Tous les feux au Palais de Tokyo
Tous les feux, les fleurs
Campagnes, indigo, romans-photos : sept expositions sur le territoire

Palais de Tokyo
L’EXPOSITION
« Tous les feux, les fleurs » est une saison d’expositions présentée au Palais de Tokyo, à Paris, du 21 octobre 2026 au 14 février 2027, sur le thème du territoire. Ses sept expositions comprennent « Toi et ta bande », qui réunit une trentaine d’œuvres signées par des artistes et des collectifs ayant choisi de travailler loin des villes, en Corse, en Guadeloupe ou dans les Cévennes.
Les six autres sont chacune consacrées à un seul artiste et montrent des sculptures en tissu, des assemblages couleur indigo, des films tournés sur pellicule, des romans-photos ivoiriens, une colonne brisée et un court métrage avec Eric Cantona.RÉSERVEZ VOTRE VISITE
CAMPAGNE ET NATURE : DES COLLECTIFS D’ARTISTES ET LES FILMS DE ROSE LOWDER
Des communautés rurales aux images 16 mmL’exposition « Toi et ta bande » doit son titre à une œuvre de Gina Proenza. Ses « bandes » sont aussi bien des chorales et un groupe de lycéens que des collectifs d’artistes et des communautés de vie, de travail ou de lutte. Beaucoup des œuvres ont été produites pour l’occasion, dans des régions comme le Limousin, la Bretagne, les Hautes-Pyrénées ou le Pays basque. L’exposition rassemble aussi de jeunes lieux d’art ruraux qui mêlent création, militantisme et action sociale. Guillaume Désanges, président du Palais de Tokyo, signe le texte qui présente « Tous les feux, les fleurs ». Il voit dans ces lieux une façon de défaire les clichés sur une ruralité trop souvent définie par ce qui lui manque ou par sa dépendance à la ville.
Gina Proenza, Toi et ta bande, 2026 © Sam Basu
Rose Lowder compose ses films image par image, à l’intérieur même de sa caméra 16 mm. Une minute de ses films compte 1 440 images différentes, et certains plans durent bien moins d’une seconde. Née à Lima en 1941, elle a été monteuse de cinéma à Londres avant de s’installer en 1972 à Avignon, où elle a commencé à filmer la nature. Son exposition, « La Source de la Loire et autres films », réunit ses derniers films. Le film-titre, La Source de la Loire, est projeté sur pellicule. La cinéaste est allée trois printemps de suite, de 2019 à 2021, au mont Gerbier-de-Jonc, en Ardèche, pour filmer le petit ruisseau où naît la Loire. Vingt films d’une minute complètent la projection, réunis en « bouquets » et tournés dans des domaines qui cultivent et protègent leur biodiversité, en France méridionale et en Italie du Nord.
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TISSU, INDIGO, POLYSTYRÈNE : TROIS ARTISTES ET LEURS MATÉRIAUX
Cordages, papiers et monuments en fragmentsSonia Gomes a été juriste jusqu’au milieu de la quarantaine, avant de se consacrer à l’art dans les années 1990. Elle est née en 1948 à Caetanópolis, une petite ville du Brésil connue pour son industrie textile. Elle noue, torsade ou brode des tissus trouvés ou donnés, auxquels elle mêle cordes, perles ou dentelles. Dans « Cœur sauvage », certaines œuvres pendent dans l’espace, d’autres sont fixées au mur ou posées à même le sol. Le rouge revient de pièce en pièce. La Martiniquaise Valérie John travaille, elle, l’indigo. Elle s’est formée à cette teinture, au Sénégal notamment, où elle habite encore une partie du temps. « I telman nwè ki i blé (Si noir que cela en devient bleu) » est une exposition monographique, consacrée à son travail depuis les années 1990. L’exposition réunit des vêtements, des livres, des objets et des assemblages de papier et de tissu, dans des tons qui vont du bleu le plus profond au noir. En 2025, le Centre Pompidou l’avait invitée à installer son « atelier-œuvre », un atelier qui fait lui-même partie de l’œuvre, dans l’exposition « Paris noir ».
Céleste Richard-Zimmermann a remporté le prix des Amis du Palais de Tokyo, attribué depuis 2008 à des artistes émergents. Son exposition, « Toutes les colonnes n’ont pas un cœur de pierre », est imaginée comme une carrière abandonnée, autour d’une grande colonne brisée, creuse et privée de son sommet. Cette colonne s’inspire notamment de l’histoire des monuments détruits pendant les révolutions. Sculptures, bas-reliefs et peintures y détournent des motifs empruntés aux statues officielles, dans un mélange de polystyrène, de plâtre, de cuivre et de pierre.
Sonia Gomes, Magia (série Pano), 2014, coutures, cordages et tissus, 240 × 215 cm © EstudioEmObra. Courtesy de l’artiste et Mendes Wood DM (São Paulo, Bruxelles, Paris, New York)
Magia : la couture comme dessin
Dans Magia (série Pano) (2014), Sonia Gomes assemble par couture et ligature des pans de tissu surtout clairs, aux bords irréguliers. Des cercles crochetés rouges et multicolores ponctuent la surface ; de longs cordons, notamment noirs, en descendent. Les coutures, attaches et fils pendants restent apparents : ils dessinent des lignes et mettent les différentes textures en relation. Plutôt que de masquer les assemblages, l’œuvre en fait son principe visuel, transformant des matières souples en une composition monumentale.
ROMANS-PHOTOS ET CINÉMA : ABIDJAN DANS LES ANNÉES 1970 ET UN SOLDAT FRANÇAIS
Le photoroman ivoirien et la fiction militaireL’exposition « Photoromance » présente l’Ivoirien Paul Kodjo (1939-2021) comme « l’un des premiers photographes africains à avoir exploré le genre du photoroman ». Ses romans-photos, des récits en photographies proches de la bande dessinée, deviennent vite l’activité principale de l’agence MAMEDIS, qu’il fonde à Abidjan en revenant de Paris en 1970. Dès 1971, l’hebdomadaire Ivoire Dimanche publie ses comédies sentimentales à rebondissements, sur le modèle des romans-photos européens, notamment italiens. L’exposition les réunit avec un ensemble plus large de photographies, pour la plupart jamais montrées. Dans son travail documentaire, Paul Kodjo saisit aussi les nuits de fête d’Abidjan, la mode et la vie urbaine du « miracle ivoirien », la période prospère des années 1960 et 1970. « Photoromance », coproduite avec le festival des Rencontres d’Arles, offre au photographe sa première exposition personnelle d’ampleur en France.
Lion d’argent de la Biennale de Venise en 2022, l’artiste franco-libanais Ali Cherri part d’un film pour « Today is OK ». La Sentinelle est un court métrage de 29 minutes, coproduit par le Palais de Tokyo et montré en 2026 au Festival de Cannes. Le film suit un soldat français, Lafleur, écrasé par le devoir militaire : un 14 juillet, un médecin l’autorise à s’absenter pour la nuit. Nahuel Pérez Biscayart y tient le rôle principal, aux côtés d’Eric Cantona. Au Palais de Tokyo, La Sentinelle se prolonge en décors, en sculptures et en installations, conçus à la manière d’un plateau de théâtre ou d’un tableau. Une sculpture de grande taille, placée au cœur du parcours, s’inspire des monuments militaires ; l’exposition y lit une manière de détourner l’imagerie héroïque pour montrer des soldats fragiles.
Paul Kodjo, « Notre enfant a sauvé notre amour », 1971 © Paul Kodjo / Les Rencontres du Sud / in camera galerie
UN BAS-RELIEF QUI DÉTOURNE LES SYMBOLES DE POUVOIR
Martyre décorum, une monumentalité en polystyrèneMartyre décorum, réalisé en 2021 par Céleste Richard-Zimmermann, est un bas-relief de 6 mètres sur 3,30 mètres en polystyrène. Son format monumental contraste avec un matériau léger, modelé pour reprendre des motifs de la statuaire officielle.
En déplaçant ces signes de commémoration dans une matière transformable, l’œuvre en expose la fabrication. Les symboles d’autorité ne sont plus seulement représentés : leur résistance et leur fragilité deviennent les questions mêmes du relief.
Céleste Richard-Zimmermann, Martyre décorum, 2021, bas-relief, polystyrène, 6 × 3,30 m © Gregory Valton. © Adagp, Paris, 2026
POURQUOI VOIR « TOUS LES FEUX, LES FLEURS » AU PALAIS DE TOKYO ?
Plusieurs expositions de « Tous les feux, les fleurs » sont liées à un lieu précis : la source de la Loire, un atelier en Martinique, les nuits d’Abidjan et les campagnes où travaillent les artistes de « Toi et ta bande ». Cette exposition collective s’accompagne de rencontres, de concerts et de projections organisées avec Tënk, une plateforme de documentaires en ligne créée dans le village ardéchois de Lussas. L’exposition de Paul Kodjo a d’abord été montrée aux Rencontres d’Arles, du 6 juillet au 4 octobre 2026.
Rose Lowder, La Source de la Loire, 2019–2021 © Tous droits réservés par l’artiste / Autorisation de Light Cone
La Source de la Loire : le temps de l’eau
Dans La Source de la Loire (2019–2021), Rose Lowder filme les premiers écoulements du fleuve au mont Gerbier-de-Jonc. Ce film de 19 min 31 s, projeté en 16 mm, porte une attention extrême à l’eau, à ses reflets et aux pierres. Le son du lieu n’arrive qu’à la fin. L’écart entre la continuité du ruisseau et l’écriture image par image, caractéristique de la cinéaste, fait du temps filmé le véritable enjeu de l’œuvre.
« Photoromance » porte le label Bicentenaire de la Photographie, attribué par le ministère de la Culture. Le Centre européen d’actions artistiques contemporaines de Strasbourg présentera en 2027 « Toutes les colonnes n’ont pas un cœur de pierre ». En parallèle des sept expositions, « Globale Inversion Inversion » présente les peintures murales et les toiles de Lassana Sarre consacrées aux agents de sécurité du Palais de Tokyo.
Commissariat et production
- « Toi et ta bande » – curatrice
- Liza Maignan
- « Toi et ta bande » – coordinateur
- François Piron
- « La Source de la Loire et autres films » – curateur
- François Piron
- « I telman nwè ki i blé (Si noir que cela en devient bleu) » – curatrice
- Amandine Nana
- « I telman nwè ki i blé (Si noir que cela en devient bleu) » – assistante
- Candice Ratsimba
- « Cœur sauvage » – curatrice
- Daria de Beauvais
- « Cœur sauvage » – assistantes
- Octavienne Denancy Inès Fodil
- « Photoromance » – curatrice
- Amandine Nana
- « Photoromance » – assistante
- Candice Ratsimba
- « Photoromance » – conseiller scientifique
- Ananias Léki Dago (Les Rencontres du Sud)
- « Toutes les colonnes n’ont pas un cœur de pierre » – curatrice
- Horya Makhlouf
- « Today is OK » – curateur
- Hugo Vitrani
- Production
- Palais de Tokyo (coproduction de « Photoromance ») Rencontres d’Arles (coproduction de « Photoromance »)
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Tous les feux, les fleurs » au Palais de Tokyo ?
La saison se déroule du 21 octobre 2026 au 14 février 2027. Chaque exposition possède ses propres dates de présentation.
Où réserver des billets pour « Tous les feux, les fleurs » au Palais de Tokyo ?
Tiqets propose le billet adulte à 13 €. Le billet donne accès à toutes les expositions de la saison.
Comment se rendre au Palais de Tokyo pour « Tous les feux, les fleurs » ?
Le Palais de Tokyo est au 13 avenue du Président-Wilson, 75116 Paris. Le métro 9 dessert les stations Iéna et Alma-Marceau. Le RER C dessert Pont de l’Alma.
« Tous les feux, les fleurs » est-il accessible aux personnes à mobilité réduite au Palais de Tokyo ?
Oui. Les espaces d’exposition sont accessibles aux personnes à mobilité réduite. L’accès se fait par la rampe vers l’entrée administrative, puis par l’ascenseur. L’entrée est gratuite pour la personne en situation de handicap et son accompagnateur.
Y a-t-il une nocturne pour « Tous les feux, les fleurs » au Palais de Tokyo ?
Oui, chaque jeudi de 12h à minuit. Les autres jours d’ouverture, le Palais accueille les visiteurs de 12h à 22h, et il ferme le mardi. Le Palais ferme les 25 décembre et 1er janvier ; il ferme à 18h les 24 et 31 décembre.
Peut-on photographier « Tous les feux, les fleurs » au Palais de Tokyo ?
La photographie des œuvres requiert l’accord des titulaires des droits correspondants. Le flash, les trépieds et les éclairages sont interdits dans les espaces d’exposition. Respectez les restrictions complémentaires affichées sur place.
INFORMATIONSPRATIQUES
Lieu
Horaires
- Lundi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche : 12h - 22h
- Jeudi, nocturne : 12h - 00h
- Mardi : fermé
- 25 décembre 2026 et 1er janvier 2027 : fermé
- 24 et 31 décembre 2026 : fermeture à 18h

