La Matinée rose

Eva Gonzalès, La Matinée rose, 1874, Pastel sur papier et châssis entoilé, 93,8 x 74,3 cm. Paris, musée d’Orsay, conservé au musée du Louvre. © GrandPalaisRmn (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

GRANDCAMP : LA PEINTURE SORT DE L’ATELIER

Quand la côte normande devient un motif

Eva Gonzalès peint cette scène lors d’un séjour à Grandcamp, station balnéaire de la côte normande. Le geste n’est pas isolé : elle avait déjà travaillé à Dieppe en 1871, où elle s’était installée en quittant Paris pendant la guerre franco-prussienne. La touche, ici, se fait bien plus lâche, presque esquissée ; les années passées auprès de Manet ont laissé leur trace sur sa façon de peindre.

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Le tableau passe du fils de l’artiste, Jean-Raymond Guérard-Gonzalès, à la galerie Jacques Daber à Paris, où la National Gallery of Ireland l’acquiert en 1972 grâce au Shaw Fund. Il y porte le numéro d’inventaire NGI.4050.

Ce versant de l’œuvre occupe une vraie place dans le parcours du Petit Palais, qui lui consacre aussi une conférence, « Eva Gonzalès à Dieppe et en Normandie ». Les bords de mer y répondent aux chambres et aux salons : même attention aux figures, mais une lumière prise dehors, sur le motif.

Eva Gonzalès – Enfants dans les dunes de sable, Grandcamp

Eva Gonzalès, Enfants dans les dunes de sable, Grandcamp, v. 1877-1878, Huile sur toile, 46 x 56 cm. Acquired in 1972 (Shaw Fund). Collection of the National Gallery of Ireland, Dublin. Photo : National Gallery of Ireland

Focus sur l’œuvre

Deux enfants du lieu se tiennent au bord d’un chemin côtier. Un panier de poissons, posé près d’eux, forme comme une nature morte au cœur de la scène. Autour, le sable et l’herbe occupent l’essentiel du tableau ; une fine bande bleutée, placée très haut, tient lieu d’horizon. Le tout dans un format modeste, 46 centimètres sur 56, signé en bas à gauche et frappé du cachet d’atelier.

POURQUOI VOIR « EVA GONZALÈS » AU PETIT PALAIS ?

Les tableaux d’Eva Gonzalès sont dispersés entre Londres, Chicago, Dublin, Bristol, Monaco et des collections privées : l’exposition les rassemble au Petit Palais dans l’ordre où ils ont été peints. Vous y verrez surtout des femmes, chez elles ou dans les dunes normandes. Un parcours de médiation, « Une vie d’artiste au féminin », revient sur ce que traversaient les femmes peintres de cette fin de siècle.

Eva Gonzalès – L’Enfant de troupe

Eva Gonzalès, L’Enfant de troupe, 1870, Huile sur toile, 133 x 109 cm. Musée de Gajac, Villeneuve-sur-Lot. © Photo Maitetxu Etcheverria

Point de vue critique

Un jeune garçon en uniforme : un enfant de troupe, que l’armée française logeait et nourrissait. Le sujet reprend celui du Joueur de fifre, que le Salon avait refusé à Manet en 1866. Quatre ans plus tard, le jury accueille celui de l’élève, et la critique lui réserve un meilleur sort qu’au maître. Connue aussi sous le titre Le Clairon, la toile a été prêtée en 2024 au musée danois d’Ordrupgaard, pour une exposition sur les femmes de l’impressionnisme.

Un cycle de conférences accompagne l’exposition du 22 septembre 2026 au 12 janvier 2027. Au même moment, le Petit Palais donne carte blanche à Prune Nourry avec « Visionnaires », en accès libre du 20 octobre 2026 au 24 janvier 2027. L’accès aux collections permanentes, lui, reste gratuit. Après le 24 janvier, « Eva Gonzalès. Parcours d’une artiste libre » quitte Paris : une étape est annoncée en février 2027 au Van Gogh Museum d’Amsterdam.

Camille, Rédactrice culture

L’avis de Camille

Rédactrice culture

Le projet annonce vouloir sortir de la légende de l’élève de Manet, tout en construisant le parcours autour de trois proches : la sœur, le mari, le maître. La tension est réelle. Restent les œuvres : près de 100 pièces, dont L’Enfant de troupe, grande toile de 1870 venue du musée de Gajac, et le pastel Une mariée, daté 1879, conservé dans la collection du prince de Monaco. La promesse est claire et la matière suit ; visite recommandée.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Quand a lieu « Eva Gonzalès » au Petit Palais ?

L’exposition se tient du 15 septembre 2026 au 24 janvier 2027. Le musée accueille le public du mardi au dimanche de 10h à 18h, avec une dernière entrée dans les expositions temporaires à 16h45 et une fermeture des salles à partir de 17h45. Il est fermé le lundi ainsi que les 1er janvier, 1er mai, 14 juillet, 11 novembre et 25 décembre.

Où réserver ses billets pour « Eva Gonzalès » au Petit Palais ?

Le billet au Petit Palais est proposé à 14 € en plein tarif sur Tiqets, sans frais additionnels et hors frais de transaction éventuels. Il donne accès à l’exposition temporaire et aux collections permanentes, dont l’entrée reste gratuite, et comprend un guide audio téléchargeable. La réservation d’un créneau horaire est fortement recommandée ; le billet n’est ni remboursable ni modifiable.

Combien de temps dure la visite de « Eva Gonzalès » au Petit Palais ?

Le musée ne publie pas de durée de visite officielle. Le parcours réunit près de 100 œuvres – peintures, pastels et gravures – présentées dans l’ordre chronologique. Pour disposer de tout le temps nécessaire, entrez avant 16h45, ou avant 18h45 les vendredis et samedis en nocturne, les salles fermant respectivement à partir de 17h45 et de 19h45. Les collections permanentes, gratuites, se visitent dans la foulée en journée.

Comment se rendre au Petit Palais pour « Eva Gonzalès » ?

Le musée se situe avenue Winston-Churchill, dans le 8e arrondissement. En métro, les lignes 1 et 13 desservent la station Champs-Élysées - Clemenceau et la ligne 9 la station Franklin D. Roosevelt. Le RER C s’arrête à Invalides. Les bus 28, 42, 72, 73, 80, 83 et 93 passent à proximité, l’arrêt le plus proche étant « Grand Palais », face au musée. Aucun stationnement n’est possible dans l’enceinte du musée. Les visiteurs individuels entrent par l’entrée principale ; les groupes et les visiteurs à mobilité réduite passent par le rez-de-chaussée, en bas à droite de l’escalier principal.

Le Petit Palais est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Eva Gonzalès » ?

Oui, le musée est accessible, à l’exception du hall du niveau haut (niveau 1). L’entrée des personnes à mobilité réduite se trouve au rez-de-chaussée, à droite de l’escalier principal. L’accès est gratuit pour les visiteurs en situation de handicap et leur accompagnateur, sur présentation d’un justificatif. Les chiens guides et d’assistance sont autorisés. Fauteuils roulants, sièges pliants et loupes grossissantes sont prêtés sur demande à l’accueil, et des dispositifs tactiles sont proposés dans les salles.

Y a-t-il des nocturnes pour « Eva Gonzalès » au Petit Palais ?

Oui, les vendredis et samedis jusqu’à 20h, uniquement pour les expositions temporaires. La dernière entrée est fixée à 18h45 et les salles ferment à partir de 19h45. Pendant ces nocturnes, l’exposition, le café et le jardin restent accessibles, mais les collections permanentes sont fermées. Le Café 1902 sert jusqu’à 19h40, dernière commande à 19h15.

Peut-on prendre des photos à « Eva Gonzalès » au Petit Palais ?

Oui, les photographies à usage personnel sont autorisées, dans le respect des œuvres et des autres visiteurs. Les séances photo, mises en scène et prises de vue à caractère professionnel ou commercial ne le sont pas : elles relèvent d’une autorisation préalable. Dans les salles, il est strictement interdit de toucher les œuvres.

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu
Petit Palais 📍 Entrée principale
Avenue Winston-Churchill, 75008 Paris
Itinéraire ↗
Horaires
  • Du mardi au dimanche : 10h - 18h
  • Nocturnes vendredi et samedi : jusqu’à 20h (expositions temporaires)
  • Dernière entrée dans l’exposition : 16h45 (18h45 en nocturne)
  • Fermeture des salles à partir de 17h45 (19h45 en nocturne)
  • Fermé le lundi et les 1er janvier, 1er mai, 14 juillet, 11 novembre et 25 décembre
Tarifs
Tiqets
Adulte (+ de 26 ans) : 14 €
Tarif réduit (18-26 ans, sur place) : 12 €
Moins de 18 ans : Gratuit
Demandeurs d’emploi, visiteurs en situation de handicap et accompagnateur : Gratuit
Informations
Accès aux collections permanentes inclus dans le billet
Guide audio téléchargeable inclus ; visite guidée non incluse
Casiers à disposition au rez-de-chaussée, dans la limite des places disponibles
Café 1902 et jardin accessibles, y compris pendant les nocturnes
Tarifs hors frais de transaction éventuels
Conditions
Réservation d’un créneau horaire fortement recommandée
Billet non remboursable et non modifiable
Contrôle de sécurité à l’entrée pour tous les visiteurs
Bagages et objets encombrants interdits (plan Vigipirate) ; sacs à main et petits sacs à dos au format A3 maximum admis, portés à l’avant
Collections permanentes fermées pendant les nocturnes
Accès
🚇 Métro
Lignes 1 et 13 – station « Champs-Élysées - Clemenceau »
Ligne 9 – station « Franklin D. Roosevelt »
🚆 RER
Ligne C – arrêt « Invalides »
🚌 Bus
Lignes 28, 42, 72, 73, 80, 83 et 93
Arrêt le plus proche : « Grand Palais », face au musée
🅿️ Parking
Aucun stationnement dans l’enceinte du musée
Carte des stationnements adaptés téléchargeable sur le site du musée
🚶 Accès piéton
Visiteurs individuels : entrée principale
Groupes et visiteurs à mobilité réduite : rez-de-chaussée, en bas à droite de l’escalier principal

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