Les coulisses des Ateliers des Gobelins
Les coulisses des Ateliers des Gobelins
Des tisserands au travail dans deux manufactures nationales

Manufacture des Gobelins
L’ÉVÉNEMENT
« Les coulisses des Ateliers des Gobelins » est une visite guidée proposée à Paris, à la Manufacture des Gobelins, du 1er octobre 2024 au 2 avril 2027. Elle passe par deux des trois manufactures réunies sur le site, où une pièce demande des années ; dans celle des Gobelins, les tisserands ne voient une tapisserie entière qu’une fois détachée du métier à tisser.
Tissés le plus souvent d’après des modèles d’artistes d’aujourd’hui, les tapisseries et les tapis des manufactures rejoignent ensuite les collections du Mobilier national, l’institution qui meuble les lieux officiels de la République.LE TISSAGE : UN GESTE PROPRE À CHAQUE MANUFACTURE
Haute lice, basse lice et point nouéAux Gobelins, le tisserand travaille sur l’envers de la tapisserie, assis derrière un métier vertical. Un miroir posé devant le métier lui renvoie l’endroit, tandis que le modèle grandeur nature se trouve dans son dos. Ce tisserand porte le nom de licier, qui vient des lices : de petites cordelettes de coton qu’il actionne d’une main pour croiser les fils de laine du métier. Comme elles passent au-dessus de sa tête, cette technique s’appelle la haute lice. Le licier enroule la partie déjà tissée tous les quarante centimètres jusqu’à la « tombée de métier », le jour où la pièce achevée en est retirée.
Thibaut Chapotot, liciers au métier de basse lice, photographie Photo © Mobilier national, Thibaut Chapotot
Comme elles passent au-dessus de sa tête, cette technique s’appelle la haute lice.
Les deux autres manufactures procèdent autrement. Dans l’atelier de Beauvais, le métier est horizontal. Les lices, placées sous le tisserand, y sont reliées à des pédales : c’est la basse lice. Un tracé du modèle, inversé et cousu sous les fils, guide le licier, qui tisse lui aussi sur l’envers. Pour contrôler l’endroit, il glisse un petit miroir entre les fils. Les liciers de la Savonnerie, eux, fabriquent des tapis : ils travaillent face à l’endroit et nouent la laine point par point. La surface du tapis, son velours, n’apparaît qu’une fois les boucles de laine coupées aux ciseaux.
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LE SITE DES GOBELINS : D’UN ATELIER DE TEINTURE À TROIS MANUFACTURES
Des teinturiers du XVe siècle aux trois manufacturesDans plusieurs langues, « gobelin » est devenu un synonyme de tapisserie, mais le nom vient d’une famille de teinturiers. Au XVe siècle, Jehan Gobelin installe un atelier de teinture dans le faubourg Saint-Marcel, que traversait alors la rivière Bièvre. Ses descendants acquièrent ensuite de vastes terrains au bord de l’eau. Au début du XVIIe siècle, des ateliers de tapisserie, confiés à deux Flamands, s’installent dans des bâtiments loués à la famille. En 1662, Colbert rachète le domaine pour le compte de Louis XIV et y regroupe les ateliers parisiens.
Colbert rachète le domaine des Gobelins pour le compte de Louis XIV et y regroupe les ateliers parisiens
La Savonnerie a une autre origine. Elle doit son nom à une ancienne fabrique de savon de Chaillot, où ses ateliers de tapis travaillent sous Louis XIII, avant d’être rattachés au site des Gobelins en 1826. La Manufacture de Beauvais, fondée en 1664, rejoint à son tour le site après l’incendie qui la détruit en 1940 ; elle y garde aujourd’hui un atelier.
Thomas Aillagon, bâtiment de l’ancien atelier de haute lisse de Jean Jans, photographie Photo © Mobilier national, Thomas Aillagon
Focus sur l’atelier de Jean Jans
Un long bâtiment de plain-pied aux murs jaunes, percé de hautes baies vitrées, longe une allée bordée d’une haie et d’une pelouse ; quelques marches de pierre mènent à l’une de ses portes. Il fait partie de l’enclos historique de la manufacture, dont une partie des bâtiments date de la seconde moitié du XVIIe siècle. Le tapissier Jean Jans y dirigea un atelier de haute lisse de 1662 à 1668 ; le bâtiment reste aujourd’hui l’un des deux ateliers de la Manufacture des Gobelins. Il fait face à l’ancien logement de Charles Le Brun, premier directeur de la manufacture, mort sur place en 1690.
COULEURS ET MODÈLES : LE TRAVAIL AVEC LES ARTISTES
Du carton au nuancier, un travail partagéAu XXe siècle, la Manufacture des Gobelins tisse d’après des artistes de son temps, comme Fernand Léger, Sonia Delaunay ou Louise Bourgeois. Le carton, qui sert de modèle de travail, est aujourd’hui un agrandissement photographique de l’œuvre ; les liciers le préparent et l’artiste peut le retoucher. Le Mobilier national avance que ces échanges modifient souvent le projet, au point de faire de la pièce tissée une co-création. Les couleurs se choisissent elles aussi en commun, devant le nuancier : un grand meuble qui classe plus de 20 000 coloris de laines teintes sur place. Une teinte créée pour un projet y entre avec le nom de l’artiste.
Plus de 20 000 coloris de laines teintes sur place, classés dans le nuancier
Licières de la Manufacture de la Savonnerie au métier, photographie Photo © Mobilier national
POURQUOI SUIVRE LA VISITE « LES COULISSES DES ATELIERS DES GOBELINS » ?
Les ateliers de la Manufacture des Gobelins ne s’ouvrent au public qu’en visite guidée, sur réservation : c’est l’occasion de voir des tapisseries ou des tapis en train d’être tissés. Les séances pour les visiteurs individuels ont lieu le mercredi après-midi, durent une heure et demie et se déroulent en français.
Atelier de haute lice, métiers en cours de tissage, photographie
Du modèle au tissage
La photographie aligne plusieurs métiers verticaux. Sur les fils de chaîne tendus courent des tracés à l’encre, repères que le licier reporte d’après le modèle. Seul le bas du métier de droite laisse voir une bande déjà tissée, turquoise, piquée de roses, de verts et de jaunes ; ses tons rappellent la grande peinture fixée au mur d’en face, probablement le modèle. Entre cette peinture et les tracés de la chaîne, l’image saisit le passage d’un dessin à un tissage.
Non adapté aux personnes à mobilité réduite, le parcours demande de rester debout de manière prolongée dans des espaces non climatisés ; aucune valise n’est acceptée ni gardée sur place, en raison du plan Vigipirate. Les expositions temporaires de la galerie du site sont comprises dans la visite : à l’automne 2026, le designer Noé Duchaufour-Lawrance y présente « Made in Situ ».
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Les coulisses des Ateliers des Gobelins » à la Manufacture des Gobelins ?
La visite guidée est programmée du 1er octobre 2024 au 2 avril 2027. Les visiteurs individuels sont accueillis le mercredi à 13h et à 15h ; les groupes, du mardi au jeudi aux mêmes horaires, sur demande.
Où réserver ses billets pour « Les coulisses des Ateliers des Gobelins » à la Manufacture des Gobelins ?
Combien de temps dure la visite « Les coulisses des Ateliers des Gobelins » à la Manufacture des Gobelins ?
La visite dure 1h30. Conduite en français par un conférencier, elle passe par deux des trois ateliers de tissage encore en activité sur le site.
Comment se rendre à la Manufacture des Gobelins pour « Les coulisses des Ateliers des Gobelins » ?
Cultival, organisateur de la visite, l’annonce au 42 avenue des Gobelins, 75013 Paris, desservi par la ligne 7 du métro, station Les Gobelins. Le Mobilier national indique de son côté le 1 rue Berbier-du-Mets pour les visites des ateliers : vérifiez le point de rendez-vous inscrit sur votre billet Cultival.
La Manufacture des Gobelins est-elle accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Les coulisses des Ateliers des Gobelins » ?
Non. Le parcours n’est pas adapté aux personnes à mobilité réduite et impose une station debout prolongée, dans des espaces de visite non climatisés.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Mercredi : 13h et 15h (visiteurs individuels)
- Du mardi au jeudi : 13h et 15h (groupes, sur demande)
- Durée : 1h30, en français
