Finally, Something Good à la Gaîté Lyrique
Finally, Something Good.
Plus d’un siècle de statistiques posées sur des tableaux anciens

Gaîté Lyrique
L’EXPOSITION
« Finally, Something Good. » est l’exposition que le designer autrichien Stefan Sagmeister présente à la Gaîté Lyrique, à Paris, du 15 octobre 2026 au 18 avril 2027. Sur 800 m² et en onze chapitres, il ajoute à des tableaux anciens des formes colorées qui traduisent plus d’un siècle de statistiques, et il y lit des progrès que l’actualité ne montre pas.
Les chiffres prennent aussi la forme de projections, de vêtements et de sculptures ; le parcours se prolonge jusque dans les toilettes de la Gaîté Lyrique.Tableaux anciens : des statistiques ajoutées à la peinture
Paysage, portrait et Vierge mis en donnéesSagmeister prend une partie de ses tableaux anciens dans les invendus du magasin d’antiquités familial, en Autriche, puis s’en sert comme supports pour ses statistiques. Il s’appuie notamment sur des chiffres des Nations unies et de la Banque mondiale. Plants and Meats part d’une toile peinte vers 1890 qui montre des vaches sur la côte de Cornouailles. L’artiste lui ajoute une extension presque aussi haute que le tableau. Ses formes figurent deux données mondiales : l’alimentation d’origine animale occupe 77 % des terres agricoles mais ne fournit que 18 % des calories. Sagmeister estime qu’une belle image et des données pèsent plus lourd ensemble que chacune de son côté. Il a déjà exploré ce procédé dans sa série Now Is Better, montrée en 2023 par une galerie new-yorkaise et réunie dans un livre chez l’éditeur Phaidon.
Stefan Sagmeister, Plants and Meats, 63,2 × 44,5 cm
des terres agricoles mondiales servent à l’alimentation d’origine animale, qui ne fournit que 18 % des calories : les deux données de Plants and Meats
Des tableaux anciens portent aussi des données de santé. Henrietta part d’un portrait du XIXe siècle qui représente Henriette-Marie de France, l’épouse du roi d’Angleterre Charles Ier. Des rectangles, des lignes et des points y suivent la mortalité maternelle au Royaume-Uni de 1875 à 2022 : chaque forme correspond à une année. Dans Tits and Ass, des cercles posés sur une Vierge du XVIIIe siècle, issue de la peinture coloniale mexicaine, comparent deux cancers. Le cancer du sein y reçoit plus de deux fois plus de fonds de recherche que celui du rectum, alors que les cancers du côlon et du rectum ont un taux de mortalité plus élevé.
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Chapitres : chaque thème assorti d’une question
De l’apocalypse au prix de la lumièreLe titre « Finally, Something Good. » se traduit par « Enfin une bonne nouvelle », mais l’exposition associe à chaque chapitre une question. Celle du chapitre « Une histoire de la fin du monde » porte sur la fascination qu’exercent les annonces d’apocalypse. Les prédictions des siècles passés y sont rassemblées sur une projection géante : aucune ne s’est réalisée. D’autres chapitres abordent la santé, la faim, l’environnement, la guerre ou le bonheur.
Les prédictions des siècles passés y sont rassemblées sur une projection géante : aucune ne s’est réalisée.
Plusieurs œuvres ramènent une évolution d’un siècle ou plus à une comparaison immédiate. Let There Be Light reprend les calculs de l’économiste William Nordhaus sur le prix de l’éclairage. L’œuvre en tire deux durées de travail : 58 heures à la préhistoire pour obtenir l’équivalent d’une heure de lumière d’une ampoule de 100 watts, contre un dixième de seconde aujourd’hui. Murder and Mayhem rend visible de la même façon le recul des homicides en Europe, avec deux caniches. Le grand représente sept meurtres pour 200 000 habitants en 1874, et le petit un seul en 2024.
Stefan Sagmeister, Let There Be Light
Focus : le prix de la lumière, de Babylone à 1992
L’unité de mesure de Let There Be Light vient de William Nordhaus : le nombre d’heures de travail nécessaires pour acheter 1 000 lumens-heures d’éclairage. La série descend par paliers. Il fallait une quarantaine d’heures avec une lampe babylonienne à huile de sésame, vers 1750 avant notre ère, environ 13 minutes en 1900 avec une ampoule à filament, et quelque 0,4 seconde avec une lampe fluocompacte en 1992. Le visuel de l’œuvre montre des rangées de niches éclairées qui tapissent les murs d’une salle sombre, où se découpent des silhouettes.
Climat et action : des chiffres qui montent encore
Du CO₂ mondial aux gestes de chacunThe Tiny Pause suit des émissions mondiales de CO₂ qui augmentent encore, sur une ancienne guirlande peinte de fruits et de fleurs. De nombreux pays réduisent pourtant les leurs. Le total mondial n’a baissé que d’environ 5 % en 2020, l’année de la pandémie. John D. ramène la question aux gestes de chacun : ses cinq sculptures ont une taille qui dépend du CO₂ qu’un choix permet d’économiser. La plus haute mesure trois mètres et vaut pour l’abandon d’un SUV ; la plus petite mesure 33 centimètres et vaut pour le recyclage. Entre les deux se placent l’alimentation végétale, la vie sans voiture et le vol transatlantique évité.
Le chapitre « La planète était là en premier » intègre des données environnementales à des peintures et à des sculptures, avec cette question : « Et si le vivant pouvait nous montrer la voie ? »
Vincent Cavaroc, commissaire de l’exposition et directeur artistique de la Gaîté Lyrique, estime que le recul historique ne doit pas faire oublier les problèmes actuels, mais servir à agir. Il voit dans la joie un moteur possible d’engagement, idée qu’il rattache au nom même du lieu. Le chapitre « Les acteurs du changement » attribue les progrès retracés par les données à trois catégories d’acteurs souvent absents des gros titres : les scientifiques, les militants et les institutions.
Stefan Sagmeister, The Tiny Pause, 134 × 115 cm
POURQUOI VOIR « FINALLY, SOMETHING GOOD. » À LA GAÎTÉ LYRIQUE ?
Le parcours permet de mesurer ce qui a changé en plus d’un siècle sur des sujets aussi concrets que la santé, la violence ou le prix de la lumière. À l’hiver 2013–2014, la Gaîté Lyrique accueillait déjà « The Happy Show », l’exposition de Sagmeister sur le bonheur ; l’artiste y revient avec « Finally, Something Good. » La visite dure environ trois quarts d’heure, dans une exposition présentée en français et en anglais.
Stefan Sagmeister, Inequality
Point de vue : un siècle d’inégalités en trois tomates
Inequality superpose, dans un épais cadre noir, trois grosses tomates côtelées jaunes, hérissées de petites sphères orange. La pile se lit à rebours du temps : 2020 en haut, 1970 au milieu, 1920 en bas, pour des indices de Gini de 0,43, 0,35 et 0,45. Plus petit, le fruit central porte la valeur la plus basse d’un indice qui va de 0, partage égal, à 1, quand une seule personne possède tout. Une nature morte tient lieu de graphique.
Des ateliers et des conférences se tiennent chaque semaine sur place. Un dispositif de médiation conçu avec makesense, l’un des porteurs de la Gaîté Lyrique, s’adresse d’abord aux jeunes et leur donne des ressources pour agir. Le chapitre « Comment nous sentons-nous ? » soulève cette question : « Le bonheur est-il une donnée quantifiable ? »
Commissariat
- Vincent Cavaroc (directeur artistique de la Gaîté Lyrique)
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Finally, Something Good. » à la Gaîté Lyrique ?
L’exposition se tient du 15 octobre 2026 au 18 avril 2027. Elle est ouverte du mardi au dimanche, de 11h à 20h, et fermée le lundi.
Où réserver ses billets pour « Finally, Something Good. » à la Gaîté Lyrique ?
Les billets se réservent en ligne sur Fever, billetterie de l’exposition, au plein tarif de 13 €, sans frais de réservation ; ils sont aussi vendus sur place. Pour un billet à la Gaîté Lyrique au tarif réduit, enfant ou gratuit, les justificatifs demandés figurent dans les informations pratiques ci-dessous.
Combien de temps dure la visite de « Finally, Something Good. » à la Gaîté Lyrique ?
Comptez environ 45 minutes de visite. Le parcours est bilingue, en français et en anglais.
Comment se rendre à la Gaîté Lyrique pour « Finally, Something Good. » ?
La Gaîté Lyrique, au 3 bis rue Papin (Paris 3e), est desservie par le métro Réaumur-Sébastopol (lignes 3 et 4), Arts-et-Métiers (lignes 3 et 11) et Strasbourg-Saint-Denis (lignes 4, 8 et 9). Les RER A, B et D s’arrêtent à Châtelet – Les Halles, à une dizaine de minutes à pied, et les bus 20, 38 et 47 passent à proximité.
La Gaîté Lyrique est-elle accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Finally, Something Good. » ?
L’extérieur et le rez-de-chaussée sont accessibles aux personnes à mobilité réduite ; pour rejoindre les étages et les espaces fermés, il faut se signaler à l’accueil ou à la sécurité, qui assure l’accompagnement. Des places de stationnement GIG/GIC se trouvent au 259 rue Saint-Martin et au 8 rue Salomon-de-Caus. L’exposition est accessible aux personnes malentendantes, mais pas aux personnes malvoyantes ; tout besoin particulier se signale à contact@gaite-lyrique.net.
Peut-on prendre des photos dans l’exposition « Finally, Something Good. » à la Gaîté Lyrique ?
Oui, les photos et les vidéos sont autorisées dans l’exposition.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Du mardi au dimanche : 11h - 20h
- Lundi : fermé
- 25 décembre et 1er janvier : fermé
