Louise Bourgeois à la BnF Richelieu
Louise Bourgeois. Extrême tension
Une centaine d’œuvres sur papier, de l’autoportrait au corps vieillissant
Bibliothèque nationale de France – site Richelieu
L’EXPOSITION
« Louise Bourgeois. Extrême tension. Dessins et gravures » est une exposition présentée sur le site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France, à Paris, du 20 octobre 2026 au 21 février 2027. Elle rassemble une centaine d’œuvres sur papier et tient son titre d’Extreme Tension, onze grands panneaux où la sculptrice a écrit de sa main, à 95 ans, les douleurs de son corps vieillissant.
Coorganisée avec le Centre Pompidou, elle réunit pour la première fois les collections Louise Bourgeois des deux institutions dans un parcours chronologique : dessins, gravures, livres d’artiste et trois sculptures.RÉSERVEZ VOTRE VISITE
LES DÉBUTS : UN AUTOPORTRAIT, DES GRAVURES ET DES MOTS
De l’atelier familial aux premières estampesEnfant, Louise Bourgeois dessinait pour l’atelier familial, où ses parents restauraient des tapisseries anciennes : elle redessinait les parties manquantes des personnages abîmés, souvent les pieds. Arrivée à New York en 1938, elle apprend la gravure dans une école d’art de la ville, l’Art Students League. En 1946, elle rejoint l’Atelier 17, l’atelier de gravure que dirige le Britannique Stanley William Hayter. Dans les années 1940, des artistes européens comme Max Ernst ou Joan Miró y gravent aux côtés de jeunes Américains comme Jackson Pollock.
Louise Bourgeois, Self Portrait, 1942, Collection Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris © The Easton Foundation / ADAGP, Paris, 2026 Photo : © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Jacques Faujour/Dist. GrandPalaisRmn
Le parcours s’ouvre sur l’Autoportrait de 1942, une feuille de 28 centimètres sur 21,5 dessinée à l’encre sur papier quadrillé : soixante-cinq ans la séparent d’Extreme Tension. Dès 1947, He Disappeared into Complete Silence, son premier livre d’artiste, associe des gravures à de courts textes qu’elle a écrits. Les mots entrent ainsi très tôt dans son travail gravé. Suivent des dessins faits de traits noirs superposés, dans lesquels le parcours voit des réseaux de nerfs et de fibres musculaires. Bourgeois appelait ses dessins des « pensées-plumes » : des idées attrapées au vol, puis posées sur le papier.
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LE CORPS VIEILLISSANT : Extreme Tension, MOT APRÈS MOT
Onze panneaux, un inventaire manuscrit du corpsEn 1988, la rencontre de deux éditeurs d’art la ramène à la gravure. Parmi les livres d’artiste qui suivent figure Homely Girl, A Life (1992). Dix pointes sèches de Bourgeois, dont le trait est incisé à la pointe directement dans le métal, y accompagnent un texte du dramaturge américain Arthur Miller. Dans les années 2000, elle réalise de grandes séries gravées, parfois rehaussées de couleur, de dessin et d’écriture. Extreme Tension et Turning Inwards, toutes deux de 2007, ont en commun un certain nombre de planches ; les grandes feuilles de Turning Inwards sont présentées ici au public français pour la première fois.
Extreme Tension occupe le cœur du parcours, dans la galerie Mansart. Ses onze panneaux, de formats différents, mêlent des gravures rehaussées à la gouache et des mots anglais tracés d’une main tremblante. Ces mots viennent d’un texte qu’elle avait écrit vers 1959, près de cinquante ans plus tôt. Panneau après panneau, ils passent en revue son corps, du cuir chevelu aux orteils en passant par l’œsophage et les intestins, puis les douleurs, les crampes, les palpitations et la transpiration. Sur le premier, des bras rouges dressés encadrent le titre ; le onzième se termine sur l’odeur d’un animal traqué. La section « Extreme Tension » voit dans cette bête l’artiste elle-même, à la recherche d’un terrier où se réfugier. Marie-Laure Bernadac, qui assure le commissariat général, cosignait déjà celui de l’exposition « Louise Bourgeois » présentée au Centre Pompidou en 2008, où l’œuvre était montrée pour la première fois.
Louise Bourgeois, Extreme Tension, 2007, Collection Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris © The Easton Foundation / ADAGP, Paris, 2026 Photo : © Centre Pompidou MNAM-CCI/Jean-Claude Planchet/Dist. GrandPalaisRmn
L’estomac, entre image et écriture
Le quatrième panneau d’Extreme Tension associe à une forme organique rose et rouge les mots manuscrits « The stomach », « The esophagus » et « The throat », visibles à gauche. Ils nomment l’estomac, l’œsophage et la gorge, tandis que des traits fins prolongent l’image vers les bords de la feuille. Ce rapprochement du dessin, de l’estampe et de l’écriture transforme un relevé anatomique en inventaire personnel. Réalisé en 2007, l’ensemble de onze panneaux reprend des fragments d’un texte écrit par Bourgeois vers 1959.
DERNIERS DESSINS : LA MÈRE, LA NAISSANCE ET LE ROUGE
L’araignée maternelle et les images de naissanceSa mère réparait des tapisseries, et Bourgeois la comparait à une araignée qui tisse et répare sa toile. Ode à ma mère, un livre de 1995, illustre de pointes sèches d’araignées un texte qu’elle consacre à sa mère. Quatre ans plus tard, elle réalise Maman, une araignée géante dont un exemplaire est conservé à la Tate Modern de Londres. Cette sculpture ne fait pas partie du parcours, qui présente en revanche Janus (1968), Topiary (1999) et Pregnant Woman (2003).
Le parcours se termine sur les œuvres rouges de ses dernières années, sur papier ou sur tissu. Elles montrent des couples enlacés, une naissance et des figures enceintes, parfois masculines. À l’encre, à la gouache ou à la teinture, le rouge dilué s’y répand dans le papier ou le tissu. La section « Derniers dessins (ou Petite Maman) » lit dans ces images un retour cyclique du grand âge vers la petite enfance ; certaines œuvres portent l’inscription « petite maman ».
Louise Bourgeois, Stamps of Memories II, 1994, BnF, Estampes et photographie © Louise Bourgeois, ADAGP, Paris, 2026
LE LIVRE D’ARTISTE COMME LABORATOIRE
Une planche de 1947 entre architecture et récitLa planche 6 d’He disappeared into Complete Silence présente trois constructions élancées. Une forme rayée, une structure sur une tige et une étoile stylisée se détachent sur la blancheur du papier. L’espace paraît mesuré par les traits plutôt que rempli par un décor.
Ce portfolio de 1947 met neuf estampes en regard de neuf textes composés par Louise Bourgeois. La régularité des lignes gravées et l’étrangeté des récits font cohabiter construction géométrique et fantaisie narrative. La sixième planche en donne un exemple concret, à travers ces architectures réduites à quelques signes.
Louise Bourgeois, He disappeared into Complete Silence, planche 6, 1947, BnF, Estampes et photographie © Louise Bourgeois, ADAGP, Paris, 2026
POURQUOI VOIR « LOUISE BOURGEOIS. EXTRÊME TENSION » SUR LE SITE RICHELIEU DE LA BnF ?
Si vous connaissez surtout Louise Bourgeois par ses araignées géantes, cette exposition montre ce qu’elle a confié au papier au fil de sa carrière. En 1995, la BnF exposait ses gravures et le Centre Pompidou ses dessins, dans deux expositions distinctes. À cette occasion, l’artiste avait donné à la BnF un ensemble de planches couvrant toute sa production imprimée jusque-là ; ce don rejoint ici les dessins conservés par le Centre Pompidou.
Louise Bourgeois, The Birth, 2007, gouache sur papier, 29,5 × 22,7 cm, Collection Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris © The Easton Foundation / ADAGP, Paris, 2026 Photo : © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Philippe Migeat/Dist. GrandPalaisRmn
Naissance et corps maternel
Dans The Birth (2007), un petit corps apparaît sous une ample forme de gouache rouge évoquant le corps maternel. Le pigment dilué se diffuse sur la feuille et brouille les contours, comme si la séparation de l’enfant et de la mère était encore en cours. Deux mouvements coexistent : la venue au monde et le lien physique qui persiste. Le monogramme « LB », en bas à droite, signe cette scène sans en atténuer la dimension charnelle.
Le rapprochement des deux collections permet de suivre les liens entre dessin, gravure et écriture dans l’œuvre de Bourgeois. Sur les feuilles d’Extreme Tension, les mots accompagnent les images pour évoquer un corps qui souffre et vieillit. Une partie des mots tracés sur les œuvres est en anglais.
Commissariat et production
- Commissaire générale
- Marie-Laure Bernadac (conservatrice générale honoraire du patrimoine)
- Commissaires associées
- Cécile Pocheau-Lesteven (conservatrice en chef, département des Estampes et de la photographie, BnF)Anne Montfort-Tanguy (conservatrice, Cabinet d’art graphique, Centre Pompidou)
- Coorganisation
- Bibliothèque nationale de FranceCentre Pompidou
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand voir « Louise Bourgeois. Extrême tension » à la BnF Richelieu ?
Du 20 octobre 2026 au 21 février 2027, du mardi au dimanche. L’exposition est fermée le lundi, ainsi que les 25 décembre 2026 et 1er janvier 2027.
Où acheter les billets pour « Louise Bourgeois. Extrême tension » à la BnF Richelieu ?
La réservation est possible auprès de Tiqets : le billet d’exposition temporaire du site Richelieu, qui donne accès à l’exposition, est proposé à 15 € pour un adulte. La réservation en ligne est vivement conseillée pour limiter l’attente et garantir une place.
Combien de temps dure la visite de « Louise Bourgeois. Extrême tension » ?
Aucune durée standard n’est précisée pour la visite libre. Les visites guidées durent 1h et suivent une programmation et une réservation spécifiques.
Comment se rendre à la BnF Richelieu pour « Louise Bourgeois. Extrême tension » ?
L’entrée visiteurs est au 5 rue Vivienne, 75002 Paris. Métro ligne 3, station « Bourse », ou lignes 7 et 14, station « Pyramides ». Les bus 20, 29, 39, 74 et 85 desservent aussi le quartier.
« Louise Bourgeois. Extrême tension » est-elle accessible aux personnes à mobilité réduite ?
Oui. L’entrée dédiée aux personnes à mobilité réduite se trouve au 58 rue de Richelieu. Les personnes en situation de handicap et leur accompagnateur bénéficient d’un accès prioritaire et gratuit aux expositions.
Y a-t-il une nocturne pour « Louise Bourgeois. Extrême tension » à la BnF Richelieu ?
Oui. L’exposition est ouverte le mardi de 10h à 20h, avec fermeture des caisses à 19h15. Du mercredi au dimanche, elle ferme à 18h.
INFORMATIONSPRATIQUES
Lieu
Horaires
- Mardi : 10h - 20h
- Du mercredi au dimanche : 10h - 18h
- Lundi : fermé
- Fermetures exceptionnelles : 25 décembre 2026 et 1er janvier 2027
- Fermeture des caisses : 18h (19h15 le mardi)

