Ma Kelu à la Cité de l’architecture et du patrimoine
Ma Kelu, le souffle et le vide
Des toiles abstraites récentes parmi des copies de décors médiévaux

Cité de l’architecture et du patrimoine
L’EXPOSITION
« Ma Kelu, le souffle et le vide » est une exposition présentée à la Cité de l’architecture et du patrimoine du 16 octobre 2026 au 3 janvier 2027 : la première en France du peintre, né à Shanghai en 1954. Elle réunit des toiles de sa série la plus récente, baptisée Ada d’après le cri de combat de Bruce Lee : Ma Kelu y entend un geste lancé sans réfléchir, celui avec lequel il peint.
Accrochées parmi les copies grandeur nature de peintures murales médiévales que conserve la Cité, ces toiles portent des formes nerveuses et déchiquetées, posées sur une surface en grande partie laissée vierge.RÉSERVEZ VOTRE VISITE
Le peintre : de Pékin à New York, du paysage à l’abstraction
Du collectif No Name à la peinture gestuellePendant la Révolution culturelle, Ma Kelu travaille en marge des cadres officiels : avec un cercle d’amis pour la plupart autodidactes, il peint des paysages dans les parcs et la campagne de Pékin. Ensemble, ils ne montrent d’abord leurs tableaux qu’en privé : une première exposition clandestine a lieu chez l’un d’eux au milieu des années 1970. Ma Kelu raconte que le nom du groupe est venu en 1979, quand une exposition publique a obligé ces peintres à s’en choisir un : ce sera No Name, « sans nom ». Le groupe expose une seconde fois en 1981, puis se disperse au milieu des années 1980, quand plusieurs de ses membres partent à l’étranger.
À la fin des années 1980, le peintre s’installe à New York, où sa peinture devient abstraite. L’exposition rattache ce tournant à deux courants de la peinture américaine qu’il apprend alors à connaître. L’action painting garde sur la toile la trace du geste ; dans le color field, de grandes plages de couleur deviennent le sujet du tableau. Ma Kelu dit avoir ressenti à New York un mal du pays qu’il qualifie de culturel. Il reste pourtant près de vingt ans aux États-Unis, avant de rentrer à Pékin en 2006.
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La série Ada : un nom venu d’un cri, des toiles le plus souvent monochromes
Le mouvement entre couleur et réserveMa Kelu raconte que le nom de la série est né lors d’une visite à l’atelier : un ami a comparé les premières toiles à Bruce Lee, puis a imité le cri de l’acteur. Le peintre résume en quelques mots sa façon de travailler d’un seul élan : « tout y est, mais il n’y a rien ». L’exposition y lit une tension chère à l’écrivain François Cheng : celle du plein et du vide. Cet académicien né en Chine est l’auteur de Vide et plein : le langage pictural chinois ; son fonds de dotation soutient le projet.
Dans chaque toile, un même geste revient avec des variations, et la répétition se poursuit d’un tableau à l’autre. Le commissariat voit dans ces motifs des nuages que le vent déforme ou des figures qui échappent à la pesanteur. Pour situer cette peinture, l’exposition cite aussi le Monet des dernières années et Matisse. La couleur, elle, tient le plus souvent en une seule teinte, plus rarement en deux.
La galerie des peintures murales : des décors médiévaux copiés grandeur nature
Un dialogue avec l’architecture peintePrès de 350 copies de peintures murales et de vitraux ont été réalisées pour le musée des Monuments français, l’ancêtre de la Cité, entre 1937 et 1976. Le directeur du musée, Paul Deschamps, lance ces reproductions à taille réelle de décors peints du XIe au XVIe siècle, comme le chœur de l’église romane de Nohant-Vic. Les œuvres d’origine, elles, sont conservées dans leurs édifices. La coupole de la cathédrale de Cahors, peinte à plus de trente mètres du sol, se regarde ici à moins de seize mètres.
Dans « Ma Kelu, le souffle et le vide », les toiles sont présentées sur le même plan que ces décors. Le projet défend l’idée que la peinture de Ma Kelu répond, par la forme comme par le fond, aux figures religieuses suspendues sur les ciels unis de ces murs. Un an plus tôt, Matthieu Poirier, qui en signe le commissariat, réunissait dans cette galerie une vingtaine de tableaux américains pour « Chromoscope – Un regard sur le mouvement color field ». Cette exposition rapprochait déjà leurs grandes surfaces de couleur unie de celles, fréquentes, des décors médiévaux.
POURQUOI VOIR « MA KELU, LE SOUFFLE ET LE VIDE » À LA CITÉ DE L’ARCHITECTURE ET DU PATRIMOINE ?
« Ma Kelu, le souffle et le vide » permet de regarder, dans une même galerie, une peinture abstraite d’aujourd’hui et des copies de décors peints entre le XIe et le XVIe siècle. La sélection se concentre sur une seule série, la plus récente : elle montre le peintre tel qu’il travaille désormais, plutôt qu’un bilan de sa carrière. La Cité annonce une table ronde avec l’artiste le 17 novembre 2026.
Ma Kelu, Ada - Napoli Yellow © Ma Kelu
Point de vue critique
Dans Ada - Napoli Yellow, le jaune gagne presque toute la surface, sans former un aplat uniforme. Les touches se chevauchent, les contours se défont et des plages grisées restent visibles entre les masses colorées. Rien ne dessine un horizon ni une figure identifiable. Cette toile pousse ainsi le geste pictural jusqu’à un paradoxe : la couleur domine, mais ce sont ses interruptions et ses variations qui empêchent l’image de se fixer.
Matthieu Poirier signe aussi « Ce qui nous rassemble », l’exposition de Kennedy Yanko présentée dans le même musée. Une visite guidée passe par les deux expositions le 8 novembre 2026. La Cité réunit sous un seul billet le parcours permanent et les autres expositions de la saison, dont « François Morellet, traits d’esprit ». Tous se visitent face à la tour Eiffel, au palais de Chaillot reconstruit pour l’Exposition universelle de 1937.
Commissariat
- Matthieu Poirier (historien de l’art)
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand a lieu « Ma Kelu, le souffle et le vide » à la Cité de l’architecture et du patrimoine ?
L’exposition se déroule du 16 octobre 2026 au 3 janvier 2027, dans la galerie des peintures murales. Le musée est fermé le mardi, le 25 décembre 2026 et le 1er janvier 2027.
Où réserver un billet pour « Ma Kelu, le souffle et le vide » à la Cité de l’architecture et du patrimoine ?
Le billet plein tarif coûte 13 € et comprend les expositions temporaires. Réservez chez Tiqets.
Comment se rendre à la Cité de l’architecture et du patrimoine pour « Ma Kelu, le souffle et le vide » ?
L’entrée des expositions se fait au 1 place du Trocadéro et du 11 Novembre, 75116 Paris. Métro 9 (Iéna ou Trocadéro), métro 6 (Trocadéro) et bus 22, 30, 32 et 63 (Trocadéro).
La visite de « Ma Kelu, le souffle et le vide » est-elle accessible aux personnes à mobilité réduite ?
L’entrée Trocadéro dispose d’une rampe provisoire. Certains ascenseurs sont actuellement hors service et le deuxième niveau de la galerie des peintures murales et des vitraux est fermé pour travaux. Vérifiez les modalités d’accès avant votre visite.
Peut-on visiter « Ma Kelu, le souffle et le vide » en nocturne à la Cité de l’architecture et du patrimoine ?
Oui, la Cité ouvre le jeudi jusqu’à 21h, avec fermeture de la billetterie à 20h20. Les autres jours d’ouverture, elle ferme à 19h. Les 24 et 31 décembre, elle ferme à 17h.
INFORMATIONSPRATIQUES
Lieu
Horaires
- Lundi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche : 11h - 19h
- Jeudi : 11h - 21h
- Mardi : fermé
- 24 et 31 décembre 2026 : fermeture à 17h (billetterie à 16h)
- 25 décembre 2026 et 1er janvier 2027 : fermé
- Fermeture habituelle de la billetterie à 18h20, à 20h20 le jeudi

