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Stan Douglas au Jeu de Paume

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Présentation
Photographie

Stan Douglas. Parallax

Une trentaine d’œuvres entre cinéma, photographie et musique

Affiche officielle de l’exposition Stan Douglas. Parallax au Jeu de Paume

Jeu de Paume

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L’EXPOSITION

« Stan Douglas. Parallax » est une exposition consacrée au Canadien Stan Douglas, présentée à Paris, au Jeu de Paume, du 20 octobre 2026 au 10 janvier 2027. Elle réunit une trentaine d’œuvres, dont Birth of a Nation (2025), montrée pour la première fois en France : cette installation rejoue une scène du film de 1915 qui aida le Ku Klux Klan à renaître.

Le parcours mêle des installations vidéo musicales, des films et des photographies qui reconstituent des scènes du passé.
Teaser « Stan Douglas. Parallax »

Exposition « Stan Douglas. Parallax » | Teaser © Jeu de Paume

RÉSERVEZ VOTRE VISITE

PHOTOGRAPHIE : RECONSTITUER CE QUI A DISPARU

Une histoire de Vancouver rejouée devant l’objectif

Le 7 août 1971, à Vancouver, une intervention violente de la police contre un rassemblement pacifique de hippies provoque une émeute, que Stan Douglas a fait rejouer. Abbott & Cordova, 7 August 1971 (2008) représente la scène de nuit, dans le décor reconstruit d’un carrefour de Gastown. La série Crowds and Riots, dont l’image fait partie, recrée de la même façon quatre rassemblements de la ville au XXᵉ siècle, avec casting, costumes d’époque et décors réels ou construits.

Stan Douglas – Abbott & Cordova, 7 August 1971

Stan Douglas, Abbott & Cordova, 7 August 1971, 2008, tirage chromogène numérique contrecollé sur Dibond © Stan Douglas Courtesy the artist, Victoria Miro, and David Zwirner

Dans la même ville, la ruelle Hogan’s Alley abritait une importante communauté africaine-canadienne, jusqu’à sa démolition au début des années 1970 pour une voie rapide jamais achevée. Hogan’s Alley (2014) en donne une vue aérienne nocturne, qui n’aurait pu être prise ni quand la ruelle existait ni depuis sa disparition. Douglas a recréé les lieux en 3D sur ordinateur, à partir de témoignages et de photographies d’archives. 2 March, 1914 (2021) reconstitue à son tour un épisode resté sans trace dans l’histoire officielle. Ce jour-là, une tempête de neige retenait des voyageurs dans la Pennsylvania Station de New York depuis la veille, et le comédien africain-américain Bert Williams y monta un spectacle.

CINÉMA : DE VIEUX FILMS REMONTÉS ET REJOUÉS

Archives, montages et changements de perspective

Dès 1986, Stan Douglas travaille à partir d’images vieilles de plus de quatre-vingts ans. Dans les Rocheuses canadiennes, entre 1899 et 1901, la société de Thomas Edison tourne depuis un train trois brefs films qu’Overture entrelace. Une voix lit des passages du début du roman de Marcel Proust À la recherche du temps perdu, tandis que l’image s’éteint chaque fois que le train entre dans un tunnel. Inconsolable Memories (2005) reprend un film cubain de 1968 et déplace son intrigue en 1980, l’été où les États-Unis voient arriver plus de 125 000 Cubains. Dans l’installation, les scènes se recombinent en quinze versions de 5 min 39 s, chacune dans un ordre différent.

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Le mot anglais du titre, « Parallax », se traduit par « parallaxe » : le déplacement apparent d’un objet quand le point de vue change. Cinq écrans, disposés en deux rangées sur un même mur, composent Birth of a Nation. L’écran central diffuse la séquence originale, signée du cinéaste américain D. W. Griffith ; les quatre autres la rejouent, chacun du point de vue d’un personnage. Dans cette scène, Gus est un soldat noir interprété par un comédien blanc au visage peint en noir. Le film le réduit à une menace pour une jeune femme blanche, puis montre son lynchage par le Klan. Tourné sur un nouveau scénario, le remake de Douglas ajoute deux capitaines noirs nommés Sam et Tom. Le commissariat y voit la façon dont le regard raciste finit par confondre chaque homme noir rencontré avec une même figure hostile.

Stan Douglas – Birth of a Nation

Stan Douglas, Birth of a Nation, 2025, vue de l’installation, installation vidéo à cinq canaux, noir et blanc et couleur, muet, 13 min 20 s © Stan Douglas Courtesy the artist, Victoria Miro, and David Zwirner

Quand l’image révèle sa fabrication

Le film de Griffith adapte The Clansman (1905), roman de Thomas Dixon Jr. qui glorifie le Ku Klux Klan. L’installation confronte le grain de cette séquence de 1915 à quatre reconstitutions tournées en haute définition par Douglas. Le noir et blanc et le silence les rapprochent d’abord de l’original. Puis, dans le dernier mouvement, la couleur révèle le plateau et les artifices du tournage. Cette rupture retire à la fiction raciste son apparence d’évidence : le récit dépend d’un cadrage et d’une mise en scène.

MUSIQUE : DU FREE JAZZ AU RAP DU CAIRE

Deux scènes musicales, deux regards sur le monde

Plus de 1 523 jours, soit un peu plus de quatre ans : c’est la durée d’ISDN (2022). Sur deux écrans qui se font face, deux artistes de grime, un rap né dans l’est de Londres, semblent répondre en direct à des rappeurs cairotes de mahraganat, une musique électronique chantée en arabe. Les séances ont pourtant été enregistrées séparément, et le montage les recombine de multiples façons. Le titre ISDN reprend le sigle anglais d’une technologie de transmission que les studios d’enregistrement utilisaient pour travailler à distance par ligne téléphonique, avant Internet.

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Œuvre plus ancienne de trente ans, Hors-champs (1992) montre un concert de free jazz, un jazz fondé sur l’improvisation et souvent engagé politiquement. Des musiciens américains actifs en France dans les années 1970 y interprètent un morceau du saxophoniste Albert Ayler. Un écran suspendu en porte une version sur chaque face. D’un côté passe un montage soigné, dans le style des émissions de télévision françaises des années 1960. De l’autre apparaît ce qu’il laisse hors du cadre : caméras, câbles, musiciens au repos entre deux phrases musicales. Luanda-Kinshasa (2013) reconstitue le studio new-yorkais où Miles Davis enregistra Kind of Blue, pour une longue improvisation de dix musiciens. Douglas y imagine ce qu’aurait donné la rencontre du trompettiste avec l’afrobeat du Camerounais Manu Dibango.

Stan Douglas – Hors-champs

Stan Douglas, Hors-champs, 1992, installation vidéo à deux canaux, noir et blanc, son, 13 min 40 s, en boucle (vue de l’installation au Württembergischer Kunstverein, Stuttgart, 2007) © Stan Douglas Courtesy the artist, Victoria Miro, and David Zwirner

UNE GARE DISPARUE, UNE SCÈNE RECOMPOSÉE

Penn Station, de l’archive à la fiction photographique

La première Pennsylvania Station de New York, inaugurée en 1910, a été démolie en 1963. Dans la série Penn Station’s Half Century (2021), Stan Douglas recrée des épisodes des cinquante années d’existence de cette gare. Des vues de l’architecture ont été reconstruites par ordinateur, puis associées à des photographies mises en scène pour rendre visibles des moments peu conservés par les archives.

Dans 2 March, 1914, un groupe de voyageurs se rassemble devant un immense escalier de pierre. Le hall éclairé, les costumes et la disposition des personnages restituent le cadre d’une représentation improvisée par Bert Williams après une tempête de neige. L’image ne prétend pas être une photographie retrouvée : la scène résulte d’un travail de préparation, de casting et de composition numérique.

Stan Douglas – 2 March, 1914

Stan Douglas, 2 March, 1914, 2021, tirages chromogènes numériques contrecollés sur Dibond, série « Penn Station’s Half Century » © Stan Douglas Courtesy the artist, Victoria Miro, and David Zwirner

POURQUOI VOIR « STAN DOUGLAS » AU JEU DE PAUME ?

Le parcours raconte des épisodes réels de l’histoire de Vancouver, de New York ou de Cuba, remis en scène avec les moyens du cinéma. Le Jeu de Paume, où l’artiste avait déjà exposé en 1991, présente « Stan Douglas. Parallax » comme « la plus importante monographie consacrée en France à Stan Douglas depuis plus de 30 ans ». Jusqu’au 10 janvier 2027 aussi, LUMA Arles lui consacre « Bodies Never Lie », autour d’une nouvelle installation sur le flamenco sous Franco.

Stan Douglas – Hastings Park, 16 July 1955

Stan Douglas, Hastings Park, 16 July 1955, 2008, tirage chromogène numérique contrecollé sur Dibond, série « Crowds and Riots » © Stan Douglas Courtesy the artist, Victoria Miro, and David Zwirner

Entre deux courses, entre deux prises

Dans Hastings Park, 16 July 1955, la foule semble saisie sur le vif. Douglas a pourtant installé des figurants sur des bancs de bois, distribué des programmes de courses reconstitués et assemblé plusieurs prises. Il a retenu les attitudes observées entre les prises, quand les figurants ne jouaient plus les supporters. Les regards se dispersent et les conversations reprennent. Cette scène d’attente évoque aussi l’essor de la classe moyenne et de la consommation dans le Vancouver de l’après-guerre.

Le 9 janvier, George E. Lewis, tromboniste de Hors-champs, converse avec Stan Douglas, avant un concert de deux de ses compositions. Luanda-Kinshasa dure un peu plus de six heures et plusieurs installations passent en boucle : à vous de choisir celles à suivre jusqu’au bout. Gloria Moure et Marta Ponsa signent le commissariat de la version parisienne, Cécile Degos sa scénographie. En 2027, l’exposition rejoindra le Museu d’Art Contemporani de Barcelona, qui la coproduit.

Commissariat, scénographie et coproduction

Commissariat
Gloria MoureMarta Ponsa
Scénographie
Cécile Degos
Coproduction
Jeu de PaumeMuseu d’Art Contemporani de Barcelona (MACBA)
Camille, Rédactrice culture ✨

L’avis de Camille

Rédactrice culture

Le parcours compte une vingtaine de tirages géants. Plus de quatre cents comédiens en tenue d’époque ont posé à Vancouver pour une série consacrée à une gare new-yorkaise démolie. Ces images très construites racontent pourtant des épisodes ordinaires, comme une nuit de voyageurs bloqués par la neige. Visite recommandée pour les grands tirages, qui donnent aux anonymes une place de premier plan.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Quand a lieu « Stan Douglas. Parallax » au Jeu de Paume ?

L’exposition se tient du 20 octobre 2026 au 10 janvier 2027, dans le jardin des Tuileries à Paris.

Où réserver un billet pour « Stan Douglas. Parallax » au Jeu de Paume ?

Les billets sont proposés par Tiqets, avec un billet d’entrée standard à 14,00 €, hors frais de transaction éventuels.

Combien de temps consacrer à « Stan Douglas. Parallax » au Jeu de Paume ?

La durée dépend des projections suivies : Luanda-Kinshasa dure un peu plus de six heures, tandis que plusieurs autres installations passent en boucle. Le billet est valable pour toute la journée.

Comment se rendre au Jeu de Paume pour « Stan Douglas. Parallax » ?

Le Jeu de Paume se trouve au 1 place de la Concorde, 75001 Paris, dans le jardin des Tuileries. Prenez le métro Concorde (lignes 1, 8 et 12), sortie 1, ou les bus 42, 72, 73, 84 et 94.

« Stan Douglas. Parallax » est-elle accessible aux personnes à mobilité réduite au Jeu de Paume ?

Oui. Tous les espaces d’exposition sont accessibles aux personnes à mobilité réduite. L’entrée est gratuite et prioritaire pour les visiteurs en situation de handicap sur justificatif, ainsi que pour un accompagnateur.

Y a-t-il une nocturne pour « Stan Douglas. Parallax » au Jeu de Paume ?

Oui. Le musée est ouvert le mardi de 11h à 21h, contre 11h - 19h du mercredi au dimanche. Il est fermé le lundi.

INFORMATIONSPRATIQUES

Lieu
Jeu de Paume
1 place de la Concorde, 75001 Paris
Horaires
  • Lundi : fermé
  • Mardi : 11h - 21h
  • Du mercredi au dimanche : 11h - 19h
  • Fermé les 1er janvier, 1er mai, 14 juillet et 25 décembre
  • Les 24 et 31 décembre : fermeture à 17h
Tarifs
Tiqets
Billet d’entrée standard14,00 €
Tarif réduit9,50 €
Étudiant et -25 ans / + 65 ans / Enseignant / Cartes MDA, SACD, SCAM, AGESSA / Carte famille nombreuse
Jeune - Billet Etudiant7,50 €
Valable du mardi au vendredi (18–24 ans, carte d’étudiant en cours de validité). Cette catégorie n’est pas proposée le dimanche.
moins de 18 ansGratuit
visiteurs en situation de handicapGratuit
Gratuité sur justificatif.
Conditions
Billets valables toute la journée.
Billets ni échangeables ni remboursables.
Tarifs hors frais de transaction éventuels.
Accès
🚇 Métro
Lignes 1, 8 et 12 – station « Concorde », sortie 1
🚌 Bus
Lignes 42, 72, 73, 84 et 94 – arrêts autour de la place de la Concorde
🚲 Vélo / Vélib’
Stations Vélib’ – rue Cambon et place de la Madeleine
🚶 Accès piéton
Jardin des Tuileries – entrée près de la place de la Concorde
Cheminement accessible – grille du Pont de Fer, côté quai des Tuileries

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