Hassan Hajjaj à la Philharmonie de Paris
Hassan Hajjaj « My Rock Stars »
Stars de la musique et maîtres gnawa en portraits colorés

Cité de la musique – Philharmonie de Paris
L’EXPOSITION
Hassan Hajjaj « My Rock Stars » est une exposition présentée au Musée de la musique de la Philharmonie de Paris, à Paris, du 22 septembre 2026 au 25 avril 2027. Près de quarante photographies, surtout des portraits de musiciens comme Billie Eilish et Madonna, y sont exposées avec les tenues que l’artiste a fait porter à ses modèles : le parcours montre l’image et sa fabrication.
Le groupe électro parisien Acid Arab signe la bande-son de l’exposition, qui retrace aussi l’itinéraire de l’artiste entre le Maroc et Londres à travers ses archives et ses objets de design.Exposition « Hassan Hajjaj “My Rock Stars” » | Teaser © Philharmonie de Paris
De Larache à Londres : les débuts d’un photographe autodidacte
Un autodidacte entre Larache, Londres et la modeHassan Hajjaj apprend la photographie seul, dans le Londres des années 1980. Il y était arrivé à 13 ans après une enfance à Larache, un petit port marocain proche de Tanger. Autour de lui, une jeunesse multiculturelle et contestataire vit au rythme du reggae et du hip-hop. Dans ce mélange de cultures, il touche à la fois à la mode, au design et à la photographie. Pour ses créations, il collecte des motifs, des couleurs et surtout des lettres arabes.
L’âge de Hassan Hajjaj à son arrivée à Londres, dans le quartier populaire d’Islington, après une enfance à Larache
Hassan Hajjaj, Keziah Jones, 2011/1432 © Hassan Hajjaj
Né à Lagos et passé par Londres, le chanteur nigérian Keziah Jones a été repéré dans le métro parisien au début des années 1990. Ami du photographe, il pose devant une natte tressée rose, dans un cadre garni de boîtes de conserve bleues : Hassan Hajjaj voit dans ce portrait « Paris et le Nigeria en une seule photo ».
La première partie du parcours, « Roots : From Larache to London », revient sur ces débuts. Ses modèles sont alors ses amis, qu’il habille parfois lui-même et fait poser devant des fonds colorés. Il s’inspire en cela des Maliens Malick Sidibé et Seydou Keïta, qui ont photographié des milliers d’habitants de Bamako dans leurs studios au milieu du XXᵉ siècle. Plus tard, il applique la même méthode aux musiciens qu’il admire : c’est la série My Rock Stars, dont l’exposition reprend le titre. En 2019, cette série figurait déjà à la Maison européenne de la photographie, rebaptisée pour l’occasion « Maison marocaine de la photographie ». Pour cette première rétrospective en France, ses photos y côtoyaient ses tapis, ses papiers peints et ses meubles.
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Gnawa Connection : le retour vers la musique du Maroc
Maîtres gnawa et instruments du muséeDès les années 1990, Hassan Hajjaj se tourne vers les Gnawa, une communauté marocaine dont la musique religieuse accompagne des cérémonies de transe. Il parcourt d’abord le Maroc pour photographier les plus anciens de leurs maîtres, puis multiplie les collaborations. Les commissaires tiennent ce lien avec les Gnawa pour une constante de son travail. Parmi les modèles de l’exposition figure le m’allem Ba Bohot : ce titre désigne un maître de la musique gnawa. Hassan Hajjaj partage désormais sa vie entre Londres et Marrakech, où il a ouvert un café-boutique.
Année d’inscription de la culture gnawa sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO
La partie « Gnawa Connection » voit dans ces portraits de maîtres une façon d’en faire les figures d’une contre-culture, loin de tout folklore. Des instruments des collections du musée, dont un tambour tbel et un luth guembri, y accompagnent les photographies. À l’origine, la culture gnawa était pratiquée par des personnes réduites en esclavage et par leurs descendants, une histoire qui remonte au moins au XVIᵉ siècle. Elle mêle des racines africaines, arabes et berbères. Longtemps restée en marge, elle est inscrite depuis 2019 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.
Hassan Hajjaj, Khadija Lgnawia [Khadija Ouarzazia], 2012/1433 © Hassan Hajjaj
Khadija Ouarzazia au tambour
Penchée en avant, Khadija Ouarzazia frappe à la baguette un grand tambour rouge. Vêtue de rouge, coiffée d’un bonnet orné et de lunettes noires, elle pose sur un tapis orangé qui recouvre le sol et le fond ; des boîtes de conserve rouges forment le cadre. Chanteuse et percussionniste de Marrakech, elle dirige Bnat El Houariyat, « les filles de Houara », un ensemble de percussions exclusivement féminin. Elle est considérée comme l’une des premières femmes à s’être produite en public dans la musique gnawa.
Boîtes de conserve et costumes : comment se fabrique un portrait
Andy Wahloo et la fabrique des imagesLe chanteur Rachid Taha avait surnommé son ami Hassan Hajjaj « Andy Wahloo » : Andy Warhol croisé avec « andi walou », une expression d’arabe maghrébin qui veut dire « je n’ai rien du tout ». La troisième partie du parcours reprend ce surnom dans son titre, « Andy Wahloo et la fabrique des images ». Les commissaires voient la signature de l’artiste dans ses cadres, faits de boîtes de conserve récupérées ou de caissons qu’il fabrique lui-même. Cette partie rattache l’accumulation de ces boîtes à deux références : les boîtes de soupe Campbell’s peintes par Andy Warhol et le zellige, une mosaïque de faïence marocaine. Les cadres empruntent aussi au moucharabieh, un panneau de bois ajouré placé devant les fenêtres. Georgiana Savuta-Idier signe la scénographie, qui reprend un motif ancien de l’artiste : les caisses de boissons dont il fait souvent le mobilier de ses salons. Empilées, des caisses de bouteilles d’eau remplacent ici les cloisons et portent les œuvres.
Pour ses portraits de stars, Hassan Hajjaj suit un protocole précis. Ses modèles reçoivent lunettes, chapeaux, chaussettes et vêtements faits sur mesure. La séance a souvent lieu à la lumière du jour et généralement en musique, parfois jouée en direct. La troisième partie rassemble une quinzaine à une vingtaine de photographies, surtout de vedettes internationales comme Madonna, Rachid Taha ou le DJ Marshmello. Le portrait de Billie Eilish choisi comme image de l’exposition a été réalisé en 2019 pour le Vogue américain.
Mort en 2018, le chanteur franco-algérien Rachid Taha pose ici genoux fléchis, en costume clair à motifs roses et chapeau vert, devant une natte verte. Hassan Hajjaj a fait du surnom trouvé par son ami une griffe, imprimée sur les vêtements qu’il dessine.
Hassan Hajjaj, Rachid Taha, 2011/1432 © Hassan Hajjaj
Mariam & Amadou : un portrait venu de Bamako
Une séance de pose pensée en musiqueLe duo malien Amadou & Mariam est né d’une rencontre à l’Institut des jeunes aveugles de Bamako. Hassan Hajjaj a photographié les deux musiciens en 2017 : le portrait, intitulé Mariam & Amadou, figure parmi les portraits de musiciens réunis dans l’exposition.
L’artiste range cette séance parmi ses préférées. Pour ses deux modèles, tous deux aveugles, il avait passé un mix de musique. Chez lui, la musique accompagne presque toujours la prise de vue : il photographie en rythme et invite souvent les musiciens à jouer leur propre répertoire.
Hassan Hajjaj, Mariam & Amadou, 2017/1438 © Hassan Hajjaj
Un couple à la scène comme à la ville
Amadou, en costume bleu, appuie une guitare électrique au sol ; Mariam, en robe jaune à gros pois noirs, se penche vers lui. Tous deux portent des lunettes noires et posent devant un tissu rouge semé d’étoiles blanches, dans un cadre de tissu turquoise. Les deux musiciens se sont mariés en 1980. Amadou Bagayoko est mort à Bamako le 4 avril 2025, à 70 ans.
POURQUOI VOIR « HASSAN HAJJAJ “MY ROCK STARS” » AU MUSÉE DE LA MUSIQUE ?
La visite de Hassan Hajjaj « My Rock Stars » ne s’arrête pas aux portraits : elle continue dans la collection permanente du Musée de la musique, où les œuvres de l’artiste côtoient les instruments. Pour l’occasion, Hassan Hajjaj a fabriqué lui-même des instruments. Cette collection est comprise dans le billet, qu’il faut réserver avant de venir. La bande-son d’Acid Arab mêle des rythmes anciens à la techno, au punk, au disco et au rap.
Hassan Hajjaj, Billie Eilish, 2019/1440 © Hassan Hajjaj, 2019/1440 Part of My Rockstars series Courtesy of Billie Eilish, Vogue Us, 193 Gallery, Paris & Hassan Hajjaj Studio
Une commande de Vogue
Mains ouvertes autour du visage, lunettes bleues et veste rouge à motifs blancs, Billie Eilish pose devant un tapis de paille tressée courant en Afrique du Nord, dans un cadre de boîtes de conserve vertes. L’image vient de la série commandée par le Vogue américain pour son numéro de mars 2020, dont Hassan Hajjaj a signé l’une des couvertures. Commande de presse, elle obéit à la méthode de l’atelier : tenue de la marque maison Andy Wahloo, tapis, cadre de boîtes.
Pour les familles, le « Livret Jeunes » illustré accompagne les enfants à partir de 6 ans, et un coin photo prête lunettes, chapeaux et chaussettes pour poser. L’atelier-exposition « Oriental connection » accueille aussi les familles, avec des enfants à partir de 8 ans. Pour les visiteurs en situation de handicap, l’exposition propose un parcours en audiodescription avec une sélection d’œuvres à toucher, ainsi que deux visites guidées en langue des signes française que mène Alexandre Rubis, un conférencier sourd.
Commissariat et scénographie
- Commissaires
- Marion Challier (cheffe de projets d’exposition, Musée de la musique)Inès Geoffroy (commissaire d’exposition indépendante)
- Scénographie
- Georgiana Savuta-Idier
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Hassan Hajjaj “My Rock Stars” » au Musée de la musique ?
L’exposition se tient du 22 septembre 2026 au 25 avril 2027 au Musée de la musique, à la Cité de la musique. Elle ouvre du mardi au vendredi de 12h à 18h, le samedi et le dimanche de 10h à 18h. Elle est fermée le lundi, ainsi que le 25 décembre et le 1er janvier.
Où réserver ses billets pour « Hassan Hajjaj “My Rock Stars” » au Musée de la musique ?
La réservation est indispensable avant toute visite. Votre billet au Musée de la musique s’achète en ligne sur Fnac, au tarif adulte de 14 € hors frais de transaction éventuels, en choisissant un créneau d’entrée. Le même billet ouvre l’accès à la collection permanente du musée.
Comment se rendre au Musée de la musique pour « Hassan Hajjaj “My Rock Stars” » ?
Le musée se trouve au 221 avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris. Le plus simple est le métro 5, station « Porte de Pantin », desservie aussi par le tramway T3b et les bus 75 et 151. Depuis le RER E, descendez à Pantin puis prenez le bus 151. En voiture, trois parkings sont proches : Philharmonie Q-Park, Cité de la musique – La Villette et Conservatoire.
Quels dispositifs d’accessibilité propose « Hassan Hajjaj “My Rock Stars” » au Musée de la musique ?
L’entrée est gratuite pour les personnes en situation de handicap et leur accompagnateur. Un livret en français facile à lire et à comprendre (FALC) est offert en ligne et à l’accueil. Un parcours audiotactile, avec œuvres à toucher et dispositif multisensoriel, se retire à l’accueil. Des visites tactiles et des visites en langue des signes française complètent l’offre ; elles se réservent à l’avance.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Mardi au vendredi : 12h - 18h
- Samedi et dimanche : 10h - 18h
- Fermé le lundi, le 25 décembre et le 1er janvier
