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Bruxelles 1900 au Petit Palais

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Présentation
Art moderne

Bruxelles 1900

Peintres, orfèvres et architectes à Bruxelles autour de 1900

Bruxelles 1900 – Petit Palais

Petit Palais

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L’EXPOSITION

« Bruxelles 1900 » est la première grande exposition en France consacrée à l’art belge depuis trente ans, présentée au Petit Palais du 10 novembre 2026 au 25 avril 2027. Plus de 250 œuvres y retracent la scène artistique de Bruxelles, que l’exposition présente comme une révélation pour les visiteurs du Grand Palais voisin en 1900.

Réparti en douze sections, le parcours réunit joailliers, architectes, peintres et sculpteurs ; l’une d’elles aborde l’ivoire et les bois que l’entreprise coloniale de Léopold II au Congo fournissait aux artistes.

RÉSERVEZ VOTRE VISITE

LES CERCLES D’AVANT-GARDE : SALONS, CONCERTS ET AFFICHES

Affiches, salons libres et squelettes d’Ensor

Le parcours commence par une grande photographie de la ville en 1900, puis les premières sections présentent les affiches et les cercles artistiques qui animent Bruxelles dans les années 1890. Ces associations, comme La Libre Esthétique ou Pour l’Art, accueillent des artistes de Belgique et de l’étranger lors d’expositions, de conférences et de concerts. Pour se faire connaître, elles commandent des affiches à des artistes et les font imprimer par des ateliers bruxellois. L’un d’eux, O. De Rycker & Mendel, imprime l’affiche que Gisbert Combaz dessine pour le deuxième salon annuel de La Libre Esthétique. Cette affiche fait partie des prêts de la Bibliothèque royale de Belgique, partenaire de « Bruxelles 1900 » avec les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique et les Musées royaux d’Art et d’Histoire.

James Ensor – Le Squelette peintre

James Ensor, Le Squelette peintre, 1896, huile sur panneau, 37,3 × 45,3 cm, Musée royal des Beaux-Arts d’Anvers – Communauté flamande (KMSKA) © Photo: Rik Klein Gotink

1 000

œuvres environ au salon officiel bruxellois, contre une centaine dans les salons des cercles d’avant-garde

La section « Bruxelles des arts » avance que ces cercles rompent avec le salon officiel : ils montrent une centaine d’œuvres alignées, quand celui-ci en serre près d’un millier. Ils exposent aussi des œuvres sur papier et des objets d’art décoratif. Le peintre James Ensor compte parmi ceux que ces salons mettent en avant. Masques et squelettes reviennent souvent dans sa peinture. Dans Le Squelette peintre, il se représente lui-même en squelette au milieu de ses toiles.

RÊVE ET MONDE OUVRIER : SYMBOLISTES ET PEINTRES DU TRAVAIL

Du sphinx de Khnopff aux grévistes de Laermans

Sur l’affiche de l’exposition, une créature à tête de femme et à corps de félin tacheté appuie sa joue contre celle d’un jeune homme à demi nu. Ce tableau de Fernand Khnopff, Des caresses ou L’Art, s’étire sur 1,50 mètre de long pour 50,5 centimètres de haut. Khnopff fait partie des symbolistes, ces artistes qui peignent le rêve et le mystère plutôt que le monde visible. La section intitulée « Un art de pensée et de rêve » voit dans leur art un refuge face aux bouleversements d’une Belgique en pleine industrialisation.

1,50 m

de long pour 50,5 cm de haut : le format étiré de Des caresses ou L’Art, tableau de Fernand Khnopff choisi pour l’affiche

D’autres artistes peignent au contraire cette Belgique des mines, des ports et des hauts fourneaux, devenue une grande puissance économique. La section « L’art social » les présente comme des créateurs qui cherchent à faire des ouvriers les héros de la prospérité belge. Léon Frederic peint ainsi Les Âges de l’ouvrier en triptyque, un tableau en trois panneaux comme les retables des maîtres flamands. Dans Un soir de grève, le Bruxellois Eugène Laermans fait avancer une foule derrière le drapeau socialiste, tandis qu’un enfant en pleurs s’accroche aux jupes de sa mère.

Eugène Laermans – Un soir de grève

Eugène Laermans, Un soir de grève, 1893, huile sur toile, 106 × 115 cm, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles © Photo: J. Geleyns - Ro scan

Focus sur l’œuvre

Sous un ciel bleu nuit, une foule compacte d’ouvriers coiffés de casquettes avance derrière le drapeau rouge socialiste, au pied d’une rangée de maisons blanches. Eugène Laermans peint cette marche en 1893, alors que troubles et combats sociaux agitent Bruxelles et la Belgique. Il traite la masse comme un bloc presque informe, chargé d’une colère contenue. Au premier plan, une jeune femme tournée vers le spectateur semble hésiter devant le mouvement qui l’entraîne, tandis qu’un enfant en pleurs, accroché aux jupes de sa mère, rompt l’unité du cortège. Sourd depuis l’enfance, Laermans livre une vision de la foule que ce handicap a sans doute influencée.

L’ART NOUVEAU : IVOIRE DU CONGO, BIJOUX ET MAISONS

De Tervuren aux intérieurs de Victor Horta

Le parcours revient sur l’Exposition universelle de Bruxelles en 1897 et sur sa partie coloniale de Tervuren, qui devait promouvoir l’État indépendant du Congo et l’exploitation de ses ressources. Edmond van Eetvelde, qui porte ce projet colonial, est alors l’un des dirigeants de ce territoire, que le roi Léopold II possède à titre personnel. Des sculpteurs reçoivent pour l’occasion de l’ivoire et des bois venus du Congo. Dans le salon d’honneur de cette exposition coloniale, l’orfèvre Philippe Wolfers expose ainsi Caresse du cygne, une défense d’éléphant qu’enlace un cygne de bronze. Wolfers avait d’abord intitulé cette pièce Vase au Cygne, car elle devait servir de vase à fleurs. La section intitulée « L’Exposition coloniale de 1897 et l’Art nouveau » tient cet événement pour un accélérateur de l’Art nouveau plutôt que pour son origine. Ce style aux lignes courbes inspirées de la nature est parfois appelé « style Congo ».

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Les espaces suivants réunissent les bijoux de Wolfers, surnommé le « Lalique belge » en référence au joaillier français René Lalique, puis l’architecture et le mobilier de ce style. Une section associe l’architecte Victor Horta à l’« œuvre d’art totale » : pour ses clients, il dessine la structure de métal et de pierre de leur maison, tandis que son atelier en fabrique les meubles. Edmond van Eetvelde est l’un d’eux : en 1895, il lui commande son hôtel particulier bruxellois, aujourd’hui inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Léon Ledru, Victor Horta – Vase à décor de feuilles de marronnier

Léon Ledru, Victor Horta, Cristallerie du Val Saint Lambert, Vase à décor de feuilles de marronnier, vers 1900, cristal doublé et gravé à la roue, monture en bronze doré, Musée Horta, Saint-Gilles © Photo : Paul Louis

LES GOTHIQUES MODERNES : GEORGE MINNE ET L’HÉRITAGE FLAMAND

Un retour aux sources médiévales

Autour de 1900, le Moyen Âge flamand devient un point de ralliement pour les artistes, critiques et intellectuels belges. Bruges en incarne la mémoire. Les primitifs flamands, eux, offrent un modèle pour se détacher de l’influence dominante de l’art français et affirmer une identité culturelle nationale.

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En 1891, Émile Verhaeren commente les sculptures de George Minne et observe que l’art contemporain, « las de lui-même », « retourne aux sources » pour se renouveler.

George Minne, Léon Frederic, Hélène De Rudder-Du Ménil et Fernand Khnopff revendiquent cette filiation artistique et spirituelle, qui leur vaut le surnom de « gothiques modernes ». Dans la section qui leur est consacrée, le parcours ménage un espace dédié à Minne et à sa Fontaine des agenouillés.

George Minne – La Fontaine des agenouillés

George Minne, La Fontaine des agenouillés, 1898, plâtre, musée des Beaux-Arts (MSK), Gand © Photo : Dominique Provost

Focus sur l’œuvre

Cinq jeunes hommes nus et identiques, au corps étiré, sont agenouillés sur le rebord d’un bassin circulaire, bras croisés sur la poitrine, tête inclinée. George Minne répète cinq fois sa figure de l’Agenouillé pour composer cette fontaine, où chaque silhouette, absorbée en elle-même, condense l’introspection et l’épuration des formes qu’il recherche. L’écrivain Karel van de Woestijne l’a surnommée « fontaine de Narcisse ». Profondément religieux, Minne l’a aussi dessinée dans ses carnets au sein d’un cadre liturgique, qui évoque la fontaine de vie du panneau central de L’Agneau mystique des frères Van Eyck.

POURQUOI VOIR « BRUXELLES 1900 » AU PETIT PALAIS ?

« Bruxelles 1900 » réunit notamment trois artistes belges très différents, actifs dans les mêmes années : un peintre qui se représente en squelette, un orfèvre qui travaille l’ivoire du Congo et un décorateur qui dessine des meubles pour les foyers ouvriers. Le Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, a lui-même été construit pour l’Exposition universelle de 1900, comme le Grand Palais. Ses collections permanentes, gratuites, comptent des bijoux de René Lalique et une salle à manger dessinée par Hector Guimard, l’architecte des entrées du métro parisien.

Philippe Wolfers – Civilisation et Barbarie

Philippe Wolfers, Civilisation et Barbarie, 1897–1898, ivoire, argent et onyx, 46 × 67 × 26,5 cm, Musées royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles, dépôt de la Fondation Roi Baudouin

Une allégorie coloniale

Sur un socle d’onyx vert, une section de défense d’éléphant sert de pivot à un combat d’orfèvrerie. Wolfers y traduit la rhétorique coloniale : le cygne, d’un argent brillant, incarne la civilisation associée à l’homme blanc, et le dragon, jadis patiné de sombre, la barbarie. Ce porte-documents renfermait un parchemin portant une carte du Congo et un texte qui égrenait les étapes de la « civilisation » : services médicaux et postaux, plantations, chemin de fer projeté.

En 2014, le musée a consacré une exposition à « Paris 1900, la Ville spectacle ». La visite est dense ; la scénographie signée Philippe Pumain donne à chaque section un espace reconnaissable à sa forme et à la couleur de ses murs. Les 6–10 ans y disposent d’un parcours insolite qui leur fait suivre l’étrange nain Punch d’une salle à l’autre.

Commissariat et scénographie

Commissariat général
Géraldine David (directrice générale des Musées royaux d’Art et d’Histoire)Sara Lammens (directrice de la Bibliothèque royale de Belgique)Annick Lemoine (présidente de l’établissement public des musées d’Orsay et de l’Orangerie)Kim Oosterlinck (directeur général des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique)
Commissariat scientifique
Anne-Charlotte Cathelineau (conservatrice en chef du patrimoine, chargée des sculptures au Petit Palais)Davy Depelchin (conservateur des peintures et des sculptures du XIXᵉ siècle aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique)Benjamin Foudral (directeur du Musée Gustave Courbet d’Ornans)
Scénographie
Philippe Pumain
Camille, Rédactrice culture ✨

L’avis de Camille

Rédactrice culture

Dans Civilisation et Barbarie, Philippe Wolfers montre un cygne qui combat un dragon pour protéger un lys. L’œuvre est un cadeau de prestige, commandé pour marquer l’exposition coloniale de 1897. La section qui la présente y voit une scène de propagande coloniale. Le cadeau se lit aussi comme une pièce d’histoire. Visite recommandée, d’abord pour un parcours qui met côte à côte l’Art nouveau et la colonisation du Congo.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Quand a lieu « Bruxelles 1900 » au Petit Palais ?

L’exposition se tient du 10 novembre 2026 au 25 avril 2027. Le Petit Palais l’ouvre du mardi au dimanche, de 10h à 18h ; le musée ferme le lundi, ainsi que le 11 novembre, le 25 décembre et le 1er janvier.

Où réserver ses billets pour « Bruxelles 1900 » au Petit Palais ?

Les billets sont en vente en ligne sur Tiqets, où le plein tarif de 17 € est proposé sans frais additionnels, et sur Fnac ; les tarifs s’entendent hors frais de transaction éventuels. Réserver son billet au Petit Palais avec un créneau de visite est conseillé. L’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans, les demandeurs d’emploi et les visiteurs en situation de handicap.

Combien de temps dure la visite de « Bruxelles 1900 » au Petit Palais ?

Le musée n’indique pas de durée de visite. Le parcours rassemble plus de 250 œuvres en douze sections : mieux vaut prévoir de la marge, la dernière entrée dans l’exposition ayant lieu à 16h45, ou à 18h45 les soirs de nocturne.

Comment se rendre au Petit Palais pour « Bruxelles 1900 » ?

Le plus simple est le métro, lignes 1 et 13, station Champs-Élysées – Clemenceau ; la ligne 9 dessert aussi la station Franklin D. Roosevelt. Le RER C s’arrête à Invalides et les bus 28, 42, 72, 73, 80, 83 et 93 desservent le musée. Les visiteurs individuels entrent par l’entrée principale, avenue Winston-Churchill.

Le Petit Palais est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Bruxelles 1900 » ?

Oui, le musée est accessible, à l’exception du hall du niveau haut. Les personnes à mobilité réduite entrent au rez-de-chaussée, en bas à droite de l’escalier principal. L’accès est gratuit pour les visiteurs en situation de handicap et leur accompagnateur, sur justificatif, et des fauteuils roulants sont prêtés sur demande à l’accueil.

Y a-t-il des nocturnes pour « Bruxelles 1900 » au Petit Palais ?

Oui, l’exposition reste ouverte jusqu’à 20h les vendredis et samedis, avec une dernière entrée à 18h45. Ces soirs-là, seules les expositions temporaires, le café et le jardin sont accessibles, les collections permanentes restant fermées.

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu
Petit Palais📍 Entrée principale : public individuel📍 Entrée rez-de-chaussée : groupes et PMR
avenue Winston-Churchill, 75008 Paris
Horaires
  • Du mardi au dimanche : 10h - 18h
  • Nocturnes les vendredis et samedis : 10h - 20h
  • Dernière entrée dans l’exposition : 16h45 (18h45 en nocturne)
  • Fermé le lundi, le 11 novembre, le 25 décembre et le 1er janvier
Tarifs
Tiqets
Adulte (+27 ans) : 17 €
Fnac
Plein tarif : 18,70 €
Informations
Tarif réduit à 15 €, en vente aux caisses du musée
Gratuit pour les moins de 18 ans, les demandeurs d’emploi et les visiteurs en situation de handicap
Tarifs hors frais de transaction éventuels
Conditions
Réservation d’un créneau de visite conseillée
Valises, bagages cabine et gros sacs à dos interdits ; casiers au rez-de-chaussée selon la place disponible
Sacs de plus de 40 cm interdits ; sacs à main et petits sacs à dos admis en salle, portés devant
Accès
🚇 Métro
Lignes 1 et 13 – station « Champs-Élysées – Clemenceau »
Ligne 9 – station « Franklin D. Roosevelt »
🚆 RER
RER C – station « Invalides »
🚌 Bus
Lignes 28, 42, 72, 73, 80, 83 et 93
🅿️ Parking / Voiture
Stationnements adaptés
🚲 Vélo / Vélib’
Station 8001 – station « Petit Palais »

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