Auguste Bartholdi au Musée d’Orsay
Auguste Bartholdi. La Liberté éclairant le monde
Bartholdi, son chantier parisien et environ 100 œuvres

Musée d’Orsay
L’EXPOSITION
« Auguste Bartholdi. La Liberté éclairant le monde » est l’exposition que le musée d’Orsay consacre au sculpteur de la Statue de la Liberté, du 15 septembre 2026 au 31 janvier 2027. Environ 100 œuvres y sont réunies en six sections thématiques, salle 69, et une expérience en réalité virtuelle se déploie en parallèle sur près de 700 m², au niveau 0.
Maquettes de plâtre, photographies d’atelier et gravures de presse y racontent moins la statue achevée que le chantier qui l’a précédée : plus de vingt ans de démarches, de collectes de fonds et de cuivre martelé.Auguste Bartholdi : le sculpteur de la statue de la liberté © Célébrités - 100% Documentaire
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UN PHARE POUR SUEZ : la longue mise au point d’une idée
De la fellah égyptienne à l’allégorieLa maison où naît Auguste Bartholdi en 1834, à Colmar, abrite aujourd’hui le musée Bartholdi, partenaire du musée d’Orsay pour cette exposition. Sa mère, devenue veuve, emmène ses deux fils à Paris ; le jeune homme entre dans l’atelier d’Ary Scheffer, peintre romantique qui le pousse vers la sculpture. À vingt ans, il voyage longuement en Égypte et au Yémen avec le peintre Jean-Léon Gérôme. En 1869, il repart au Caire soumettre au vice-roi d’Égypte Ismaïl Pacha un projet de statue-phare pour l’entrée du canal de Suez : une paysanne égyptienne tenant la torche du progrès. Le vice-roi n’est pas convaincu ; le sculpteur garde ses esquisses.
Paul Berthier (1822-1912) d’après Auguste Bartholdi, Projet de phare pour Suez. Présenté au Khédive 1869, 1869, épreuve sur papier albuminé d’après un dessin, montée sur carton et annotée à l’encre Photo © Musée Bartholdi / C. Kempf
La guerre de 1870 change le cours de sa carrière. Bartholdi rejoint la garde nationale de Colmar, perd son Alsace natale, choisit en 1871 la nationalité française et conçoit d’autres monuments de commémoration, dont le Lion de Belfort. L’idée américaine remonte à un dîner de 1865 chez son ami le juriste Édouard Laboulaye, spécialiste du droit américain, qui plaide pour un monument commun aux deux pays. L’exposition relie ce projet égyptien sans suite à la figure classique de La Liberté éclairant le monde : couronne rayonnante plutôt que bonnet phrygien, tablette datée de l’Indépendance, chaîne brisée sous le pied.
Le vice-roi n’est pas convaincu ; le sculpteur garde ses esquisses.
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TROUVER L’ARGENT, MARTELER LE CUIVRE : la statue se fabrique à Paris
Une souscription, du cuivre et une charpenteLa statue sera payée par les Français, le piédestal par les Américains : la règle est fixée en 1875, à la création de l’Union franco-américaine, que préside Laboulaye. Le premier appel à souscription paraît dans la presse française le 28 septembre 1875, illustré d’une vue de la statue dans le port de New York. Cette épreuve de Pierre Petit, d’après un dessin de Bartholdi, a été reprise à la gouache par le sculpteur, qui remplace, dans la main gauche, les chaînes par la table de la loi. À Philadelphie, l’année suivante, la main tenant le flambeau devient une attraction de l’Exposition universelle : un escalier intérieur mène à la plate-forme, et une boutique installée dans le socle vend des photographies-souvenirs.
La hauteur atteinte par le monument achevé, piédestal compris, dans la baie de New York
Le bronze était exclu : à 46 mètres de haut, la statue aurait pesé trop lourd et posé des contraintes techniques insurmontables. La solution vient du cuivre repoussé et du savoir-faire de Monduit et Béchet, maison qui prend en 1880 le nom de Gaget, Gauthier & Cie. Des feuilles de cuivre de 2,5 millimètres d’épaisseur sont martelées à la main dans des gabarits, ces moules de bois creux taillés d’après des modèles de plâtre agrandis morceau par morceau. Restait à tenir l’ensemble debout. La charpente intérieure, d’abord confiée à l’architecte Eugène Viollet-le-Duc, revient après sa mort, en 1879, à l’ingénieur Gustave Eiffel et à ses collaborateurs. Au printemps 1884, le peintre Paul-Joseph-Victor Dargaud installe son chevalet dans le quartier des ateliers : son tableau La Liberté éclairant le monde, vue du boulevard de Courcelles, prêté par le musée Carnavalet, montre la statue dépassant des toits et les badauds qui s’arrêtent.
Paul-Joseph-Victor Dargaud (1847-1914), La Liberté éclairant le monde, vue du boulevard de Courcelles, 1884, huile sur toile CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris
Focus sur l’œuvre
À gauche, un immeuble haussmannien ; au centre, un mur pignon bleu où s’étale l’enseigne du Petit Journal ; à droite, des devantures de commerces. La Statue de la Liberté surgit parmi les toits, enserrée dans son échafaudage de bois. Une quinzaine de silhouettes occupent la chaussée, dont un homme en chapeau haut de forme au premier plan. Le format, lui, reste modeste : 46,4 sur 32,3 centimètres. Dargaud, spécialiste des vues de Paris, signe en bas à gauche. La toile est présentée au Salon de la Société des artistes français dès 1884, alors que la statue n’a pas encore quitté la France.
L’ATELIER DISPARU : ce que montre la réalité virtuelle
Un atelier rebâti en trois dimensionsSous le titre « Une Statue pour la Liberté, le rêve de Bartholdi, de Paris à New York », une expérience en réalité virtuelle accompagne « Auguste Bartholdi. La Liberté éclairant le monde » sans en faire partie. La visite se déroule en trois temps : un pré-show de photographies, de gravures et de documents d’époque, puis l’expérience collective, découpée en dix chapitres qui passent par le salon de Laboulaye en 1865, l’atelier parisien et la baie de New York. Un post-show referme le parcours sur l’après-1886 : les répliques dressées dans le monde entier, les usages politiques de cette image.
Coproduite par GEDEON Experiences, BackLight, VIVE Arts et le musée d’Orsay, elle a demandé un important travail de recherche : l’atelier Gaget, Gauthier & Cie, aujourd’hui disparu, a été rebâti en trois dimensions par Aristeas, à partir de plans, de photographies et d’archives. Le casque sur les yeux, cet atelier réapparaît avec ses échafaudages, là où près de six cents compagnons, artisans et ouvriers ont travaillé quatre années. Les décors ne sont pas modélisés mais peints directement dans l’espace virtuel, avec le logiciel Quill : un rendu de peinture, volontairement éloigné du photoréalisme. Stéphane Landowski signe le récit et la coréalisation avec Jonathan Astruc, Claire Allante la direction artistique et Raphaël Joffres la musique. François Blanchetière et Juliette Chevée, qui assurent le commissariat de l’exposition, ont aussi été les conseillers scientifiques de l’expérience. Le musée d’Orsay range par ailleurs parmi les œuvres exposées sa propre Liberté : un bronze de 2,87 mètres, fondu en 1889 par les Thiébaut frères et acquis par l’État en 1900.
L’expérience est également programmée au Museum of Jewish Heritage de New York, du 25 octobre 2026 au 19 mars 2027, sous le titre A Statue for Liberty: Inventing An Icon.
Albert Fernique (1841-1898), La Statue de la Liberté montée dans les ateliers Gaget, Gauthier & Cie, 1884, épreuve sur papier albuminé collée sur carton Photo © Musée Bartholdi / C. Kempf
UNE STATUE DANS UN JARDIN : la Liberté du musée d’Orsay
Un siècle au jardin du LuxembourgSur la tablette du bronze, une date gravée : « 15 / DE / NOVEMBRE / 1889 ». Sur la plinthe, deux signatures se répondent, celle du sculpteur à droite, celle des fondeurs parisiens à gauche. L’État achète cette réduction pour 5 000 francs, par arrêté du 25 septembre 1900, et la destine au musée du Luxembourg, où elle entre en février 1901.
Elle y reste jusqu’en 1906. La veuve du sculpteur demande alors qu’elle soit placée dans le jardin du Luxembourg : la Liberté y passera plus d’un siècle, à hauteur de promeneurs. En juillet 2011, son flambeau est volé. Le dépôt prend fin au début de 2012 et la statue rejoint le musée d’Orsay, héritier du musée du Luxembourg. C’est autour d’elle que s’organise aujourd’hui le parcours.
Frédéric-Auguste Bartholdi, Thiébaut frères, Liberté, 1889, statue sur piédestal en bronze © Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
Focus sur l’œuvre
Le diadème rayonnant ne sort pas de l’imagination du sculpteur : il s’inspire de La Religion, figure monumentale conçue par Canova pour le tombeau du pape Clément XIII à Rome, entre 1787 et 1792. Bartholdi puise son vocabulaire dans l’Antiquité gréco-romaine et le néo-classicisme européen. La forme, simple, austère et compacte, reste dictée par les dimensions du colosse new-yorkais. Ramenée au format du bronze, cette silhouette devient un objet de collection.
POURQUOI VOIR « AUGUSTE BARTHOLDI » AU MUSÉE D’ORSAY ?
« Auguste Bartholdi. La Liberté éclairant le monde » raconte l’histoire parisienne de la Statue de la Liberté : un atelier du XVIIe arrondissement, plus de deux cents caisses expédiées vers New York. Le sujet se prolonge au Musée des Arts et Métiers, avec « Lady Liberté. De la sueur, de l’audace, du génie », jusqu’au 1er août 2027. L’expérience en réalité virtuelle se réserve à part, dure 50 minutes dont 35 sous casque, et reste conseillée à partir de 13 ans, avec un âge minimum de 8 ans.
Auguste Bartholdi (1834-1904), Maquette du modèle du Comité pour La Liberté éclairant le monde, vers 1875, plâtre patiné Photo © Musée Bartholdi / C. Kempf
Point de vue critique
Ce petit plâtre n’est pas une étude : c’est un argument de vente. Présenté au public le 6 novembre 1875, au banquet du Grand Hôtel du Louvre qui lance la souscription, il fixe l’image que les donateurs vont financer avant que la statue n’existe. Le modèle sera ensuite décliné en épreuves numérotées, offertes aux soutiens du projet. La Liberté circule ainsi en réduction, dix ans avant New York.
Le musée d’Orsay la déconseille aux personnes cardiaques, aux femmes enceintes, à celles qui sont sujettes aux migraines ou à l’épilepsie et à celles qui ont des troubles de la vision ou de l’équilibre ; elle n’est accessible ni en déambulateur ni en fauteuil roulant motorisé. Une maquette de plâtre patiné, haute de 89 centimètres, porte déjà la couronne, la tablette et la chaîne brisée.
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Auguste Bartholdi. La Liberté éclairant le monde » au musée d’Orsay ?
L’exposition se tient du 15 septembre 2026 au 31 janvier 2027, salle 69, au niveau 2. Le musée ouvre du mardi au dimanche de 9h30 à 18h, avec une nocturne le jeudi jusqu’à 21h45. Il est fermé le lundi.
Où réserver ses billets pour « Auguste Bartholdi. La Liberté éclairant le monde » au musée d’Orsay ?
La réservation en ligne se fait chez Tiqets, à 17,50 € le billet adulte, sans frais additionnels. Ce billet à Orsay donne accès à la collection permanente et, sous réserve de disponibilité, aux expositions temporaires. L’entrée reste gratuite pour les moins de 18 ans et les moins de 26 ans ressortissants ou résidents de longue durée de l’Union européenne, ainsi que pour tous le premier dimanche du mois, sur réservation obligatoire.
Combien de temps dure la visite de « Auguste Bartholdi » au musée d’Orsay ?
Comptez 1h30 pour la visite guidée, proposée en français et en anglais du 1er octobre au 17 décembre 2026, à partir de 13 ans. Le parcours se déploie dans une seule salle, la 69, au niveau 2. L’expérience en réalité virtuelle, qui se réserve séparément, dure 50 minutes dont 35 minutes sous casque.
Comment se rendre au musée d’Orsay pour « Auguste Bartholdi » ?
Le musée se situe esplanade Valéry Giscard d’Estaing, dans le 7e arrondissement. Le plus direct reste le métro ligne 12, station Solférino, ou le RER C, station Musée d’Orsay. Les bus 63, 68, 69, 73, 83, 84, 87 et 94 desservent le quartier. Deux stations Vélib’ sont proches, au 62 rue de Lille et au 19 quai Voltaire, et les parkings du Carrousel du Louvre et Bac Montalembert accueillent les voitures. Avec un billet horodaté, l’entrée se fait côté quai.
Le musée d’Orsay est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Auguste Bartholdi » ?
Oui. Grâce aux ascenseurs et aux rampes d’accès, la totalité du parcours muséographique et des expositions temporaires est accessible aux personnes à mobilité réduite comme aux poussettes. Les visiteurs en situation de handicap et un accompagnant de leur choix bénéficient de l’entrée gratuite et prioritaire sur présentation d’un justificatif en cours de validité, sans réservation préalable. Le musée prête fauteuils roulants, sièges pliants et cannes contre une pièce d’identité ; les chiens guides et d’assistance sont admis.
Y a-t-il des nocturnes pour « Auguste Bartholdi » au musée d’Orsay ?
Oui, le jeudi jusqu’à 21h45. Les autres jours d’ouverture, du mardi au dimanche, la fermeture intervient à 18h. Le musée applique un tarif nocturne réduit sur sa propre billetterie, le jeudi à partir de 18h.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Lundi : fermé
- Mardi : 9h30 - 18h
- Mercredi : 9h30 - 18h
- Jeudi : 9h30 - 21h45 (nocturne)
- Vendredi : 9h30 - 18h
- Samedi : 9h30 - 18h
- Dimanche : 9h30 - 18h
