Richard Wagner, les révolutions du Ring au Palais Garnier
L’EXPOSITION
« Richard Wagner – Les révolutions du Ring » est une exposition présentée dans la Bibliothèque-musée de l’Opéra, au Palais Garnier, du 27 octobre 2026 au 20 février 2027. Elle réunit plus d’une centaine de pièces sur le Ring, cycle d’opéras pensé pour rompre avec l’opéra de son temps : Wagner, recherché depuis l’insurrection de Dresde de 1849, en achève le livret en exil.
Costumes de scène, maquettes, peintures et photographies de spectacles y montrent comment les théâtres ont monté ce cycle depuis 1876 ; l’exposition présente aussi des entretiens inédits avec des artistes qu’il inspire encore.RÉSERVEZ VOTRE VISITE
DE DRESDE À BAYREUTH : UN CYCLE ET SON THÉÂTRE
De l’insurrection de 1849 au premier festivalEn mai 1849, Wagner, alors chef d’orchestre à la cour de Saxe, prend part à l’insurrection de Dresde. Visé par un mandat d’arrêt, il se réfugie en Suisse et s’installe pour neuf ans à Zurich. Dans les essais qu’il y écrit, il reproche à l’opéra à la mode de sacrifier le drame aux effets. Il imagine à la place un théâtre qui rassemble tout un peuple, comme la tragédie grecque. Pour le Ring, il puise dans les légendes germaniques et nordiques. La section « Aux origines du Ring » rattache ce choix à une Allemagne encore divisée en plusieurs États, qui aspire à son unité.
Année de la création intégrale du Ring à Bayreuth, il y a 150 ans
Victor Hugo, Paysage imaginaire avec burg et rocher dans la brume, vers 1858, dessin et pochoir : plume et encre brune, lavis, frottis de fusain et gouache blanche, BnF, département des Manuscrits © BnF, département des Manuscrits
Wagner travaille plus de vingt-cinq ans aux quatre opéras du cycle : L’Or du Rhin, La Walkyrie, Siegfried et Le Crépuscule des dieux. Il y met en pratique son idée d’« œuvre d’art totale », où tous les arts doivent s’unir en un même spectacle. Pour les jouer, il fait bâtir dans la ville bavaroise de Bayreuth un théâtre conçu pour leurs exigences de décor et d’acoustique. L’orchestre y joue dans une fosse couverte qui le cache au public, afin que les regards restent sur la scène. Le cycle y est créé en entier en août 1876, lors du premier festival. Les chanteurs de cette création ont posé en costume de scène dans un studio de Munich, devant le photographe Joseph Albert. Prêtée par le compositeur Philippe Fénelon, la série complète de ces portraits montre à quoi ressemblaient les dieux et les héros de la toute première production.
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PARIS ET LE RING : UNE ENTRÉE PAR ÉTAPES, UN CYCLE INTERROMPU
De Fantin-Latour aux décors de l’OpéraLe peintre Henri Fantin-Latour signe en 1877 sa Scène finale de La Walkyrie : le dieu Wotan y fait ses adieux à sa fille Brünnhilde, qu’il laisse endormie dans un cercle de feu. Il admire Wagner depuis les années 1860, bien avant que l’Opéra de Paris ne monte le Ring. Installé au Palais Garnier, l’Opéra le fait entrer à son répertoire par morceaux, à partir de La Walkyrie en 1893. L’Or du Rhin, premier volet du cycle, y arrive en dernier, en 1909. Le premier cycle complet suit en 1911.
La section « Le poids de la tradition : le Ring à l’Opéra de Paris 1893–1962 » avance que les décorateurs de l’Opéra suivent alors le style de Bayreuth. Le livret leur impose aussi des filles du Rhin qui nagent, un dragon et un rocher protégé par le feu. En 1976, le directeur de l’Opéra, Rolf Liebermann, lance un nouveau Ring, qui s’arrête après La Walkyrie ; le commissariat attribue cet arrêt à des raisons budgétaires. Pour la Walkyrie que monte Klaus Michael Grüber, Moidele Bickel conçoit le costume du guerrier Hunding : une longue tunique de cuir, une cotte de mailles noire et un carquois porté dans le dos.
Le livret leur impose aussi des filles du Rhin qui nagent, un dragon et un rocher protégé par le feu.
Henri Fantin-Latour, Scène finale de La Walkyrie, 1877, huile sur toile, Musée Fabre, Montpellier Méditerranée Métropole © Musée Fabre, Montpellier Méditerranée Métropole
Focus sur la toile
Sur un format modeste, moins de 50 centimètres de large, Fantin-Latour plonge presque toute la scène dans la nuit. À gauche, une haute silhouette sombre se dresse, à peine détachée de l’ombre ; au centre, un foyer de flammes orangées concentre toute la lumière. Ce clair-obscur fait du feu le cœur de l’image. Un an plus tôt, le peintre a vu le cycle au premier Festival de Bayreuth, et sa toile semble en garder la trace, comme un instantané de théâtre. Il reprend le sujet en lithographie et présente la planche au Salon de 1879.
APRÈS 1945 : LE RING REMIS EN SCÈNE ET REPRIS PAR LES ARTISTES
Scènes nues, centenaire et relectures d’artistesSous le Troisième Reich, le Festival de Bayreuth sert la propagande nazie, et Hitler y vient en invité régulier. Le festival rouvre en 1951. Wieland Wagner, petit-fils du compositeur, y monte dès lors les opéras de son grand-père sur des scènes presque nues, loin des décors réalistes de la tradition. En 1976, le centenaire du cycle est confié à une équipe française : Pierre Boulez dirige l’orchestre et Patrice Chéreau met en scène. Là où Wieland Wagner plaçait l’action hors du temps, Chéreau la situe au XIXᵉ siècle, à l’époque où Wagner compose. La production déclenche une vive polémique, puis reçoit une longue ovation lors de sa dernière représentation, en 1980.
Hors de l’opéra, des artistes allemands s’emparent du cycle au lendemain de la Shoah. La section « Le Ring – L’éternel retour » voit chez Anselm Kiefer et Joseph Beuys une façon d’affronter à travers lui l’héritage de leur pays et la question de la responsabilité collective. La même section relie les musiques et les motifs du Ring aux grandes sagas du cinéma, à la bande dessinée, aux récits de fantasy et au ballet Ring um den Ring de Maurice Béjart.
Pour le Ring du centenaire, Richard Peduzzi signe les décors et Jacques Schmidt les costumes.
Siegfried Lauterwasser, Acte III, scène 3 de La Walkyrie mise en scène par Patrice Chéreau au Festival de Bayreuth, 31 juillet 1978 © Festival de Bayreuth
BÉATRICE HELG : WAGNER EN MÉTAL ET EN LUMIÈRE
Une photographe genevoise rend hommage à WagnerNée à Genève en 1956, Béatrice Helg étudie d’abord le violoncelle au conservatoire de sa ville avant de se consacrer à la photographie. Dans son atelier, elle construit des installations éphémères de tôles corrodées, de verre ou de papier, qu’elle éclaire puis photographie ; l’opéra, le théâtre et l’architecture comptent parmi ses thèmes de prédilection.
En 2013, alors que l’on célèbre les deux cents ans de la naissance de Wagner, la Fondation Martin Bodmer, à Cologny, près de Genève, lui commande une œuvre pour son exposition « Wagner ou l’opéra hors de soi ». Nourrie de l’idéal wagnérien d’un art total, cette commande donne notamment naissance à Cosmos I, première image d’une série qu’elle poursuit jusqu’en 2023. Plusieurs de ses images sont exposées au Palais Garnier.
L’affiche de l’exposition reproduit un détail de Cosmos VII (2014), autre image de la série.
Béatrice Helg, Cosmos I. Wagner, étude de scène, 2013, épreuve pigmentaire d’archive sur papier Hahnemühle FineArt Baryta, 8/8, Atelier Béatrice Helg © Atelier Béatrice Helg
Focus sur l’étude de scène
Un grand disque de métal rouillé, piqueté d’ocre et d’orange, se dresse sur un sol sombre et brillant où il se reflète. Derrière lui, une paroi oxydée, constellée de taches, reçoit une lumière diffuse qui auréole la forme ronde. Le titre de la série, Cosmos, invite à y voir un astre ; son sous-titre, « Wagner, étude de scène », le rapproche d’un projet de décor, posé sur un plateau encore vide.
POURQUOI VOIR « RICHARD WAGNER » AU PALAIS GARNIER ?
Ce parcours permet de préparer ou de prolonger une soirée de Ring : il suit l’œuvre de sa naissance jusqu’à ses mises en scène d’aujourd’hui. Ses photographies de spectacles récents montrent notamment la production de Calixto Bieito, que l’Opéra Bastille donne en entier du 6 au 22 novembre 2026.
Enrico Nawrath, Stefan Vinke (Siegfried) et Andreas Conrad (Mime) dans l’acte I de Siegfried mis en scène par Frank Castorf au Festival de Bayreuth, 2016 © Festival de Bayreuth
Point de vue critique : le Ring selon Castorf
Le décor d’Aleksandar Denić détourne le mont Rushmore : à la place des présidents américains, les visages de Marx, Lénine, Staline et Mao surgissent de la roche, flanqués d’échafaudages. À leurs pieds, une caravane argentée sert de logis à Mime, le nain qui élève Siegfried. L’image condense la lecture de Frank Castorf, qui confronte le mythe aux idéologies du XXᵉ siècle. Lors de sa reprise en 2016, la production divisait encore le public de Bayreuth.
Coorganisée par la Bibliothèque nationale de France et l’Opéra national de Paris, l’exposition « Richard Wagner – Les révolutions du Ring » est comprise dans la visite autonome du Palais Garnier, pour laquelle l’Opéra annonce une durée d’une heure trente. Comme les autres expositions temporaires de la Bibliothèque-musée, elle n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite. Jusqu’au 28 février 2027, une visite du Palais Garnier donne aussi accès à « Défis de création – Décorer le costume à l’Opéra de Paris », une exposition consacrée aux ateliers qui peignent, teignent et ornent les costumes de scène.
Commissariat et production
- Commissariat
- Marion Mirande (responsable des publications lyriques, Opéra national de Paris)Olivier Mabille (chef de service des collections imprimées, Bibliothèque nationale de France)
- Production
- Opéra national de ParisBibliothèque nationale de France
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Richard Wagner – Les révolutions du Ring » au Palais Garnier ?
L’exposition se tient du 27 octobre 2026 au 20 février 2027, dans la Bibliothèque-musée de l’Opéra. Le Palais Garnier se visite tous les jours de 10h à 17h, hors fermetures exceptionnelles, avec un dernier accès une heure avant la fermeture.
Où réserver ses billets pour « Richard Wagner – Les révolutions du Ring » au Palais Garnier ?
L’exposition est incluse dans le billet de visite autonome, qui ouvre l’accès aux expositions temporaires du palais. Le billet au Palais Garnier se réserve uniquement en ligne, aucun billet de visite n’étant vendu sur place : il est disponible sur Tiqets, sans frais additionnels, ainsi que sur la billetterie de l’Opéra national de Paris.
Combien de temps dure la visite de « Richard Wagner – Les révolutions du Ring » au Palais Garnier ?
L’Opéra national de Paris compte 1h30 pour la visite autonome du palais, qui donne aussi accès à l’exposition. L’entrée reste possible jusqu’à 30 minutes après l’horaire réservé.
Comment se rendre au Palais Garnier pour « Richard Wagner – Les révolutions du Ring » ?
L’entrée des visiteurs se trouve à l’angle des rues Scribe et Auber, dans le 9ᵉ arrondissement. En métro, descendez à la station « Opéra » (lignes 3, 7 et 8) ou « Chaussée d’Antin – La Fayette » (lignes 7 et 9) ; en RER A, à la station « Auber ». Les bus 20, 21, 27, 29, 32, 45, 52, 66, 68 et 95 desservent le quartier, et les parkings Q-Park Édouard VII et Meyerbeer sont tout proches.
Le Palais Garnier est-il accessible aux personnes à mobilité réduite pour « Richard Wagner – Les révolutions du Ring » ?
Pas l’exposition : les expositions temporaires de la Bibliothèque-musée de l’Opéra ne peuvent pas accueillir les visiteurs à mobilité réduite. Le parcours de visite du palais, lui, est desservi par un ascenseur PMR, et la visite est gratuite pour les personnes en situation de handicap et leur accompagnateur. Renseignements : 01 40 01 18 50 ou accessibilite@operadeparis.fr.
INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu
Horaires
- Tous les jours : 10h - 17h, sauf fermetures exceptionnelles
- Dernier accès : une heure avant la fermeture

