Paris à l’arraché au Musée Carnavalet
Paris à l’arraché
Des affiches arrachées aux murs pour raconter Paris

Musée Carnavalet
L’EXPOSITION
« Paris à l’arraché. Jacques Villeglé et l’art urbain » est une exposition présentée au Musée Carnavalet – Histoire de Paris du 14 octobre 2026 au 14 février 2027, pour les cent ans de la naissance de l’artiste. Ses affiches déchirées, arrachées aux murs parisiens et titrées d’un nom de rue et d’une date, y sont aussi lues comme des archives de la ville, aux côtés de nombreux documents inédits.
L’exposition suit Villeglé dans quatre quartiers où il a surtout prélevé ses affiches, et montre ses liens avec les artistes de rue d’aujourd’hui, dont plusieurs exposent leur travail à côté du sien.RÉSERVEZ VOTRE VISITE
LES DÉBUTS : DES AFFICHES DÉCHIRÉES PAR LES PASSANTS
Du ramassage d’objets aux affiches lacéréesLe parcours part du moment où Jacques Mahé de La Villeglé, son nom complet, s’installe à Paris, dont les murs vont lui fournir sa matière. Né à Quimper en 1926, il mourra à Paris en 2022. L’exposition situe son arrivée à Paris en 1950. Il y fréquente alors des artistes et des poètes qui partagent son goût pour l’observation des rues et de leurs beautés discrètes. Les affiches couvrent à l’époque boulevards et coins de rue. Sur les façades sombres de l’après-guerre, il remarque surtout celles qui sont colorées, superposées puis déchirées. Il se revendiquait « flâneur aux palissades », ces clôtures en planches.
Jacques Villeglé, Rue de l’Echaudé, 31 mai 1961 © Fonds de dotation Villeglé, ADAGP. Photo Fabienne Villeglé
Avant les affiches, Villeglé ramassait déjà des objets trouvés, comme des fils d’acier récupérés à Saint-Malo en 1947. Il passe aux affiches dès la fin des années 1940, avec son ami Raymond Hains, qui en décollait lui aussi. Le geste est simple : il prélève des morceaux d’affichage déjà lacérés par des inconnus, puis les maroufle, c’est-à-dire les colle sur une toile. Il n’y ajoute presque rien. Les déchirures viennent surtout des passants, ce qu’il appelait le « Lacéré anonyme ». En 1960, il compte parmi les Nouveaux Réalistes, aux côtés d’Yves Klein : des artistes attentifs aux objets ordinaires marqués par l’usage. En 2008, le Centre Pompidou lui a consacré l’exposition « Jacques Villeglé – La comédie urbaine ». Cette grande rétrospective parcourait son œuvre depuis les années 1940, par thèmes.
Les déchirures viennent surtout des passants, ce qu’il appelait le « Lacéré anonyme ».
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LE PARIS DE VILLEGLÉ : DES AFFICHES DATÉES COMME DES DOCUMENTS
Quatre quartiers, un nom de rue, une datePendant près de soixante-dix ans, Paris reste son principal terrain de travail. Le parcours l’accompagne dans les quartiers où il prélevait le plus volontiers : Saint-Germain-des-Prés, Montparnasse, la porte Maillot et le Marais. L’exposition place sa pratique entre poésie et « archéologie urbaine » : sous les déchirures apparaissent des affiches plus anciennes, collées auparavant au même endroit. En 2003, Villeglé expliquait que chaque affiche prélevée devait garder « une appellation », faite du nom de la rue et de la date de son prélèvement. Il y voyait une façon de « raconter les rues de Paris ». Seine/Jacob, septembre 1964, l’œuvre choisie comme image de l’exposition, suit cette règle : un lieu, puis un mois et une année.
quartiers parisiens où Villeglé prélevait ses affiches, de la porte Maillot au Marais
Ces affiches gardent la trace de leur temps : élections locales ou nationales, luttes, mobilisations, débats politiques. Datées et situées, elles montrent une société secouée à plusieurs reprises. Villeglé se décrivait volontiers comme un « historien releveur », qui recueillait sur les murs les traces de l’actualité en notant où et quand. Extraits de films, témoignages, musiques, photographies et archives sonores accompagnent ces œuvres. Le sujet touche aux collections du musée, qui conserve lui-même des affiches : Jennifer Heim, l’une des deux commissaires scientifiques de l’exposition, en a la charge.
ART URBAIN : VILLEGLÉ ET LES ARTISTES DE RUE D’AUJOURD’HUI
Retirer des murs quand d’autres y ajoutentLa dernière partie du parcours se tourne vers l’art urbain actuel, ces graffitis, fresques et collages réalisés directement dans l’espace public. Villeglé s’est lié avec plusieurs artistes urbains et a collaboré avec certains d’entre eux, comme Lek & Sowat. Ce duo de graffeurs, formé en 2010, s’est fait connaître en peignant avec d’autres artistes un supermarché désaffecté, baptisé le Mausolée. En 2013, le Centre Pompidou les avait réunis tous les trois pour une rencontre publique.
Villeglé est parfois présenté comme un modèle pour les artistes urbains, et l’exposition souligne qu’il continue de les inspirer. Lui nuançait l’idée avec amusement. « Je fais exactement le contraire des artistes du street art », disait-il. Selon lui, c’est la rue, leur terrain commun, qui les a rapprochés. Il résumait l’écart simplement : les artistes de rue vont sur les murs pour y ajouter quelque chose, lui y prenait l’œuvre déjà faite pour la rapporter à l’atelier.
« Je fais exactement le contraire des artistes du street art », disait-il.
POURQUOI VOIR « PARIS À L’ARRACHÉ » AU MUSÉE CARNAVALET ?
L’exposition explique un geste d’artiste très simple : décoller des affiches que des passants avaient déjà déchirées. Les pièces y sont regroupées par ensembles, construits à partir de ce que Villeglé a lui-même écrit sur son travail. Un livre des Éditions Paris Musées prolonge la visite, avec des textes de spécialistes, dont ceux de l’équipe de l’exposition.
Jacques Villeglé, Seine/Jacob, septembre 1964, affiches lacérées marouflées sur toile © Fonds de dotation Villeglé, Adagp, Paris, 2026. Photo DR
Point de vue critique
Des lambeaux d’affiches superposées couvrent la toile : un aplat gris en haut à gauche, deux pans rouges, une zone jaune-vert striée de traits noirs, une plage violette en bas à gauche. À droite, un papier crème déchiré porte deux grandes lettres noires inclinées, « CH », le H coupé par le bord de la toile. Des franges de papier grisâtre bordent les déchirures. Le titre renvoie à deux rues de Saint-Germain-des-Prés qui se rejoignent, la rue de Seine et la rue Jacob.
Le Musée Carnavalet, qui retrace la vie de la ville de la Préhistoire à nos jours, laisse ses collections permanentes en accès gratuit. Elles complètent « Paris à l’arraché » par une traversée de l’histoire parisienne. Le Marais, où se trouve le musée, est aussi l’un des quartiers où Villeglé allait chercher ses affiches.
Commissariat
- Commissariat général
- Valérie Guillaume (conservatrice générale, directrice du musée Carnavalet)
- Commissariat scientifique
- Émilie Gandon (conservatrice en chef du patrimoine, musée Carnavalet)Jennifer Heim (responsable des affiches, imprimés et papiers peints, musée Carnavalet)
- Comité scientifique
- Antoine de Baecque (professeur, École normale supérieure)Sophie Duplaix (conservatrice en chef du patrimoine, Musée national d’Art moderne / Centre Pompidou)Charlotte Guichard (professeure d’histoire de l’art, École normale supérieure)Nicolas Gzeley (président du conseil scientifique et artistique, Centre Arcanes)Patrick Marcolini (maître de conférences en philosophie de l’art, université Paul-Valéry, Montpellier 3)Fanny Schulmann (conservatrice, Musée d’Art Moderne de Paris)Valérie Villeglé (fille de l’artiste, Fonds de dotation Villeglé)
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Paris à l’arraché » au Musée Carnavalet ?
L’exposition se tient du 14 octobre 2026 au 14 février 2027. Elle ouvre du mardi au dimanche, de 10h à 17h45, avec une dernière entrée à 16h45. Le musée ferme le lundi, ainsi que le 25 décembre et le 1er janvier.
Où réserver ses billets pour « Paris à l’arraché » au Musée Carnavalet ?
Les billets se réservent en ligne sur Tiqets, au tarif adulte de 15 €, sans frais additionnels. Le billet Tiqets s’accompagne d’une réservation de créneau horaire. Réserver son billet au Musée Carnavalet à l’avance est vivement recommandé : seule la réservation anticipée garantit l’entrée dans l’exposition, y compris pour les visiteurs qui bénéficient d’une réduction ou de la gratuité.
Combien de temps dure la visite de « Paris à l’arraché » au Musée Carnavalet ?
Le musée n’annonce pas de durée de visite pour « Paris à l’arraché ». Repère pratique : la dernière entrée dans l’exposition est fixée à 16h45 et les salles ferment à 17h45. Les collections permanentes, gratuites et sans réservation, permettent de prolonger la découverte de l’histoire de Paris.
Comment se rendre au Musée Carnavalet pour « Paris à l’arraché » ?
Le musée se trouve au 23 rue Madame-de-Sévigné, 75003 Paris. La desserte principale est la station Saint-Paul (métro 1). Les stations Bréguet-Sabin (ligne 5), Pont Marie (ligne 7) et Chemin Vert (ligne 8) sont aussi indiquées, ainsi que les bus 29, 69, 76, 91 et 96 et deux stations Vélib’ (Saint-Gilles – Turenne et Saint-Antoine – Sévigné).
Le Musée Carnavalet est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Paris à l’arraché » ?
Oui. Ascenseurs et rampes rendent le musée entièrement accessible en fauteuil roulant, à l’exception de trois petites salles non aménageables. Des fauteuils roulants et des boucles à induction magnétique sont prêtés gratuitement à l’accueil, sans réservation. Le stationnement étant difficile aux abords, le musée conseille de se faire déposer devant l’entrée.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Du mardi au dimanche : 10h - 17h45
- Dernière entrée dans l’exposition : 16h45
- Fermeture des salles à 17h les 24 et 31 décembre
- Fermé le lundi, le 25 décembre et le 1er janvier
