Les secrets de l’Alhambra à l’Institut du monde arabe
Les secrets de l’Alhambra
L’Alhambra du XIVe siècle : fontaine, inscriptions et couleurs

Institut du monde arabe
L’EXPOSITION
« Les secrets de l’Alhambra » est une exposition présentée à l’Institut du monde arabe, à Paris, du 24 novembre 2026 au 16 mai 2027, consacrée au palais des sultans de Grenade au XIVe siècle. Œuvres d’art et dispositifs immersifs y évoquent ce qui ne se voit plus sur place : des couleurs en partie effacées, et l’état d’origine encore discuté de la fontaine des Lions, remaniée après la conquête chrétienne.
Le parcours explique aussi la construction des motifs géométriques du décor et présente des armes, des inscriptions à écouter ainsi qu’un automate de fête reconstitué.Grenade et les secrets de l’Alhambra © Free Documentary Français
Une forteresse menacée : la guerre et les échanges
Armes, harnachement et échanges artistiquesL’Alhambra est d’abord une forteresse, occupée par une garnison, et l’émirat qu’elle abritait vivait sous la menace constante de ses voisins. Les Nasrides, la dynastie musulmane qui y tenait sa cour, ont régné sur Grenade du XIIIe au XVe siècle, en perdant peu à peu des terres. L’exposition rappelle ces tensions avec des éléments d’armure, des armes et des pièces de harnachement, c’est-à-dire l’équipement du cheval. Un dispositif immersif fait aussi apparaître une peinture arabe présentée comme très peu connue : une armée y rentre victorieuse d’une expédition.
Le style de ces scènes rappelle la peinture gothique de l’Europe de la même époque.
L’Institut du monde arabe coorganise « Les secrets de l’Alhambra » avec le Patronato de la Alhambra y Generalife, l’organisme public andalou qui conserve et gère le monument. Malgré les conflits, l’émirat entretenait avec ses voisins de nombreux échanges artistiques : des œuvres venues du monde chrétien comme du monde islamique en témoignent dans le parcours. L’exposition décrypte aussi les images de la salle des Rois, au palais des Lions. À Grenade, deux voûtes de cette salle sont en bois tendu de cuir peint. Des chevaliers chrétiens et musulmans y chassent, s’affrontent en duel et offrent leurs trophées à une dame. Le style de ces scènes rappelle la peinture gothique de l’Europe de la même époque.
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La fontaine des Lions et les inscriptions : un palais à déchiffrer
Une copie, des hypothèses, des écritures murales« Les secrets de l’Alhambra » a pour pièce majeure une copie de la fontaine des Lions, présentée avec plusieurs hypothèses scientifiques sur ce qu’elle était à l’origine. Ces hypothèses portent sur l’apparence, le fonctionnement et le sens de la fontaine au temps de Muhammad V, le sultan qui l’avait fait installer. À Grenade, douze lions soutiennent une vasque à douze côtés, le tout en marbre blanc andalou de Macael. Sur le bord de la vasque est gravé un poème d’Ibn Zamrak, poète de la cour du sultan. Restaurée pendant une dizaine d’années, la fontaine de Grenade fonctionne de nouveau. À Paris, la copie sert aussi à parler de l’eau, qui embellit le palais autant qu’elle permet d’y vivre.
lions en marbre blanc de Macael soutiennent, à Grenade, la vasque à douze côtés de la fontaine
Les murs de l’Alhambra portent aussi des textes : poèmes, versets du Coran, devises, jusqu’au mot baraka, « bénédiction » en arabe. Le parcours invite à déchiffrer ces inscriptions au milieu des motifs, avec une lecture enregistrée pour les entendre, et à distinguer plusieurs styles de calligraphie. Des œuvres choisies montrent que cette écriture décorative ne se limite pas aux murs. Selon l’exposition, les artistes musulmans, en particulier nasrides, ont eu recours à l’abstraction géométrique pour célébrer la création divine sans l’imiter. Une partie du parcours détaille comment des motifs répétés, déplacés ou tournés suivant toutes les symétries possibles composent le décor. Le procédé vaut pour la céramique des murs comme pour des boiseries, des soieries ou des manuscrits.
Couleurs, fêtes et jardin : la vie du palais au XIVe siècle
Reflets colorés, fêtes de cour et jardinLes couleurs tenaient une place essentielle dans l’art de l’Alhambra : les dispositifs immersifs les redonnent au décor. Ils montrent comment la lumière faisait naître sur les motifs des reflets colorés et des effets de mouvement. Le plafond de Lindaraja en offre un exemple. Dans ce petit belvédère du palais des Lions, il forme un treillis de bois garni de verres de couleur. Les dispositifs mettent aussi en valeur la finesse des muqarnas, ces ornements faits de petites alvéoles superposées.
Les fêtes de la cour sont évoquées en musique : noces royales, circoncisions des fils du sultan, et mawlid, la fête de la naissance du Prophète. L’exposition reconstitue un automate montré à la cour pour le mawlid de 1362, une célébration que le vizir et poète Ibn al-Khatib a décrite en détail. Muhammad V venait alors de reprendre le pouvoir, perdu en 1359. Le parcours se termine sur une évocation du jardin. L’Alhambra compte de vrais jardins, plantés pour l’agrément ou pour la culture, et ses inscriptions parlent du jardin du paradis comme des jardins terrestres. Une installation conçue pour l’exposition à partir de ce que la recherche sait de ces jardins sollicite notamment l’ouïe et l’odorat.
année du mawlid pour lequel un automate fut montré à la cour de Muhammad V, reconstitué dans l’exposition
POURQUOI VOIR « LES SECRETS DE L’ALHAMBRA » À L’INSTITUT DU MONDE ARABE ?
Avant ou après un voyage à Grenade, l’exposition aide à comprendre le décor du palais nasride : ses inscriptions et la construction de ses motifs géométriques. La visite se regarde autant qu’elle s’écoute, entre textes lus à voix haute et ambiance musicale des fêtes de cour. Le commissariat associe Agnès Carayon, chargée d’expositions à l’institut, et Barbara Boloix, qui enseigne les études arabes et islamiques à l’Université de Grenade.
Spécialiste des Nasrides, l’universitaire a publié en 2013 Las sultanas de la Alhambra, un livre consacré aux femmes de cette dynastie. Le bâtiment de l’Institut du monde arabe, conçu par un groupe d’architectes dont Jean Nouvel, reprend un élément traditionnel de l’architecture arabe, le moucharabieh. Sa façade sud en porte 240, des panneaux ajourés dont les ouvertures sont prévues pour varier avec la lumière.
Commissariat et production
- Commissariat
- Barbara Boloix (Université de Grenade)Agnès Carayon (chargée d’expositions, Institut du monde arabe)
- Coproduction
- Gédéon Expériences
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Les secrets de l’Alhambra » à l’Institut du monde arabe ?
L’exposition se tient du 24 novembre 2026 au 16 mai 2027. Les salles ouvrent du mardi au vendredi de 10h à 18h, et de 10h à 19h les samedis, dimanches et jours fériés ; l’Institut est fermé le lundi et le 1er mai.
Où réserver ses billets pour « Les secrets de l’Alhambra » à l’Institut du monde arabe ?
Les billets se réservent notamment en ligne sur Fnac, au plein tarif de 17 €, hors frais de transaction éventuels. Les tarifs réduits de ce billet à l’Institut du monde arabe figurent dans les informations pratiques ci-dessous.
Combien de temps dure la visite de « Les secrets de l’Alhambra » à l’Institut du monde arabe ?
Aucune durée de visite indicative n’est encore publiée pour l’exposition. Pour organiser sa venue, les caisses ferment 45 minutes avant les salles : à 17h15 du mardi au vendredi, à 18h15 les samedis, dimanches et jours fériés.
Comment se rendre à l’Institut du monde arabe pour « Les secrets de l’Alhambra » ?
La desserte principale est la ligne 7 du métro, station Jussieu ; les stations Cardinal Lemoine (ligne 10) et Sully-Morland (ligne 7) desservent aussi l’IMA, tout comme les bus 63, 67, 86, 87 et 89. Le parking de l’Institut s’atteint par le 1 rue des Fossés-Saint-Bernard, et la station Vélib’ 5021 se trouve à proximité. L’entrée se fait place Mohammed V, et l’exposition occupe les salles des niveaux 1 et 2.
L’Institut du monde arabe est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Les secrets de l’Alhambra » ?
Des places de stationnement réservées aux personnes à mobilité réduite se trouvent sur l’esplanade de l’IMA. Les conditions de venue et de confort de visite sont détaillées sur la page Accessibilité du site de l’Institut, dont l’équipe répond aux demandes à l’adresse accessibilite@imarabe.org.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Du mardi au vendredi : 10h - 18h
- Samedis, dimanches et jours fériés : 10h - 19h
- Fermé le lundi et le 1er mai
- Fermeture des caisses 45 minutes avant la fermeture
