La Collection au Musée national Picasso
La Collection : Revoir Picasso
Près de 400 œuvres sur toute la carrière de Picasso

Musée national Picasso-Paris
L’EXPOSITION
« La Collection : Revoir Picasso » est le nouvel accrochage présenté par le Musée national Picasso-Paris à l’Hôtel Salé du 12 mars 2024 au 12 mars 2027 : ses collections disposées autrement, salle par salle. Sur trois étages, près de 400 œuvres permettent de suivre toute la carrière de Picasso, parce que la plupart viennent de ses ateliers, où il avait gardé des pièces de chaque période.
Le parcours suit à peu près l’ordre de sa vie et fait place à des tableaux de Matisse ou de Cézanne qui lui appartenaient.RÉSERVEZ VOTRE VISITE
Premier étage : de la période bleue au cubisme
Autoportrait bleu, masques et papiers collésLa section qui ouvre « La Collection : Revoir Picasso » présente un Autoportrait où Picasso, à 20 ans, se peint en homme vieilli. Le tableau, peint à la fin de 1901, montre un visage creusé dans une palette où domine le bleu. Cette couleur a donné son nom à la période « bleue » du peintre, suivie de la période « rose ». Installé à Montmartre en 1904, Picasso remplit ses toiles des acrobates, des chanteuses et des marginaux qu’il croise au cirque et au cabaret.
Pablo Picasso, Autoportrait, fin 1901, huile sur toile, 81 × 60 cm © Succession Picasso 2024 Photo © GrandPalaisRmn (Musée national Picasso-Paris) / Mathieu Rabeau
Après avoir découvert la peinture de Cézanne, Picasso simplifie les formes à partir de 1906 et traite les visages comme des masques. En 1907, les sculptures d’Afrique et d’Océanie qu’il voit au musée d’ethnographie du Trocadéro lui offrent d’autres modèles que l’art européen. Avec le peintre Georges Braque, il invente ensuite le cubisme, qui découpe les objets en facettes. À partir de 1912, les deux artistes collent du papier dans leurs tableaux ; Picasso y ajoute du carton, de la ficelle ou de la toile cirée. « Mon atelier, c’est une sorte de laboratoire », disait-il. Pour la salle du cubisme, le musée annonce un accrochage entièrement renouvelé, qui réunit des peintures, des sculptures et des tableaux-reliefs, c’est-à-dire des tableaux en partie en relief.
« Mon atelier, c’est une sorte de laboratoire », disait-il.
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Des Ballets russes à la Libération : portraits, corps déformés et guerre
Olga, la scène, l’Occupation et la LibérationPendant la Première Guerre mondiale, Picasso se tourne vers la scène : dès 1917, il conçoit décors et costumes pour la compagnie de danse des Ballets russes. En 1918, il épouse l’une de leurs danseuses, Olga Khokhlova. Le Portrait d’Olga Khokhlova dans un fauteuil, peint au printemps de la même année d’après une photographie, emprunte au peintre Ingres un style classique. Picasso l’a volontairement laissé inachevé. En 1929, La Nageuse montre une tout autre manière : alors proche des surréalistes, Picasso y peint une femme tête en bas, dont le pied se confond avec le visage. Dans les années 1930, il peint sa compagne Marie-Thérèse Walter en réunissant souvent sur un même visage la face et le profil.
Année du refus de la demande de naturalisation française de Picasso
Pendant l’Occupation, Picasso reste à Paris, en étranger : en 1940, sa demande de naturalisation française a été refusée. En 1943, dans son atelier des Grands-Augustins, il modèle L’Homme au mouton, la statue plus grande que nature d’un homme nu portant un mouton dans ses bras. Il a raconté l’avoir achevée en deux après-midi, puis l’avoir fait mouler en plâtre presque aussitôt, tant la masse de terre tenait mal sur son armature. L’écrivain André Malraux y voyait « le Guernica de la sculpture ». En octobre 1944, le Salon d’Automne, une grande exposition annuelle interrompue pendant la guerre, rouvre et consacre une salle entière à Picasso. La veille de l’ouverture, il adhère au Parti communiste français. Cette décision déclenche de violentes polémiques.
Pablo Picasso, Portrait d’Olga dans un fauteuil, printemps 1918, huile sur toile, 130 × 88,8 cm © Succession Picasso 2024 Photo © GrandPalaisRmn (Musée national Picasso-Paris) / Mathieu Rabeau
Olga, entre Ingres et toile nue
Au printemps 1918, à Montrouge, Picasso peint Olga Khokhlova, danseuse des Ballets russes qu’il épouse le 12 juillet suivant. Il travaille d’après une photographie posée, dont il reprend fidèlement l’éventail, la coiffure à raie médiane, la robe sombre semée de fleurs et le tissu à grandes fleurs du fauteuil. Le visage lisse, vu de face, et le regard qui semble absent rappellent les portraits mondains d’Ingres, grand peintre néoclassique. Autour, la peinture s’arrête : le décor de l’atelier, l’assise et les pieds du fauteuil comme les pieds du modèle disparaissent dans la toile laissée nue, où quelques coups de pinceau gris suggèrent une ombre. Ces réserves sont voulues : Picasso garde la toile en l’état et l’expose en 1932 à la galerie Georges Petit, à Paris.
Après 1945 : la céramique, Matisse et les dernières toiles
Céramiques, intérieurs d’atelier et toiles tardivesLa guerre finie, Picasso s’installe dans le Midi et se lance dans la céramique, un art nouveau pour lui. Dans la cité de potiers de Vallauris, il travaille des pots, des pichets et même des morceaux de tuiles ou de marmites. Il disait vouloir que ses poteries se trouvent « sur tous les marchés ». En 1955, installé à Cannes, il peint des intérieurs d’atelier aux fenêtres en arabesque : le sujet était cher à son ami Matisse, mort l’année précédente. Picasso a gardé jusqu’à la fin de sa vie sept tableaux de Matisse, dont Nature morte aux oranges.
Les dernières toiles de Picasso, peintes vite avec des coulures et une peinture épaisse, divisent la critique quand elles sont exposées au palais des Papes d’Avignon en 1970 et en 1973. Vers la fin du parcours, Le Jeune Peintre montre l’artiste sous les traits d’un jeune homme, palette à la main. Picasso l’a peint en 1972, un an avant sa mort. Dans l’Autoportrait du début du parcours, il s’était au contraire représenté vieilli, à 20 ans. Il meurt en avril 1973. Le musée indique que les ateliers de l’artiste renfermaient alors plus de onze mille dessins et près de deux mille peintures, sans compter des milliers de gravures, de céramiques et de sculptures. Une grande partie de cet ensemble rejoint les collections publiques en 1979 et devient le cœur du musée, ouvert en 1985 à l’Hôtel Salé.
Pablo Picasso, Le Jeune Peintre, 14 avril 1972, huile sur toile, 91 × 72,5 cm © Succession Picasso 2024 Photo © GrandPalaisRmn (Musée national Picasso-Paris) / Mathieu Rabeau
Deuxième étage : une nature morte de Matisse chez Picasso
Une toile de Tanger gardée par PicassoPeinte à Tanger au début de 1912, la Nature morte aux oranges d’Henri Matisse réunit une coupe d’oranges et de feuilles sur une table drapée d’une nappe rose à motifs floraux. Derrière, des tentures déploient des bleus, des rouges et des violets intenses.
La toile est accrochée au deuxième étage, dans la salle 21, intitulée « Matisse disparu ».
Picasso achète le tableau en 1942 et le garde auprès de lui jusqu’à sa mort. L’œuvre entre ensuite dans les collections publiques avec la donation à l’État de la collection personnelle du peintre, qui réunit aussi des pièces de statuaire ibérique, des masques africains et océaniens et une cinquantaine d’œuvres de maîtres anciens et modernes, dont Cézanne, Renoir ou Miró.
Henri Matisse, Nature morte aux oranges, début 1912, huile sur toile, 95 × 84,8 × 2 cm © Succession H. Matisse Photo © GrandPalaisRmn (Musée national Picasso-Paris)
POURQUOI VOIR « LA COLLECTION » AU MUSÉE NATIONAL PICASSO-PARIS ?
En une seule visite, ce parcours donne à comparer les manières successives de Picasso, de la période bleue aux toiles de ses dernières années. L’Hôtel Salé, bâti entre 1656 et 1659 dans le Marais, doit son surnom à Pierre Aubert de Fontenay, qui l’a fait construire et percevait pour le roi l’impôt sur le sel. Jusqu’au 3 janvier 2027, une salle célèbre les cent ans de la revue Cahiers d’Art, très liée à l’artiste ; jusqu’au 7 février 2027, une autre suit le regard d’André Malraux sur Picasso.
Pablo Picasso, Trois Figures sous un arbre, hiver 1907–1908, huile sur toile, 99 × 99 cm © Succession Picasso 2024 Photo © GrandPalaisRmn (Musée national Picasso-Paris) / Mathieu Rabeau
Après les Demoiselles, le masque
Peinte à Paris durant l’hiver 1907–1908, quelques mois après Les Demoiselles d’Avignon, la toile serre trois figures féminines dans un format carré, rare chez Picasso, sous un tronc et des branches. Les visages, figés en masques, se réduisent à des signes : yeux vides en amande, nez triangulaire prolongé en arcade sourcilière, oreille ovale marquée d’un point noir. Les mêmes ocres, verts et bleus servent aux corps et au fond, et des hachures et des aplats contrastés construisent les volumes.
Dense, le circuit monte jusqu’au troisième étage puis redescend vers la sortie. Joris Lipsch, de l’agence Studio Matters, signe la scénographie. Le musée propose aux familles un livret-jeux, des visites et des ateliers adaptés aux enfants. Dans les salles, photographies, lettres et revues tirées des archives de l’artiste accompagnent les œuvres.
Commissariat et scénographie
- Commissariat
- Johan PopelardCécile GodefroyJoanne SnrechVirginie Perdrisot
- Sous la direction de
- Sébastien Delot (directeur de la conservation et des collections)
- Scénographie
- Joris Lipsch (Studio Matters)
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « La Collection : Revoir Picasso » au Musée national Picasso-Paris ?
L’accrochage est présenté du 12 mars 2024 au 12 mars 2027 à l’Hôtel Salé. Le musée ouvre du mardi au dimanche de 9h30 à 18h, avec une dernière entrée à 17h15 ; il ferme le lundi ainsi que les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.
Où réserver ses billets pour « La Collection : Revoir Picasso » au Musée national Picasso-Paris ?
Les billets se réservent en ligne chez Tiqets, Funbooker, GetYourGuide et Fnac. Le tarif adulte le plus bas relevé est de 16 €, chez Funbooker et GetYourGuide, hors frais de transaction éventuels. Chez Tiqets et Fnac, la réservation se fait par créneau horaire de 30 minutes.
Combien de temps dure la visite de « La Collection : Revoir Picasso » au Musée national Picasso-Paris ?
Le musée ne publie pas de durée de visite indicative. Le circuit réunit près de 400 œuvres sur trois étages de l’Hôtel Salé, jusqu’au troisième étage avant de redescendre vers la sortie. Prévoyez d’arriver à l’heure : l’accès prioritaire des billets en ligne n’est garanti que dans les 30 minutes qui suivent l’horaire réservé.
Comment se rendre au Musée national Picasso-Paris pour « La Collection : Revoir Picasso » ?
L’entrée se trouve au 5 rue de Thorigny, 75003 Paris. En métro, descendez à Saint-Sébastien – Froissart ou Chemin Vert (ligne 8), ou à Saint-Paul (ligne 1). Les bus 96 (arrêt Saint-Claude) et 75 (arrêt Archives – Rambuteau) desservent aussi le quartier, et la station Vélib’ 3002 se trouve à proximité.
Le Musée national Picasso-Paris est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « La Collection : Revoir Picasso » ?
Oui, le musée est accessible aux personnes à mobilité réduite. Attention toutefois : l’ascenseur qui dessert le troisième étage de la collection est actuellement indisponible, et cet étage n’est accessible que par l’escalier.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Du mardi au dimanche : 9h30 - 18h
- Dernière entrée : 17h15
- 24 et 31 décembre : 9h30 - 17h (dernière entrée 16h15)
- Fermé le lundi, le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre
