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L’étoffe de l’artiste au Musée Bourdelle

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Présentation
Mode

L’étoffe de l’artiste

Plus de cinquante vêtements et objets portés par des artistes

L’étoffe de l’artiste – Musée Bourdelle

Musée Bourdelle

L’EXPOSITION

« L’étoffe de l’artiste. De Rosa Bonheur à Sonia Delaunay » est une exposition consacrée aux tenues des artistes, présentée au musée Bourdelle, à Paris, du 23 septembre 2026 au 24 janvier 2027. Née de la redécouverte, en 2020, d’habits du sculpteur Antoine Bourdelle dans l’ancien logement de sa fille, elle réunit plus de cinquante objets, accessoires et vêtements portés par des artistes.

Parmi ces pièces figurent un smoking du peintre franco-japonais Foujita, une casquette d’atelier d’Edgar Degas et un manteau créé par Sonia Delaunay, présentés avec plus de cent peintures, photographies, dessins et sculptures.

Explorez le Musée Bourdelle – Paris © UrbanEye

RÉSERVEZ VOTRE VISITE

BLOUSES ET VELOURS CÔTELÉ : QUAND LES ARTISTES S’HABILLENT POUR TRAVAILLER

Blouse indigo, velours côtelé et largeot d’atelier

Gustav Klimt travaillait vêtu d’une ample blouse indigo dans ses ateliers viennois. L’exemplaire exposé, en lin brodé de coton blanc, date des environs de 1905 et a été prêté par le Wien Museum. Klimt a lui-même conçu cette blouse. Sa compagne Emilie Flöge, créatrice de mode à Vienne, l’a peut-être aidé. L’artiste autrichien Egon Schiele l’a dessiné ainsi vêtu en 1913, et ce Gustav Klimt en blouse bleue figure aussi dans le parcours. La section « Se protéger » indique que Bourdelle avait conçu sa propre blouse d’atelier, ample et à fermeture décalée, puis s’était fait tailler des costumes de ville sur ce modèle. Ses visiteurs y voyaient tantôt une tenue d’ouvrier, tantôt un habit de mage.

Gustav Klimt et Emilie Flöge (?) – Blouse ayant appartenu à Gustav Klimt

Gustav Klimt et Emilie Flöge (?), Blouse ayant appartenu à Gustav Klimt, vers 1905, lin indigo et broderies de coton blanc, Wien Museum, Vienne CC by 4.0, Photo : Birgit et Peter Kainz, Wien Museum

Ses visiteurs y voyaient tantôt une tenue d’ouvrier, tantôt un habit de mage.

Pour bouger librement et résister au froid des grands ateliers, des sculpteurs empruntent le velours côtelé aux vêtements de travail. Le parcours de « L’étoffe de l’artiste » au musée Bourdelle présente ainsi un costume en velours côtelé bleu du sculpteur lui-même, composé d’un gilet et d’un pantalon datés des environs de 1908. La sculptrice Suzanne Bizard, photographiée vers 1920 dans son atelier par Albert Harlingue, y associe le largeot, un pantalon inspiré de celui des charpentiers.

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Le largeot, pantalon ample conçu pour les ouvriers du bâtiment, a été créé et commercialisé en 1896 par le tailleur Adolphe Lafont. Antoine Bourdelle l’a lui aussi adopté.

ARTISTES FEMMES : JAQUETTES, CRAVATES ET CHEVEUX COURTS

De Rosa Bonheur à Ottilie Roederstein

Près d’un quart des artistes exposés sont des femmes. Rosa Bonheur, peintre d’animaux décorée de la Légion d’honneur en 1865, est présente dans le parcours par une jaquette de laine bleue, accompagnée de son gilet et de sa chemise-plastron. Le tailleur parisien Rothschild, installé avenue de l’Opéra, l’a confectionnée vers 1890. Elle est ornée de brandebourgs de laine noire, des motifs de cordon cousus sur le devant. L’ensemble vient du château de Rosa Bonheur à By-Thomery, où l’artiste a vécu. Un portrait peint en 1899 par Anna Elisabeth Klumpke la montre avec son chien Charley ; il vient du château de Fontainebleau.

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Près d’un quart des artistes exposés sont des femmes

La section « Troubler les genres » réunit des femmes artistes qui portent jaquette et gilet de coupe masculine, comme la peintre suisse Ottilie Roederstein. Son Autoportrait au chapeau, peint en 1904, a été prêté par le Städel Museum de Francfort. La section évoque aussi les peintres Romaine Brooks et Marie Laurencin, qui affichent dans les années 1920 cheveux courts, cravate et nœud papillon.

Ottilie Roederstein – Autoportrait au chapeau

Ottilie Roederstein, Autoportrait au chapeau, 1904, huile sur toile, 55,3 × 46,1 cm, Städel Museum, Francfort-sur-le-Main © Städel Museum, Frankfurt am Main

Focus sur l’œuvre

Ottilie Roederstein se peint en buste, de trois quarts, sous un large chapeau clair cerclé d’un ruban noir. Une veste blanche, un col montant et un gros nœud noir composent une tenue sobre ; lancé de biais, le regard concentré se pose sur le spectateur. La touche large et libre et la palette claire tranchent avec la facture fine de ses débuts. Le tableau suit de peu son entrée au Frankfurt-Cronberger Künstlerbund, association qui entendait implanter en Allemagne la peinture impressionniste de plein air, et marque ce changement de style. Signé du monogramme « OWR » et daté en bas à gauche, il appartient à un ensemble de plus de quatre-vingts autoportraits.

FOUJITA ET SONIA DELAUNAY : DES ARTISTES QUI CRÉENT LEURS TENUES

Du smoking de Foujita aux tissus simultanés

À Montparnasse, Foujita cousait lui-même ses vêtements et ceux de ses proches. La section « Se distinguer » rapporte qu’il habillait aussi de ses tenues éclatantes un mannequin de magasin à son effigie. Un smoking qui lui a appartenu, avec gilet gris et pantalon à rayures, date des environs de 1950. Il a été prêté par la maison-atelier Foujita, à Villiers-le-Bâcle. Elle confie aussi un haori de Foujita en coton marron, une veste courte traditionnelle du Japon. Ce haori est inscrit au titre des monuments historiques.

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En mai 1914, le peintre italien Giacomo Balla rédige un manifeste du vêtement masculin futuriste. Ce texte du futurisme, un mouvement artistique né en Italie qui exaltait la vitesse et la vie moderne, réclame des tenues aux couleurs vives et aux coupes asymétriques. Le parcours présente des vêtements futuristes en laine réalisés par Balla dans la seconde moitié des années 1920. L’artiste Sonia Delaunay conçoit, elle, ses propres étoffes. Dès 1924, ses « tissus simultanés », aux motifs géométriques et aux couleurs contrastées, habillent une clientèle parisienne aisée. Son manteau de jour en toile de lin découpée et incrustée, réalisé vers 1925, a été prêté par le musée des Arts décoratifs. Charles Delaunay, son fils, l’avait donné au musée en 1981. Une photographie d’août 1929, également exposée, montre Sonia Delaunay et l’artiste Sophie Taeuber-Arp en tenues simultanées sur la plage bretonne de Carnac.

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Le 1er janvier 1914, dans le Mercure de France, Guillaume Apollinaire invite ses lecteurs au bal Bullier pour y voir Robert et Sonia Delaunay, « en train d’y opérer la réforme du costume ».

Sonia Delaunay – Manteau de jour

Sonia Delaunay, Manteau de jour, vers 1925, incrustations de toile de lin découpée, musée des Arts décoratifs, Paris (don Charles Delaunay, en souvenir de sa mère Sonia Delaunay, 1981) © Les Arts Décoratifs - Jean Tholance

HOUPPELANDE ET TOQUE DE VELOURS : LES ARTISTES EN HÉRITIERS DES MAÎTRES ANCIENS

Autoportraits costumés de la fin du 19e siècle

La section « Hériter », qui ouvre le parcours dans le couloir de l’aile Portzamparc, se penche sur la fin du 19e siècle, quand la sobriété semble l’emporter dans le vestiaire des artistes. Certains continuent pourtant de s’habiller comme les grands peintres d’autrefois. À l’École des beaux-arts de Paris, le costume historique occupe alors une large part de l’enseignement : on y étudie le drapé dans l’amphithéâtre d’honneur, sous le vaste décor peint par Paul Delaroche.

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Dans leurs autoportraits, Ernest Meissonier et Pierre Puvis de Chavannes revendiquent leur parenté avec ces aînés en revêtant la houppelande, longue robe ample de velours que portaient les peintres de la Renaissance italienne. Émile Bernard, lui, se représente sous les traits d’un peintre du Siècle d’or espagnol. Coiffe de Raphaël comme de Rembrandt, la toque de velours devient un emblème d’artiste, que les étudiants de la fin du siècle reprennent sous le nom de « faluche ».

Jean-Louis-Ernest Meissonier – Portrait de l’artiste

Jean-Louis-Ernest Meissonier, Portrait de l’artiste, 1889, huile sur toile, 52 × 61 cm, Musée d’Orsay, Paris © GrandPalaisRmn (musée d’Orsay) / Adrien Didierjean

Focus sur l’œuvre

Ernest Meissonier se représente assis et accoudé, la tête appuyée contre la main, dans une robe pourpre aux manchettes claires, une longue barbe blanche sur la poitrine. Pour le musée Bourdelle, la couleur de l’habit évoque Titien et la Venise des doges. Signée dans l’angle inférieur gauche, la toile date de 1889 : le peintre la présente la même année à l’Exposition universelle de Paris, deux ans avant sa mort.

POURQUOI VOIR « L’ÉTOFFE DE L’ARTISTE » AU MUSÉE BOURDELLE ?

L’exposition montre, au-delà de leurs portraits, les habits mêmes que Klimt, Rosa Bonheur ou Foujita ont portés. Ophélie Ferlier Bouat, qui dirige le Petit Palais après avoir dirigé le musée Bourdelle, en signe le commissariat général. Les familles trouvent des étiquettes d’œuvres en forme de cadres à broder, et un dispositif numérique propose à chacun de composer sa tenue d’artiste. Les collections permanentes, installées dans les ateliers de Montparnasse que Bourdelle a occupés pendant plus de quarante ans, sont en accès gratuit.

Josep Grau-Garriga – Le Combat du marin

Josep Grau-Garriga, Le Combat du marin, 1989, laine, coton et vêtements, 200 × 350 cm, galerie Nathalie Obadia, Paris © Adagp, Paris, 2026 Photo : © Bertrand Huet / tutti image Courtesy de la succession Josep Grau-Garriga et Galerie Nathalie Obadia Paris/Brussels

Point de vue critique

La tapisserie ne reste pas à plat : sur un fond aux bleus striés en haut et au vert sombre en bas, bordé de franges, des étoffes froissées font saillie, roses et rouges dans le vert, jaune d’or au sommet. Né en 1929 à Sant Cugat del Vallès, Josep Grau-Garriga, figure clé du renouveau de la tapisserie catalane, fait de ses tapisseries, à partir des années 1970, de véritables sculptures textiles ; datée de 1989, celle-ci en condense la démarche.

Au premier étage, le café Le Rhodia occupe l’ancien appartement de Rhodia, la fille du sculpteur. À partir du 26 septembre, le Palais Galliera, le musée parisien de la mode, expose des vêtements de Rosa Bonheur dans « Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au 19e siècle », et un partenariat tarifaire relie les deux expositions. Le vendredi 9 octobre, une nocturne costumée propose de visiter l’exposition habillé en artiste.

Commissariat et scénographie

Commissariat général
Ophélie Ferlier Bouat (directrice du Petit Palais, ancienne directrice du musée Bourdelle)
Commissariat scientifique
Lili Davenas (responsable des peintures et arts graphiques au musée Bourdelle)Valérie Montalbetti Kervella (responsable des sculptures et des collections de Bourdelle)
Conseiller scientifique
Denis Bruna (conservateur en chef au musée des Arts décoratifs de Paris)
Scénographie
studio matters
Camille, Rédactrice culture

L’avis de Camille

Rédactrice culture

La dernière section présente une tapisserie de 1989 où l’artiste catalan Josep Grau-Garriga a intégré ses propres chemises encore tachées. Cette pièce renvoie aux habits de Bourdelle retrouvés en 2020. Le parcours trouve là son idée la plus claire : un vêtement porté peut devenir la matière d’une œuvre. Visite recommandée pour comprendre comment des artistes ont fait de leurs habits une image publique.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Quand a lieu « L’étoffe de l’artiste » au Musée Bourdelle ?

« L’étoffe de l’artiste » se tient du 23 septembre 2026 au 24 janvier 2027. Le musée ouvre du mardi au dimanche de 10h à 18h, avec une dernière entrée à 17h15 ; il est fermé le lundi, ainsi que le 25 décembre et le 1er janvier.

Où réserver ses billets pour « L’étoffe de l’artiste » ?

Les billets se réservent en ligne sur Tiqets, au tarif adulte de 12 €, sans frais additionnels. Ce billet au Musée Bourdelle donne accès à l’exposition temporaire ; les collections permanentes, elles, sont gratuites. Le tarif réduit de 10 € (jeunes de 18 à 26 ans, étudiants, enseignants en activité…) ne se réserve pas sur Tiqets et s’obtient sur place ; l’entrée est gratuite notamment pour les moins de 18 ans, les demandeurs d’emploi et les personnes en situation de handicap avec leur accompagnateur, sur justificatif de moins de trois mois.

Combien de temps dure la visite de « L’étoffe de l’artiste » ?

Les visites guidées de l’exposition durent 1h30, un bon repère pour organiser sa venue. Le parcours compte onze sections réparties entre le rez-de-chaussée et le sous-sol ; la dernière entrée a lieu à 17h15 et les salles ferment à 17h45.

Comment se rendre au Musée Bourdelle pour « L’étoffe de l’artiste » ?

Pendant les travaux de l’accueil, l’entrée se fait au 16 rue Antoine-Bourdelle, au niveau du portail vert (adresse du musée : 18 rue Antoine-Bourdelle, 75015 Paris). En métro, descendre à Montparnasse – Bienvenüe (lignes 4, 6, 12 et 13, sortie 2 – Place Bienvenüe) ou à Falguière (ligne 12). Les bus 28, 39, 58, 82, 88, 89, 91, 92, 94, 95 et 96 desservent le quartier, et deux stations Vélib’ se trouvent au 26 avenue du Maine et au 133 rue du Cherche-Midi.

Le Musée Bourdelle est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « L’étoffe de l’artiste » ?

Oui, le musée et l’exposition sont accessibles aux personnes à mobilité réduite. Un fauteuil roulant est prêté gratuitement, sans réservation, sur simple demande aux agents dès l’arrivée ; des sièges pliants sont aussi disponibles à l’accueil. Les toilettes sont adaptées, et la caisse est équipée d’une boucle d’induction magnétique.

Y a-t-il des nocturnes pour « L’étoffe de l’artiste » ?

Une nocturne est programmée le vendredi 9 octobre 2026, de 18h à 22h30 : une soirée costumée et un bal swing invitent à découvrir l’exposition vêtu à la manière d’un artiste, avec un tarif réduit pour les visiteurs costumés. Des visites flash partent à 18h, 18h45 et 19h15 (inscription sur place), et une initiation aux danses swing commence à 20h. Réservation sur la billetterie en ligne de Paris Musées.

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu
Musée Bourdelle
18 rue Antoine-Bourdelle, 75015 Paris
Horaires
  • Du mardi au dimanche : 10h - 18h
  • Dernière entrée : 17h15 (fermeture des salles à 17h45)
  • Fermé le lundi, le 25 décembre et le 1er janvier
  • Nocturne costumée : vendredi 9 octobre, 18h - 22h30
Tarifs
Tiqets
Adulte (27 ans et plus) : 12 €
Moins de 18 ans : Gratuit
Demandeurs d’emploi : Gratuit
Personnes en situation de handicap et accompagnateur : Gratuit
Informations
Accès aux collections permanentes inclus, gratuit et sans réservation
Tarif réduit de 10 € sur place (18–26 ans, étudiants, enseignants en activité…), sur justificatif de moins de 3 mois
Accès gratuit et illimité avec la carte Paris Musées
Conditions
Entrée temporaire au 16 rue Antoine-Bourdelle (portail vert) pendant les travaux de l’accueil
Valises et bagages refusés, y compris au vestiaire (plan Vigipirate) ; consigne payante en gare Montparnasse
Contrôle des sacs à l’entrée du musée
Billets Tiqets non remboursables
Accès
🚇 Métro
Lignes 4, 6, 12 et 13 – station « Montparnasse – Bienvenüe »
Ligne 12 – station « Falguière »
🚌 Bus
Lignes 28, 39, 58, 82, 88, 89, 91, 92, 94, 95 et 96
🚲 Vélo / Vélib’
Station Vélib’ – station « 26 avenue du Maine »
Station Vélib’ – station « 133 rue du Cherche-Midi »

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