Ibrahim Mahama à la Fondation Cartier
Ibrahim Mahama
Le Temps des récoltes · Les restes d’une usine de 1966 et des sièges ashantis

Fondation Cartier pour l’art contemporain
L’EXPOSITION
« Ibrahim Mahama, Le Temps des récoltes » est une exposition présentée à Paris, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, place du Palais-Royal, du 22 octobre 2026 au 28 février 2027. Avec neuf artistes et collectifs, l’artiste ghanéen occupe tout le bâtiment, où il remonte en partie une usine de bouteilles inaugurée en 1966, peu avant le coup d’État qui renversa le premier président du Ghana.
L’exposition invite le public à s’asseoir sur des sièges ashantis en bois disposés en chambre parlementaire et réunit peintures, photographies, textiles et archives sur ce qu’il reste des projets nés avec les indépendances africaines.RÉSERVEZ VOTRE VISITE
Things Fall Apart : UNE USINE GHANÉENNE DE 1966 REMONTÉE EN PARTIE À PARIS
Charpente, bouteilles et sacs de jutePour cette exposition, Ibrahim Mahama a racheté en 2024 une usine de bouteilles en verre abandonnée à Aboso, une ville du sud-ouest du Ghana. Kwame Nkrumah, premier président du pays, l’avait inaugurée en 1966, l’année même de sa chute. L’artiste l’a payée avec des fonds de production de la Fondation Cartier, puis en a fait démonter la charpente métallique, les moules et les bouteilles. Il les a fait transporter jusqu’à Tamale, sa ville natale. Une partie de ces matériaux d’origine forme Things Fall Apart. L’installation montre l’enseigne de l’usine, sa structure de métal, des caisses en bois empilées et des milliers de bouteilles vertes. Son titre reprend celui d’un roman de l’écrivain nigérian Chinua Achebe, Tout s’effondre en français. Paru en 1958, ce livre raconte une société africaine bouleversée par la colonisation.
Ibrahim Mahama, Season of Migration to the North, 2025–2026, pots en terre cuite et bouteilles en verre, Red Clay, Tamale © Ibrahim Mahama. Photo © Ernest Sackitey, courtesy Red Clay
La toile de jute a fait connaître Ibrahim Mahama. Il assemble de vieux sacs qui ont transporté le cacao ou le charbon ; il les récupère auprès de ceux qui s’en servaient. Ces sacs portent les marques de leurs usages successifs et renvoient, dans son travail, à l’histoire du commerce ghanéen. En 2015, à la Biennale de Venise, il en a recouvert des murs de l’Arsenal, les anciens chantiers navals de la ville. Dix ans plus tard, la revue ArtReview l’a placé en tête de son Power 100, la liste annuelle des personnalités les plus influentes de l’art : une première pour une personnalité africaine. À la Fondation Cartier, une installation textile pend entre les arcades de la façade, côté place du Palais-Royal. D’autres œuvres partent de documents d’archives, sur lesquels l’artiste a dessiné au fusain des travailleurs.
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Parliament of Ghosts : UN PARLEMENT DE SIÈGES ASHANTIS OÙ S’ASSEOIR
Une assemblée ouverte au publicParliament of Ghosts est une chambre parlementaire qu’Ibrahim Mahama reconstruit avec d’autres matériaux à chaque présentation. En 2019, à Manchester, sa première version associait des sièges de train, des traverses de chemin de fer, du mobilier scolaire et des archives administratives. Pour sa présentation à la Fondation Cartier, l’œuvre réunit des sièges ashantis en bois, troqués ou achetés au Ghana. Ces sièges sont des symboles de la royauté chez les Ashantis, un peuple du centre du pays. Ils composent une assemblée sans élus, où l’exposition voit la métaphore d’une démocratie manquée.
Des militaires ont renversé Kwame Nkrumah le 24 février 1966, alors que le président voyageait vers la Chine, puis ont dissous le Parlement. L’exposition ouvre soixante ans après ce coup d’État. Elle rattache ces sièges à une histoire plus ancienne, celle des spoliations coloniales. En 1874, l’armée britannique a pillé Kumasi, la capitale des Ashantis. Une partie des objets emportés est aujourd’hui conservée dans des musées européens. Ibrahim Mahama oppose ces pièces sous vitrine à ses sièges, parfois réparés, que le public utilise. Pendant toute l’exposition, le parlement sert aussi de scène à des concerts, des performances et des débats.
Ibrahim Mahama, Parliament of Ghosts, 2025, sièges ashantis en bois, Red Clay, Tamale © Ibrahim Mahama. Photo © Ernest Sackitey, courtesy Red Clay
Focus sur l’œuvre
Dans Parliament of Ghosts, les sièges ashantis en bois composent une chambre parlementaire ouverte aux visiteurs, qui peuvent s’y asseoir. Ils évoquent la royauté ashantie et le souvenir d’objets emportés dans les collections européennes durant la colonisation. Mais l’assemblée n’a pas de représentants : elle fait écho au coup d’État de 1966 et à la dissolution du gouvernement ghanéen. En accueillant également débats et performances, l’œuvre transforme ce parlement fictif en espace de discussion bien réel.
LES ARTISTES ASSOCIÉS : UNE PROFESSEURE, UN PHOTOGRAPHE NÉ EN 1929, UN COLLECTIF CONGOLAIS
Artistes associés et mémoire partagéeDorothy Akpene Amenuke a eu Ibrahim Mahama pour élève à l’université de Kumasi, où elle enseigne depuis 2009. Elle travaillait déjà la toile de jute dans les années 2000 et présente ici une vaste installation qui transforme l’architecture du lieu. Plus âgé encore, James Barnor, né en 1929, a ouvert à Accra le studio Ever Young et photographié le Ghana des années de l’indépendance. En 2024, Ibrahim Mahama a recréé ce studio à Tamale. Les deux hommes y ont réalisé des portraits avec un Polaroid 20x24, un appareil photo instantané géant. Ces polaroïds sont exposés pour la première fois, avec un film et des tirages d’époque.
artistes et collectifs associés à Ibrahim Mahama
Le Cercle d’Art des Travailleurs de Plantation Congolaise (CATPC) vient de République démocratique du Congo. Depuis 2014, ce collectif associe des artistes et des ouvriers des plantations d’huile de palme et de cacao. Ses membres exposent des sculptures faites de cacao et des broderies sur des toiles de jute nées de leur travail avec Ibrahim Mahama. Avec l’argent de ses ventes, le collectif rachète des terres ; il les tient pour confisquées par l’entreprise Lever Brothers, devenue ensuite Unilever, au début du XXe siècle. D’autres invités partent de traces du passé ghanéen : de vieux journaux chez le peintre Gideon Appah, des cartes postales d’architecture chez Postbox Ghana, une maison de cultivateur de cacao en terre rouge chez l’architecte Courage Dzidula Kpodo.
POURQUOI DÉCOUVRIR « IBRAHIM MAHAMA, LE TEMPS DES RÉCOLTES » À LA FONDATION CARTIER ?
Cette exposition aborde l’histoire du Ghana indépendant par des objets réels : les restes d’une usine, des sacs de cacao, des sièges sur lesquels s’asseoir. Elle succède à l’exposition inaugurale du bâtiment, ouvert en octobre 2025 après un réaménagement signé Jean Nouvel. En parallèle, « James Barnor, Le Style dans le viseur » présente des photographies des années 1960 réalisées pour le magazine Drum.
Point de vue critique · Things Fall Apart
Dans Things Fall Apart, la charpente rouillée et les bouteilles vertes ne servent pas uniquement de décor : elles proviennent d’une usine ghanéenne de verre inaugurée en 1966. L’artiste a racheté l’usine abandonnée, transféré ses matériaux à Tamale, puis remonté une partie de la structure à Paris. L’œuvre fait ainsi coexister les vestiges d’un projet industriel porté par Kwame Nkrumah et la possibilité d’un nouvel usage. La ruine devient une matière à travailler plutôt qu’un passé à figer.
À Tamale, Mahama a créé trois centres d’art consacrés notamment à la transmission ; la dimension collective de l’exposition prolonge cette démarche. La photographie, les dessins au fusain et les textiles élargissent le regard porté sur les vestiges industriels et les archives. Ces rapprochements mettent en relation l’histoire d’une usine et celle des espoirs politiques nés avec l’indépendance ghanéenne.
Commissariat et conception
- Commissaires de l’exposition
- Aby Gaye-Duparc (Ibrahim Mahama) Jeanne Barral (Artistes associés)
- Commissaire associée
- Chiara Agradi (James Barnor)
- Conception
- Ibrahim Mahama, avec neuf artistes et collectifs
✨L’avis de Camille
Rédactrice culture
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Quand se tient l’exposition « Ibrahim Mahama, Le Temps des récoltes » à la Fondation Cartier ?
L’exposition est présentée du 22 octobre 2026 au 28 février 2027, au 2 place du Palais-Royal, à Paris.
Où acheter un billet pour « Ibrahim Mahama, Le Temps des récoltes » à la Fondation Cartier ?
Les billets sont proposés par Tiqets. Le plein tarif est de 15 €. La Fondation conseille de réserver en ligne, y compris pour les billets gratuits.
Comment rejoindre la Fondation Cartier pour l’exposition « Ibrahim Mahama, Le Temps des récoltes » ?
La Fondation Cartier se trouve au 2 place du Palais-Royal, 75001 Paris. Elle est desservie par les lignes 1 et 7 du métro, station « Palais-Royal – Musée du Louvre », ainsi que par les RER A, B, D et les bus 21 et 67.
L’exposition « Ibrahim Mahama, Le Temps des récoltes » est-elle accessible en fauteuil roulant ?
Oui, la Fondation Cartier annonce une accessibilité complète en fauteuil roulant. Des fauteuils roulants et des cannes-sièges peuvent être prêtés, sous réserve de disponibilité. Les personnes en situation de handicap et un accompagnateur bénéficient de la gratuité, avec justificatif.
Existe-t-il une nocturne pour « Ibrahim Mahama, Le Temps des récoltes » à la Fondation Cartier ?
Oui. Selon les horaires affichés au 3 novembre 2026, la Fondation Cartier est ouverte le vendredi de 11h à 22h. Elle est fermée le lundi ; les autres jours d’ouverture, de 11h à 19h.
Peut-on photographier « Ibrahim Mahama, Le Temps des récoltes » à la Fondation Cartier ?
Les photographies et courtes vidéos à usage privé et non commercial sont en principe admises, sauf signalisation ou consigne contraire pour certaines œuvres. Le flash et le matériel professionnel ne sont pas autorisés.
INFORMATIONSPRATIQUES
Lieu
Horaires
- Lundi : fermé
- Mardi au jeudi : 11h - 19h
- Vendredi : 11h - 22h
- Samedi et dimanche : 11h - 19h

