Artistes au Muséum au Muséum national d’Histoire naturelle
Artistes au Muséum
Plus de 300 œuvres pour les 400 ans du Muséum

Grande Galerie de l’Évolution
L’EXPOSITION
Auguste Rodin, Henri Matisse et Marie Laurencin ont pris des cours de dessin au Jardin des Plantes. « Artistes au Muséum », l’exposition-événement des 400 ans du Muséum national d’Histoire naturelle, réunit plus de 300 œuvres et plus de 140 artistes à la Grande Galerie de l’Évolution, du 23 septembre 2026 au 7 mars 2027.
Sculptures, photographies, films, animaux naturalisés et vélins peints sur peau de veau : le parcours se déroule en trois parties, et il commence par une question – qui sont les artistes au Muséum ?Histoire de la Grande Galerie de l’Évolution et de ses collections © Muséum national d’Histoire naturelle
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APPRENDRE À REGARDER : ce que les artistes venaient chercher au Jardin des Plantes
Delacroix, Barye et les maîtres de dessinUn groupe naturalisé ouvre le parcours : Lionne et oryx algazelle, préparé en 1895 par Louis Quantin et Jules Terrier. Le Douanier Rousseau s’en est servi de modèle pour Le lion, ayant faim, se jette sur l’antilope, toile absente du parcours. Parmi les œuvres annoncées figurent 59 sculptures, 28 photographies, 22 peintures et 20 spécimens de collections naturalistes. Le zoo du Jardin des Plantes, la Ménagerie, donnait à voir des animaux sauvages vivants. Leur mort ouvrait la possibilité de les disséquer, et au XIXe siècle ces séances restaient publiques. Eugène Delacroix et Antoine-Louis Barye venaient ensemble au Muséum à la mort d’un lion, pour apprendre l’anatomie des félins.
Louis Quantin et Jules Terrier, Lionne et oryx algazelle, Panthera leo et Oryx dammah, 1895, taxidermie sur support bois et plâtre, MNHN © MNHN – Jean-Christophe Domenech
L’institution ne faisait pas qu’accueillir : elle enseignait. Depuis la Révolution française, des maîtres de dessin y ont transmis un enseignement naturaliste – Gérard van Spaendonck, puis Pierre-Joseph Redouté, nommé en 1823 maître de dessin en botanique, puis le sculpteur Emmanuel Fremiet. Le Muséum conserve l’affiche du cours que donnait Redouté, imprimée en 1828. Ces cours ont formé des scientifiques autant que des artistes, et l’enseignement s’y poursuit aujourd’hui. Gustave Moreau, lui, consultait les ouvrages de la bibliothèque et les coraux naturalisés avant de peupler d’organismes marins la grotte de sa Galatée (vers 1880), prêtée par le musée d’Orsay.
Eugène Delacroix et Antoine-Louis Barye venaient ensemble au Muséum à la mort d’un lion, pour apprendre l’anatomie des félins.
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LES VÉLINS : sept mille feuilles peintes pour les rois, et trois de plus en 2026
Quatre siècles de peinture sur peau de veauAu XVIIe siècle, Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, charge Nicolas Robert, peintre de miniatures, de représenter sur vélin les plantes et les oiseaux du domaine de Blois. Légué à Louis XIV, puis transféré au Muséum à sa création en 1793, l’ensemble a été augmenté par les dessinateurs de l’établissement : il compte aujourd’hui 7 000 pièces. Madeleine Basseporte, seule femme à avoir tenu le poste de « Peintre du roi », en a laissé 313. Trois vélins inédits ont été créés en 2026 pour « Artistes au Muséum » : Ludivine Longou y a peint une nouvelle espèce de plante, Didier Geffard-Kuriyama un micro-organisme marin, Jean-François Dejouannet un dinosaure reconstitué.
vélins de plantes que Madeleine Basseporte devait peindre chaque année
Cette partie montre aussi comment ces images se fabriquent : la chambre claire, dispositif optique dont les dessinateurs se servaient pour reproduire un sujet avec exactitude, y est présentée. Le parcours retient que les recherches du chimiste Michel-Eugène Chevreul sur les couleurs ont inspiré le néo-impressionnisme, cette peinture faite de petites touches posées côte à côte. Le cercle chromatique de Chevreul, daté de 1864, est exposé, et une manipulation en donne le principe : un même gris tire vers l’orangé sur un fond bleu, vers le bleu sur un fond orange. Dessins, sculptures et peintures sont conservés par les bibliothèques du Muséum, et ce sont elles qui signent le projet. Le commissariat général revient à Alice Lemaire, directrice des bibliothèques et de la documentation ; Marie-Julie Chastang, Aude Pinguilly et Manon Toulemont assurent le commissariat muséographique. Le commissariat scientifique réunit neuf personnes de la même direction : Chloé Besombes, Solenne Coutagne, Aubierge Desalme, Louise Fauduet, Mathilde Herrero, Hélène Jacquemard, Alice Laforet, Claire Le Borgne et Amandine Postec. La scénographie est conçue par Cros & Patras.
L’exposition est labellisée Bicentenaire de la Photographie par le ministère de la Culture et s’inscrit dans la programmation officielle du 1er septembre 2026 au 30 septembre 2027.
Madeleine Basseporte, Bananier, Musa × paradisiaca, 18e siècle, peinture sur vélin Collection des Vélins, MNHN
Focus sur l’œuvre
Madeleine Françoise Basseporte est la seule femme à avoir occupé la charge convoitée de « Peintre du roi ». Élève de Claude Aubriet, peintre des plantes au Jardin du roi, elle obtient de lui en 1735 la survivance de sa charge, lui succède et reste en fonction jusqu’à sa mort, en 1780. Le vélin est une peau de veau mort-né travaillée en parchemin très fin, sur laquelle on peint à la gouache ou à l’aquarelle ; le support n’autorise pas le repentir, ce qui rend la tâche épuisante. La planche isole le bananier, seul et d’après nature, selon les normes stylistiques précises de la collection, qui prévoient aussi un encadrement réalisé à la feuille d’or. Ananas, cactus, aloès, bananier : les peintres du roi enregistrent ainsi les plantes exotiques acclimatées au Jardin.
UNE VRAIE GALERIE D’ART : Pompon, Dalí et les commandes du Muséum
Commandes, legs et caravane de sculpturesFrançois Pompon s’accrochait un établi portatif autour du cou pour dessiner face aux bêtes de la Ménagerie. Le troisième espace, que le Muséum intitule « Une vraie galerie d’art ! », réunit une caravane de ses sculptures animalières, en écho à celle de la savane africaine installée dans la Grande Galerie de l’Évolution. Le parcours y présente aussi Salvador Dalí, filmé en 1955 au zoo de Vincennes face à un rhinocéros, ainsi que des œuvres d’Alberto Giacometti, Bernard Buffet, Robert Doisneau et Chris Marker.
Lieu de science, le Jardin des Plantes a aussi servi de vitrine et de promenade dès l’origine : l’institution y a commandé peintures, statues et décors pour ses jardins et ses galeries. Une carte situe, dans le Jardin des Plantes, les statues et peintures que le public peut retrouver après la visite. L’espace s’achève sur des artistes contemporains qui s’associent aux chercheurs du Muséum pour alerter sur l’état du vivant. Laurence Gervot-Rostaing, qui signe 1011, y montre des laisses de mer – ces déchets organiques que la marée dépose sur la plage – aujourd’hui mêlées de plastique et de cordages. L’artiste a mené ce travail avec la chercheuse Line Le Gall.
Dépositaire du legs de François Pompon, le Muséum conserve une quarantaine de sculptures de petit format et trois statues grandeur nature du sculpteur animalier.
François Pompon, Hippopotame, 1931, sculpture plâtre, MNHN © MNHN – J.-C. Domenech
RECONSTITUER UN OISEAU DISPARU : la peinture entre au laboratoire de taxidermie
Peindre la fabrication d’un dronteUne toile de 1903 ouvre les portes d’un lieu que le public ne voit jamais : le laboratoire de taxidermie du Muséum. Henri Coeylas y peint des préparateurs au travail autour d’un oiseau qui n’existe plus, le dronte, ou dodo de l’île Maurice, disparu moins d’un siècle après l’arrivée des navigateurs européens. Le taxidermiste Jules Terrier, muni de sa palette de couleurs, y travaille avec le zoologiste Émile Oustalet.
Faute de peau et de plumes, Terrier fabrique un modèle en plâtre qu’il peint d’après les représentations réalisées avant la disparition de l’animal. Ce Dronte – Dodo de 1901 figure lui aussi dans l’exposition, à côté du tableau qui en montre la fabrication. La toile de Coeylas prolonge ainsi le fil ouvert par la scène naturalisée de l’entrée : la taxidermie y devient un métier d’atelier, avec ses gestes, ses outils et ses modèles.
Henri Coeylas, Au Muséum. Laboratoire de taxidermie. Reconstitution du « dronte », 1903, peinture sur toile MNHN, dépôt du Centre national des arts plastiques
Focus sur l’œuvre
Au centre de la toile, le modèle en plâtre du dronte se dresse dans l’atelier, entouré de l’équipe du laboratoire. Jules Terrier est assis tout près de l’oiseau, palette à la main, occupé à en poser les couleurs ; le zoologiste Émile Oustalet se tient debout derrière la sculpture. La scène fait du geste d’atelier un sujet de peinture, et donne à voir la fabrication d’une espèce que personne n’a jamais photographiée. C’est à ce tableau qu’Henri Coeylas doit l’essentiel de sa notoriété.
POURQUOI VOIR « ARTISTES AU MUSÉUM » À LA GRANDE GALERIE DE L’ÉVOLUTION ?
La Grande Galerie de l’Évolution expose d’ordinaire des animaux naturalisés ; « Artistes au Muséum » y montre l’autre versant du lieu, celui des images et des sculptures que quatre siècles d’artistes y ont laissées. Vous y verrez des vélins peints à la main, remplacés par rotations pendant les six mois pour leur conservation. L’exposition occupe 880 m² et compte treize dispositifs, dont cinq manipulations, un parcours enfant et un parcours accessibilité ; le Muséum l’annonce à partir de 7 ans.
Gustave Moreau, Galatée, 1880, huile sur bois Paris, musée d’Orsay
Point de vue critique
Moreau installe Galatée au fond d’une grotte peuplée d’organismes marins, où la faune prolifère jusque dans la chevelure de la divinité. Rien n’y est décoratif : cette végétation d’apparence surnaturelle vient d’études minutieuses menées d’après un ouvrage de botanique marine conservé au Muséum, où le peintre s’était inscrit comme étudiant libre en 1879. Frottages et grattages donnent à l’huile sur bois un aspect d’émail. Au Salon de 1880, le dernier auquel Moreau participe, la toile marque l’apogée de sa carrière.
La collection permanente de la Grande Galerie de l’Évolution est comprise dans le même billet. La visite commence dehors : trois statues animalières monumentales signées Henri-Alfred Jacquemart, Pierre Rouillard et Emmanuel Fremiet occupent le parvis pour plusieurs mois. Réalisées en 1878 pour le palais du Trocadéro, elles se dressent depuis 1986 devant le musée d’Orsay, qu’elles ont quitté pour l’occasion.
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Artistes au Muséum » à la Grande Galerie de l’Évolution ?
L’exposition se tient du 23 septembre 2026 au 7 mars 2027. La Grande Galerie de l’Évolution ouvre tous les jours de 10h à 18h, sauf les mardis, le 25 décembre et le 1er janvier. Le dernier accès aux caisses a lieu 1h avant la fermeture.
Où réserver ses billets pour « Artistes au Muséum » à la Grande Galerie de l’Évolution ?
Le billet se réserve en ligne avec Tiqets, à 16 € en tarif plein et sans frais additionnels. Il donne accès à l’exposition et à la collection permanente de la Grande Galerie de l’Évolution. Le tarif réduit est de 13 € pour les jeunes de 3 à 25 ans, et l’entrée est gratuite pour les moins de 3 ans. Un forfait Tribu à 52 € couvre 2 adultes et 2 jeunes de 3 à 25 ans.
Combien de temps dure la visite de « Artistes au Muséum » à la Grande Galerie de l’Évolution ?
Le Muséum ne publie pas de durée de visite officielle. L’exposition occupe 880 m² et présente plus de 300 œuvres en trois parties, avec treize dispositifs dont cinq manipulations, un parcours enfant et un parcours accessibilité. Le billet ouvrant aussi les salles permanentes de la galerie, prévoyez du temps pour les deux.
Comment se rendre à la Grande Galerie de l’Évolution pour « Artistes au Muséum » ?
La Grande Galerie de l’Évolution se situe au 36 rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris, dans le Jardin des Plantes. En métro : ligne 5 à Gare d’Austerlitz, ligne 7 à Censier Daubenton, ligne 10 à Jussieu ou Gare d’Austerlitz. En RER : ligne C à Gare d’Austerlitz. En bus : lignes 24, 57, 61, 63, 67, 89 et 91. En batobus : arrêt Jardin des Plantes. En train : gares d’Austerlitz et de Lyon. Le parvis de la galerie s’atteint soit directement depuis la rue Geoffroy Saint-Hilaire, soit de plain-pied par le Jardin des Plantes. Privilégiez les transports en commun : il n’y a pas de parking visiteurs au Jardin des Plantes.
La Grande Galerie de l’Évolution est-elle accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Artistes au Muséum » ?
Oui. Le parcours et les dispositifs de la Grande Galerie de l’Évolution sont entièrement accessibles aux personnes circulant en fauteuil roulant, l’accès au bâtiment se fait de plain-pied et les étages sont desservis par des ascenseurs accessibles. L’accès à l’exposition temporaire, au sous-sol, se fait depuis le rez-de-chaussée par un ascenseur accessible réservé : adressez-vous à l’accueil de la galerie. Des bancs sont répartis dans les espaces d’exposition et une entrée prioritaire est signalée en cas de forte affluence. Un fauteuil roulant peut être emprunté au 01 40 79 56 01. L’entrée est gratuite pour la personne handicapée et son accompagnateur, sur présentation d’un justificatif MDPH.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Du 23 septembre 2026 au 7 mars 2027
- Tous les jours sauf le mardi : 10h - 18h
- Fermé les 25 décembre et 1er janvier
- Dernier accès aux caisses 1h avant la fermeture
