L’appel des profondeurs au Musée national de la Marine
L’appel des profondeurs
Une aventure sous les mers de l’Antiquité à nos jours

Musée national de la Marine
L’EXPOSITION
« L’appel des profondeurs. Une aventure sous les mers de l’Antiquité à nos jours » est une exposition présentée au musée national de la Marine, au Palais de Chaillot à Paris, du 14 octobre 2026 au 4 avril 2027. Environ 280 pièces y documentent la façon dont les humains ont imaginé et exploré le monde sous-marin, alors qu’ils ont observé directement moins de 0,001 % des grands fonds : cette exploration reste loin d’être achevée.
Le parcours suit l’ordre des siècles en quatre sections et compte aussi quatre cabinets thématiques, hors chronologie, sur les pieuvres, les sirènes, les mondes engloutis et les récits de création du monde.Exposition « L’appel des profondeurs » | Teaser © Musée national de la Marine
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Avant le scaphandre : perles, monstres et cloches à plongeur
Des perles antiques aux premières machinesSur un portrait peint en Égypte romaine entre 200 et 250 de notre ère, une femme porte des boucles d’oreilles à trois perles, une richesse pêchée au fond de la mer. Ce tableau sur bois, dit « du Fayoum », était glissé dans les bandelettes d’une momie, à la hauteur du visage. La première section, « À corps limité, imagination incommensurable », voit dans ces bijoux le signe que les perles du golfe Arabo-Persique faisaient déjà l’objet d’un commerce étendu. L’exposition présente aussi L’Histoire entière des poissons, un livre savant du XVIe siècle qui mêle encore observation et fable. Son auteur, le médecin Guillaume Rondelet, y classe les espèces qu’il a étudiées, mais ajoute une catégorie de « monstres marins ».
Portrait de momie, 200–250 ap. J.-C. (époque romaine ; Sévères), peinture à la détrempe sur panneau de tilleul, cire, Musée du Louvre, Département des Antiquités égyptiennes, Paris © Musée du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn / Georges Poncet
Parution à Lyon de L’Histoire entière des poissons, où Guillaume Rondelet range à part les monstres marins
La légende veut qu’Alexandre le Grand ait exploré la mer dans un tonneau de verre. Les machines réelles arrivent plus tard. Du XVIe au XVIIIe siècle, savants et inventeurs perfectionnent la cloche à plongeur, qui sert aux travaux sous l’eau comme à la récupération d’épaves. Ouverte vers le bas, elle retient une poche d’air où respirer. Le parcours en montre un modèle fabriqué avant 1814, conservé au musée des Arts et Métiers.
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XIXe et XXe siècles : d’un câble télégraphique aux pêcheuses en apnée
Océanographie, scaphandres et plongée en apnéeAu début des années 1860, un câble télégraphique posé entre la Sardaigne et l’Algérie est remonté d’environ 2 000 mètres de fond, avec des coraux et des mollusques fixés dessus. Le naturaliste français Alphonse Milne-Edwards décrit ces animaux. Leur présence contredit la théorie du Britannique Edward Forbes, qui jugeait toute vie animale impossible au-delà d’environ 550 mètres. Dans la seconde moitié du XIXe siècle naît l’océanographie, la science qui étudie les océans. Le scaphandrier apparaît à la même époque : il travaille sur le fond et reçoit son air de la surface par un tuyau. Un casque de scaphandre en cuivre et en bronze, fabriqué vers 1859 par Joseph Cabirol, appartient à ces débuts.
Jacques-Yves Cousteau et Émile Gagnan mettent au point un scaphandre autonome
En 1943, Jacques-Yves Cousteau et l’ingénieur Émile Gagnan mettent au point un scaphandre autonome : le plongeur se passe désormais du tuyau et des lourdes semelles de plomb. D’autres continuent pourtant de plonger sans aucun équipement. Prise en 1965, la photographie Sous l’eau d’Uraguchi Kusukazu montre une ama, l’une de ces « femmes de la mer » qui pêchent en apnée sur la côte de Shima, au Japon. La tunique blanche gonflée par l’eau, elle descend la tête la première.
Uraguchi Kusukazu, Sous l’eau, 1965, photographie, Estate Uraguchi / Sonia Voss © Avec l’aimable autorisation de l’Estate Uraguchi / Sonia Voss
Trente ans parmi les ama de Shima
Uraguchi Kusukazu commence en 1965 à photographier sous la surface les plongées solitaires des ama : Sous l’eau date de cette première année. Il se sert pour cela du Nikonos, un appareil conçu pour la plongée, que Nikon commercialise en 1963 et qu’il achète dès sa sortie. Né en 1922 dans la région de Shima, ce photographe amateur y suit les ama pendant plus de trente ans, à partir du milieu des années 1950. Sur ces côtes, la cueillette d’algues et d’ormeaux en apnée remonte à plus de trois mille ans. Une sélection tirée de ses près de 40 000 négatifs, presque tous inédits, a été montrée pour la première fois aux Rencontres d’Arles en 2024.
Depuis la fin du XXe siècle : astronautes, métaux convoités et artistes
Grands fonds convoités, regards d’artistesUn astronaute immergé sans couler ni remonter peut simuler l’absence de pesanteur d’une sortie dans l’espace. C’est à cela que sert un scaphandre d’essai fabriqué en 2014 par la Comex, une entreprise marseillaise, pour l’Agence spatiale européenne. Il est exposé dans la dernière section, « Un espace partiellement sondé ». Celle-ci présente les grands fonds comme un lieu où se croisent stratégie, économie et écologie : câbles, pipelines et nodules riches en métaux y reposent. Or l’humanité n’a observé directement qu’un peu plus de 3 800 km² de ces grands fonds.
Part de la bathymétrie océanique cartographiée avec précision
Une quinzaine d’artistes contemporains, dont Anselm Kiefer et Damien Hirst, ont aussi des œuvres dans l’exposition : certaines reprennent la pieuvre ou la sirène, d’autres s’attachent au paysage sous-marin ou au changement climatique. Le parcours se termine par Midnight Zone, un film de plus de cinquante minutes réalisé en 2025 par l’artiste Julian Charrière. Une lentille de phare y descend seule, sans personne à bord, dans la zone de Clarion-Clipperton, une vaste plaine des grands fonds convoitée pour ses métaux. Son faisceau fait apparaître une faune qui produit sa propre lumière.
Damien Hirst, Abundance, 2016, or et bronze, 29,5 × 24 × 18 cm, Pinault Collection, Paris © Damien Hirst and Science Ltd. All rights reserved, Adagp, Paris, 2026
Présentée par une fiction comme un trésor remonté de la cale d’un navire antique découvert en 2008, Abundance est en réalité une création de Damien Hirst. La statuette en or a été montrée pour la première fois à Venise, au Palazzo Grassi, en 2017.
Vers 1900 : les fonds marins, un répertoire de formes pour l’Art nouveau
Quand la science prête ses formes aux artistesAu XIXe siècle, les découvertes scientifiques éveillent la curiosité du grand public pour le monde sous-marin. Livres de vulgarisation riches en illustrations, aquariums et spectacles de curiosités popularisent une imagerie neuve des profondeurs, qui gagne aussi les artistes.
Le zoologiste allemand Ernst Haeckel publie Kunstformen der Natur (Formes artistiques de la nature) en dix livraisons de dix planches, de 1899 à 1904, avant de les réunir en volume. L’ouvrage devient un répertoire de motifs pour l’Art nouveau. Dès 1900, à Paris, l’architecte René Binet avait pris pour modèle un radiolaire, micro-organisme marin dessiné par Haeckel, pour la porte monumentale de l’Exposition universelle.
Ernst Haeckel, Kunstformen der Natur (Formes artistiques de la nature), 1899–1904, ouvrage imprimé © musée national de la Marine / C. Rabourdin
Planche 49 : les anémones de mer
Cette planche, la 49e de l’ouvrage, réunit quinze actinies, ou anémones de mer, dans un décor sous-marin ; le lithographe Adolf Giltsch l’a tirée des dessins de Haeckel. Dans son commentaire, le zoologiste souligne que ces animaux à l’allure de fleurs sont des prédateurs, et qu’ils comptent parmi les favoris des visiteurs des aquariums. Avec ce livre, il veut révéler aux artistes comme aux amateurs de sciences naturelles la beauté méconnue des organismes dits inférieurs, en majorité marins.
POURQUOI VOIR « L’APPEL DES PROFONDEURS » AU MUSÉE NATIONAL DE LA MARINE À PARIS ?
En une seule visite, ce parcours mène des monstres décrits par les savants de la Renaissance aux scaphandres de travail. Il montre aussi une fausse sirène des XVIIe – XVIIIe siècles du type fabriqué au Japon et vendu jusqu’en Europe au XIXe siècle. Deux dispositifs interactifs complètent la visite : une borne où vous glissez la main pour comparer des niveaux de pression, et un casque d’écoute consacré aux sons des profondeurs et à la pollution sonore d’origine humaine.
Julian Charrière, Midnight Zone, 2025, film 4K couleur, format 16:9, paysage sonore ambisonique 4.2.5, 51 min 29 s, Julian Charrière © ADAGP, Paris, 2026 © The Artist / VG Bild-Kunst, Bonn [2026]
Un phare dans la zone de minuit
Le titre désigne la zone de minuit, entre 1 000 et 4 000 mètres de profondeur, que la lumière du soleil n’atteint plus. Julian Charrière la sonde à l’aide d’une lentille de Fresnel conçue sur mesure, qui fait aussi office de cloche de plongée. Sa clarté attire bancs de poissons et requins. En éclairant un écosystème que menace l’exploitation minière, cet outil d’aide à la navigation met en question le regard qui ne voit dans ces fonds qu’un gisement.
Les enfants dès 7 ans disposent d’un livret-jeu pour accompagner leur visite. Les collections permanentes du musée national de la Marine, consacrées à l’histoire maritime française, se visitent avec le même billet, dans la limite des places disponibles. L’exposition parisienne appartient au cycle « L’appel des profondeurs » : pour la première fois, le musée organise des expositions sur un même thème dans tous les sites de son réseau, Brest, Port-Louis, Rochefort et Toulon compris.
Commissariat, scénographie et conception
- Commissariat
- Louise Contant (cheffe du département des collections et de la recherche, musée national de la Marine)Clémence Laurent (chargée de collections, musée national de la Marine)assistées de Pauline Leroy (assistante de recherche, musée national de la Marine)
- Scénographie
- Scénografiá – Nicolas Groult – Valentina Dodi – Suzon Auber
- Conception éclairage
- ACL – Atelier de Conception Lumière
- Conception graphique
- Graphica
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « L’appel des profondeurs » au Musée national de la Marine ?
L’exposition se tient du 14 octobre 2026 au 4 avril 2027, au Palais de Chaillot. Le musée ouvre tous les jours sauf le mardi, de 11h à 19h, avec un dernier accès une heure avant la fermeture ; il ferme les 25 décembre et 1er janvier, et dès 17h les 24 et 31 décembre.
Où réserver ses billets pour « L’appel des profondeurs » au Musée national de la Marine ?
Le billet s’achète en ligne sur Tiqets au tarif adulte de 15 €, sans frais additionnels ; ce billet au musée national de la Marine ouvre aussi les collections permanentes, dans la limite des places disponibles. Les moins de 18 ans, les 18–25 ans originaires de l’Union européenne et les enseignants entrent gratuitement : leur billet se retire au guichet ou sur la billetterie en ligne du musée. La réservation en ligne reste conseillée, une attente étant à prévoir sur place en cas d’affluence.
Combien de temps dure la visite de « L’appel des profondeurs » au Musée national de la Marine ?
Le musée compte en moyenne 1h30 pour une visite libre de l’ensemble de ses espaces, accessibles avec le même billet ; aucune durée propre à l’exposition, déployée sur plus de 800 m², n’est communiquée, mais sa visite guidée, à partir de 15 ans, dure 1h. Une seule sortie est autorisée dans la journée, avec retour par le contrôle d’accès.
Comment se rendre au Musée national de la Marine pour « L’appel des profondeurs » ?
Le musée se trouve au Palais de Chaillot, 17 place du Trocadéro, 75016 Paris, à deux pas du métro Trocadéro (lignes 6 et 9), sortie n° 6, Avenue Paul Doumer – Musée de l’Homme. Les bus 22, 30, 32 et 63 s’arrêtent à Trocadéro, les lignes 22 et 32 aussi à Scheffer, et le 72 au Pont d’Iéna. En voiture, le parking Kléber-Longchamp est situé au 67 avenue Kléber ; Batobus, Bateaux Parisiens et Vedettes de Paris desservent l’arrêt Tour Eiffel.
Le Musée national de la Marine est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « L’appel des profondeurs » ?
Oui : la totalité du musée est accessible aux personnes à mobilité réduite, et l’accueil prête gratuitement des fauteuils roulants contre une pièce d’identité. Les personnes en situation de handicap et leur accompagnateur entrent gratuitement sur justificatif. La visite guidée de l’exposition est proposée en LSF, en FALC et en audiodescription, et des créneaux de visite adoucie sont ouverts aux visiteurs individuels le dimanche de 11h à 13h. Le service Acceo permet aussi aux visiteurs sourds ou malentendants d’échanger avec le musée.
Y a-t-il des nocturnes pour « L’appel des profondeurs » au Musée national de la Marine ?
Oui : le musée reste ouvert jusqu’à 22h le premier jeudi de chaque mois, avec un dernier accès une heure avant la fermeture. Les 14 et 15 octobre 2026, deux soirées après la fermeture associent la visite de l’exposition à un concert d’Anne Paceo, Atlantis (49 €, places limitées). Le jeudi 5 novembre, une contre-soirée gratuite prolonge l’ouverture jusqu’à 23h.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Tous les jours sauf le mardi : 11h - 19h
- Nocturne le premier jeudi du mois : jusqu’à 22h
- Dernier accès 1h avant la fermeture
- Fermé les 25 décembre et 1er janvier ; fermeture à 17h les 24 et 31 décembre
