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Georges Perec à la BnF

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Présentation
Littérature & Livre

Georges Perec modes d’emploi

Manuscrits, dessins et jeux de lettres autour de Georges Perec

Georges Perec modes d’emploi – Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand

Bibliothèque nationale de France – site François-Mitterrand

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L’EXPOSITION

« Georges Perec modes d’emploi » est une exposition consacrée à l’écrivain et présentée à Paris par la Bibliothèque nationale de France (BnF), sur son site François-Mitterrand, du 13 octobre 2026 au 14 février 2027. Près de 300 pièces y sont réparties entre six espaces en forme de voyelles ; celui du E, tout blanc et vide d’œuvres, renvoie à La Disparition, roman que Perec a écrit sans cette lettre.

Aux manuscrits et aux brouillons de ses livres, le parcours ajoute des dessins de sa main, des photographies et une machine à écrire ; il propose aussi au visiteur des énigmes et des jeux de lettres.

RÉSERVEZ VOTRE VISITE

SIX VOYELLES : UN PARCOURS OÙ LE VISITEUR JOUE AVEC LES LETTRES

L’Oulipo, le lipogramme et les jeux d’écriture

Pour concevoir « Georges Perec modes d’emploi », les commissaires se sont imposé une règle à la manière de Perec : chaque espace prend la forme d’une voyelle, et les six s’emboîtent comme les pièces d’un puzzle. Jean-Luc Joly, l’un des deux commissaires, avance que Perec se servait de l’alphabet pour mettre de l’ordre dans le monde. Il souhaite même que le visiteur se perde un peu dans le parcours. Parmi les jeux de mots proposés figurent les anagrammes, qui mélangent les lettres d’un mot pour en former un autre ; les lipogrammes, textes écrits sans une lettre donnée ; les métagrammes, suites de mots où une seule lettre change à chaque pas. Des énigmes prolongent ces jeux de lettres, et un livret les complète. Perec composait lui-même des grilles de mots croisés pour l’hebdomadaire Le Point.

Georges Perec – La Disparition. Documents préparatoires

Georges Perec, La Disparition. Documents préparatoires, BnF, bibliothèque de l’Arsenal © Indivision Richardson Saluden

En 1967, Perec entre à l’Oulipo, l’Ouvroir de littérature potentielle. Ce groupe, fondé en 1960, invente des contraintes d’écriture : des règles qu’un auteur s’impose pour écrire autrement. Perec signe en 1969 La Disparition, un roman entier sans un seul e, dont le parcours expose le manuscrit et des documents préparatoires. Claire Lesage, l’autre commissaire, voit dans cette règle extrême une façon d’obliger l’auteur à chercher ses mots dans toute la langue. Trois ans plus tard, l’écrivain fait l’inverse avec Les Revenentes, un récit où le e est la seule voyelle, jusque dans le titre.

LA VIE ORDINAIRE : DES SOUVENIRS PARTAGÉS ET UN IMMEUBLE PARISIEN

Des souvenirs aux 99 chapitres de l’immeuble

Le parcours invite aussi le visiteur à écrire ses propres « Je me souviens ». Le livre de Perec qui porte ce titre, paru en 1978, aligne de courts souvenirs banals que toute une génération partage ; Perec s’est inspiré d’I Remember, un livre de l’Américain Joe Brainard dont Harry Mathews lui avait parlé. L’espace O est consacré à ce que Perec appelait l’« infra-ordinaire » : les choses de tous les jours, que plus personne ne remarque. Un dispositif numérique assisté par l’intelligence artificielle y permet de s’exercer à écrire sous contrainte.

99

chapitres dans La Vie mode d’emploi

L’espace U suit la construction de La Vie mode d’emploi, qui reçoit le prix Médicis en 1978. Ce roman décrit les appartements d’un immeuble parisien et leurs habitants à un même instant : le 23 juin 1975, juste avant 20 heures. Perec a réglé l’ordre de ses 99 chapitres sur les sauts du cavalier, la pièce d’échecs qui avance en L, à travers un échiquier imaginaire calqué sur l’immeuble. Le parcours montre le plan de l’immeuble et expose le cahier des charges du roman : pour chaque chapitre, la liste des éléments à y placer. Une projection animée y retrace le trajet du cavalier, chapitre après chapitre.

Georges Perec – La Vie mode d’emploi, chapitre 73 : Cahier des charges

Georges Perec, La Vie mode d’emploi, chapitre 73 : Cahier des charges, BnF, Bibliothèque de l’Arsenal, Ms-Perec-61,74r © Indivision Richardson Saluden – BnF, Bibliothèque de l’Arsenal, Ms-Perec-61,74r

Focus sur l’œuvre

Le feuillet du chapitre 73 appartient au cahier des charges de La Vie mode d’emploi : 99 feuillets préparatoires, un par chapitre. Perec puise les éléments de chaque fiche dans 42 listes de dix possibilités, consacrées notamment aux couleurs, aux activités ou aux citations. Un bi-carré latin orthogonal d’ordre 10 règle la répartition de ces éléments ; la polygraphie du cavalier fixe, elle, l’ordre des chapitres à travers les pièces de l’immeuble. Ce document ne livre donc pas un passage du roman achevé : il montre les consignes à partir desquelles l’écriture prend forme.

PEREC LUI-MÊME : SON ENFANCE DANS LA GUERRE ET SES DESSINS

Mémoire familiale et premiers gestes de peintre

« L’écriture est le souvenir de leur mort et l’affirmation de ma vie » : la dernière section du parcours, placée sous la lettre Y, emprunte son titre à cette phrase de W ou le souvenir d’enfance. Le père de Perec meurt en 1940 des suites de blessures reçues au combat. À partir de 1942, l’enfant vit caché dans le Vercors, chez une tante ; sa mère, déportée à Auschwitz en 1943, n’en revient pas. Jean-Luc Joly entend dans le E absent de La Disparition un homophone de « eux » : les parents de Perec. W ou le souvenir d’enfance, paru en 1975, alterne le récit de cette enfance et une fiction sur une île vouée au sport. Perec avait d’abord raconté en dessins l’histoire de cette île, pendant une psychothérapie suivie après la guerre. La même section évoque Récits d’Ellis Island. Avec le documentariste Robert Bober, Perec tourne en 1979 un film sur cette île de New York où débarquaient les émigrants ; il y interroge ses origines juives.

Avant d’opter pour l’écriture, Perec avait voulu être peintre, et le parcours montre des dessins et des peintures de sa main. L’exposition y ajoute des œuvres d’artistes contemporains, dont Christian Boltanski, Sophie Calle, On Kawara et Roman Opalka. Elle rapproche leur travail de celui de Perec. Des maquettes de Clarence Stiernet et des broderies du groupe Perecofil complètent cet ensemble.

Georges Perec – dessin du Condottiere

Georges Perec, dessin du Condottiere, BnF, bibliothèque de l’Arsenal © Indivision Richardson Saluden

POURQUOI VOIR « GEORGES PEREC MODES D’EMPLOI » À LA BnF ?

Ce parcours fait voir comment Perec fabriquait ses livres et laisse le visiteur essayer ses règles d’écriture. Le pluriel du titre, « Georges Perec modes d’emploi », tient à une idée que le parcours avance : il n’existe pas une seule façon de lire Perec, mais plusieurs. Sur le site François-Mitterrand, près de trois cents pièces composent une visite dense : manuscrits, notes et lettres donnent beaucoup à lire.

Georges Perec – La Vie mode d’emploi. Plan de l’immeuble

Georges Perec, La Vie mode d’emploi. Plan de l’immeuble, BnF, bibliothèque de l’Arsenal © Indivision Richardson Saluden

Point de vue critique

Sur le plan en coupe de l’immeuble, chaque case correspond à une pièce et les numéros reportés désignent les chapitres. Leur ordre suit les sauts d’un cavalier d’échecs, non une visite étage par étage. À cette grille de cent cases répond pourtant un roman de 99 chapitres : un manque volontaire vient troubler la mécanique. Le dessin rend visible cette double ambition de Perec : organiser rigoureusement le récit tout en ménageant des écarts où naissent des histoires singulières.

Aux mêmes dates, la bibliothèque de l’Arsenal, où se trouvent les archives de Perec, présente « Georges Perec : le vrai du faux ». Cette autre exposition s’intéresse au goût de l’écrivain pour les trompe-l’œil et les pastiches, ainsi qu’aux faussaires de ses livres. En 1978, Perec confiait à la radio : « Mon ambition, c’est de remplir un tiroir de la Bibliothèque nationale. »

Commissariat et scénographie

Claire Lesage (conservatrice à la bibliothèque de l’Arsenal, BnF)Jean-Luc Joly (président de l’Association Georges Perec)
Scénographie
Agence NC
Camille, Rédactrice culture✨

L’avis de Camille

Rédactrice culture

Georges Perec ne s’intéressait pas qu’aux mots : il dessinait, peignait et écrivait aussi sur la peinture. Le choix de montrer ses travaux graphiques donne une autre entrée dans son univers. Sa fascination pour Paul Klee, exprimée dans sa correspondance, éclaire cette curiosité artistique. Le rapprochement avec les œuvres de Christian Boltanski et de Sophie Calle ouvre une réflexion sur les échanges entre littérature et arts plastiques. Cette sélection mérite l’attention au-delà des jeux littéraires.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Quand a lieu « Georges Perec modes d’emploi » à la BnF François-Mitterrand ?

Du 13 octobre 2026 au 14 février 2027, dans la Galerie 1 du site François-Mitterrand. L’exposition ouvre du mardi au samedi de 10h à 19h, et le dimanche de 13h à 19h.

Où acheter un billet pour « Georges Perec modes d’emploi » à la BnF ?

La réservation est possible auprès de Tiqets. Le billet adulte pour l’exposition seule est proposé à 15 €. La BnF recommande fortement la réservation.

Combien de temps dure la visite de « Georges Perec modes d’emploi » à la BnF ?

La page de l’exposition ne donne pas de durée pour la visite libre. Les visites guidées annoncées pour octobre et novembre 2026 durent 1h30 ; cette durée ne s’applique pas nécessairement à une visite libre.

Comment accéder à « Georges Perec modes d’emploi » sur le site François-Mitterrand ?

L’entrée se fait exclusivement par le hall Est, côté avenue de France, pour rejoindre la Galerie 1. En métro, les lignes 14 (Bibliothèque François-Mitterrand) et 6 (Quai de la Gare) desservent le site, ainsi que le RER C (Bibliothèque François-Mitterrand).

Le site de « Georges Perec modes d’emploi » est-il accessible aux personnes à mobilité réduite ?

Le site François-Mitterrand possède un accès de plain-pied côté avenue de France et des ascenseurs dans le hall Est. La BnF publie les modalités d’accès adaptées sur sa page d’informations pratiques.

INFORMATIONSPRATIQUES

Lieu
Bibliothèque nationale de France – site François-Mitterrand📍 Galerie 1 – entrée Est (côté avenue de France)
quai François-Mauriac, 75013 Paris
Horaires
  • Du mardi au samedi : 10h - 19h
  • Dimanche : 13h - 19h
  • Fermé le lundi et les jours fériés
  • Fermetures annoncées : 1er et 11 novembre 2026, 25 décembre 2026 et 1er janvier 2027
  • Fermeture des caisses à 18h
Tarifs
Tiqets
Adulte - Exposition consacrée à Georges Perec, + de 26 ans :15,00 €
accès à la seule exposition consacrée à Georges Perec
Tarif réduit - Exposition Georges Perec :10,00 €
étudiants de moins de 35 ans, titulaires d’un « Pass Éducation », titulaires d’une carte « famille nombreuse »
Enfant - Exposition consacrée à Georges Perec, 0-25 ans :Gratuit
uniquement avec un billet Adulte ou Tarif réduit de la même exposition
Une pièce d’identité en cours de validité est requise pour les tarifs réduits.
🎟️ Réserver avec Tiqets
Conditions
Réservation très fortement recommandée par la BnF.
En raison du plan Vigipirate, seule l’entrée Est du site est accessible.
Accès
🚇 Métro
Ligne 14 – station « Bibliothèque François-Mitterrand »
Ligne 6 – station « Quai de la Gare »
🚆 RER
RER C – station « Bibliothèque François-Mitterrand »
🚌 Bus
Lignes 25, 62, 64, 71, 89, 132 et 325
🚶 Accès piéton
Entrée Est – accès côté avenue de France

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